Donald Adamson

historien et biographe britannique
Donald Adamson
Portrait de Donald Adamson
Dr Donald Adamson
à Londres en 2014
Biographie
Naissance
Culcheth dans le Lancashire
(actuel Cheshire)
Nationalité Drapeau du Royaume-Uni britannique
Père Donald Adamson (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère Hannah Mary Booth (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint Helen Griffiths (d) (depuis le )Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants Richard Adamson (d) et John Adamson (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Thématique
Formation Magdalen College, université Paris-Sorbonne et Manchester Grammar SchoolVoir et modifier les données sur Wikidata
Profession biographe et historien
Employeur Wolfson College et université de LondresVoir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions Knight of Justice of the Order of Saint John (d), ordre pro Merito Melitensi, chevalier des Palmes académiques (d), Fellow of the Society of Antiquaries (d), Fellow of the Royal Historical Society (d), Fellow of the Chartered Institute of Linguists (d) et compagnon de la Royal Society of Literature (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Membre de Royal Society of Literature, Royal Historical Society et Society of Antiquaries of LondonVoir et modifier les données sur Wikidata
Données clés

Donald Adamson, né le à Culcheth dans le Cheshire en Angleterre, est un historien et biographe britannique.

Adamson est un critique littéraire spécialisé en littérature française, on lui doit surtout Blaise Pascal: Mathematician, Physicist, and Thinker about God[1], ainsi qu’une étude approfondie du roman majeur de Honoré de Balzac, Illusions perdues[2].

BiographieModifier

Adamson passa sa jeunesse à Lymm dans le Cheshire où son père était agriculteur[3]. De 1949 à 1956 il étudia au Manchester Grammar School[4], avant de poursuivre ses études au Magdalen College à Oxford où il fut nommé B.A. puis B.Litt. (Licencié ès lettres). Il fut « Zaharoff Travelling Scholar » de l’université d'Oxford en 1959–1960. À l'université Paris-Sorbonne il prépara, sous la direction de Pierre-Georges Castex, une étude génétique et littéraire de cet autre roman de Honoré de Balzac, Le Cousin Pons[5]. Jean Seznec, de l'All Souls College à Oxford, dirigea ses recherches dans cette université, où il soutint une thèse doctorale (D.Phil.) sur le thème de Balzac et les beaux-arts[6]. De 1964 à 1965, il fut lecteur d’anglais au lycée Louis-le-Grand à Paris.

Il exerça ensuite les fonctions de professeur de la littérature française à l’université de Londres. À l’université de Cambridge il participe, en tant que Fellow invité, à l’activité intellectuelle du Wolfson College depuis 1989[7].

Adamson est Fellow de la Royal Society of Literature[8], de la Royal Historical Society, de la Society of Antiquaries of London[9], du Chartered Institute of Linguists et il est aussi chevalier du Tastevin en Bourgogne[10].

En Angleterre de 1983 à 2009 il servit comme juge de paix.

Portée de travailModifier

Sa thèse complémentaire sur Le Cousin Pons, d’où s’est développé un livre, s’appuie entièrement sur le manuscrit, les épreuves et l’édition préoriginale de ce roman, conservés à cette époque à la bibliothèque Spoelberch de Lovenjoul à Chantilly : il s’agit, autrement dit, d’une étude de genèse. Adamson y démontre que la première intention de Balzac était de faire du Cousin Pons (dénommé à l’origine Le Bonhomme Pons, Le Vieux Musicien, Le Parasite, Les Deux Musiciens[11]) un conte ou une nouvelle. Le narrateur en écrivit pourtant un roman à l’instar de La Cousine Bette, ouvrage avec lequel cette première ébauche se trouvait jumelée dans son diptyque, Les Parents pauvres. D’où certaines contradictions narratives[12], que Balzac n’a pu surmonter ; d’où également l’assombrissement – voire, le clair-obscur – qui caractérisent les deux tiers ultimes de cette dernière fiction de La Comédie humaine.

Dans son ouvrage sur Illusions perdues Adamson, sans vouloir en faire une étude génétique, contraste les procédés narratifs fort différents dont se sert Balzac pour représenter la capitale et la province (angoumoise) : c’est, en 1981, la première fois que la critique littéraire aborde Illusions perdues de ce point de vue. Adamson en souligne l’ambiguïté de la perspective narrative[13], à tel point (pour H. de Balzac) que "la fiction" se révèle être "la vérité" tandis que "la vérité" s’avère appartenir au domaine de "la fiction" (apparences trompeuses desquelles le théâtre est la représentation métaphorique). Il y démêle aussi les effets réciproques du déterminisme et du hasard[14]. Mettant en évidence les éléments autobiographiques du roman, il défriche le rôle équivoque de la loi et du journalisme dans Illusions perdues: il examine l’influence néfaste qu’y exerce le journalisme sur l’opinion publique.

Dans sa biographie de Blaise Pascal, Adamson analyse l’apport scientifique de ce polymathe à la pensée européenne, tant pour la physique que pour les mathématiques, ainsi que son activité de moralisateur (Les Lettres provinciales)[15], de moraliste (Les Pensées)[16] et d’apologiste chrétien, sinon de théologien tout court[17]. Il y explore la perception que se fait Pascal des contradictions de la nature humaine, et la profonde érudition de cet écrivain pour tout ce qui regarde les traditions chrétiennes, judaïques et rabbiniques[18]. Il y consacre un chapitre au pari de Pascal[19].

Adamson est également le traducteur de deux romans d'Honoré de Balzac (La Rabouilleuse et Ursule Mirouët) et d’un choix de 26 contes de Guy de Maupassant[20].

En ce qui concerne l’influence et la renommée d'Honoré de Balzac à l’extérieur de la France, Adamson a publié deux études de littérature comparée, dont l’une se consacre exclusivement au Père Goriot[21] tandis que dans l’autre il analyse le rayonnement de La Comédie humaine en général[22].

Adamson a aussi étudié la découverte de l’Espagne par les voyageurs français et l’influence de la peinture espagnole (Le Greco, Francisco de Zurbarán, José de Ribera, Diego Vélasquez, Francisco de Goya) sur les ouvrages des écrivains romantiques français (Théophile Gautier, Prosper Mérimée, Edgar Quinet, Victor Hugo). Il en existe un abrégé, “Interprètes français de la peinture espagnole à l’époque romantique”, « Ensayos de Literatura Europea e Hispanoamericana » (éd: Profesor Félix Menchacatorre[23]).

Au Reference Guide to World Literature (2e édn), publié en 1995, il a contribué à l'écriture d'articles sur La Cousine Bette, Eugénie Grandet, Illusions perdues, Les Trois Mousquetaires, Anatole France, Théophile Gautier, Edmond de Goncourt et Jules de Goncourt, L'Abandonné et La Parure de Guy de Maupassant, et sur Blaise Pascal.

Pour « L'Année balzacienne » il était, de 1972 à 1992, le rapporteur britannique de l’activité critique et littéraire des chercheurs balzaciens.

Il écrit une histoire des grands maîtres de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem et ses activités en France.

Principaux écrits d'Adamson relatifs à la littérature françaiseModifier

Distinctions honorifiquesModifier

Nominations annexesModifier

Notes et référencesModifier

  1. Macmillan: Londres et New York, 1995
  2. Grant & Cutler: Londres, 1981
  3. www.thepeerage.com
  4. www.mgs.org
  5. Oxford University Press, 1966
  6. Oxford University, 1971
  7. www.wolfson.cam.ac.uk
  8. www.rslit.org
  9. www.sal.org.uk
  10. Confrérie des Chevaliers du Tastevin
  11. The Genesis of Le Cousin Pons, 1966, p. 26–34
  12. The Genesis of Le Cousin Pons, 1966, p. 53–59.
  13. Illusions perdues, (Dr Adamson) 1981, p. 58–64
  14. Illusions perdues, 1981, p. 65–75
  15. Blaise Pascal”, (Dr Adamson) 1995, p. 85–114.
  16. Blaise Pascal”, 1995, p. 143–160, 215-219.
  17. Blaise Pascal”, 1995, p. 161–188, 227-232.
  18. Blaise Pascal”, 1995, p. 175–188.
  19. Blaise Pascal”, 1995, p. 161–173: voir aussi “Pascal’s Views on Mathematics and the Divine” du Dr Adamson, 2005.
  20. Ce recueil par Dr Adamson se compose de La Main d'écorché, Le Papa de Simon, En Famille, Une Partie de campagne, La Bûche, Un Vieux, Aux champs, Nuit de Noël, À Cheval, En Mer, Apparition, Le Baptême, Un Lâche, Le Parapluie, Le Bonheur, Le Petit Fût, Le Lit 29, L’Aveu, La Dot, La Chambre 11, Les Prisonniers, Voyage de santé, Le Fermier, La Morte, Duchoux et Après.
  21. Le Père Goriot devant la critique anglaise”, « L'Année balzacienne », 1986.
  22. La Réception de La Comédie humaine en Grande-Bretagne au XXe siècle”, « L'Année balzacienne », 1992.
  23. Prof. Félix Menchacatorre: Ensayos de Literatura Europea e Hispanoamericana, 605 pp., Universidad del País Vasco (UPV) de San Sebastián, 1990, p. 1–5
  24. www.tandfonline.com
  25. www.oup.com
  26. www.london.ac.uk
  27. Essays in Honour of Brian Juden
  28. www.oxfordjournals.org
  29. www.history.ac.uk

Liens externesModifier