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Rigny-le-Ferron

commune française du département de l'Aube
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Rigny (homonymie) et Ferron.

Rigny-le-Ferron
Rigny-le-Ferron
Le coq du monument aux morts et la mairie.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Aube
Arrondissement Troyes
Canton Aix-en-Othe
Intercommunalité Communauté de communes du Pays d'Othe aixois
Maire
Mandat
Jannick Deraeve
2014-2020
Code postal 10160
Code commune 10319
Démographie
Population
municipale
366 hab. (2016 en diminution de 1,08 % par rapport à 2011)
Densité 19 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 12′ 33″ nord, 3° 37′ 57″ est
Superficie 19,05 km2
Localisation

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Rigny-le-Ferron

Rigny-le-Ferron est une commune française, située dans le département de l'Aube en région Grand Est.

GéographieModifier

Rigny-Le-Ferron se situe au sud-ouest de l'Aube dans le Pays d'Othe.

HistoireModifier

Moyen ÂgeModifier

Les vicomtes de Joigny font de Rigny le centre de leur patrimoine hors Jovinien. Leur domaine s'étale des Sièges à Armentières et de Lailly à Cérilly depuis le début du XIIe siècle. Dans le courant du XIIIe siècle, le poids de Rigny est tel qu'on cite les "vicomtes de Rigny". Malgré l'extinction de la famille des vicomtes de Joigny, la descendance féminine conservera Rigny jusque dans le cours du XVIIe siècle[1].

Un chevalier originaire de Courceaux vient s'établir à Rigny, et prend avec sa descendance le nom de "de Rigny".

Les moines de Vauluisant disposent de terrains près de l'église, et de bois. Les chevaliers du Temple, et leurs successeurs les chevaliers de l'Hôpital ont un moulin à eau. Une petite partie du finage est dans la suzeraineté de Villemaure (fief de la Mothe).

Les de Saint-Vérain puis les de Chaumont-Quitry tiennent la seigneurie du XIVe au XVIe siècle.

Quelques lignages arrivent à traverser les épreuves terribles de la guerre de Cent Ans[2].

MétallurgieModifier

La forêt d'Othe est un centre métallurgique connu au début du XIIe siècle. Les moines de Vauluisant et les templiers de Coulours intègrent dans leurs implantations cet aspect économique. Un moulin à forge est réactivé à Gerbeau en 1464. Des cloutiers sont identifiés à Rigny de 1476 à 1564. Leurs concurrents sont leurs voisins de Coulours (huit cités de 1460 à 1663) et de Villeneuve-l'Archevêque (1488). Un verrier s'établit en 1441 aux portes de la paroisse (famille de Bérulles)[3].

La RenaissanceModifier

Le rayonnement féodal a cessé. Pour autant, le poids de Rigny justifie sa fortification sous François Ier pour échapper à l'insécurité générale consécutive au désastre de Pavie[4]. Des portes fortifiés et des faubourgs marquent l'importance de l'habitat. En outre de nombreux destins sociaux brillants sont accessibles aux fils de Rigny : Hanoteau, Pierre, Malledent, Chapperon.

Les BourbonModifier

La commercialisation du bois et de ses dérivés (écorce à tan) vaut à la fraction de la population dédiée à cette marchandise une brusque accélération de ses potentialités sociales. Les Blanchet, Salmon [5], Moreau, Bezançon[6], Bouillat acquièrent des statuts enviables dans leurs nouvelles villes (Sens, Villeneuve-l'Archevêque, Villeneuve-le-Roi (-sur-Yonne), Troyes, Brienon-l'Archevêque, Melun) et les autorise à allonger leurs patronymes. Pourtant, le bourg est à l'écart de toute route et n'attire plus les métallurgistes[7].

Politique et administrationModifier

En 1789, le village dépendait de l'intendance et de la généralité de Paris, de l'élection et du bailliage de Sens.

CurésModifier

  • en 1222 Milon. Il décède avant 1228.
  • en 1369-1370 Jean de La Barre, doyen de La Rivière.
  • de 1409 à 1411 Nicolas Berniquet, doyen de La Rivière.
  • de 1482 et 1483 Raollin Bourdon.
  • en 1530 Maurice Degie.
  • de 1543 à 1569 Pierre Abraham.
  • en 1588 Michel Chevalier.
  • de 1599 à 1604 Helye Abraham.
  • de 1959 à 2005 Paul Grossin (°1923+2005)[8].

BaillisModifier

  • 1522 Mathieu Pierre
  • de 1522 à 1525 Pierre Le Hongre, licencié en lois
  • 1528 Jacques Duboys (l'Aîné), de Sens
  • 1573 Jacques Dubois (le Jeune), de Sens. Époux en 1543 de Madeleine Minagier.

PrévôtsModifier

  • de 1498 à 1500 Jehan Grapillart
  • 1502 Etienne Genneron
  • 1525 Gabriel Salmon
  • de 1545 à 1547 Michel Richard, maître ès arts
  • 1568 Jean Salmon

Lieutenants de la prévôtéModifier

  • 1498 Jacques Leclerc
  • 1525 Colas Grapillard
  • 1545 Paul Mallet
  • 1570 Louis Jeannesson
  • 1586 à 1594 Claude Berthier
  • 1602 à 1625 Nicolas Blanchet (de la châtellenie)
  • 1630 à 1644 Edme Berthier (de la châtellenie)

MairesModifier

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
14 février 1790   Louis Antoine Gillet    
27 février 1790   H. Pierre    
14 février 1790   Louis Antoine Gillet    
1er novembre 1792   Nicolas Bouillat    
24 décembre 1792   Joseph Babier    
29 Fructidor An VIII   Alexis Verollot    
15 janvier 1817   Lorne   médecin
26 mars 1820   Firmin Bouillat    
13 février 1826   Forgeot   médecin
19 mars 1831   Charles Bouillat    
20 juillet 1833   Desquet    
17 janvier 1835   Forgeot   médecin
12 février 1873   Hilaire Poncy    
14 mars 1874   Alexis Verollot    
23 mai 1880   Forgeot Boudot   faisant fonction
23 janvier 1881   Hilaire Poncy    
19 mai 1884   Courtin Dimanche    
1er janvier 1885   Jules Vincent Petit    
13 février 1888   Hilaire Poncy    
16 mai 1892   Victor Michaux    
11 juin 1894   Gabriel Dimanche    
18 mai 1896   Victor Michaux    
16 mai 1900   Alexandre Prangé    
16 mai 1904   Gaston Lahaye    
20 mai 1913   Alphonse Maillat    
10 décembre 1919   Charles Pailleret    
8 aout 1920   Paul Baudrot    
17 mai 1925   Paul Orchampt    
24 mars 1931   Louis Leclerc    
17 mai 1935   Romulus Gauthey    
19 mai 1945 47 André Quignard    
31 octobre 1947 52 Marius Arnoult    
28 septembre 1952 1955 Charles Petit    
26 décembre 1955 1959 Marcel Dupuis    
24 mars 1959 1971 Gilbert Lahaye    
8 avril 1971 après 1977 Marcel Dupuis    
mars 2008 En cours Mme Jannick Deraeve[9] DVD Agricultrice
Les données manquantes sont à compléter.

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[10]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[11].

En 2016, la commune comptait 366 habitants[Note 1], en diminution de 1,08 % par rapport à 2011 (Aube : +1,62 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 0111 0029959951 2261 2301 2461 2821 244
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 2551 2411 2911 1951 1591 1151 0641 0421 006
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
852811794665612632580595538
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
488501379347296337364378358
2016 - - - - - - - -
366--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[12] puis Insee à partir de 2006[13].)
Histogramme de l'évolution démographique
 

Lieux et monumentsModifier

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Personnalités liées à la communeModifier

Guillaume de Chaumont (-Quitry). Fils d'une dame d'honneur d'Isabeau de Bavière et neveu d'un archevêque de Sens, il est nommé bailli et capitaine de Sens. Il est le représentant de la cause armagnac dans toute la contrée, et à ce titre se fait connaître par des destructions jusqu'à Montréal. En 1420, il tente vainement d'empêcher les rois de France et d'Angleterre et le duc de Bourgogne, qui viennent de célébrer les noces d'Henri d'Angleterre et de Catherine de Valois, de se rendre à Paris. Il échoue à nouveau à Montereau et à Melun. On le retrouve alors parmi les derniers défenseurs d'Orléans, et il aura le soulagement de voir Jeanne d'Arc libérer la ville. Par contre, les habitants de Sens refusent expressément son retour à la tête du bailliage lorsque la cité ouvre ses portes à Charles VII.

Jehan Hanoteau. Probablement tourneur en 1458 puis marchand à Rigny-le-Feron (1479) et à Courgenay (1483). Il a pour fille Colombe Hanoteau (+1535), épouse de Jehan Pierre, marchand à Rigny-le-Ferron (+1513) ; et pour petit-fils le célèbre Antoine Pierre (+1549), abbé de Vauluisant dès 1502, évêque de Sidon de 1529 à sa mort.

Le peintre Arsène Sari demeura à Rigny-le-Ferron pendant plus de 10 ans où il avait un atelier.

Rigny-le-Ferron est le village natal de Pierre Fromont (1896-1949). Il était le fils d'un professeur de sciences naturelles, Auguste Fromont, né lui-même à Rigny-le-Ferron. Il fut élève de l'École normale supérieure (Ulm) de 1919 à 1923. Il fit ensuite l'agrégation d'économie politique des Facultés de droit (1928). Après avoir enseigné à Rennes, il fut à partir de 1942 professeur à la Faculté de droit et de sciences économiques de Paris et à l'Institut national agronomique. Pierre Fromont est l'un des fondateurs de l'Économie rurale en France. Ses œuvres majeures sont "Économie rurale" (1958) et "Problèmes d'économie rurale" (1963). Il consacra l'une de ses thèses à une monographie consacrée au Pays d'Othe ("Le Pays d'Othe", Nancy 1923). Il est enterré dans le cimetière de Rigny.

Colette Derigny, auteur : Trois Granules pour l’Été et l'Inconnue de la Fête (Théâtre), Jean-Paul Farré, Clown et Comédien, Jean-Paul Farré, le Monde Burlesque d'un Homme de Théâtre, La saison des frissons.

Voir aussiModifier

Notes et référencesModifier

BibliographieModifier

Paul Grossin, Pays d'Othe, au fil de la Vanne, Troyes, 1978.

NotesModifier

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

RéférencesModifier

  1. Etienne Meunier. Les vicomtes de Joigny, seigneurs de Rigny-le-Ferron, de 1080 à 1309. Cahiers de la Société généalogique de l'Yonne, n° 8, 1992 (1993)
  2. Etienne Meunier. La population de Rigny-le-Ferron avant et après la Guerre de Cent Ans. Au courant de la Vanne, n° 12, 2012
  3. Etienne Meunier. Rigny-le-Ferron jusqu'à l'avènement de Louis-le-Grand. Au fil de la Vanne, n° 12, 2012
  4. Etienne Meunier. Eglises et bourgs fortifiés du Sénonais et des pays de l'Yonne. Bulletin de la Société archéologique de Sens n° 33, 1990 (1992)
  5. Etienne Meunier. Généalogie de la famille Salmon, de Rigny-le-Ferron, XVIIe - XIX siècles. Bulletin de liaison n° 2 de la Société généalogique de l'Yonne, 1982
  6. Alain Noël. La famille Bezançon, de Rigny-le-Ferron, Dixmont et Villeneuve-sur-Yonne. Fascicule n° 1 des Cahiers Généalogiques de l'Yonne, Société généalogique de l'Yonne, 1983
  7. Etienne Meunier. Quelques maisons de Rigny-le-Ferron au XVIIIe siècle. Au courant de la Vanne, n° 12, 2012
  8. Etienne Meunier. Paul Grossin, dernier curé de Rigny-le-Ferron. Au courant de la Vanne, n° 12, 2012
  9. Site officiel de la préfecture de l‘Aube « Copie archivée » (version du 26 août 2009 sur l'Internet Archive)
  10. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  11. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  12. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  13. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.

Lien externeModifier

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