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Bac n°20 au passage d'eau de La Bouille - Sahurs.

Les bacs de Seine désignent les bateaux chargés d'effectuer un service public de traversée de la Seine entre Rouen et Le Havre. Depuis des siècles, le franchissement du fleuve a toujours été d'une importance cruciale dans les relations entre les deux rives de la Basse Seine.

Les bacs ont longtemps été le seul moyen de franchir la Seine entre Rouen et l'estuaire. L'absence de pont sur le fleuve jusqu'en 1959 avec l'ouverture du Pont de Tancarville est due au fait que la Seine doit être navigable par les navires de haute mer se rendant jusqu'au port de Rouen. Une hauteur libre sous les ponts d'au moins 50 mètres devant être disponible.

Longtemps assurée par le Port autonome de Rouen, l'exploitation des huit passages d'eau de la Seine a été reprise depuis 2001 par le service des bacs du Conseil départemental de la Seine-Maritime. Aujourd'hui, les bacs de Seine assurent un service indispensable aussi bien pour la population locale, que pour les touristes visitant la vallée de la basse Seine. Chaque année, le service des bacs permet la traversée de 10 millions de passagers[1].

HistoireModifier

De la nécessité de traverserModifier

Comme tout cours d’eau, la Seine crée une discontinuité dans les échanges entre les territoires avoisinants. En l’absence de gués ou de ponts, les embarcations sont le seul moyen de traverser le fleuve. Rapidement les autorités locales ont organisé le passage d’une rive à l’autre en mettant en place des services de passage d’eau.

Le passage d’eau désigne alors un service organisé de traversée du fleuve opéré par des personnes autorisées avec une embarcation prévue à cet effet. Ce service proposé aux usagers donne lieu à une redevance que doit acquitter chaque passager auprès du passeur.

La longue évolution du matérielModifier

À l’origine, les passages d’eau sont équipés de manière hétérogène d’embarcations manœuvrées à la rame ou à la voile. C’est à partir de la fin du XIXe siècle que les passages d’eau les plus importants se voient équipés de bacs propulsés par une machine à vapeur. Ainsi celui de Caudebec-en-Caux est le premier à être converti à la vapeur en 1868, vient par la suite Duclair en 1872 et Quillebeuf l’année suivante. Le passage de La Mailleraye passe à la vapeur en 1895.

Les autres bacs de moindre importance seront modernisés beaucoup plus tard, avec la traction d’un plateau par une vedette durant l’entre-deux guerres. En ce qui concerne les bachots, les vedettes destinées aux passagers uniquement seront motorisées après la Seconde Guerre mondiale.

Jusqu'en 1959, la Seine ne pouvait être franchie entre Rouen et la Manche qu'en empruntant un bac. La construction du pont de Tancarville permit alors de faciliter ce franchissement. Le bac du Hode devenu inutile fut alors supprimé.

Par la suite, la construction du pont de Brotonne — qui entraîna la suppression des bacs de Caudebec-en-Caux et de la Mailleraye-sur-Seine — puis du pont de Normandie, réussit à désenclaver Yvetot, le pays de Caux et Le Havre en les raccordant notamment à l'autoroute A13.

Le Bac 21, qui a remplacé le Bac 14 au passage d'eau Duclair - Berville-sur-Seine, a été construit en 1999 par la Socarenam, à Boulogne-sur-Mer, sous la maîtrise d’œuvre du Port Autonome de Rouen.

Au début des années 2000, la construction d'un nouveau bac fluvial, permettant par déclassement du bac 15 de disposer d'un bac de réserve, est décidée. Ce bateau, construit par le chantier MIM de Dieppe a été baptisé bac 22 et mis à l'eau le 16 juin 2006. Après de longs essais dus à une mise au point difficile du refroidissement des moteurs, il a été mis en service le 8 novembre 2006 à La Bouille, puis transféré en décembre de la même année au passage d'eau de Val-de-la-Haye.

Le Département a, depuis lors, commandé un nouveau bac maritime destiné au passage d'eau de Quillebeuf pour remplacer le bac 14 (le bac 13 devenant bac de réserve). Ce navire qui porte le nom de bac 23 a été construit par le chantier Socarenam de Boulogne-sur-Mer. Baptisé le 11 mai 2010 (sa marraine est Marie-Françoise Gaouyer, conseillère générale-maire d'Eu), des difficultés de mise au point n'ont pas permis de le mettre en service avant le début du mois de décembre 2010[2].

Au printemps 2017, il a été décidé de désarmer le BAC N°21, suite aux nombreuses pannes rencontrées et aux frais engendrés par celles-ci. Le BAC 23 a donc été transféré de Quillebeuf à Duclair, Quillebeuf ayant alternativement les BAC N°13 et BAC N°14 pour assurer le service de la ligne. Le BAC N°22 a également été transféré de Petit-Couronne à Yainville, cette traversée semblant mieux convenir à ses caractéristiques techniques.

La livraison d'un bac 24 se précise en 2019-2020 afin de renforcer la qualité de service.

Caractéristiques techniquesModifier

 
Bac fluvial en maintenance. On peut remarquer le faible tirant d'eau du bateau.

Les bacs sont des bateaux à fond plat permettant à des véhicules de passer d'une rive à une autre. Ils possèdent un faible tirant d'eau, afin de pouvoir accoster au plus près du rivage dans des cales aménagées. Sur la Seine, les bacs sont amphidromes (avant et arrière indifférenciés).

Bacs fluviaux et maritimesModifier

Les bacs jaugeant moins de 50 tonneaux sont classés comme fluviaux et sont armés par un équipage composé d'un capitaine et d'un matelot. Ils permettent de transporter une dizaine de véhicules légers, avec une charge maximum de 15 tonnes[3]. Ils peuvent accueillir un maximum de 50 passagers[4], automobilistes compris. On dénombre six passages d'eau fluviaux en service[4] (Dieppedalle-Grand-Quevilly, Petit-Couronne-Val de la Haye, La Bouille-Sahurs, Le Mesnil-Yville, Jumièges-Heurteauville et Yainville-Heurteauville).

Les bacs jaugeant plus de cinquante tonneaux sont classés comme maritimes et armés par un équipage de marins composé au minimum d'un capitaine, de deux matelots (pont) et d'un chef mécanicien. Ils permettent le passage de 3 à quatre poids lourds[4] en plus des voitures. Deux passages d'eau maritimes sont actuellement en service, ceux de Duclair-Berville et Quillebeuf-Port Jérome.

Les bacs actuels sont propulsés par des moteurs diesel.

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ExploitationModifier

Jusqu'en 2001, le conseil général de la Seine-Maritime avait délégué la gestion du service des bacs au Port Autonome de Rouen. C'est le Service territorial de Caudebec-en-Caux qui en avait la charge.

Chaque passage d'eau est doté de panneaux à messages variables, sur chaque rive, afin d'informer les usagers sur les perturbations éventuelles[5]. Depuis septembre 2005, la traversée de la Seine sur les bacs départementaux est gratuite.

Passages d'eauModifier

 
La cale du passage d'eau de La Bouille.
Rive gauche Rive droite N° Bac
Quillebeuf-sur-Seine Port-Jérôme 13
Heurteauville Yainville 22
Port-Jumièges (Heurteauville) Jumièges 17
Yville-sur-Seine Le Mesnil-sous-Jumièges N° 16
Berville-sur-Seine Duclair 23
La Bouille Sahurs 20
Petit-Couronne Val-de-la-Haye N° 15
Le Grand-Quevilly Dieppedalle (Canteleu) N° 19

Le bac N°14 assure la réserve des bacs maritimes, son appontement est à Berville sur Seine

Le bac 18 assure la réserve des bacs fluviaux, son appontement est à Mesnil sous Jumièges

Notes et référencesModifier

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

  • Jean-Pierre Derouard, À rames ou à voile, bacs et passages d'eau de la Seine en aval de Rouen, XVIIIe-XIXe siècles, Luneray, Bertout, 2003 (ISBN 2867435269)
  • Alain Saligal, La Seine et ses bacs, Luneray, Bertout, 2003 (ISBN 2867435161)
  • Jean-Pierre Derouard, Un passage de la basse Seine : Jumièges, Association des Baronnies de Jumièges et Duclair, 1993

Articles connexesModifier

Liens externesModifier