Daniel du Janerand

peintre français figuratif de l'École de Paris

Daniel du Janerand, né le 18 juillet 1919 dans le 12e arrondissement de Paris et mort le 19 juillet 1990 à Savigny-en-Véron, est un artiste peintre, graveur et lithographe figuratif français de l'École de Paris.

Daniel du Janerand
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Naissance
Décès
Nationalité
Activités
Formation
Mouvement
Enfants

Il est le père des acteurs français Philippe du Janerand[1] et Gilles Janeyrand[2].

BiographieModifier

Élève à l'École nationale supérieure des beaux-arts, Daniel du Janerand a déjà participé au Salon des moins de trente ans - manifestation où s'affirme une nette opposition à l'art abstrait, Waldemar George observant que la tendance y prévalant est « un réalisme lyrique et pathétique »[3] - lorsqu'il est sélectionné pour le Prix Drouant-David de la Jeune Peinture en 1951[4]. En 1953, Paul Rebeyrolle et Gaëtan de Rosnay en étant les vice-présidents, il est membre du comité du 4e Salon de la Jeune Peinture aux côtés de Vincent Guignebert, Michel de Gallard, Pierre Garcia-Fons, Jean Jansem, Bernard Buffet, Paul Aïzpiri, Michel Patrix, Michel Thompson, Paul Collomb et Walter Spitzer[3].

Il est ensuite membre fondateur du Salon Comparaisons, sociétaire ou exposant régulier des Salon d'automne, Salon de la Société nationale des beaux-arts, Salon des peintres témoins de leur temps, Salon des Tuileries,

Se partageant entre son domicile du 64, Boulevard Soult à Paris et l'Indre-et-Loire, il meurt en 1990 à Savigny-en-Véron, dans la maison qu'il venait tout juste d'acheter à son élève et ami, le peintre Roland Balme[5].

CitationsModifier

Réception critique et témoignagesModifier

« Certains amateurs apprécient les qualités classiques de cette peinture chaleureuse et sereine au graphisme très prononcé, à la composition bien affirmée. »

— Gérald Schurr[6]

« Il peint les aspects de la vie heureuse, dans des gammes claires et ensoleillées, une facture élégante et cependant robuste. »

— Dictionnaire Bénézit[7]

« Il ne proposait que des choses auxquelles on ne peut se heurter, n'étant que des nuages de couleurs. Le sensible était décanté jusqu'au rêve, il est clair que le malheur ne peut entrer dans ces jardins, où la lumière dissuade même toute intrusion de l'ombre… La seule violence était celle d'une porte rouge qui surplombait la crue des verts - rien qu'une note de gaieté un peu vive. Plus de résistance, pas même celle de la forme, le choc du visible est amorti pour que s'opère sa réconciliation avec l'imaginaire. Le monde apparaît sous son meilleur jour, celui qu'on n'attend plus… La jouissance elle même offerte indemne de toute violence - tout, fleurs, arbres, jardin, forêts, bateaux, nous était donné d'un coup, tout était là dans le printemps du paradis. Que cachait cette magie qui faisait de notre monde un autre monde, cet instant éternel, était-il à saisir comme une dernière chance de bonheur ? Je fis l'éloge de Daniel du Janerand dans Critique, je lui fis parvenir, je fus déçu de ne pas avoir de réponse. Un matin, mon fils m'apporta une lettre - le faire-part de décès de Daniel du Janerand. J'appris qu'il était mort dans son sommeil. »

— François-George Maugarlone[8]

« Sa peinture peut être qualifiée de figurative, alors que très souvent son trait simplifié aurait pu le conduire à l'abstraction. Il est avant tout le peintre de la lumière et de la spontanéité. Classé parmi les peintres français figuratifs de l'École de Paris, il a fait partie du groupe d'artistes exposant au Salon de la Jeune Peinture. Jusqu'au dernier jour il a peint, allant de plus en plus vers une grande sobriété d'expression, de plus en plus à l'essentiel, vers ce qu'il ressentait profondément. Il est aussi habile dans les pastels dessinés sur nature que dans ses huiles plus travaillées en atelier, mais dans lesquelles la spontanéité et la lumière sont omniprésentes et magnifiées. »

— Philippe Jamault[9]

Hommage au peintreModifier

À l'occasion de l’hommage rendu à son ami Daniel du Janerand, par la Société nationale des Beaux Arts, le peintre Maurice Boitel a écrit :

« Je ne peux, sans une grande émotion, revoir les toiles peintes en d'autres périodes que notre ami avait accrochées dans son atelier, comme la grande composition représentant une charrette espagnole, ou le bonheur (1955), son fils Philippe, enfant, tenant son vélo, Gilles, son deuxième fils, appuyé au mur, ou encore ce port breton si beau de matière et de luminosité, et cet admirable nu assis…

Daniel du Janerand a laissé plusieurs toiles inachevées dont une sur son chevalet : ultime témoignage ; jusqu'au dernier jour il a peint, allant de plus en plus vers une grande sobriété d'expression, de plus en plus à l'essentiel de ce qu'il ressentait profondément ; ses admirables pastels dessinés sur nature sont toujours là pour témoigner de la vigueur de son inspiration spontanée et magnifiée ensuite sur la toile; ces œuvres achevées nous transmettent un optimisme que souvent j'ai admiré ; optimisme qu'il conservait même dans ses épreuves de santé ; son dynamisme, son espoir, aidés par son grand talent, entraînaient vers un monde toujours meilleur; une lumière paradisiaque illumine le spectateur.

Daniel du Janerand, dans ses conversations sur notre art, notre vie, était toujours indulgent pour les autres, comme les plus grands. Autrefois, il y a longtemps, nous allions peindre ensemble en Brie. Je le vois encore devant son chevalet. Ces souvenirs anciens restent gravés en mon être, ces souvenirs que j'évoque encore aujourd'hui, de celui qui fut pour nous tous, un grand ami, un vrai peintre. »

— Maurice Boitel[10]

ŒuvresModifier

Peintures muralesModifier

Lycées et collèges, siège social de Thomson, bâtiments SNCF de Quimper.

IllustrationsModifier

MédaillesModifier

  • Eustache Le Sueur (1616-1655), médaille cuivre diamètre 72mm, Monnaie de Paris, 1975.
  • Monuments de la ville de Paris, médaille en bronze florentin émaillé polychrome, diamètre 140mm, 906 grammes, tirage de 250 exemplaires, 1983[11].

ExpositionsModifier

 
Château d'Homécourt

Daniel du Janerand a exposé aux États-Unis, en Angleterre, au Canada, au Mexique, en Russie, au Japon, en Italie, en Espagne, en Belgique, en Allemagne et en France : Paris, Lyon, Vichy, Valenciennes, Nantes, Amiens, Créon, Fougères, Rennes.

Expositions personnellesModifier

Expositions collectivesModifier

 
Musée d'art moderne de Tarragone

Collections publiquesModifier

  EspagneModifier

  FranceModifier

Collections privéesModifier

  • Henri Adam-Braun, Bateaux au port, gouache 31x50cm[21].

RécompensesModifier

Notes et référencesModifier

  1. (en) Philippe du Janerand sur l’Internet Movie Database
  2. (en) Gilles Janeyrand sur l’Internet Movie Database
  3. a et b Francis Parent et Raymond Perrot, Le Salon de la Jeune Peinture - Une histoire, 1950-1983, Éditions JP / Imprimeurs libres, 1983, p. 12.
  4. a b c d e f g h i j k l m n o p q r et s Éric Mercier, Années 50 - La Jeune Peinture, vol.2 : Panorama de la Jeune Peinture, ArtAcatos, 2010, pp. 216-219.
  5. a et b Raphaël Chambriard, « Cinquante ans de pinceau sous le marteau », La Nouvelle République, 2 juillet 2011
  6. a et b Gérald Schurr, Le Guidargus de la peinture, Les Éditions de l'Amateur, 1993, p. 539.
  7. Dictionnaire Bénézit, Gründ, 1999, vol.4, p. 834.
  8. François-George Maugarlone, Présentation de la France à ses enfants, Grasset, 2009.
  9. Philippe Jamault, Daniel du Janerand - Cinquante ans de peinture, catalogue, hôtel des ventes Giraudeau, Tours, 4 juillet 2011.
  10. Maurice Boitel, Catalogue de 1991 du Salon de la Société nationale des beaux-arts, année du centenaire, p. 22.
  11. cgb numismatique, médaille "Monuments de la ville de Paris"
  12. Hôtel Goüin, Grands nus par Daniel du Janerand, présentation de l'exposition, février 2015
  13. Musée San Telmo, 1er Salon Biarritz - San Sebastián, présentation de l'événement, 1965
  14. Patrick-F. Barrer, L'histoire du Salon d'automne de 1903 à nos jours, Arts et Images du Monde, 1992.
  15. « Premier Salon de peinture à l'École polytechnique », La Jaune et la Rouge, n°455, mai 1990, p. 43.
  16. Musée d'art moderne de Tarragone, Daniel du Janerand dans les collections
  17. Musée Carnavalet, Daniel du Janerand dans les collections
  18. Musée d'art moderne de la ville de Paris, "L'atelier" dans les collections
  19. Musée d'art moderne de la ville de Paris, "Paysage provençal" dans les collections
  20. Fonds national d'art contemporain, "La place de la cathédrale de Tarragone" dans l'inventaire
  21. Catherine Geoffroy, Catalogue de la collection Henry-Adam-Braun, Ader-Nordmann, Hôtel Drouot, Paris, 29 novembre 2013, p. 65

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • « Daniel du Janerand », revue Les amis des musées de Poitiers, n°18, 1er janvier 1955.
  • Raymond Nacenta, The School of Paris - The painters and the artistic climate of Paris since 1910, Oldbourne Press, 1960.
  • Collectif, Catalogue de l'exposition de Daniel du Janerand et Carzou à Fontainebleau, préface de Jean Carzou, 12 pages dont quatre dédiées à Jean Carzou, photo des deux peintres ensemble, 17 reproductions dont deux de Carzou, 1973.
  • Francis Parent et Raymond Perrot, Le salon de la Jeune Peinture - Une histoire, 1950-1983, Éditions JP / Imprimeurs libres, 1983.
  • Jean Cassou, Pierre Courthion, Bernard Dorival, Georges Duby, Serge Fauchereau, René Huyghe, Jean Leymarie, Jean Monneret, André Parinaud, Pierre Roumeguère et Michel Seuphor, Un siècle d'art moderne - L'histoire du Salon des indépendants, Denoêl, 1984.
  • Daniel du Janerand, éditions de la Galerie Pierre Gouverneur, château d'Homécourt, 1988.
  • Patrick-F. Barrer, L'histoire du Salon d'automne de 1903 à nos jours, Arts et Images du Monde, 1992.
  • Gérald Schurr, Le Guidargus de la peinture, Les Éditions de l'Amateur, 1993.
  • Emmanuel Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, vol.4, Gründ, 1999.
  • Éric Mercier, Années 50 - La Jeune Peinture, vol.1 : L'alternance figurative ; vol.2 : Panorama de La Jeune Peinture, ArtAcatos, 2010.
  • French muralists - Maurice Boitel, Charles Cobelle, Raphaël Collin, Daniel du Janerand, Jean-Paul Laurens, Books JJC, 2010.

Liens externesModifier