Ouvrir le menu principal

La Parure

nouvelle réaliste écrite par Guy de Maupassant, parue en 1884

Page d'aide sur l'homonymie Pour l'adaptation, voir La Parure (téléfilm).

La Parure
Image illustrative de l’article La Parure
Couverture de Gil Blas du , illustrant la nouvelle.
Publication
Auteur Guy de Maupassant
Langue Français
Parution Drapeau : France
dans Le Gaulois
Recueil
Intrigue
Genre nouvelle réaliste
Personnages Mathilde de Loisel, Madame Forestier
Nouvelle précédente/suivante
Une du Gaulois du 17 février 1884, où la nouvelle est publiée pour la première fois.

La Parure est une nouvelle réaliste écrite par Guy de Maupassant, parue en 1884.

L'histoire se passe dans le Paris du XIXe siècle, à une époque où se creuse l'écart entre les classes sociales en France. La nouvelle raconte la vie de Mathilde Loisel, malheureuse et insatisfaite du milieu modeste dans lequel elle évolue, et dont les choix qu'elle va faire dans l'espoir de s'élever au dessus de son rang vont l'entraîner dans sa propre chute, personnelle, financière et sociale.

Maupassant exploite dans cette nouvelle la thèse du déterminisme social, qu'il illustre avec les comportements de Mathilde Loisel, induits par l'influence sociétale qu'elle subit.

HistoriqueModifier

La Parure est parue pour la première fois dans le quotidien Le Gaulois du , avant d'être reprise dans le recueil Contes du jour et de la nuit en 1885. Elle paraît trois ans après le rétablissement de la liberté de la presse sous la IIIe République.

RésuméModifier

Mathilde Loisel est une Parisienne au foyer qui rêve d'une vie d'ostentation, de richesses et d'élégance. Elle est l'épouse d’un petit employé du ministère de l'Instruction publique, qu'elle a épousé faute de mieux, mais qui en fait beaucoup pour elle.

Un jour, celui-ci arrive avec une invitation pour une fête au Ministère, et pour ne pas laisser se montrer au travers de son rang, elle emprunte un collier à son amie, Jeanne Forestier, qui fait partie du beau monde qu'elle rêve de fréquenter. Rentrée chez elle, elle s'aperçoit qu'elle a perdu le collier. Toutes les recherches n'y changent rien, et le précieux bijou demeure introuvable. Elle n'ose rien dire à son amie, préférant donner le change en lui en achetant une, identique, mais valant 40 000 francs, endettant alors lourdement son ménage pour rembourser les crédits engagés : ils déménagent, renvoient la domestique, et elle « connut la vie horrible des nécessiteux » le mari fait de pénibles petits travaux d'écriture après son travail, et elle est obligée de faire toutes les tâches ingrates réservées avant cela aux domestiques, et cela pendant dix ans.

Au bout de ces dix années de galère, Madame Loisel croise un jour par hasard Mme Forestier, « toujours jeune, toujours belle », et juge qu'il est temps de lui avouer la vérité. D'abord, Madame Forestier ne reconnaît Madame Loisel. Celle-ci lui répond alors, désolée :

« Oh ! ma pauvre Mathilde ! Mais la mienne était fausse. Elle valait au plus cinq cents francs ! »

CitationsModifier

L'incipitModifier

L'incipit de la nouvelle dépeint d'emblée un personnage indéfini (« une de ces ») qui n'est pas nommé et dont la naissance est associée à « une erreur du destin ». La jeune femme est décrite non pas par ce qu'elle est, mais par ce qu'elle n'a pas : le sentiment d'appartenance et l'idée de possession sont évoqués dès les premières lignes et sont au cœur de toute la nouvelle.

« C'était une de ces jolies et charmantes filles, nées, comme par une erreur du destin, dans une famille d'employés. Elle n'avait pas de dot, pas d'espérances, aucun moyen d'être connue, comprise, aimée, épousée par un homme riche et distingué ; et elle se laissa marier avec un petit commis du ministère de l'Instruction publique. »

Une amie richeModifier

Jeanne Forestier représente l'idéal auquel rêve d'appartenir Mathilde Loisel. Les relations entre les jeunes femmes sont évoquées dès le début de la nouvelle.

« Elle avait une amie riche, une camarade de couvent qu'elle ne voulait plus aller voir, tant elle souffrait en revenant. Et elle pleurait pendant des jours entiers, de chagrin, de regret, de désespoir et de détresse. »

Le balModifier

Parée du bijou prêté par Jeanne Forestier, Mathilde Loisel se rend au bal accompagnée de son mari. Cette soirée est l'unique moment dans la nouvelle où Mathilde Loisel, au centre de tous les regards, semble rayonner de bonheur. La parure fait illusion, et la jeune femme parait exister enfin, alors même qu'elle se fait ainsi passer pour quelqu'un qu'elle n'est pas.

« Le jour de la fête arriva. Mme Loisel eut un succès. Elle était plus jolie que toutes, élégante, gracieuse, souriante et folle de joie. Tous les hommes la regardaient, demandaient son nom, cherchaient à être présentés. Tous les attachés du cabinet voulaient valser avec elle. Le Ministre la remarqua. »

L'empruntModifier

À la suite de la perte de la parure, Les Loisel, qui d'un commun accord taisent l'événement à Jeanne Forestier, s'endettent pour racheter un bijou semblable. Cette décision va avoir de lourdes conséquences sur le reste de leur vie.

« Il emprunta, demandant mille francs à l'un, cinq cents à l'autre, cinq louis par-ci, trois louis par-là. Il fit des billets, prit des engagements ruineux, eut affaire aux usuriers, à toutes les races de prêteurs. Il compromit toute la fin de son existence, risqua sa signature sans savoir même s'il pourrait y faire honneur, et, épouvanté par les angoisses de l'avenir, par la noire misère qui allait s'abattre sur lui, par la perspective de toutes les privations physiques et de toutes les tortures morales, il alla chercher la rivière nouvelle, en déposant sur le comptoir du marchand trente-six mille francs. »

AdaptationsModifier

Au cinémaModifier

À la télévisionModifier

Voir aussiModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Lien externeModifier