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Aurel (Vaucluse)

commune française du département de Vaucluse
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Aurel.

Aurel
Aurel (Vaucluse)
Aurel.
Blason de Aurel
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d’Azur
Département Vaucluse
Arrondissement Carpentras
Canton Pernes-les-Fontaines
Intercommunalité Communauté de communes Ventoux Sud
Maire
Mandat
Francis Jouve
2014-2020
Code postal 84390
Code commune 84005
Démographie
Gentilé Auréliens
Population
municipale
212 hab. (2016 en augmentation de 16,48 % par rapport à 2011[1])
Densité 7,3 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 07′ 50″ nord, 5° 25′ 45″ est
Altitude 800 m
Min. 615 m
Max. 1 600 m
Superficie 28,9 km2
Localisation

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Aurel

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Aurel

Aurel est une commune française située dans le département de Vaucluse en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Sommaire

GéographieModifier

Située au nord-est du Vaucluse et à l'est du mont Ventoux, la commune d'Aurel est au nord de Sault, en bordure avec la Drôme.

AccèsModifier

La route départementale 942 traverse la commune sur un axe nord (vers la Drôme) - sud (vers Sault) et permet d'accéder au village. La route départementale 95 elle aussi arrive au village, rejointe par la route départementale 1. Enfin, venant de Sault en direction du sommet du mont Ventoux, la route départementale 165 traverse la commune à l'ouest de celle-ci.

ReliefModifier

 
Carte d'Aurel.

Le relief de la commune est tout en altitude et ses deux hameaux du Saint-Esprit et du Ventouret contrôlent des voies d'accès au sommet du mont Ventoux.

SismicitéModifier

Les cantons de Bonnieux, Apt, Cadenet, Cavaillon, et Pertuis sont classés en zone Ib (risque faible). Tous les autres cantons du département de Vaucluse sont classés en zone Ia (risque très faible). Ce zonage correspond à une sismicité ne se traduisant qu'exceptionnellement par la destruction de bâtiments[2].

HydrographieModifier

La commune est arrosée par plusieurs cours d'eau :

ClimatModifier

Le plateau d'Albion, sur lequel se situe la commune, possède toutes les caractéristiques climatiques des Alpes du Sud, dont il est, avec le Mont Ventoux et la Montagne de Lure, le chaînon le plus occidental. Du climat méditerranéen en partant de la plus basse altitude, elles évoluent, au fur et à mesure, vers un climat tempéré puis continental qui ne prend le type montagnard qu'aux plus hautes altitudes[6].

Relevé météorologique du plateau d'Albion pour une altitude moyenne de 900 mètres.
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) −1 −1 2 4 8 12 14 14 11 7 3 −1 5,5
Température moyenne (°C) 3,5 5,5 7,5 10 14 18,5 21 21 17 12,5 7,5 2 11,7
Température maximale moyenne (°C) 8 10 13 16 20 25 28 28 23 18 12 8 17
Précipitations (mm) 26,9 24,3 23,8 44 40 27,9 20,9 32,7 45,9 53,5 52,4 30,7 482,8
Diagramme climatique
JFMAMJJASOND
 
 
 
8
−1
26,9
 
 
 
10
−1
24,3
 
 
 
13
2
23,8
 
 
 
16
4
44
 
 
 
20
8
40
 
 
 
25
12
27,9
 
 
 
28
14
20,9
 
 
 
28
14
32,7
 
 
 
23
11
45,9
 
 
 
18
7
53,5
 
 
 
12
3
52,4
 
 
 
8
−1
30,7
Moyennes : • Temp. maxi et mini °C • Précipitation mm

ToponymieModifier

La dénomination de Castro Aureli est attestée dès 1178 et se retrouve sous la forme de Aurello en 1447. Ces formes anciennes indiquent une racine latine aura (vent), jointe au suffixe -ellum[7].

HistoireModifier

Préhistoire et AntiquitéModifier

Dans de nombreuses grottes de la commune, les archéologues ont retrouvé un outillage lithique important prouvant que ce territoire fut occupé dès le Néolithique[8].

Moyen ÂgeModifier

 
Remparts du XIVe siècle.

Au XIIe siècle, le château appartenait aux Agoult, comtes de Sault[8] et l’abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon y possédait une église et les revenus afférents[9]. Les remparts furent édifiés au cours du XIVe siècle, il en reste encore quelques vestiges. Ils étaient épaulés de trois tours, l'une a été démolie, les deux autres transformées. Les portes d'entrée, au nombre de deux, ont été supprimées[8].

RenaissanceModifier

En 1576, Hubert de Garde de Vins, dit lou Rinar (le Renard), neveu de Jean V de Pontevès, comte de Carcès, qui commandait les troupes de la Ligue, précédant son oncle au siège de Ménerbes, rejoignit le comte de Sault. Leurs troupes s'emparèrent d'Aurel dont les habitants étaient par trop favorables aux religionnaires et qui pouvaient, grâce à eux, rester en contact avec les réformés de Genève[10]. René de La Tour du Pin-Gouvernet, capitaine protestant, revint en 1591 et bombarda la place qui capitula[8].

En 1630, la peste toucha la commune en dépit d'une ligne de protection établie autour du village. Le mal contagieux perdura, avec des hauts et des bas, jusqu'en 1632[8].

Période moderneModifier

 
Aurel, une des communes du piémont du Mont Ventoux

Le premier véritable excursionniste du Mont Ventoux fut l'abbé Jean-Antoine Constantin, curé d'Aurel. De 1783 à 1788, il se fit souvent accompagner par Amélie de Sade, marquise de Montbrun. en compagnie de laquelle, il fit plusieurs expéditions qui les conduisirent au sommet du Ventoux. En août 1783, le curé botaniste narra à Esprit Calvet, l'ascension nocturne à laquelle avait participé le chevalier Robert de Lamanon, seigneur du Ventouret, et lui indiqua qu'il a eu le plaisir, lors du retour, d'entendre « Madame de Sade conférer avec Monsieur de Lamanon d'histoire naturelle »[11].

Le 12 août 1793 fut créé le département de Vaucluse, constitué des districts d'Avignon et de Carpentras, mais aussi de ceux d'Apt et d'Orange, qui appartenaient aux Bouches-du-Rhône, ainsi que du canton de Sault, qui appartenait aux Basses-Alpes.

Article détaillé : Histoire de Vaucluse.

Période contemporaineModifier

À partir de l'hiver 1942-1943, le plateau de Sault vit arriver les réfugiés d'Alsace-Lorraine. Déjà, en , dans les villages et hameaux de celui-ci, Philippe Beyne, son adjoint Maxime Fischer et leurs équipes avaient accueilli et installé plusieurs dizaines de réfractaires au S.T.O.. Ils les munirent de fausses cartes d'identité et de cartes d'alimentation. Pour faciliter leur approvisionnement ils avaient été regroupés près des villages d'Aurel, de Saint-Trinit et de Saint-Christol[12].

Article détaillé : Maquis Ventoux.

HéraldiqueModifier

Article détaillé : Armorial des communes de Vaucluse.
  Blason D'argent au loup ravissant d'azur, armé et lampassé de gueules, surmonté d'un lambel du même.
Détails
Ce blason date de 1983[13].
Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Politique et administrationModifier

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 1989 en cours Francis Jouve    

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[14]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[15].

En 2016, la commune comptait 212 habitants[Note 1], en augmentation de 16,48 % par rapport à 2011 (Vaucluse : +2,27 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
633564685689792780715688672
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
646635637657630544552518489
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
427408362323305255213165157
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
137132113126128156177184201
2016 - - - - - - - -
212--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[16] puis Insee à partir de 2006[17].)
Histogramme de l'évolution démographique
 

ÉconomieModifier

TourismeModifier

Le tourisme tient une part importante de l'économie locale (hôtel, gîtes et chambres d'hôtes).

Parmi les points d'attrait touristique : village perché, proximité du mont Ventoux, la culture de la lavande, etc.

AgricultureModifier

Elle se cantonne essentiellement dans une activité de moyenne montagne de type provençal avec une production de lavande, de lavandin, d'épeautre et des produits dérivés. L'élevage ovin et la production de miel tiennent aussi une place importante.

Vie localeModifier

EnseignementModifier

On trouve sur la commune voisine de Sault école primaire et maternelle, ainsi que le collège du pays de Sault qui dessert les communes du plateau et de ses environs.

CultesModifier

L'église Sainte-Aurèle, de culte catholique, dépend du diocèse d'Avignon, doyenné d'Apt[18].

EnvironnementModifier

La protection et mise en valeur de l'environnement fait partie des compétences de la communauté de communes Ventoux Sud.

Lieux et monumentsModifier

 
Église Saint-Aurèle à Aurel

Les vestiges d'un château du XIIe siècle se trouvent au sommet du village. L'église qui le jouxte est dédiée à Saint Aurèle et date aussi du XIIe siècle. C'est un bâtiment massif à deux travées, l'une voûtée en berceau, l'autre d'arêtes. Sa façade est surmontée d'un clocher-tour[19].

À côté se trouvait la chapelle des Pénitents Blancs, placée sous le vocable de Notre-Dame des Suffrages, elle fut abandonnée en 1895 et ruinée en 1925. Les substructions de la chapelle Saint-Pierre ont été mises au jour. Elle avait été construite sur l'emplacement du prieuré des bénédictins de Villeneuve-lès-Avignon[19].

La chapelle Saint-Esprit, du hameau des Crottes, date de 1667. Elle renferme un retable en bois doré[20].

HabitatModifier

Habitat perchéModifier

 
Aurel.

Ce type d'habitat est considéré comme typiquement provençal, il est surtout typiquement méditerranéen. Ces villages sis sur leur « acropole rocheuse », qui ont gardé leur aspect médiéval, forment par l'orientation des façades de leurs maisons - vers la vallée ou la voie de communication - un véritable front de fortification[21].

Fernand Benoit souligne leur origine quelques fois préhistorique en signalant que Cicéron, à propos des Ligures qui peuplaient la région, les dénomme castellani, c'est-à-dire habitants des castellas (Brutus, LXXIII, 256)[21].

Ces villages perchés se trouvent dans essentiellement dans les zones collinaires dont le terroir est pauvre en alluvions et où l'eau est rare. Ce qui est le cas général en Provence sauf dans la basse vallée du Rhône et dans celle de la Durance, où les terres alluvionnaires abondent et surtout où l'eau est facilement accessible pour chaque propriété grâce à un puits creusé dans la cour de la maison[22].

De plus ce groupement en communauté refermée sur elle-même correspond à des régions de petites propriétés, où les seules terres fertiles se situent au fond de quelques vallons, et ce regroupement a facilité l'existence d'un artisanat rural indispensable aux villageois (charron, forgeron, etc.). A contrario, l'habitat dispersé implique de grands domaines qui tendent à vivre en autarcie. D'où la loi émise par Fernand Benoit « La misère groupe l'habitat, l'aisance le disperse »[22].

Maison en hauteurModifier

 
Maison en hauteur flanquée d'une tour.
 
Ancien Café Jouve avec accès par le balcon.

Fernand Benoit explique que « son originalité consiste à placer les bêtes en bas, les hommes au-dessus ». Effectivement ce type d'habitation, qui se retrouve essentiellement dans un village, superpose sous un même toit, suivant une tradition méditerranéenne, le logement des humains à celui des bêtes. La maison en hauteur se subdivise en une étable-remise au rez-de-chaussée, un logement sur un ou deux étages, un grenier dans les combles. Elle était le type de maison réservée aux paysans villageois qui n'avaient que peu de bétail à loger, étant impossible dans un local aussi exigu de faire tenir des chevaux et un attelage[23].

Elle se retrouve aujourd'hui dans nombre de massifs montagneux ou plateaux de la Provence occidentale[24].

Ces maisons datent pour la plupart du XVIe siècle, période où les guerres de religion imposèrent de se retrancher derrière les fortifications du village. Celles-ci finies, il y eut un mouvement de sortie pour établir dans la périphérie de l'agglomération des « maisons à terre », plus aptes à recevoir des bâtiments annexes[24].

En effet, ce type d'habitation, regroupant gens et bêtes dans un village, ne pouvait que rester figé, toute extension lui étant interdite sauf en hauteur. Leur architecture est donc caractéristique : une façade étroite à une ou deux fenêtres, et une élévation ne pouvant dépasser quatre à cinq étages, grenier compris avec sa poulie extérieure pour hisser le fourrage. Actuellement, les seules transformations possibles - ces maisons ayant perdu leur statut agricole - sont d'installer un garage au rez-de-chaussée et de créer de nouvelles chambres au grenier[25]. Pour celles qui ont été restaurées avec goût, on accède toujours à l'étage d'habitation par un escalier accolé à la façade[24].

La présence de terrasse ou balcon était une constante. La terrasse servait, en priorité, au séchage des fruits et légumes suspendus à un fil de fer. Elle était appelée trihard quand elle accueillait une treille qui recouvrait une pergola rustique. Quand elle formait loggia, des colonnettes soutenant un auvent recouvert de tuiles, elle était nommée galarié ou souleriè[26].

Maison à terreModifier

 
Maison à terre au hameau des Crottes avec sa bergerie.
 
Continuité de l'habitat, abandon du premier bâtiment remplacé par une autre maison à terre.

Compartimenté dans le sens de la longueur, ce type de maison représente un stade d'évolution plus avancé que la « maison en hauteur ». Il est caractéristique de l'habitat dispersé[27]. C'est l'habitation traditionnelle des pays de « riche culture » et la lavande en fut une[28].

Ce type de maison est divisé en deux parties très distinctes dans le sens de la longueur. Le rez-de-chaussée est occupé par une salle commune dans laquelle est intégrée la cuisine. Très souvent se trouve à l'arrière un cellier contenant la réserve de vin et une chambre. Un étroit couloir, qui permet d'accéder à l'étage, sépare cet ensemble de la seconde partie réservée aux bêtes. Celle-ci se compose, dans la plupart des cas, d'une remise qui peut servir d'écurie et d'une étable. L'étage est réservé aux chambres et au grenier à foin qui correspond par une trombe avec l'étable et l'écurie[28].

À cet ensemble, s'ajoutaient des annexes. Une des principales était la tour du pigeonnier, mais la maison se prolongeait aussi d'une soue à cochons, d'une lapinière, d'un poulailler et d'une bergerie[28].

Alors qu'aucune maison en hauteur ne disposait de lieu d'aisance, même en ville, la maison à terre permet d'installer ces « lieux » à l'extérieur de l'habitation. Jusqu'au milieu du XXe siècle, c'était un simple abri en planches recouvert de roseaux (canisse) dont l'évacuation se faisait directement sur la fosse à purin ou sur le fumier[28].

La construction d'un tel ensemble étant étalée dans le temps, il n'y avait aucune conception architecturale pré-établie. Chaque propriétaire agissait selon ses nécessités et dans l'ordre de ses priorités. Ce qui permet de voir aujourd'hui l'hétérogénéité de chaque ensemble où les toitures de chaque bâtiments se chevauchent généralement en dégradé[29].

Chaque maison se personnalisait aussi par son aménagement extérieur. Il y avait pourtant deux constantes. La première était la nécessité d'une treille toujours installée pour protéger l'entrée. Son feuillage filtrait les rayons de soleil l'été, et dès l'automne la chute des feuilles permettait une plus grande luminosité dans la salle commune. La seconde était le puits toujours situé à proximité. Il était soit recouvert d'une construction de pierres sèches en encorbellement qui se fermait par une porte de bois, soit surmonté par deux piliers soutenant un linteau où était accrochée une poulie permettant de faire descendre un seau. L'approvisionnement en eau était très souvent complété par une citerne qui recueillait les eaux de pluie de la toiture[29].

Le pigeonnier devint, après la Révolution la partie emblématique de ce type d'habitat puisque sa construction signifiait la fin des droits seigneuriaux, celui-ci étant jusqu'alors réservé aux seules maisons nobles. Il était soit directement accolé à la maison mais aussi indépendant d'elle. Toujours de dimension considérable, puisqu'il était censé ennoblir l'habitat, il s'élevait sur deux étages, le dernier étant seul réservé aux pigeons. Pour protéger ceux-ci d'une invasion de rongeurs, son accès était toujours protégé par un revêtement de carreaux vernissés qui les empêchait d'accéder à l'intérieur[28].

Maison à courModifier

Ce type d'habitation est composé de bâtiments et de dépendances ordonnés autour d'une cour centrale. Cet ensemble est caractéristique des grands domaines céréaliers et prend souvent l'aspect d'un château avec des murs flanqués d'échauguettes et des tours d'angle. Il est adapté à une vie agricole où le climat n'impose pas une grange pour engranger les javelles de blé avant le dépiquage, celui-ci ayant lieu aussitôt les gerbes coupées sur l'aire de terre battue. Dans ce mode culturel, les grains sont entrés en sacs dans une remise tandis que les moissonneurs élèvent les meules de paille avec comme seule protection contre la pluie un mélange de poussier et de terre glaise. Seul est rentré le fourrage[30].

Cette structure agraire est rare en Provence[30].

Maison à toursModifier

C'est le style des grandes maisons seigneuriales qui va traverser les siècles même après la Renaissance. Il s'agit de bâtisses isolées, avec ou sans cour intérieure, dont la façade est flanquée de deux tours ou qui est protégée par quatre tours d'angle[31].

La fortification des maisons de campagne est une pratique fort ancienne. Elle se retrouve, dès le haut Moyen Âge, avec le castellum dont celles de Provence reprennent le plan avec ses tours d'angle. C'est un héritage romain puisque nombre de villæ rusticæ furent protégées par des tours[31].

CabanonModifier

 
Cabanon à Aurel.

L'existence de cette « maisonnette des champs » est toujours liée à une activité agricole qui contraint le paysan à rester éloigné de sa résidence habituelle. Dans son étude sur l'habitat rural, Fernand Benoit envisage à la fois le cas du pastoralisme et celui du sédentarisme. Pour le premier, la transhumance, qui permet aux troupeaux d'estiver dans les alpages, implique l'usage d'un habitat sur place de « type élémentaire » pour le berger. Suivant le lieu, il prend l'aspect d'un jas en pierre sèche ou d'une cabane édifiée en matériaux composites. Ce refuge lui sert à la fois d'abri et de laiterie[32].

Pour le paysan sédentaire, c'est l'éloignement de ses cultures qui impose un habitat aménagé près de son champ. Dans ce dernier cas, le cabanon correspond à un véritable habitat saisonnier qui est utilisé lors des travaux de longue durée[32].

Ces cabanons, qui se trouvent à l'orée ou au centre du champ, avaient aussi un rôle d'affirmation sociale pour le paysan. Ils étaient considérés comme « le signe de la propriété sur une terre qu'il entendait distinguer du communal »[32].

BorieModifier

 
Borie à Aurel.
 
Borie recouverte d'un clapas.

On nomme ainsi en Provence une cabane de pierre sèche. Le terme de borie est issu du latin boria - déjà référencé dans le quartier Borianum d'Arles - et s'orthographie bori en provençal. Elle est aussi dénommée cabanon pointu dans les Alpes provençales (région de Forcalquier). Ce type de construction réalisé uniquement en pierres sèches, permettait au paysan de stocker (serrer en provençal) ses instruments agraires, protéger sa récolte ou plus spécifiquement sa réserve d'eau et, au besoin, d'y passer la nuit. La borie était donc une annexe de l'habitat permanent[32]. Ce type de construction en pierre sèche est facilité par l'épierrage des champs. En Provence, il est courant dans les régions montueuses, de plateaux secs, des coteaux travaillés en restanques[33].

 
Robert de Lamanon, seigneur du Ventouret, hameau d'Aurel.

Personnalités liées à la communeModifier

BibliographieModifier

  • Robert Bailly, Dictionnaire des communes du Vaucluse, A. Barthélemy, Avignon, (ISBN 2903044279)
  • Jules Courtet, Dictionnaire géographique, géologique, historique, archéologique et biographique du département du Vaucluse, Christian Lacour, Nîmes (réed.), (ISBN 284406051X)
  • Fernand Benoit, La Provence et le Comtat Venaissin. Arts et traditions populaires, Éd. Aubanel, 1992, (ISBN 2700600614)
  • Guy Barruol, Nerte Dautier, Bernard Mondon (coord.), Le mont Ventoux. Encyclopédie d'une montagne provençale, Alpes de Lumières, (ISBN 978-2-906162-92-1)

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

RéférencesModifier

  1. « Populations légales 2010 de la commune », INSEE
  2. Zonage sismique réglementaire de la France, classement des cantons (découpage fin 1989) de la région PACA, page 48
  3. Fiche de la Nesque sur le site du SANDRE
  4. Fiche du Ravin de la Curni sur le site du SANDRE
  5. Fiche du Ravin de Bassette sur le site du SANDRE
  6. Guy Barruol, op. cit., p. 16-17.
  7. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Éd. Larousse, 1968, p. 1687.
  8. a b c d et e Robert Bailly, op. cit., p. 38.
  9. Guy Barruol, Michèle Bois, Yann Codou, Marie-Pierre Estienne, Élizabeth Sauze, « Liste des établissements religieux relevant de l’abbaye Saint-André du Xe au XIIIe siècle », inGuy Barruol, Roseline Bacon et Alain Gérard (directeurs de publication), L’abbaye de Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon, histoire, archéologie, rayonnement, Actes du colloque interrégional tenu en 1999 à l'occasion du millénaire de la fondation de l'abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon, Éd. Alpes de Lumières, Cahiers de Salagon no 4, Mane, 2001, 448 p. (ISSN 1254-9371), (ISBN 2-906162-54-X), p. 214
  10. Jules Courtet, op. cit., p. 18.
  11. Guy Barruol, op. cit., p. 14.
  12. Aimé Autrand, Le département de Vaucluse de la défaite à la Libération (mai 1940-25 août 1944), Éd. Aubanel, Avignon, 1965.
  13. Armorial de France
  14. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  15. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  16. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  17. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.
  18. doyenné d'Apt
  19. a et b Robert Bailly, op. cit., p. 39.
  20. Chapelle Saint-Esprit
  21. a et b Fernand Benoit, op. cit., p. 43.
  22. a et b Fernand Benoit, op. cit., p. 44.
  23. Fernand Benoit, op. cit., p. 48.
  24. a b et c Fernand Benoit, op. cit., p. 49.
  25. Fernand Benoit, op. cit., p. 50.
  26. Fernand Benoit, op. cit., p. 51.
  27. Fernand Benoit, op. cit., p. 54.
  28. a b c d et e Fernand Benoit, op. cit., p. 55.
  29. a et b Fernand Benoit, op. cit., p. 56.
  30. a et b Fernand Benoit, op. cit., p. 58.
  31. a et b Fernand Benoit, op. cit., p. 61.
  32. a b c et d Fernand Benoit, op. cit., p. 69.
  33. Fernand Benoit, op. cit., p. 71.

Pour approfondirModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier