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Dolores Delgado

Procureure et femme politique espagnole.

Dolores Delgado
Illustration.
Dolores Delgado en .
Fonctions
Députée aux Cortes Generales
En fonction depuis le
(6 mois et 6 jours)
Élection
Circonscription Madrid
Législature XIIIe
Groupe politique Socialiste
Ministre espagnole de la Justice
Grand notaire du Royaume
En fonction depuis le
(1 an, 5 mois et 7 jours)
Président du gouvernement Pedro Sánchez
Gouvernement Sánchez
Prédécesseur Rafael Catalá
Biographie
Nom de naissance Dolores Delgado García
Date de naissance (57 ans)
Lieu de naissance Madrid (Espagne)
Nationalité espagnole
Parti politique Indépendante
Diplômée de UAM
Complutense
Profession procureure

Dolores Delgado
Ministres de la Justice d'Espagne

Dolores Delgado García [doˈloɾes ðɛlˈɣaðo ɣaɾˈsia], née le à Madrid, est une procureure et femme politique espagnole. Elle est ministre de la Justice depuis le .

Elle est formée en droit à l'université autonome de Madrid puis à l'université complutense de Madrid. Devenue procureure en Catalogne en , elle est mutée quatre ans plus tard au parquet anti-drogue de l'Audience nationale. Dans le cadre de ses fonctions, elle rencontre et devient l'amie de l'emblématique Baltasar Garzón.

Après les attentats de , elle se spécialise dans la lutte anti-terroriste. Elle se montre alors défenseure du principe de justice universelle et se trouve promue trois ans après coordonnatrice de la lutte contre le djihadisme international. Elle passe au premier plan dans les années 2010 en dirigeant l'équipe d'investigation sur les éventuels crimes de Mouammar Kadhafi dans le cadre du printemps arabe ou en s'opposant à la remise d'Hervé Falciani à la Suisse.

Membre de l'Union progressiste des procureurs (UPF), elle est élue au conseil du ministère public en . Deux mois plus tard, elle devient ministre de la Justice dans le gouvernement de Pedro Sánchez.

BiographieModifier

ÉtudesModifier

Dolores Delgado García, parfois surnommée « Lola », naît le à Madrid[1]. Elle étudie le droit à l'université autonome de Madrid (UAM). Après y avoir obtenu une licence, elle poursuit son cursus en passant un master en droit communautaire à l'université complutense de Madrid (UCM). Elle complète sa formation à l'École de pratique juridique[2],[3].

Documentaliste dans un cabinet d'avocats de Barcelone, elle passe en le concours du ministère public et l'obtient deux ans plus tard[4].

Vie professionnelleModifier

De la lutte antidrogue à l'antiterrorismeModifier

Elle est initialement affectée au parquet du Tribunal supérieur de justice de Catalogne (TSJC), en . Au bout de quatre ans, elle est mutée au ministère public de l'Audience nationale[2]. Elle est d'abord intégrée au parquet anti-drogue, où elle se rapproche de l'emblématique juge Baltasar Garzón[5].

Elle travaille notamment sur l'opération Temple contre les réseaux de narcotrafiquants colombiens, qui aboutit à 34 condamnations à plus de 500 ans de prison cumulés, et l'opération Hielo Verde, contre un réseau de trafic de drogue et blanchiment d'argent impliquant sept pays dont le Canada, les États-Unis et le Costa Rica[6].

À la suite des attentats de Madrid du 11 mars 2004, elle spécialise dans la lutte contre le terrorisme, à la fois celui du séparatisme basque d'ETA et celui des filières djihadistes[7]. Elle introduit plusieurs innovations dans les mécanismes d'investigation, comme l'officialisation du statut d'agent infiltré[5]. En , elle est désignée procureure coordonnatrice de la lutte contre le terrorisme djihadiste de l'Audience nationale[8].

En , le procureur général de l'État Cándido Conde-Pumpido en fait sa porte-parole. Elle abandonne cette fonction au bout d'un an[9],[2].

Une procureure engagéeModifier

 
Dolores Delgado en .

Grande défenseure du principe de justice universelle, elle obtient en la condamnation de l'ancien militaire argentin Adolfo Scilingo à plus de 1 000 ans de prison pour crime contre l'humanité[5].

Elle collabore à partir de avec le parquet de la Cour pénale internationale (CPI)[6]. Sa première mission consiste à coordonner l'équipe d'investigation concernant les éventuels crimes commis par le régime de Mouammar Kadhafi dans le cadre de la guerre civile qui ravage la Libye[10].

Elle s'oppose en à la remise à la Suisse de l'informaticien franco-italien Hervé Falciani, qui a rendu public des fichiers de la banque HSBC permettant ainsi l'identification d'évadés fiscaux. Elle souligne dans son avis que les faits qui lui sont reprochés « ne sont pas passibles de poursuites en Espagne, le secret bancaire y ayant été aboli en 1977 ». Elle est suivie par les magistrats de l'Audience nationale[11].

Elle est choisie le pour exercer les fonctions de porte-parole du parquet de l'Audience nationale par le procureur en chef de la juridiction, Jesús Alonso[12]. Moins de deux mois plus tard, elle participe au premier interrogatoire des suspects de l'organisation des attentats des 17 et 18 août 2017 en Catalogne aux côtés de la procureure chargée du dossier, Ana Noé[13]. Dès le , le procureur adjoint Miguel Ángel Carballo, de tendance conservatrice, la remplace comme porte-parole du ministère public de l'Audience nationale du fait des désaccords entre Alonso et Delgado[14],[15].

Membre de l'Union progressiste des procureurs (UPF), elle soutient les mouvements de contestation contre les coupes budgétaires opérées dans le budget de la justice, qui mènent à une grève le [16]. Elle intègre le mois précédent le conseil du ministère public, une entité consultative placée sous la présidence du procureur général de l'État[7] après avoir fait campagne contre « une justice numérique inopérante », la limitation des délais de l'instruction et « pour des nominations fondées sur l'objectivité et le mérite »[17]. Parallèlement, elle obtient la condamnation de dix accusés de l'opération Caronte à des peines allant jusqu'à 12 ans de prison pour avoir fomenté des attentats à Barcelone, l'enlèvement et l'assassinat d'une personne[18],[19].

Ministre de la JusticeModifier

 
Delgado arrive au conseil des ministres le .

Le , Pedro Sánchez annonce qu'elle sera nommée ministre de la Justice dans le gouvernement qu'il forme après avoir renversé Mariano Rajoy[20]. Elle entre en fonction dès le lendemain.

NominationsModifier

Elle propose le de nommer la procureure de Séville María José Segarra — membre de l'UPF et du conseil du ministère public — au poste de procureur général de l'État[21]. Ayant reçu l'avis favorable du Conseil général du pouvoir judiciaire (CGPJ) et du Congrès des députés, Segarra est assermentée le [22].

Mémoire historiqueModifier

Le conseil des ministres du approuve la création de la direction générale de la Mémoire historique au sein du ministère de la Justice, confiée à Fernando Martínez, spécialiste de cette question au sein du PSOE. Elle permettra au gouvernement d'appliquer concrètement la loi sur la mémoire historique de , alors qu'en parallèle l'exécutif étudie l'exhumation des restes de Francisco Franco du Valle de los Caídos[23]. Delgado annonce le étudier d'éventuelles modifications normatives pour retirer le titre de duchesse de Franco à Carmen Martínez-Bordiú y Franco, petite-fille de Francisco Franco qui hérite le jour même de ce titre nobiliaire grâce à un décret signé un mois plus tôt par Rafael Catalá[24].

Lors de son audition devant la commission de la Justice du Congrès le , elle indique vouloir aller plus loin en réformant la législation de . Son but est de faire supporter à l'État les exhumations des fosses communes, l'élaboration des programmes de recherche des personnes disparues et la création d'un registre des victimes de la Guerre civile et de la dictature. En outre, les sentences des tribunaux de répression du franquisme seront annulées. Elle fait savoir que le ministère de la Justice étudie le cadre normatif permettant de déclarer illégales les organisations faisant l'apologie du régime de Franco, dont la fondation nationale Francisco-Franco. Enfin, le gouvernement a l'intention de créer une commission de vérité et rouvrir le bureau d'appui aux victimes du franquisme[25].

Vie privéeModifier

Elle est mariée avec Jordi Valls. Le couple a deux enfants[26].

Notes et référencesModifier

  1. (es) Ministère de la Justice, « Escalafón de la Carrera Fiscal », sur lamoncloa.gob.es, (consulté le 30 avril 2019).
  2. a b et c (es) Présidence du gouvernement, « Dolores Delgado García », sur lamoncloa.gob.es (consulté le 11 juin 2018).
  3. (es) Beatriz Parera, « Dolores Delgado, la fiscal cercana a Garzón que luchaba contra el yihadismo », El Confidencial,‎ (lire en ligne, consulté le 11 juin 2018).
  4. (es) « Lola Delgado: Lucha incansable contra el terrorismo, aperitivos con Garzón y una capea con Enrique Ponce », Vanity Fair,‎ (lire en ligne, consulté le 5 juillet 2018).
  5. a b et c (es) « Dolores Delgado, azote del yihadismo y defensora de la justicia universal », El Plural,‎ (lire en ligne, consulté le 11 juin 2018).
  6. a et b (es) « La fiscal Dolores Delgado, una veterana en la Audiencia Nacional y experta en yihadismo, ocupará la cartera de Justicia », Europa Press,‎ (lire en ligne, consulté le 4 juillet 2018).
  7. a et b (es) « La fiscal progresista Dolores Delgado, experta en yihadismo, nueva titular de Justicia », El Independiente,‎ (lire en ligne, consulté le 11 juin 2018).
  8. (es) « Dolores Delgado, ministra de Justicia », La Vanguardia,‎ (lire en ligne)
  9. (es) « La Fiscalía General del Estado designa portavoz », El País,‎ (lire en ligne)
  10. (es) « Una fiscal española dirigirá la investigación contra Gadafi », El País,‎ (lire en ligne, consulté le 4 juillet 2018).
  11. « La justice espagnole refuse l'extradition d'Hervé Falciani », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  12. (es) « La fiscal Dolores Delgado, experta en yihadismo, elegida portavoz de la Fiscalía de la Audiencia Nacional », Europa Press,‎ (lire en ligne, consulté le 4 juillet 2018).
  13. (es) « Arranca el interrogatorio a los cuatro detenidos de los atentados de Barcelona », Cadena SER,‎ (lire en ligne, consulté le 5 juillet 2018).
  14. (es) « Miguel Ángel Carballo sucede a Dolores Delgado como fiscal portavoz en la AN », El Periódico de Catalunya,‎ (lire en ligne, consulté le 5 juillet 2018).
  15. (es) « Dolores Delgado: la experta en yihadismo curtida en mil batallas en la Audiencia », La Información,‎ (lire en ligne, consulté le 5 juillet 2018).
  16. (es) « Dolores Delgado, una fiscal experta en yihadismo al frente de Justicia », El País,‎ (lire en ligne, consulté le 11 juin 2018).
  17. (es) « La fiscal Dolores Delgado, nueva ministra de Justicia », El Huffington Post,‎ (lire en ligne, consulté le 11 juin 2018).
  18. (es) « Dolores Delgado, pesadilla de yihadistas y «fiscala» », Diario Sur,‎ (lire en ligne, consulté le 5 juillet 2018).
  19. (es) « La operación Caronte se salda con penas de hasta 12 años de cárcel », El Periódico de Catalunya,‎ (lire en ligne, consulté le 11 juin 2018).
  20. (es) « La fiscala Dolores Delgado, nueva ministra de Justicia », eldiario.es,‎ (lire en ligne, consulté le 11 juin 2018).
  21. (es) « El Gobierno de Sánchez propone a María José Segarra como fiscal general del Estado », Euskal Irrati Telebista,‎ (lire en ligne, consulté le 5 juillet 2018).
  22. (es) « María José Segarra toma posesión este miércoles como fiscal general del Estado », Cadena SER,‎ (lire en ligne, consulté le 5 juillet 2018).
  23. (es) « El Gobierno crea una dirección general para impulsar la Memoria Histórica », Cadena SER,‎ (lire en ligne, consulté le 20 juillet 2018).
  24. (es) « El Gobierno estudia modificar la ley para retirar el ducado de Franco », El País,‎ (lire en ligne, consulté le 4 juillet 2018).
  25. (es) « Justicia confirma que el Gobierno reformará la Ley de Memoria Histórica y estudiará ilegalizar a la Fundación Franco », Público,‎ (lire en ligne, consulté le 4 juillet 2018).
  26. (es) « La fiscal Dolores Delgado, experta en yihadismo y amiga de Garzón, ministra de Justicia », OK Diario,‎ (lire en ligne, consulté le 4 juillet 2018).

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

  • Fiche sur le site du Congrès des députés : XIIIe législature.