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Grèzes (Lozère)

commune française du département de la Lozère
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Grèzes.

Grèzes
Grèzes (Lozère)
Le château de Grèzes, depuis le truc de Grèzes.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Département Lozère
Arrondissement Mende
Canton Chirac
Intercommunalité Communauté de communes du Gévaudan
Maire
Mandat
Patricia Brémond
2014-2020
Code postal 48100
Code commune 48072
Démographie
Gentilé Grézois
Population
municipale
214 hab. (2016 en augmentation de 3,38 % par rapport à 2011)
Densité 13 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 30′ 50″ nord, 3° 20′ 21″ est
Altitude Min. 709 m
Max. 1 032 m
Superficie 16,21 km2
Localisation

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Grèzes

Grèzes est une commune française, située dans le département de la Lozère en région Occitanie. Ses habitants sont appelés les Gréziens. L'histoire du village et du est intimement liée à celle du Gévaudan.

GéographieModifier

LocalisationModifier

 
La région des Causses en Lozère.

Le village est implanté sur le Truc de Grèzes, anciennement montagne Saint-Frézal, un piton calcaire de 1 008 m. Toute l'histoire du lieu est associée au Truc. Grèzes est située à proximité de Palhers et de Goudard, et est bordée au nord-est par le truc du Midi. Avec les raccordements modernes, Grèzes se retrouve à une dizaine de minutes en voiture de Marvejols et de l'autoroute A75.

Il existe en Lozère quatre grandes régions naturelles : l'Aubrac, la Margeride, les Cévennes et la région des grands Causses. C'est dans cette dernière que l'on retrouve la commune de Grèzes.

Communes limitrophesModifier

Communes limitrophes de Grèzes[1]
Montrodat Gabrias
Palhers  
Chanac Esclanèdes

HydrographieModifier

Le Truc de Grèzes domine la vallée de la Jourdane. Le village est d'ailleurs orienté vers cette vallée. On retrouve également des traces de puits au sommet du Truc.

ToponymieModifier

Grèzes : « endroits pierreux ».

HistoireModifier

 
Grèzes, accrochée au truc du même nom.

NéolithiqueModifier

Les premières traces d'habitations sur le site de Grèzes remontent au Néolithique moyen et sont en léger décalage par rapport au village. C'est en effet sur le replat dit « du Moulin à Vent » que des fouilles archéologiques ont permis de mettre au jour des sépultures datant de -6 000. Sur les puechs et les trucs alentour on retrouve des traces d'utilisation d'outils.

Les habitations autour du truc se sont ainsi perpétuées au fil des ans, occupant également les nombreuses grottes disponibles dans la région.

Période gauloiseModifier

Il doit s'agir d'un oppidum Gabales, dont la capitale est Anderitum (actuelle Javols) depuis le règne d'Auguste (27 av. J.-C. - 14 ap. J.-C.)-. Cependant, rien ne prouve officiellement que la ville était le centre politique avant cette date[2].

Le truc de Grèzes a peut-être été un lieu important de leur survie durant les guerres qui secouent les Gaules jusqu'à l'arrivée de l'envahisseur romain. Au sommet du truc est donc construit un oppidum destiné à la défense en cas de guerre[réf. nécessaire]. Près de lui, sur le truc de Saint-Bonnet-de-Chirac, était également implanté un oppidum, où l'on a retrouvé un temple. La coutume locale évoque donc l'oppidum de Grèzes comme destiné à la guerre, et celui de Saint-Bonnet comme dédié au culte des dieux.

Période gallo-romaineModifier

 
Sur cette carte on trouve Anderitum (Javols), Mimate (Mende) et Gredone (Grèzes).

À Grèzes, alors nommé Gredonense castrum, une forteresse est venue remplacer l'oppidum gaulois. En dessous de celle-ci (à l'emplacement actuel du village), le village de Gredone se construit durant une période de calme.[réf. nécessaire]

Haut Moyen ÂgeModifier

Le castrum reste une place forte après la disparition de l'empire romain. Le château aurait été agrandi au fil des ans, et il semble qu'il ne faisait déjà qu'un avec le village à l'époque de saint Privat[3].

En 732, les Sarrasins ravagèrent le pays et en 767, Pépin le Bref, qui venait de détruire le royaume aquitain de Toulouse, annexa le Gévaudan à ses terres. Ce comté passa à son fils Charles, le futur Charlemagne.

Charlemagne réorganise le pays en pagus, ainsi naît le Pagus Gabalitanus autrement dit le « pays gabale ». Le pagus est divisé en huit vigeries. Grèzes devient l'un des sièges de ces vigeries, aux côtés de Banassac, Miliac, Valdonnez, Chassezac, Vallée du Tarn, Dèze et Vallée française. Le domaine s'étend alors sur les deux vallées du Lot et de la Colagne.

Au IXe siècle, l'évêque Frézal vient fréquemment se ressourcer en la cité de Grèzes. Après sa mort, il sera d'ailleurs commémoré tous les 4 septembre[4]. Le truc de Grèzes a longtemps porté le nom de « montagne Saint-Frézal ».

Sous la période des Capétiens Grèzes devient une vicomté et est donc placé sous l'égide des comtes du Gévaudan. Lorsque Douce de Gévaudan se marie en 1112, elle apporte à Raymond-Béranger le Gévaudan en dot. La vicomté de Grèzes (comté de Gévaudan) devient donc une possession des comtes de Barcelone puis du roi d'Aragon. Néanmoins, le comté sera perdu par la famille d'Aragon, au profit des comtes de Toulouse et du roi des Francs. Mais, peu à peu, en Gévaudan, les évêques de Mende prennent la souveraineté sur la province, notamment à la suite de la Bulle d'or royale obtenue par Aldebert III du Tournel. Cependant en 1266, l'évêque Odilon de Mercœur, abandonne à perpétuité la vicomté de Grèzes aux rois de France[5]. Cela est confirmé après l'acte de paréage de 1307, Mende est aux évêques, Marvejols est au Roi.

Moyen ÂgeModifier

Le château est le témoin de la guerre de Cent Ans, et le renforcement des fortifications n'empêche pas les Anglais de s'emparer de la cité. Et ce n'est qu'après les victoires des troupes de Bertrand Du Guesclin sur les terres de Peyre environnantes, mais également la libération d'Apcher et du Randon, que Grèzes retrouve sa liberté, bien que fortement affaiblie.

RenaissanceModifier

Ce sont ensuite les guerres de religion qui secouent la région. Grèzes est d'ailleurs l'un des nombreux villages pillés par Matthieu Merle, pourtant mandé par la veuve d'Astorg de Peyre[6] pour venger son mari des catholiques. Lieu stratégique dans le pays, Grèzes est occupée dept années par les troupes du capitaine huguenot. La forteresse est alors détruite en 1576 afin d'y chasser la compagnie de Merle. Cela ne l'empêche pourtant pas de conquérir Mende la nuit de Noël 1579.

Vers 1632, le roi Louis XIII ordonne que l'on démantèle les châteaux de Luc, Grèzes et Châteauneuf-de-Randon. C'est juste après la destruction du château sur le truc, qu'a alors été bâti le château encore visible de nos jours.

1720 est l'année de l'épidémie de peste à Marseille. En Gévaudan, elle se répand à partir de 1721. Un paysan de Corréjac (La Canourgue) ayant rencontré un galérien fuyant la cité phocéenne entra en contact avec le mal et contamina tant son village que celui de La Canourgue. À partir de ce moment-là, et malgré toutes les précautions prises, plusieurs foyers se déclarèrent en Gévaudan : Marvejols, Mende, Saint-Léger-de-Peyre,... Grèzes fait partie des villages les plus touchés par l'épidémie[7]. Selon le père l'Ouvreveul, la population de Grèzes avant la peste était de 322 personnes. Il a été dénombré 165 victimes sur le village même et alentour, soit 51,24 % de la population[8].

Révolution françaiseModifier

À la veille de la Révolution française, la vicomté de Grèzes était la possession de messire Guillaume de Périer, vicomte de Grèzes, baron de Mirandol et de Montialoux, seigneur de Puylaurent et autres lieux... fermier général de Sa Majesté, administrateur général des domaines du Roi, secrétaire général de la Marine de France (né en 1720 (Lozère), décédé en 1792 Hôtel particulier de la Vrilière à Paris).

Période contemporaineModifier

Politique et administrationModifier

Liste des mairesModifier

Liste des maires de Grèzes
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1965 1995 Bernard Pauc    
1995 2004 Jean-Paul Thomas    
2004 En cours Patricia Brémond SE Conseillère départementale

IntercommunalitéModifier

Le village de Grèzes appartient à la communauté de communes du Gévaudan, créée le . Cette communauté regroupe 12 communes autour de la ville de Marvejols qui en est le siège. Elle a permis le transfert de certaines compétences : aménagement rural, collecte des déchets des ménages et déchets assimilés, création, aménagement, entretien et gestion de zone d'activités industrielle, commerciale, tertiaire, artisanale ou touristique, opération programmée d'amélioration de l'habitat (OPAH), tourisme, traitement des déchets des ménages et déchets assimilés.

Découpage administratifModifier

Grèzes est située dans le canton de Chirac, dont le bureau centralisateur est Chirac.

DémographieModifier

Les habitants de la commune sont appelés les Gréziens[9].

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[10]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[11].

En 2016, la commune comptait 214 habitants[Note 1], en augmentation de 3,38 % par rapport à 2011 (Lozère : -0,95 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
390408592439458495498513443
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
451459452462445440436391417
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
405434421334285270301290192
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
444170193183235245235233190
2016 - - - - - - - -
214--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[12] puis Insee à partir de 2006[13].)
Histogramme de l'évolution démographique
 

ÉconomieModifier

Culture locale et patrimoineModifier

Lieux et monumentsModifier

ChâteauModifier

Le château de Grèzes visible dans le village n'a rien à voir avec le castrum qui a fait la réputation de Grèzes. Il a été construit justement après la demande de destruction, sous les ordres de Richelieu, et date donc du XVIIe siècle. Il s'agit d'un bâtiment carré, massif, de quatre étages, auquel est ajoutée une tour. Le château possédait plusieurs tours mais seule une subsiste, les autres ont été détruites pendant les guerres de Religion du début du XVIIIe siècle.

Église paroissiale Saint-FrézalModifier

Les premières mentions de l'existence de l'église paroissiale Saint-Frézal remontent au XIIIe siècle. En 1424, elle est annexée à la collégiale de Marvejols. Cette église est protégée au titre de monument historique[14] depuis le [15]

Parcours et zones de fouillesModifier

Depuis le village jusqu'au sommet du truc, un sentier d'interprétation a été mis en place. Il explique l'histoire et l'importance de la forteresse de Grèzes pour les Gabales et les Gévaudanais au fil des siècles. Une fois au sommet du truc, outre la présence d'une table d'orientation, on retrouve également une partie visible des différentes périodes de fouilles archéologiques.

Une autre zone de fouille sur site du « Moulin à Vent » ont révélé des tombes datant du Néolithique, mais aussi du Moyen Âge.

HéraldiqueModifier

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

RéférencesModifier

  1. Carte IGN sous Géoportail
  2. La cité est dans le pré : Javols, capitale antique du Gévaudan, édité par le conseil général de la Lozère, 2008, p.19
  3. Le village de Grèzes est situé à 200 mètres du sommet du truc, avec un dénivelé très important
  4. C'est le 4 septembre 828 qu'il aurait été assassiné par son neveu,Bucilinus
  5. Historique
  6. C'est sa mort la nuit de la Saint-Barthélemy qui déclenche la guerre en Gévaudan
  7. Félix Buffière, Ce tant rude Gévaudan [détail des éditions], Tome II, chap. 40
  8. [PDF] Statistiques de la peste de 1721 en Gévaudan
  9. http://www.annuaire-mairie.fr/mairie-grezes-48.html
  10. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  11. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  12. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  13. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.
  14. Base Mérimée.
  15. Édifices protégés au titre des monuments historiques en Languedoc-Roussillon depuis 2001.