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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Pierre Veuillot (1859-1907) et Veuillot.

Pierre Veuillot
Biographie
Nom de naissance Pierre Marie Joseph Veuillot
Naissance
à Paris (France)
Ordination sacerdotale
Décès (à 55 ans)
Paris
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
par le
pape Paul VI
Titre cardinalice Cardinal-prêtre
de Saint-Louis-des-Français
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale par le
card. Maurice Feltin
Archevêque de Paris
Archevêque titulaire de Constantia in Thracia
Archevêque coadjuteur de Paris
Évêque d'Angers

Blason
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Pierre-Marie-Joseph Veuillot (, Paris - , Paris[1]) est un cardinal français de l'Église catholique qui fut archevêque de Paris.

Sommaire

BiographieModifier

PrêtreModifier

Pierre Veuillot appartient à la célèbre lignée des Veuillot, journalistes défenseurs de l'Église, depuis Louis Veuillot dont il était le petit-neveu. Son père François Veuillot est également journaliste, comme son grand-père Eugène Veuillot. Il est né le 5 janvier 1913 à Paris VIIe, fils du journaliste François Veuillot et de son épouse, née Marie Monnoir. Il est ondoyé le lendemain de sa naissance et baptisé le 2 août 1913 par le père Jean-Baptiste Lemius, ami de la famille. Sa sœur Geneviève Veuillot deviendra auteur de livres pour enfants sur la vie des saints. Pierre Veuillot poursuit ses études dans des cours privés du VIIe arrondissement, dont le cours Fontanes fondé autrefois par le père du général de Gaulle. Il n'est pas question à cause de sa santé fragile de le mettre dans un internat[2]. Après son baccalauréat qu'il passe brillamment, Pierre Veuillot effectue une première année de médecine, puis entre au séminaire des Carmes de Paris, rue d'Assas[3], en tant qu'externe (à cause de sa santé) avec une dérogation du cardinal Verdier. Il y passe une licence de philosophie scolastique et ensuite fait son service militaire en tant qu'officier d'artillerie. De 1932 à 1937, il obtient différents certificats de la Sorbonne en lettres mention philosophie[2]. Il se lie d'amitié avec Maxime Charles (mais il ne le défendra pas dans la crise du centre Richelieu en 1958 qui opposera l'abbé Charles au cardinal Feltin) et Robert Frossard, son futur évêque auxiliaire.

Après sa licence de théologie, il est ordonné prêtre le par le cardinal Verdier. Il est vicaire quelques mois à Asnières, dans la banlieue parisienne, avant d'être mobilisé comme capitaine en 1939-1940 [4], puis retourne à Asnières. En octobre 1942, il est nommé professeur de philosophie au petit séminaire de Conflans[5] dirigé par l'abbé Lallier, futur évêque. En 1947, il soutient sa thèse de théologie à l'Institut catholique de Paris. Lorsque ses parents fêtent leur noces d'or, le nouveau nonce Mgr Roncalli est invité à la réception et il facilite une audience à Rome pour Pierre Veuillot auprès du pape Pie XII ; Pierre Veuillot est attaché à la Secrétairerie d'État dès 1949 pour assister dans le domaine des affaires françaises Mgr Jacques Martin, puis Mgr Dominique Pichon, alors que Mgr Giovanni Battista Montini (futur Paul VI) est substitut à la Secrétairerie d'État chargé des affaires extraordinaires, jusqu'en 1952, puis pro-secrétaire avant d'être nommé au siège de Milan en 1954. L'abbé Veuillot partage son logement avec Mgr Achille Glorieux. En 1953, il est gratifié du titre de prélat de Sa Sainteté, ce qui lui donne le droit de se faire appeler Monseigneur. Il effectue un travail préparatoire pour la rédaction de l'encyclique Fidei Donum[2], publiée en 1957 par Pie XII.

ÉvêqueModifier

Le , le pape Jean XXIII le nomme évêque d'Angers. Il est sacré par le cardinal Feltin assisté de Mgr Villot et de Mgr Lallier. Puis, le 12 juin 1961, il est nommé coadjuteur de l'archevêque de Paris avec le titre d'évêque titulaire (in partibus) de Constantia en Thrace. Il succède à l'archevêque de Paris, le cardinal Feltin, le . Entre-temps, il aide à la création des nouveaux diocèses de Créteil, de Nanterre et de Saint-Denis et participe activement aux sessions du Concile Vatican II dont il a préparé à partir de janvier 1964 le schéma De episcopis en ramenant le rôle de Mgr Carli[6] en commission à l'arrière-plan [7]. Mgr Veuillot se distingue pour ses prises de position en faveur du mouvement des prêtres ouvriers, obtenant du pape Paul VI leur retour au travail en 1965[1]. Il crée également un conseil presbytéral pour assister l'archevêque dans ses prises de décision. Il exerce au début des bouleversements post-conciliaires. Il se plaît à être interrogé par des journalistes, multipliant les entretiens, et il est l'un des premiers prélats français à parler ouvertement à la télévision française de son rapport à la foi, notamment au cours de l'émission Face à face du 18 avril 1966[1]. Il souffre de l'accusation du journaliste Georges Suffert d'être un « technocrate de l'Église »[8], celui-ci l'attaquant violemment comme étant « plus préfet que pasteur, plus administrateur qu'apôtre, Mgr Veuillot veut que l'Église soit servie comme l'était l'U.R.S.S. sous Staline, comme l'est le Pentagone sous McNamara. »

Lors du consistoire du il est créé cardinal par le pape Paul VI avec le titre de cardinal-prêtre de Saint-Louis-des-Français.

Il meurt subitement de leucémie le , n'étant âgé que de 55 ans et n'ayant été cardinal que pendant quelques mois. Ses obsèques sont célébrées le 17 février suivant à Notre-Dame de Paris en présence du général de Gaulle[9] et de nombreuses personnalités [10] Il est inhumé à la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Quelques écritsModifier

  • Chrétien, évêque, textes d'entretiens, interviews, propos d'évêque, éditions Fleurus, 1968, 128 pages
  • Les jeunes dans l'Église de Paris, lettre pastorale de S.E. le cardinal Feltin et de S.E. Mgr Veuillot, in-8°, Paris, imprimerie Lahure, 1966
  • L'Engagement international des catholiques, coll. ACGF in-16, Bourges, imprimerie Tardy, 1964, 48 pages
  • Notre sacerdoce. Documents pontificaux de Pie X à nos jours, préface de S. Exc. Mgr Montini, coll. Vie sacerdotale, en deux volumes, Paris, éditions Fleurus, 1954[11]

Notes et référencesModifier

  1. a b et c paris.catholique.fr
  2. a b et c Jacques Benoist, Notice biographique
  3. Il demeure tout près chez ses parents rue du Pré-aux-Clercs.
  4. Il reçoit la Croix de Guerre
  5. Il a notamment pour élèves Guy Lafon et Jean-Marie Lustiger qui s'y cache sous un autre nom. Cf Robert Serraou, Lustiger, Librairie académique Perrin, 1996, p. 71
  6. Luigi Maria Carli, évêque de Segni (1957-1973)
  7. Jan Gooters, Actes et acteurs à Vatican II, 1998, Presses de l'Université catholique de Louvain, p. 136
  8. La Revue des deux mondes, article de juin 1967
  9. Vidéo des obsèques sur You Tube
  10. La Documentation catholique, 1968, pp. 434, 604-608.
  11. Bibliothèque Nationale de France

BibliographieModifier

Liens externesModifier