Gaston Sébire

peintre français

Gaston Sébire, né à le à Saint-Samson (Calvados) et mort le à Rouen[1], est un peintre et lithographe français[2].

Gaston Sébire
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Peintre officiel de la Marine
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BiographieModifier

Après ses études à la Maîtrise Saint-Evode à Rouen[3], Gaston Sébire travaille de 1936 à 1944, la nuit aux PTT pour pouvoir peindre le jour, connaissant ses premières expositions à Rouen vers 1944[4].

Sa participation, le 26 juin 1948 à la galerie du Bac à Paris, à l'exposition L'homme témoin, énonce son appartenance, aux côtés de Bernard Lorjou, Yvonne Mottet, Paul Rebeyrolle, Michel de Gallard et Michel Thompson, au groupe éponyme qui, autour du critique d'art Jean Bouret, auteur du Manifeste de l'homme témoin, prône avec virulence un retour au réalisme contre les tendances de l'art contemporain, tout particulièrement contre l'art abstrait[5]. Pour sa deuxième exposition à la galerie Claude en 1949, le groupe est notamment rejoint, pour fonder bientôt le mouvement de la Jeune Peinture, par Bernard Buffet, André Minaux, Jean Couty et Simone Dat[6].

Gaston Sébire s'installe à Paris en 1951 et va très rapidement exposer dans les galeries Visconti, Charpentier, Drouant et par la suite Findlay. Sa première grande réalisation va être la conception des costumes et des décors de L'Ange gris, ballet de Claude Debussy pour le marquis de Cuevas en 1953. Cette même année, il est lauréat de la Casa de Velázquez à Madrid, dont il fait partie de la 24e promotion artistique avec ceux qui resteront ses amis et qui sont Jacques Berland, Marcelle Deloron, Jean Joyet, Sauveur Galliéro, le graveur Lucien Guezennec, Henriette Lambert, le sculpteur Olivier Pettit, Ernest Risse et Geoffroy Dauvergne[7]. La fille de l'artiste, Claudine Sébire, évoquant les tableaux initialement plus sombres que le dictionnaire Bénézit situe pour sa part dans la suite de Francis Gruber, restitue l'influence sur sa peinture des deux années passées à Madrid : « vers 1957, ses compositions sont devenues plus lumineuses. C'est d'ailleurs cet aspect de sa peinture qui lui a valu son succès aux États-Unis »[8].

Il habite au 3, rue Dugay-Trouin à Rouen[9], puis à Bois-Guillaume jusqu'en 1957, enfin 160 route de Paris au Mesnil-Esnard.

Rattaché à l'École de Paris et prolongeant une pratique du paysage héritée des peintres français de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, Gaston Sébire est nommé peintre de la Marine en 1973. Il devient membre de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Rouen en 1973.

Pendant toute la seconde moitié du XXe siècle, il expose dans les principaux salons parisiens, et fait notamment partie du groupe de Maurice Boitel au Salon Comparaisons, pendant 45 ans. Pour René Huyghe et Jean Rudel, Gaston Sébire est à situer, de fait avec Maurice Boitel, mais aussi Guy Bardone, Albert Lauzero, Michel Rodde, Michel de Gallard, Jean Pollet et Camille Fleury, parmi les peintres qui « se sont attachés à traduire les aspects fugitifs de la nature en un art qui tend à la permanence »[10].

ŒuvresModifier

Contributions bibliophiliquesModifier

Décors et costumesModifier

Collections publiquesModifier

  EspagneModifier

  États-UnisModifier

  FranceModifier

  Royaume-UniModifier

  • Norwich (Norfolk), musée de Norwich, Environs de Madrid, huile sur toile.

Collections privéesModifier

Prix et distinctionsModifier

ExpositionsModifier

Salons et expositions collectivesModifier

 
Manoir de Briançon, Criel-sur-Mer
 
Jardin des sculptures, château de Bois-Guilbert

Expositions personnellesModifier

Réception critique et témoignagesModifier

  • « Un monde où l'on respire l'essence de la pureté, où les couleurs sont des pétales de vérités bonnes à dire : je crois que l'art peut créer cette dimension et que Sébire est le serviteur d'une tradition qui est la plus haute noblesse de l'homme. Les marines de Sébire nous parlent d'une mer, ou du temps où l'homme croyait en lui, l'air du large lui apportait la joie de vivre… Sébire, comme le dit André Dunoyer de Segonzac, c'est une raison de croire qu'il y a des raisons d'espérer dans un monde de désespoir. » - André Parinaud[49]
  • « De puissants portraits de fleurs un peu nostalgiques, des marines normandes aux relations de tons très fines, de verts pâturages d'une sérénité pleine de distinction. » - Gérald Schurr[45]
  • « Sans prétentions exagérées, hors de tous les courants, il propose une peinture pour l'agrément du souvenir évoqué. Dans les œuvres de sa première période, il se tenait dans une gamme de gris distingués qui lui permettait de prendre place dans le courant néo-réaliste qui suivit la mort de Francis Gruber. Apprécié pour ses marines et ses bords de mer d'inspiration postimpressionniste et comme façonnés par une, simple touche de matière-couleur, il a également peint des paysages de verdure joyeusement remplis de lumière et des fleurs qui laissent poindre une note de mélancolie. » - Dictionnaire Bénézit[19].
  • « Témoin sensible des demi-saisons normandes, son biotope impressionniste avait pourtant reçu de plein fouet le choc de cette Espagne austère, dépouillée, orgueilleuse, violente et passionnée, partagée comme les gradins des arènes entre ombre et soleil projetés brutalement sur tous les ocres d'une terre aride. Il avait exprimé son émotion esthétique dans une suite de grandes œuvres farouches comme les hauts plateaux de Castille, longtemps restées secrètes, avant que nous ne les révélions au public en 1991 au musée national de la Marine. » - François Bellec de l'Académie de Marine[50]
  • « Sébire was a strong man with great vitality, but silent and solitary by nature, with a personality as strong and frank as his paintings. When he tried to explain his painting, he would say : "a painting must have an element of mystery and show an effort to look beyond the surface of things". » - James R. Borynack[35]
  • « Les œuvres de Sébire, sans aucun doute, laissent une impression durable : l'amour du travail bien fait par un maître dans son art. Reconnu par ses pairs pour l'acuité de son regard et l'exceptionnelle précision de son pinceau, Sébire, s'exprimant dans sa palette en un mélange de couleurs et en un seul mouvement, crée, fixe et interprète une beauté qui est intemporelle. Cet art résonne comme une profession de foi… » - Jacques Chirac[35]
  • « Sébire a été totalement indépendant, hors des modes et des tendances. Lorsqu'on regarde l'ensemble de son œuvre, on est séduit par la magie de la lumière, des couleurs jaillissantes et lumineuses, par le calme et la sérénité de ses bords de Seine, de ses plages de Normandie avec ses baigneurs, de ses premières neiges. On ne résiste pas non plus à la somptuosité de ses bouquets, de ses vases de Delft au bleu magnétique. » - René Chabannes[11]

Notes et référencesModifier

  1. État civil de Rouen.
  2. Bell, Quinten. "Young Painters in Paris". The Listener, v. 52 p. 140.
  3. « Maîtrise Saint-Evode », Bulletin religieux de l'archidiocèse de Rouen, no 29,‎ , p. 651
  4. Bernard Nebout, « La peinture : Tendances rouennaises », Rouen Gazette, no 976,‎ , p. 3
  5. a et b Éric Mercier, « La peinture des années 40 - Le manifeste de l'homme témoin », La Gazette de l'Hôtel Drouot, n°2, 13 janvier 2008, p. 131.
  6. a et b Francis Parent et Raymond Perrot, Le Salon de la Jeune Peinture - Une histoire, 1950-1983, éditions Jeune Peinture / Les Imprimeurs libres, 1983, p. 8.
  7. Alain Valtat, Catalogue raisonné du peintre Geoffroy Dauvergne, Sceaux, éd. Levana (auto-édition), pp. 32 à 37, 483 p.
  8. a b c et d « Peintre de la Marine et amoureux de la Côte de Nacre », Ouest-France, 29 août 2017
  9. « Publications de mariage », Journal de Rouen, 15 avril 1941, p. 3 col. 2
  10. René Huyghe et Jean Rudel, L'art et le monde moderne, Larousse, 1970, vol. 2, p. 343.
  11. a b c et d René Chabannes, Quarante ans d'expositions au château de Val, Artogue, 2014, pp. 58-59
  12. a b c d e f g h i j k et l Éric Mercier, Années 50 - La Jeune Peinture, vol. II : Panorama de la Jeune Peinture, ArtAcatos, 2010, pp. 354-357.
  13. Notice sur la base Joconde.
  14. Notice sur la base Joconde.
  15. Notice sur la base Joconde.
  16. Christian Julia, le musée-villa Montebello de Trouville-sur-Mer
  17. Bruno Roquigny SVV, Saint-Valery-en-Caux, catalogue de la collection Roger Bésus, 27 mars 2021.
  18. Bruno Roquigny, Saint-Valery-en-Caux, catalogue des collections de la villa Bénédictine, 8 mai 2021.
  19. a b c et d Dictionnaire Bénézit, Gründ, 1999, vol.12, pp. 617-618.
  20. a b c d e f et g Jean-Pierre Delarge, Dictionnaire des arts plastiques modernes et contemporains, Gründ, 2001, p. 1137.
  21. « Années 1950, l'alternative figurative », Un, deux, quatre, p. 91, 102.
  22. Julian Simon Fine Art Ltd., Gaston Sébire
  23. « Gaston Sébire », présentation des peintres officiels de la Marine
  24. « Exposition de peintures », Journal de Rouen, 13 octobre 1942, p. 2 col. 4
  25. « Au Salon des provinces françaises », Journal de Rouen, 21 avril 1943, p. 2 col. 4
  26. « Exposition », Normandie, no 726,‎ , p. 3 col. 1
  27. Patrick-F. Barrer, L'Histoire du Salon d'automne de 1903 à nos jours, Arts & Images du Monde, 1992.
  28. Vie des Arts, n°10, printemps 1958
  29. New York Magazine, 14 janvier 1974, p. 24.
  30. « Premier Salon de peinture de l'École polytechnique », La Jaune et la Rouge, n°455, mai 1990, p. 43.
  31. Ville d'Osny, Le Salon du Val-de-Viosne, historique de l'événement
  32. J.-C. Antonini et J. Fumet, Artistes et présidents - Journal de l'exposition, éditions de la ville d'Angers, 1998.
  33. André Roussard, « Gaston Sébire », Dictionnaire des artistes à Montmartre, galerie André Roussard, Paris
  34. 38e Salon de la Marine, présentation de l'événement, 2003
  35. a b et c James R. Borynack (citations de Jacques Chirac, Président de la République française, et Pierre Imbourg), Sixty years of representation, catalogue d'exposition, Wally Findlay Galleries, 2012
  36. Ville de Bois-Guillaume, Métropol'Art : historique de l'événement
  37. Le jardin des sculptures, Les petits maîtres et la Seine-Maritime (1850-1980), dossier de presse, château de Bois-Guilbert, 2020
  38. Georges Gabory, « Exposition Sébire », Normandie, no 405,‎ , p. 1
  39. L. C. A., « Les Lettres et les Arts : G. Sébire », Normandie, Rouen, no 119,‎ , p. 1
  40. R. T., « La peinture : Gaston Sébire », L'Avenir normand, no 853,‎ , p. 2
  41. New York Magazine, 16 août 1971, p. 20.
  42. New York Magazine, 5 juillet 1976, p. 26.
  43. New York Magazine, 22 octobre 1979, p. 38.
  44. Texas Monthly, octobre 1979, p. 43.
  45. a et b Gérald Schurr, Le Guidargus de la peinture, Les Éditions de l'amateur, 1996, p. 842.
  46. Galerie Bertran, Hommage à Gaston Sébire, présentation de l'exposition, 1997
  47. Galerie de Crécy, Hommage à Gaston Sébire, présentation de l'exposition, 2004
  48. Findlay Galleries, Gaston Sébire - The Normande Impressionist Master, présentation de l'exposition, 2020
  49. André Parinaud, « La mer de Sébire », La Galerie - Arts, lettres, spectacles, modernité, no 110, novembre 1971, p. 74.
  50. François Bellec, Carnets de voyages des peintres de la Marine, co-éditions Ouest-France / Marine nationale, 2002, p. 133.

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • Les Amateurs rouennais d'arts.
    Ouvrage collectif 200 œuvres illustrant la biographie de l'artiste.
  • (en) Défense nationale, (lire en ligne).
  • « Gaston Sébire », revue Le Peintre - Guide du collectionneur, no 298, février 1965.
  • René Huyghe de l'Académie française et Jean Rudel, L'art et le monde moderne, vol. 2, Larousse, 1970.
  • « Gaston Sébire », Bulletin de l'A.G.M.F., no 96, novembre 1978.
  • Le Grand Livre des Rouennais : qui est qui dans l'agglomération rouennaise ? (préf. Guy Pessiot), Du P'tit Normand, , 253 p. (OCLC 468723694), « Gaston Sébire », p. 199
  • Francis Parent et Raymond Perrot, Le Salon de la Jeune Peinture - Une histoire, 1950-1983, éditions Jeune Peinture / Les Imprimeurs libres, 1983.
  • Patrick-F. Barrer, L'histoire du Salon d'automne de 1903 à nos jours, Arts & Images du Monde, 1992.
  • Lydia Harambourg, L'École de Paris, 1945-1965 - Dictionnaire des peintres, Ides et Calendes, 1993.
  • Univers des arts, no 1, .
  • Sarah de Joybert, « Gaston Sébire : rencontre avec un grand maître de la peinture », Cols bleus, no 2262,‎
  • Alain Valtat, Catalogue raisonné du peintre Geoffroy Dauvergne (1922-1977), Sceaux, auto-édition, 1996.
  • Le Grand Livre des Rouennais (préf. Guy Pessiot), éd. du P'tit Normand, , 253 p., p. 199.
  • Gérald Schurr, Le Guidargus de la peinture, Les Éditions de l'Amateur, 1996.
  • Emmanuel Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Gründ, 1999.
  • André Roussard, Dictionnaire des peintres à Montmartre, Éditions André Roussard, 1999.
  • Jean-Pierre Delarge, Dictionnaire des arts plastiques modernes et contemporains, Gründ, 2001.
  • « Gaston Sébire », revue Marine, no 191, avril 2001.
  • Collectif (dont François Bergot), Gaston Sébire - Le talent et la passion, Éditions Lecerf, Rouen, 2001.
  • François Bellec de l'Académie de Marine, Carnets de voyages des peintres de la Marine, co-éditions Ouest-France / Marine nationale, 2002.
  • Éric Mercier, « La peinture des années 40 - Le manifeste de l'homme témoin », La Gazette de l'Hôtel Drouot, n°2, 13 janvier 2008.
  • Éric Mercier, Années 50 - La Jeune Peinture, vol. I : L'alternative figurative ; vol. II : Panorama de la Jeune Peinture, ArtAcatos, 2010.
  • Sixty years of representation : Nicola Simbari, Gaston Sébire, Constantin Kluge, Vu Cao Dam, Le Pho, André Vignoles, Jean Dufy, André Hambourg, Wally Findlay Galleries, Palm Beach et New York, 2012 (lire en ligne).
  • René Chabannes, Quarante ans d'expositions au château de Val, Artogue, 2014.
  • James R. Borynack (citations de Jacques Chirac et Pierre Imbourg), Gaston Sébire - Celebrating the artist's 100e anniversary, éditions Findlay Galleries, Palm Beach (Floride), 2020 (consulter en ligne).
  • Bois-Guillaume en images (préf. René Seille), Mairie de Bois-Guillaume, , 144 p. (ISBN 2-9520830-1-0), p. 68
  • Marc-Henri Tellier, historien de l'art et expert en tableaux et dessins des XIXe et XXe siècles, prépare le catalogue raisonné de l'artiste (cf. La Gazette Drouot du 29 novembre 2019).

Liens externesModifier

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