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Dany Laferrière

écrivain et scénariste canadien
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Dany Laferrière
Description de cette image, également commentée ci-après
Dany Laferrière, photo de Nemo Perier Stefanovitch
Nom de naissance Windsor Klébert Laferrière
Naissance (64 ans)
Port-au-Prince, Drapeau d'Haïti Haïti
Activité principale
Écrivain, de l'Académie française
Distinctions
Prix Médicis 2009
Membre de l'Académie française depuis 2013
Auteur
Langue d’écriture français,
créole haïtien
Genres

Œuvres principales

Dany Laferrière, né Windsor Klébert Laferrière le à Port-au-Prince en Haïti, est un intellectuel, écrivain, et scénariste, résidant principalement à Montréal, au Québec. Il reçoit le prix Médicis 2009 pour son roman L'Énigme du retour.

Le , il est élu à l'Académie française, où il est officiellement reçu le . Il est le deuxième membre de cette institution à l'intégrer sans avoir jamais possédé la nationalité française après Julien Green en 1971.

Sommaire

BiographieModifier

Né à Port-au-Prince le , Dany Laferrière passe son enfance à Petit-Goâve avec sa grand-mère Da, un des personnages marquants de son œuvre. Marie Nelson, sa mère, l'y envoie vers l’âge de quatre ans par crainte qu’il ne subisse des représailles de la part du régime de François Duvalier (Papa Doc), en raison des idées politiques de son père, Windsor Klébert Laferrière (maire de Port-au-Prince, puis sous-secrétaire d’État au Commerce et à l’Industrie), alors en exil au Québec[1],[2].

À onze ans, il retourne vivre avec sa mère à Port-au-Prince, où il fait ses études secondaires. Il devient ensuite chroniqueur culturel à l’hebdomadaire Le Petit Samedi Soir et à Radio Haïti-Inter[1]. Le 1er juin 1976, son ami journaliste Gasner Raymond, alors âgé de vingt-trois ans comme lui, est assassiné par les Tontons Macoute. À la suite de cet événement, craignant d'être « sur la liste », il quitte de manière précipitée Haïti pour Montréal, n'informant personne de son départ, à l'exception de sa mère[2]. En 1979, il retourne pendant six mois à Port-au-Prince et y rencontre Margaret Berrouët, son épouse avec qui il a eu trois filles – la première (Melissa) est née à Manhattan, où vivait alors Maggie[3], les deux autres (Sarah et Alexandra) sont nées à Montréal.

Lors de son arrivée à Montréal en juin 1976, il habite rue Saint-Denis et travaille entre autres dans des usines, jusqu’en novembre 1985, date à laquelle est publié son premier roman Comment faire l’amour avec un Nègre sans se fatiguer, qui connait un succès retentissant dans plusieurs pays, notamment dans le monde anglophone où l'auteur est comparé à Bukowski et à Miller[4]. Il sera adapté pour le cinéma par Jacques W. Benoît en 1989, en plus d’être traduit en de nombreuses langues. Par la suite, il travaille pour diverses stations de télévision en tant que chroniqueur et présentateur météo[5], tout en continuant son activité d’écriture à saveur autobiographique. Autodidacte, il suivra néanmoins des cours à l'Université du Québec à Montréal (UQAM).

À partir de 1990, il vit à Miami avec sa famille en poursuivant son travail d'écriture, puis il se réinstalle à Montréal en 2002. À l'été 2007, il propose une chronique matinale sur Radio-Canada (vers 8h15). Par la suite, il occupe le poste d'éditorialiste à l'émission de Marie-France Bazzo, Bazzo.tv, pendant la saison 2008-2009. En novembre 2009, il reçoit le prix Médicis pour L'Énigme du retour[2].

Laferrière se trouvait en Haïti lors du tremblement de terre du 12 janvier 2010. Son épouse a reçu un courriel de l'écrivain affirmant qu'il était sain et sauf[6]. Il est rentré à Montréal où, le 17 janvier, il était honoré en étant nommé la Personnalité de l'année 2009 au Gala Excellence La Presse/Radio-Canada[7]. Un an après le séisme, il témoigne de ce qu'il a vécu en Haïti dans Tout bouge autour de moi[8].

Le 12 décembre 2013, face notamment à Catherine Clément, Arthur Pauly et Jean-Claude Perrier, il est élu au premier tour de scrutin au 2e fauteuil de l'Académie française, devenant le premier auteur d'Haïti et du Canada (et plus précisément du Québec) à y siéger[9],[10]. Reçu le 28 mai 2015 par Amin Maalouf, il y prononce comme le veut la tradition son discours de réception[11], en hommage à son prédécesseur Hector Bianciotti[12]. Il est le deuxième académicien noir à être élu à l'Académie Française après Léopold Sédar Senghor (élu en 1983), et le troisième élu membre de l'Institut (Ousmane Sow étant élu associé étranger à l'Académie des Beaux-Arts, en 2012). Le 26 août 2016, il réalise la leçon inaugurale de la future promotion 2021 de Sciences Po Paris.

DistinctionsModifier

DécorationsModifier

ŒuvresModifier

Romans et récitsModifier

  • L'Odeur du café, Montréal, VLB Éditeur, 1991 ; Typo, 1999; Serpent à plumes, 2001;  Éditions Zulma, coll. « Z/a », 2016 (Prix Carbet de la Caraïbe, 1991[20] )
  • Cette grenade dans la main du jeune Nègre est-elle une arme ou un fruit ?, VLB Éditeur, 1993; Typo, 2000, Nouvelle édition, Serpent à Plumes, 2002 / VLB, 2002 (Prix RFO du livre, 2002).
  • Chronique de la dérive douce, Montréal, VLB Éditeur, 1994 ; Nouvelle édition, Boréal, 2012 / Grasset, 2012.
  • Pays sans chapeau, Lanctôt, 1996; Serpent à plumes, 1999; Nouvelle édition Serpent à plumes, 2004; Boréal compact, 2006.
  • La Chair du maître, Lanctôt, 1997; Serpent à plumes, 2000.
  • Le Charme des après-midi sans fin, Lanctôt, 1997; Serpent à plumes, 1998; Boréal, coll. « Compact », 2010; Éditions Zulma, coll. Z/a, 2016.
  • Le Cri des oiseaux fous, Lanctôt, 2000; Serpent à plumes, 2000; Boréal, coll. « Compact », 2010; Éditions Zulma, coll. Z/a, 2016.
  • Je suis fatigué, Les Librairies Initiales, 2000; Lanctôt, 2001.
  • Les années 80 dans ma vieille Ford, Mémoire d'encrier, 2005.
  • Vers le sud, Grasset, 2006; Boréal, 2006 (Sélection prix Renaudot 2006[21]; Adaptation par Laurent Cantet de trois courts récits et Laferrière est mentionné comme coauteur avec Cantet et Robert Campillo[22]).
  • Je suis un écrivain japonais, Grasset, 2008; Boréal, coll. « Compact », 2009.
  • L'Énigme du retour, Grasset, 2009; Boréal, 2009; Boréal coll. « Compact », 2010 (Prix Medicis, 2009; Grand prix du livre de Montréal, 2009 ; Prix des libraires du Québec, 2010; Sélection prix littéraire des collégiens, 2010; Prix international de littérature 2014, décerné par la Maison des cultures du monde pour la version allemande Haus der Kulturen der Welt).
  • Un art de vivre par temps de catastrophe, Presse de l’Université d’Alberta, 2009.
  • Comment conquérir l’Amérique en une nuit, Lanctôt, 2004; Boréal coll. « Compact », 2010 (Film long métrage réalisé par Dany Laferrière et produit par Daniel Morin, 2004).
  • Tout bouge autour de moi, Mémoire d’encrier, 2010; Nouvelle édition, Mémoire d’encrier, 2011; Grasset, 2011.
  • L’Art presque perdu de ne rien faire, Boréal, 2011; Boréal coll. « Compact », 2013; Grasset, 2014.
  • Journal d'un écrivain en pyjama, Mémoire d’encrier, 2013; Grasset, 2013.
  • Dany Laferrière à l’Académie française, Boréal, 2015.
  • Tout ce qu'on ne te dira pas, Mongo, Mémoire d'encrier, 2015.
  • Mythologies américaines, Grasset, 2016.

DiscoursModifier

  • « Discours de réception de Dany Laferrière à l'Académie Française » , hommage à son prédécesseur Hector Bianciotti, 28 mai 2015 [lire en ligne]

Littérature pour la jeunesseModifier

  • Je suis fou de Vava, texte de Dany Laferrière, illustrations de Frédéric Normandin, La Bagnole, 2006, Nouvelle édition La Bagnole, 2012.
  • La fête des morts, texte de Dany Laferrière, illustrations de Frédéric Normandin,  La Bagnole, 2009.
  • L’odeur du café, texte de Dany Laferrière, illustrations de Francesc Rovira, La Bagnole, 2014 (Prix du Gouverneur général catégorie Littérature jeunesse de langue française - texte, 2006).
  • Le baiser mauve de Vava, texte de Dany Laferrière, illustrations de Frédéric Normandin La Bagnole, 2014; Mémoire d’encrier, 2014 (Haïti).

CollaborationsModifier

  • J'écris comme je vis, (avec Bernard Magnier), Lanctôt, 2000, Boréal "Compact", 2010.
  • Conversations avec Dany Laferrière, Interviews de Ghila Sroka, Éditions de la Parole Métèque, 2010.

Autres collaborations

  • Collectif, Dialogue d'île en île : de Montréal à Haïti : dialogue épistolaire entre Jacques Godbout et Émile Ollivier, Monique Proulx et Dany Laferrière, Paul Chamberland et Serge Legagneur, Jacques Brault et Jean-Richard Laforest, Montréal, Éd. du CIDIHCA, 1996
  • Collectif, Grigny en vies : une ville, un photographe, des écrivains, photographies de Jacques Del Pino ; textes de Dany Laferrière, Samira Negrouche, Jean-Claude Pirotte, et al., Givors, Color gang, 2006
  • Collectif, Le Serpent à plumes pour Haïti, textes de Dany Laferrière, Evelyne Trouillot, Louis Philippe Dalembert et al. ; photos de Fred Koenig et David Damoison, Paris, Le Serpent à plumes, 2010 (ISBN 9782268069364)
  • Collectif, Le Livre des lecteurs, photographies de George S. Zimbel, Lyon : éd. Lieux Dits éd. ; Outremont (Québec) : les Éd. du Passage, 2011
  • Collectif, Les Bruits du monde (livre-disque), ouvrage collectif dirigé par Laure Morali et Rodney Saint-Éloi, Mémoire d'Encrier, collection Chronique, 2012 (ISBN 978-2-89712-022-1)
  • Frédéric Boisrond, Au nom du peuple et du fric et du sain d’esprit (Éssai 2015), préfaces de Dany Laferriére et de Louise Harel. Publié à compte d’auteur, Montréal. (ISBN 978-2-9814923-0-2)
  • Jean Price-Mars, Ainsi parla l'Oncle (ouvrage de 1928) : suivi de « Revisiter l'Oncle » par Maryse Condé, Dany Laferrière, Jean-Daniel Lafond, et al., Montréal (Québec) : Mémoire d'encrier ; Paris : Distribution du Nouveau monde, 2009 (ISBN 9782923713038)
  • Arnaud Robert, photographies de Paolo Woods, État, préface de Dany Laferrière, Arles : Éd. Photosynthèses ; Lausanne : Musée de l'Élysée, 2013
  • Antoine de Rivarol, De l'universalité de la langue française (ouvrage de 1784), présenté par Dany Laferrière, Paris, GF, 2014 (ISBN 9782081339095)
  • Marie Vieux Chauvet, Amour, colère et folie (roman de 1968), postface de Dany Laferrière, Paris, Zulma, 2015 (ISBN 9782843047381)

DocumentairesModifier

Adaptations cinématographiquesModifier

TélévisionModifier

BibliographieModifier

  • Ursula Mathis-Moser, Dany Laferrière. La dérive américaine, Montréal, VLB Éditeur, collection « Les champs de la culture », 2003.
  • Beniamin M. Vasile, Dany Laferrière: l'autodidacte et le processus de création, Paris, l'Harmattan, collection "Critiques Littéraires", 2008.
  • Christiane Ndiaye, Comprendre l'énigme littéraire de Dany Laferrière, Port-au-Prince, Éd. de l'Université d'État d'Haïti, 2010 (ISBN 978-99935-57-24-1)
  • Jean Morency et Jimmy Thibeault (dir.) « Dany Laferrière », Voix et Images, vol. XXXVI, no 2 (107), hiver 2011, p. 5-113.

RéférencesModifier

  1. a et b Alain Dreyfus, « Le nègre de personne », Libération,
  2. a, b et c Isabelle Paré, « Le Médicis à Dany Laferrière - «Je n'ai aucun sens de la carrière. J'écris des livres, c'est tout.» », Le Devoir,
  3. (en) Adam Leith Gollner, « Interview with Dany Laferrière / The art of Fiction No. 237 », The Paris Review,‎ fall 2017, pp. 179-204
  4. (en) « How to Make Love to a Negro Without Getting Tired »
  5. « Téléjournal », sur radio-canada.ca
  6. Dany Laferrière, Tout bouge autour de moi, 2011, Mayenne, Grasset, (ISBN 9782246777311), 12.01.2012, page 30 "Les premiers messages".
  7. L’écrivain Dany Laferrière est sain et sauf, Canoe.ca, 14 janvier 2010
  8. Article, et extrait du livre, sur L'Express.fr, du 03 janvier 2011.
  9. « Dany Laferrière élu à l’Académie française », Le Devoir,
  10. Mohammed Aïssaoui, « Dany Laferrière, élu à l'Académie française », Le Figaro,
  11. « Académie française : le magistral éloge de Dany Laferrière », sur Le Figaro (consulté le 28 mai 2015)
  12. « Discours de réception de Dany Laferrière » du 28 mai 2015, site de l'Académie Française.
  13. Lauréat 1991, sur le site officiel.
  14. Article site Le Devoir, du 27 mai 2006.
  15. « Cérémonie des docteurs honoris causa 2016 », sur upmc.fr (consulté le 23 février 2017)
  16. « Justin Trudeau livre un vibrant discours à l'Ud'O | Paul Gaboury | Éducation », La Presse,‎ (lire en ligne)
  17. (fr) « Dany Laferrière - Officier (2014), sur ordre-national.gouv.qc.ca
  18. (fr) « Nominations au sein de l'Ordre du Canada - Le gouverneur général annonce 69 nouvelles nominations au sein de l’Ordre du Canada », sur gg.ca, 30 décembre 2015 (consulté le 23 février 2017)
  19. « Dany Laferrière », Ordre de Montréal,‎ (lire en ligne)
  20. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées carbet2
  21. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées renaudot2
  22. « Dany Laferrière », sur Encyclopédie canadienne, (consulté le 31 mai 2017)
  23. Le portrait documentaire de Anatole Lewitsky, sur le site officiel de la série Frères d'armes.

Liens externesModifier