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Bagneaux

commune française du département de l'Yonne
Ne doit pas être confondu avec Bagneaux-sur-Loing.

Bagneaux
Bagneaux
Église Saint-Germain à Bagneaux.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Yonne
Arrondissement Sens
Canton Brienon-sur-Armançon
Intercommunalité Communauté de communes de la Vanne et du Pays d'Othe
Maire
Mandat
William Georges
2014-2020
Code postal 89190
Code commune 89027
Démographie
Gentilé Balnéotiens
Population
municipale
211 hab. (2016 en diminution de 8,26 % par rapport à 2011)
Densité 13 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 14′ 02″ nord, 3° 35′ 44″ est
Altitude Min. 106 m
Max. 236 m
Superficie 16,24 km2
Localisation

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Bagneaux

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Bagneaux

Bagneaux est une commune française située dans le département de l'Yonne, en région Bourgogne-Franche-Comté.

Ses habitants sont appelés les Balnéociens.

GéographieModifier

Bagneaux est située 2 km à l'est de Villeneuve-l'Archevêque. La commune comprend aussi les hameaux de Rateau et les Marchais, une ferme isolée (les Grands Essarts) qui sont situés au nord du village ainsi qu'un ancien moulin transformé en habitation : Maupas.

Communes limitrophesModifier

  Courgenay Pouy-sur-Vannes
(Aube)
 
Villeneuve-l'Archevêque N Planty
(Aube)
Vulaines
(Aube)
O    Bagneaux    E
S
Flacy

ToponymieModifier

Baniolum en 872, Bagnent[1] au IXe siècle, Balneolum et Bainos en 1160, Barneolae en 1196, Baineolae en 1237, Baignax au XVe siècle, Bagneaux en 1453 et Baigneaux en 1486. Le toponyme peut évoquer la présence de bains dans l'Antiquité.

HistoireModifier

On trouve trace du nom de la commune dès 872 : Baméoléum qui va évoluer en Balmoléum, Baingolaie, Bagnent, Bannault, Bainos, Baignax et enfin Bagneaux. Il ne reste rien de l'ancienne maison forte de Maulny-le-Repos, dont l'emplacement a été fouillé lors de la construction de l'autoroute A5 : c'est le lieu où Saint Louis aurait reçu la Couronne d’épines achetée à l'empereur Baudoin II, empereur de Constantinople, le 10 août 1239. Cette relique a ensuite été présentée dans l'église de Villeneuve-l'Archevêque, puis à Sens avant de rejoindre Paris et exposée à la Sainte-Chapelle.

Moyen Âge gothiqueModifier

Le village de Bagneaux appartient au diocèse de Sens, à l'archidiaconé de Sens, et au doyenné de la Rivière. Dès les années 1110, ses environs sont sous le contrôle du comte de Troyes qui prendra le titre de comte de Champagne vers 1160. La paroisse est dédiée à saint Germain, évêque de Paris, et non pas à l'évêque d'Auxerre. La fête communale en adopte la date.

Dès le premier tiers du XIIe siècle, une famille de chevaliers, dits de Mauny (« Malonido ») se manifeste dans le Sénonais[2]. Ces chevaliers sont des parents de l'archevêque de Sens Hugues de Noyers qui les autorise à ériger une chapelle dans leur « maison » (synonyme de maison-forte) de Mauny/Maulny, à Bagneaux, sans préjudicier aux droits curiaux. Le patrimoine foncier de ces chevaliers s'égrène jusqu'à Sens où leur maison est contigüe à la tour royale de la ville[3].

En ce début de XIIe siècle, du fait de l'obstacle formé par la seigneurie de Nogent-sur-Seine, le chemin reliant les deux villes de foire de Provins et de Troyes, passe par La Motte-Tilly, Traînel, Villechat, Courgenay et retrouve la voie de Sens à Troyes à Bagneaux[4]. La fortune du détenteur est garantie par cette voie de contournement, tout comme celle de la branche aînée de la famille de Traînel.

Le fief de Mauny est vassal de la famille de Traînel (branche aînée de Villeneuve-aux-Riches-Hommes, Foissy et Pouy).

Il est très probable que les chevaliers de Mauny aient entravé la première fondation d'une ville neuve sur la Vanne par les moines de Saint-Jean de Sens. L'obstacle sera levé quand Anseau II de Traînel sera associé par l'archevêque de Sens Guillaume aux Blanches Mains à la refondation de la ville qui prendra le nom de son protecteur : Villeneuve-l'Archevêque. Dès lors, les chevaliers de Mauny s'abstiennent de contrarier le développement de la ville.

Vers 1195, le comte de Champagne met la main sur la seigneurie de Nogent-sur-Seine, et ouvre un axe direct reliant Provins à Troyes. Le chemin de contournement passant par Traînel périclite. Pire : un autre chemin ouvert entre Nogent et Villeneuve-l'Archevêque néglige Bagneaux. L'atout routier se limitera désormais à la voie de Troyes à Sens.

Une partie du finage de Bagneaux (notamment le Marchais, situé au nord), appartient à l'abbaye Saint-Germain-des-Prés de Paris qui dispose d'un prieuré à Bagneaux.

Moyen Âge flamboyantModifier

Sous le règne de Philippe le Bel (1284-1314), le bailli royal de Sens profite de ce que son maître a épousé Jeanne, héritière de la Champagne, pour confisquer indûment l'autorité judiciaire sur Bagneaux et les environs, profitant de la faiblesse et du retard de l'administration comtale. Cette avancée sera entérinée et va perdurer jusqu'en 1789.

À la suite des chevaliers de Mauny, plusieurs familles nobles détiennent la seigneurie de Mauny-le-Repos : familles de Brisolles, d'Avelly (1362-1499) et de Verdelot (1527-1615), de Castelan (1623-1629).

Une économie diversifiéeModifier

Le moulin de Maupas est un moulin à foulon de 1615 à 1782, donc complémentaire des activités drapières de Rigny-le-Ferron et de Villeneuve-l'Archevêque. En 1788, le moulin passe au tan.

Des bonnetiers se fixent à Bagneaux de 1785 à 1792 ; une couturière en 1786 ; un tondeur de draps en 1792.

Les tuiliers s'activent continûment au Marchais depuis 1563 (Pyat, Pélerin, Bréard, Vuidot).

L'hôtellerie de 1564 disparaît très vite.

Politique et administrationModifier

Curés de la paroisse :

  • Jacques Chenuot, de 1561 à 1563 ;
  • en 1726, Bagneaux est desservi par Pleyard, curé de Vulaines ;
  • Pierre Moreau, de 1726 à son décès survenu en 1728 ;
  • de Rochefort, de 1728 à 1735 ;
  • Charles-François Barbier, de 1738 à 1743. Natif de Moreuil en Picardie. Frère du curé de Rigny-le-Ferron ;
  • Pierre Andouillé, de 1746 à son décès âgé de 67 ans en 1764. Originaire de Traînel ;
  • Yvert, en 1777 ;
  • Jean-Baptiste Foloppe, de 1777 à 1792.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1792   Hubert Mignot    
1793   Nicolas Royer    
13 Thermidor An II   Jean Penon    
An X   Henri Villier    
1810   Joseph Protin    
1821   Antoine Villiers    
1823   Henri Villiers    
1833   Benjamin Villiers    
1848   Beavais    
1852   Hippolyte Fouche    
aoput 1868   Dominique Simonet    
1871   Savinien Bréard    
10 août 1873   Honoré Bellemanière    
13 avril 1875   Benjamin Fouche    
23 juillet 1876   Honoré Bellemanière    
8 octobre 1876   Michel Pomel    
23 janvier 1881   Amedé Pasquier    
29 juin 1884   Julien Douine    
17 octobre 1886   Honoré Bellemanière    
20 mai 1888   Julien Douine    
9 juin 1895   Théodore Jorry    
20 mai 1900   Edouard Carré    
15 mars 1904   Julien Douine    
1908   Eugène Gousset    
1 octobre 1922[5]   Henri Malville   Gousset, Douine, Jorry, Bernier, Malville furent élu maire mais refusèrent.
6 juin 1929   Victor Dolbeau    
2 mars 1930   Anatole Houy    
23 juillet 1933   Hildevert Jorry    
19 mai 1935   Eugène Gousset   démissionne le 16 novembre 1941
novembre 1941   Raymond Charpentier    
18 mai 1945   Eugène Gousset    
6 novembre 1951   Almire Menager    
20 mars 1959 après 1977 Marcel Leroy    
avant 2005 2014 Marcel Leroy[6]    
2014 En cours William Georges    

Population et sociétéModifier

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[7]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[8].

En 2016, la commune comptait 211 habitants[Note 1], en diminution de 8,26 % par rapport à 2011 (Yonne : -0,56 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
456388395458496541541575555
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
552562572579587577530539460
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
411375322289266243244263251
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
216184151131143182214230211
2016 - - - - - - - -
211--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[9] puis Insee à partir de 2006[10].)
Histogramme de l'évolution démographique
 

Manifestations culturelles et festivitésModifier

La fête patronale a lieu le 22 janvier et la fête communale le 28 mai.

ÉconomieModifier

Culture locale et patrimoineModifier

Lieux et monumentsModifier

Les monuments notables de Bagneaux sont :

  • l'église dédiée à saint Germain ;
  • le pont de pierre sur la Vanne ;
  • les anciens puits à Rateau et aux Marchais ;
  • une ancienne tuilerie (Saint-Laurent à Rateau) ;
  • un petit musée de la pêche et de la photographie à la mairie, sur rendez-vous.

Il existe sur le territoire de la commune un forage pétrolier en exploitation depuis 1990.

Personnalités liées à la communeModifier

  • Henry-Marie Villiers. Fils de Jean receveur de la seigneurie de Bagneaux (1699+1762) de Marguerite Courtois. À son tour receveur de la seigneurie de Bagneaux de 1778 à 1789. Marchand de bois en 1791. Président du district de Sens en 1791 et 1792, et à ce titre maître d'œuvre du système de terreur et de spoliation mis en place par le nouveau régime : massacre de la ferme des Loges, « charrette » des Sénonais guillotinés avec Madame Elisabeth, pillages des propriétés séquestrées, etc. Époux en premières noces de Marie-Cécile Thénard (1753+1782), en secondes noces avant 1784 de Colombe-Aveline Berthier (de Saint-Mards-en-Othe). Une partie de la famille est partie diriger la Société des Houillères[11].

Pour approfondirModifier

BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

RéférencesModifier

  1. Liber sacram, M.S. biblio. Stockolm.
  2. Étienne Meunier. Chevaliers de Mauny, de Malonido, CSGY, XIX, 2013
  3. Il s'agit de la tour primitive, de forme carrée, en centre ville, près du Carrouge, et non de la future "Grosse Tour" de forme ronde près du cours de l'Yonne
  4. Étienne Meunier. Les châteaux de Courgenay. Au courant de la Vanne, 9, 2009 et du même Villeneuve-aux-Riches-Hommes du XIIIe au XVe siècle. Bulletin des amis de la chapelle de Villeneuve-aux-Riches-Hommes, 24,2010
  5. élection eu lieu en mai 1922
  6. Conseil général de l’Yonne, Ma Commune, consulté le 15 décembre 2013.
  7. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  8. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  9. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  10. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.
  11. Le mémorial de Lyon en 1793. Tome IV. Le victimes de la famille Praire. Lyon, 1990, p. 125. Par erreur l'auteur de la notice croyait la famille issue de la famille anglaise Pittmann, exilée en France pour des raisons politiques