Gouvernement De Croo

gouvernement belge depuis 2020
Gouvernement De Croo

Royaume de Belgique

Description de cette image, également commentée ci-après
Le Premier ministre Alexander De Croo.
Roi Philippe
Premier ministre Alexander De Croo
Élection 26 mai 2019
Législature 55e
Formation
Durée 1 an, 3 mois et 18 jours
Composition initiale
Coalition
Ministres 15
Secrétaires d'État 5
Femmes 10 (8+2)
Hommes 10 (7+3)
Représentation
Chambre des représentants
87  /  150
Sénat
37  /  60
Drapeau de la Belgique

Le gouvernement De Croo est le gouvernement fédéral du royaume de Belgique depuis le , durant la 55e législature de la Chambre des représentants.

Formé 16 mois après les élections législatives fédérales, il est dirigé par le libéral néerlandophone Alexander De Croo et repose sur une coalition « Vivaldi » de sept partis entre socialistes, libéraux, écologistes des deux communautés et chrétiens-démocrates flamands.

Historique du mandatModifier

Ce gouvernement est dirigé par le libéral néerlandophone Alexander De Croo, précédemment ministre fédéral des Finances. Il est constitué et soutenu par une coalition dite « Vivaldi » entre le Parti socialiste (PS), les Christen-Democratisch en Vlaams (CD&V), l'Open Vlaamse Liberalen en Democraten (Open VLD), le Mouvement réformateur (MR), Vooruit, Ecolo et Groen. Ensemble, ils disposent de 87 représentants, soit 58 % des sièges de la Chambre des représentants.

Il est constitué 494 jours après les élections législatives fédérales du .

Il succède donc au second gouvernement de la libérale francophone Sophie Wilmès, constitué par le CD&V, l'Open VLD et le MR et bénéficiant du soutien sans participation du PS, du Socialistiche Partij Anders (sp.a), d'Ecolo, de Groen, du Centre démocrate humaniste (cdH) et Démocrate fédéraliste indépendant (DéFI) dans le cadre de la gestion de la pandémie de Covid-19.

Série de missions royalesModifier

Cinq jours après le scrutin, le roi Philippe charge le ministre fédéral des Affaires étrangères libéral francophone Didier Reynders et le ministre d'État socialiste néerlandophone Johan Vande Lanotte d'une mission d'information[1]. Les deux mandataires rendent leur rapport final plus de quatre mois plus tard, le , et appellent à des discussions entre la Nieuw-Vlaamse Alliantie (N-VA) et le Parti socialiste (PS), qui comptent le plus grand nombre de siège, chacun dans sa communauté linguistique[2].

Le monarque convoque donc le lendemain l'ancien ministre-président flamand Geert Bourgeois (N-VA) et l'ancien ministre-président wallon et de la Communauté française Rudy Demotte (PS) et les désigne pré-formateurs[3]. Le duo remet son rapport final au souverain dès le sur un constat d'échec[4]. Le lendemain, le roi Philippe relance les discussions entre tous les partis en chargeant le bourgmestre de Charleroi et président du PS Paul Magnette d'une mission d'information[5]. Il abandonne cette responsabilité le et se trouve remplacé par un binôme d'informateurs, les chefs du CD&V et du MR, Joachim Coens et Georges-Louis Bouchez[6],[7].

Ayant constaté l'échec du mandat des informateurs, le chef de l'État y met un terme le et confie une mission au ministre fédéral de la Justice chrétien-démocrate néerlandophone Koen Geens, sans lui accorder de titre particulier[8]. Le mandataire royal s'efforce de rapprocher les points de vue des nationalistes flamands et des socialistes francophones, mais son échec le conduit à renoncer à sa mission le [9]. Cinq jours après, le président de la Chambre des représentants libéral néerlandophone Patrick Dewael et la présidente du Sénat libérale francophone Sabine Laruelle sont missionnés par le palais royal pour « prendre les contacts politiques nécessaires permettant la mise en place d’un gouvernement de plein exercice »[10].

Gouvernement d'urgence pour cause de Covid-19Modifier

En raison de la progression de la pandémie de Covid-19, une solution transitoire émerge après une proposition en ce sens de plusieurs dirigeants politiques : former un gouvernement d'urgence, doté des pleins pouvoirs pour une durée de six mois ; mais après que le PS a refusé que cet exécutif soit dirigé par Bart De Wever (N-VA), dix partis s'entendent le pour que le gouvernement d'affaires courantes de Sophie Wilmès soit reconduit à l'identique[11]. Reçue le lendemain en audience par le roi, la Première ministre sortante est donc désignée formatrice[12].

La Chambre accorde sa confiance au gouvernement Wilmès II par 88 voix pour et 44 voix contre, la N-VA, le Vlaams Belang (VB) et le Parti du travail de Belgique (PTB) s'y opposant[13].

Reprise des missionsModifier

Le , Paul Magnette et le président du sp.a Conner Rousseau annoncent qu'ils entament une série de contacts informels avec les autres chefs de partis, afin de connaître leurs vues sur la sortie de la période d'urgence ; Sophie Wilmès étant Première ministre de plein exercice, le roi Philippe ne peut en effet nommer d'informateur pour engager des discussions entre les formations politiques[14]. Au bout d'un mois, ils proposent que la cheffe de l'exécutif prenne le relais[15]. Face à leur proposition de mettre en place une alliance entre socialistes, libéraux et chrétiens-démocrates minoritaire, les présidents du CD&V, de l'Open VLD et du MR Joachim Coens, Egbert Lachaert et Georges-Louis Bouchez se montrent sceptiques et annoncent leur volonté de mener à leur tour des rencontres en vue d'agréger de nouveaux partenaires à la coalition orange-bleue au pouvoir[16].

Le trio de dirigeants travaille alors sur la mise sur pieds d'une coalition dite « Arizona » entre leurs partis, la N-VA et le sp.a (dont les couleurs correspondent à celle du drapeau de l'État américain), mais le , Paul Magnette affirme que le PS serait prêt à gouverner avec la N-VA, ce qui conduit à la mise en retrait des dirigeants chrétiens-démocrates et libéraux[17]. Après avoir été reçus par le souverain en audience le , Paul Magnette et Bart De Wever sont chargés d'une mission de pré-formation ; c'est la première fois qu'une mission entrant dans le cadre d'une formation gouvernementale est lancée tandis qu'un gouvernement de plein exercice est en responsabilités[18].

Le duo entre le nationalisme flamand et le bourgmestre wallon échoue cependant à convaincre tant les libéraux que les écologistes de se joindre à leur « bulle des cinq » (unissant leurs partis, le sp.a, le CD&V et le cdH). Ils doivent donc remettre leur démission au monarque le [19]. Le lendemain, Egbert Lachaert est désigné mandataire royal sans titre particulier[20]. Après avoir dégagé une potentielle majorité « Vivaldi » entre les familles socialistes, libérales, écologistes et les chrétiens-démocrates flamands (dont les couleurs correspondent aux quatre saisons, comme l'œuvre du compositeur italien), le président de l'Open VLD se voit adjoindre Conner Rousseau le et tous deux prennent le titre de pré-formateurs[21]

AboutissementModifier

Après avoir frôlé la rupture entre six partis et le Mouvement réformateur, les dirigeants politiques néerlandophones rendent leur rapport final au roi le et recommandent officiellement l'ouverture de négociations entre le PS, le sp.a, l'Open VLD, le MR, Ecolo, Groen et le CD&V[22]. Le palais royal y répond positivement et désigne le soir même Paul Magnette et le ministre fédéral des Finances libéral néerlandophone Alexander De Croo co-formateurs, ce qui ne permet pas de connaître encore le nom du futur Premier ministre[23]. Comme convenu, le binôme de mandataires dépose un rapport au souverain le mais celui-ci n'est pas définitif : le roi les appelle à conclure dans les délais les plus brefs[24].

Un accord de coalition est conclu le après une nuit entière de négociations. Outre le programme gouvernemental, qui sera présenté à la Chambre des représentants le lendemain, cette entente tranche la question de la direction de l'exécutif, qui revient à Alexander De Croo. L'assermentation des 14 ministres fédéraux est prévue pour le matin du , juste avant la déclaration de politique générale[25]. Dans la soirée, les sept partis partenaires ratifient l'accord de coalition à des majorités plus ou moins larges, allant de l'unanimité des délégués du PS au vote favorable de 73,9 % des militants CD&V[26].

La déclaration du gouvernement devant les députés a lieu le . En raison de la pandémie de Covid-19, celle-ci a lieu au Parlement européen, l'hémicycle du palais de la Nation étant trop petit pour accueillir l'ensemble des députés tout en respectant les mesures de distanciation physique[27]. Le débat sur la déclaration gouvernementale se tient le [28]. Le , la motion de confiance au gouvernement est votée par 87 voix pour et 54 voix contre ; les 5 députés du cdH et les 2 députés de DéFI se sont abstenus, préférant laisser le bénéfice du doute au nouvel exécutif[29].

CompositionModifier

Poste Titulaire Parti
Premier ministre Alexander De Croo Open VLD
Vice-Premier ministre
Ministre de l'Économie et du Travail
Pierre-Yves Dermagne PS
Vice-Première ministre
Ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et du Commerce extérieur, et des Institutions culturelles fédérales
Sophie Wilmès MR
Vice-Premier ministre
Ministre de la Mobilité
Georges Gilkinet Ecolo
Vice-Premier ministre
Ministre des Finances, chargé de la Coordination de la lutte contre la fraude
Vincent Van Peteghem CD&V
Vice-Premier ministre
Ministre des Affaires sociales et de la Santé publique
Frank Vandenbroucke Vooruit
Vice-Première ministre
Ministre de la Fonction publique, des Entreprises publiques, des Télécommunications et de la Poste
Petra De Sutter Groen
Vice-Premier ministre
Ministre de la Justice et de la Mer du Nord
Vincent Van Quickenborne Open VLD
Ministre des Classes moyennes, des Indépendants, des PME et de l’Agriculture, des Réformes institutionnelles et du Renouveau démocratique David Clarinval MR
Ministre des Pensions et de l’Intégration sociale, chargée des Personnes handicapées, de la Lutte contre la pauvreté et de Beliris Karine Lalieux PS
Ministre de la Défense Ludivine Dedonder PS
Ministre du Climat, de l’Environnement, du Développement durable et du Green Deal Zakia Khattabi Ecolo
Ministre de l’Intérieur, des Réformes institutionnelles et du Renouveau démocratique Annelies Verlinden CD&V
Ministre de la Coopération au développement et de la Politique des Grandes villes Meryame Kitir Vooruit
Ministre de l'Énergie Tinne Van der Straeten Groen
Secrétaire d'État pour la Relance et les Investissements stratégiques, chargé de la Politique scientifique
adjoint au ministre de l’Économie et du Travail
Thomas Dermine PS
Secrétaire d'État à la Digitalisation, chargé de la Simplification administrative, de la Protection de la vie privée et de la Régie des bâtiments
adjoint au Premier ministre
Mathieu Michel MR
Secrétaire d'État à l’Égalité des genres, à l’Égalité des chances et à la Diversité
adjointe au ministre de la Mobilité
Sarah Schlitz Ecolo
Secrétaire d'État à l’Asile et la Migration, chargé de la Loterie nationale
adjoint à la ministre de l’Intérieur, des Réformes institutionnelles et du Renouveau démocratique
Sammy Mahdi CD&V
Secrétaire d'État au Budget et à la Protection des consommateurs
adjointe au ministre de la Justice et de la Mer du Nord
Eva De Bleeker Open VLD

Notes et référencesModifier

  1. « Didier Reynders et Johan Vande Lanotte désignés informateurs par le Roi », Radio-télévision belge de la Communauté française,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  2. « Déchargés de leur mission, Didier Reynders et Johan Vande Lanotte appellent PS et N-VA à discuter », Radio-télévision belge de la Communauté française,‎ (lire en ligne, consulté le )
  3. « Rudy Demotte et Geert Bourgeois chargés d'une mission de préformation par le Roi », Radio-télévision belge de la Communauté française,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  4. « Formation fédérale : la mission des deux préformateurs se solderait par un échec », La DH Les Sports+,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  5. « Belgique : le socialiste Paul Magnette est chargé de la difficile mission d’ébaucher une coalition », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  6. « Paul Magnette demande à être déchargé de sa mission : le Roi suspend sa décision et consulte », Radio-télévision belge de la Communauté française,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  7. « Joachim Coens (CD & V) et Georges-Louis Bouchez (MR) nommés informateurs, prochain rapport le 20 décembre », Radio-télévision belge de la Communauté française,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  8. « Fin de mission pour les informateurs royaux, Koen Geens est chargé d'une mission par le Roi », Radio-télévision belge de la Communauté française,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  9. « Koen Geens déchargé de sa mission, le Roi va consulter les présidents de partis », Radio-télévision belge de la Communauté française,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  10. « Sabine Laruelle (MR) et Patrick Dewael (Open VLD) sont chargés de "prendre des contacts pour la mise en place d'un gouvernement" », Radio-télévision belge de la Communauté française,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  11. « Le gouvernement Wilmès va être doté de pouvoirs spéciaux pendant 6 mois », Radio-télévision belge de la Communauté française,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  12. « La mission royale de Patrick Dewael et Sabine Laruelle prend fin : Sophie Wilmes doit maintenant former un gouvernement », Sudinfo.be,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  13. « Le Parlement accorde sa confiance au gouvernement Wilmès II », Radio-télévision belge de la Communauté française,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  14. « Les présidents du PS et du sp.a consultent ensemble leurs homologues », Radio-télévision belge de la Communauté française,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  15. « Magnette et Rousseau veulent que Wilmès prenne la relève: le MR se montre réticent », La Libre Belgique,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  16. « Formation fédérale : la piste de la tripartite n’est pas privilégiée », BX1,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  17. « Formation fédérale : le trio CD&V, Open Vld et MR se met en retrait pour laisser PS et N-VA discuter », Radio-télévision belge de la Communauté française,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  18. « Formation fédérale : Paul Magnette et Bart De Wever ont accepté la mission du Roi », Sudinfo.be,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  19. « Négociations fédérales : Magnette et De Wever présentent leur démission, le Roi entame de nouvelles consultations », Le Soir,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  20. « Le Roi confie une mission à Egbert Lachaert en vue de former un gouvernement », Radio-télévision belge de la Communauté française,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  21. « Formation fédérale : Egbert Lachaert (Open Vld) et Conner Rousseau (sp.a) préformateurs d'un gouvernement à 7 », Radio-télévision belge de la Communauté française,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  22. « Les préformateurs Egbert Lachaert et Conner Rousseau reçus par le Roi », Le Soir,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  23. « Négociations fédérales : Paul Magnette et Alexander De Croo sont nommés formateurs », La Libre Belgique,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  24. Joyce Azar, « Le roi accorde du temps supplémentaire aux formateurs : les discussions budgétaires se poursuivent », Vlaamse Radio- en Televisieomroeporganisatie,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  25. « La Vivaldi a un accord de gouvernement et un Premier ministre », Le Soir,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  26. « Nouveau gouvernement belge : les militants des sept partis (PS, sp.a, MR, Open VLD, CD&V, Ecolo et Groen) ont dit oui », Radio-télévision belge de la Communauté française,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  27. « Coronavirus, soins de santé, pensions : voici la déclaration de politique générale du Premier ministre », RTBF Info,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  28. « Vivaldi : premières salves entre majorité et opposition au parlement, la N-VA a du mal à avaler la pilule », RTBF Info,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  29. « Le gouvernement De Croo a obtenu la confiance de la Chambre par 87 voix pour, 54 contre et 7 abstentions », RTBF Info,‎ (lire en ligne, consulté le ).

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Lien externeModifier