Carte des districts du Levant au IXe siècle sous le califat abbaside.

Le Jund Filastin (en arabe : جُنْد فِلَسْطِيْن, "district militaire de Palestine ") est l’un des districts militaires de la province omeyyade et abbasside du Bilad al-Sham (Syrie), organisé peu de temps après la conquête musulmane du Levant dans les années 630. Le Jund Filastin englobe la majeure partie de la Palaestina Prima et de la Palaestina Tertia. Il comporte la ville nouvellement créée de Ramla, son chef-lieu, et est subdivisé en onze districts administratifs (kura)[1].

Histoire et structureModifier

Selon al-Biladhuri, les villes principales du district, après sa conquête par le califat Rachidun, sont Gaza, Sebastia, Naplouse, Césarée, Ludd, Yibna, Imwas, Jaffa, Rafah et Bayt Jibrin. Sous les premiers califes omeyyades, Ludd est capitale du district. Après que le calife Sulaymān a fondé la ville voisine de Ramla, il la désigne comme capitale et la plupart des habitants de Ludd sont forcés de s'y installer. Au IXe siècle, durant le califat abbasside, Jund Filastin est le district le plus fertile de la Syrie et compte au moins vingt mosquées malgré sa faible superficie[2].

Les tribus arabes s'installant dans le Jund Filastin après la conquête musulmane sont les Lakhm, les Kindah, les Qais, les Amilah, les Judham et les Kinanah ; Au moment de la conquête arabe, la région est habitée principalement par des paysans chrétiens miaphysites de langue araméenne. La population de la région n'adoptera majoritairement la culture arabe et la religion musulmane que plusieurs siècles après la conquête. Le Jund Filastin s'étend de Rafah au sud à Lajjun, au nord et de la côte méditerranéenne, à l’est de la partie sud du Jourdain. Les montagnes d'Edom et la ville de Zoar (Sughar), à l'extrémité sud-est de la mer Morte, font partie du district. Cependant, la Galilée en est exclue car elle fait partie du Jund al-Urdunn[2].

Après que les Fatimides ont pris le dessus sur les Fatimides Jérusalem devient la capitale du district dont les principales villes sont Ashkelon, Ramla, Gaza, Arsuf, Césarée, Jaffa, Jéricho, Naplouse, Bayt Jibrin et Amman[2]. Le district subsiste jusqu'aux invasions seldjoukides et aux croisades de la fin du XIe siècle[réf. nécessaire].

Voir aussiModifier

RéférencesModifier

  1. Gideon Avni, The Byzantine-Islamic Transition in Palestine: An Archaeological Approach, Oxford, Oxford University Press, (ISBN 9780199684335), « Shifting Paradigms for the Byzantine–Islamic Transition »
  2. a b et c Estakhri cité par Le Strange, G., Palestine Under the Moslems: A Description of Syria and the Holy Land from A.D. 650 to 1500, Londres, Committee of the Palestine Exploration Fund, , 25–30 p. (OCLC 1004386, lire en ligne)

Liens externesModifier