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Albert de Seguin de Reyniès

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Albert Ferdinand Marie Jean de Seguin de Reyniès, né le à Arry en Lorraine annexée et probablement mort à Grenoble le , est un militaire et résistant, lieutenant-colonel commandant le 6e bataillon de chasseurs alpins. Il a été nommé Chevalier de la Légion d’honneur, décoré de la Croix de guerre 1939-1945 et de la Rosette de la Résistance (à titre posthume). Son corps n’ayant jamais été retrouvé, une plaque lui est consacrée à la nécropole de Saint-Nizier-du-Moucherotte[1] dans le Vercors (Isère) ainsi qu'à l'Hôtel des troupes de montagne, place de Verdun à Grenoble.

Enfance et engagement militaireModifier

Il est issu d’une famille de très ancienne tradition militaire, son père est lieutenant au 6e BCA (Bataillon de Chasseurs alpins) en garnison à Nice. Il poursuit ses études à Embrun, Grenoble puis Villefranche-sur-Saône pour obtenir son baccalauréat en 1917 et intégrer l'Ecole militaire de Saint-Cyr l’année suivante au sein de la promotion "La Victoire" (1918-1920)[2]. Dès lors, il fait toute sa carrière militaire dans les Chasseurs alpins, intégrant tour à tour les 14e, 5e, 7e BCA jusqu’en 1922. Le , ayant été affecté au 66e régiment de tirailleurs marocains, il débarque à Casablanca et participe aux opérations militaires du Maroc. En 1925, il rentre à Annecy pour quatre ans où il épouse Henriette de la Boisse, fille d’un commandant tué au front en 1914. Il est nommé, en qualité de stagiaire, à l’état major du gouverneur militaire de Lyon, le général Dosse, dont il est officier d’ordonnance de 1933 à 1935. Entre-temps, le , il est promu capitaine. Puis de Reyniès choisit le 27e BCA, bataillon haut savoyard pour effectuer son temps de commandement dans la troupe, de à [3].

La Seconde Guerre mondialeModifier

De 1939 à 1942Modifier

Lors de la déclaration de la guerre, le , il rejoint l’état major militaire de Lyon. Affecté au 3e bureau du troisième groupe d’armée, sous les ordres du général Besson, il fait partie des déçus de la « drôle de guerre ». De Reyniès participe à la campagne de France en tant qu’officier de liaison où il obtient une citation pour son attitude, lors des combats sur l’Ourcq et la Marne. En , il est nommé à la délégation française auprès de la commission allemande d’armistice à Wiesbaden, poste qu’il ne quittera qu’en pour rejoindre Grenoble.

De 1942 à 1944Modifier

 
Mémorial à la hauteur de l'école du Barlatier, à Brié-et-Angonnes.

Le , il prend le commandement du 6e BCA, s’employant à faire partager à ses hommes, ses convictions de résistance. Elles vont rapidement être mises à l’épreuve, après l’invasion de la zone dite libre par l’armée allemande le . Le bataillon est mis en alerte et le , le général Laffargue lui ordonne de gagner l’Oisans avec les garnisons de Grenoble et de Gap et s’opposer par les armes à toutes tentatives de désarmement par l’ennemi. C’est à Brié-et-Angonnes que le général reçoit l’ordre de dissoudre les troupes. Il prononce alors un discours émouvant à ses hommes, leur laissant entendre qu’un jour, le rappel sonnerait. Des instructions secrètes sont alors données pour cacher de l’armement et du matériel d’équipement. Ce sont les premières actions clandestines faites par de Reyniès. En plus de ces opérations de camouflage, il s’emploie à maintenir secrètement l’existence du 6e BCA. Sa nomination au centre de démobilisation et rapatriement de Pont-de-Claix et son installation à l’hôtel de la division à Grenoble lui permettent de rester en contact avec ses anciens subordonnés.

Le VercorsModifier

En , Marcel Descour, chef d’état major de la Région 1 (R1) le désigne responsable pour l’Isère de l’ORA (Organisation de résistance de l’Armée). De Reyniès charge alors Pierre Tanant, l’un de ses anciens commandants de compagnie, de reconstituer le 6e BCA dans le massif du Vercors. Dès lors, des hommes du bataillon vont encadrer des jeunes réfractaires au STO (Service du travail obligatoire) dans les massifs entourant Grenoble. Cependant, les principaux chefs de la Résistance dauphinoise, Gaston Valois[4], Jean Bistési[5], Jean Perrot[6], Jean Pain[7], Victor Carrier, sont assassinés en par Francis André et sa bande de tueurs lyonnais aux ordres du SD (Sicherheitsdienst, service de sûreté). Albert Reynier alias « Vauban », chef départemental de l’Armée secrète échappe de justesse à cette Saint-Barthélemy grenobloise et son maintien à Grenoble est compromis. Il demande à de Reyniès de lui succéder, prenant quant à lui, la responsabilité du secteur AS du Grésivaudan.

De Reyniès « Sylvain » prend alors contact avec les responsables civils de la Résistance[8]. Il s’entoure d’André Lecoanet, ancien du 6e BCA et de Jean-Louis Hirschauer pour renouer les contacts rompus après les événements de novembre. Il renforce l’organisation et l’encadrement des secteurs en impliquant des militaires. Dans sa conception, les maquis doivent se limiter aux possibilités d’armement : peu d’hommes mais bien entraînés. C’est une ligne plutôt attentiste qu’il défend à la réunion constitutive du Comité départemental de Libération nationale (CDLN) le à Méaudre. Sa vie clandestine l’oblige à changer fréquemment de domicile et de mettre à l’abri, dans la Drôme, sa femme et ses huit enfants. Il n’en continue pas moins à organiser différents camps. Le , il confie au lieutenant Eysseric le camp de Malleval dans le Vercors. Mais neuf jours après, une trahison livre aux Allemands ce maquis qui est rapidement cerné et anéanti. Mais de Reyniès trouve chez d’autres officiers du bataillon l’énergie pour poursuivre le combat. En mars, l’adjudant chef Abel Chabal monte un maquis au-dessus de Saint Jean de Royans composé d’une vingtaine d’hommes du 6e BCA et d’une quinzaine du 11e Cuirassier.

La dénonciationModifier

Le au matin, alors qu’il sort de l’hôtel de la division où il était venu récupérer son courrier, de Reyniès est arrêté par la Gestapo, dénoncé par René Tirolle, un ancien chasseur du 6e BCA passé à la Milice. Divers rapports retrouvés à la Libération mentionnent qu’il était surveillé depuis quelque temps. De Reyniès disparaît aussitôt sans toutefois que les circonstances de sa mort soient précisément établies[9].

HommageModifier

La caserne militaire de Varces-Allières-et-Risset porte le nom de quartier de Reyniès.

Notes et référencesModifier

  1. « SAINT-NIZIER-DU-MOUCHEROTTE (38) : mémorial et nécropole - Cimetières de France et d'ailleurs », sur www.landrucimetieres.fr (consulté le 8 décembre 2015)
  2. « Albert de SEGUIN de REYNIÈS - "pierfit" - Geneanet », sur gw.geneanet.org (consulté le 8 décembre 2015)
  3. M. le général Guy Ménuat, UN HÉROS LORRAIN DE LA RÉSISTANCE ALBERT DE SEGUIN DE REYNIÈS (1900-1944), , 85 à 92 p. (lire en ligne)
  4. « Grenoble Libérée - Grenoble 40-44, une ville en résistance - Gaston Valois et Suzanne Ferrandini », sur www.grenoble-resistance.fr (consulté le 8 décembre 2015)
  5. « Grenoble Libérée - Grenoble 40-44, une ville en résistance - Jean Bistesi », sur www.grenoble-resistance.fr (consulté le 8 décembre 2015)
  6. « Grenoble Libérée - Grenoble 40-44, une ville en résistance - Jean Perrot et Jean Fouletier », sur www.grenoble-resistance.fr (consulté le 8 décembre 2015)
  7. « Grenoble Libérée - Grenoble 40-44, une ville en résistance - Jean Pain », sur www.grenoble-resistance.fr (consulté le 8 décembre 2015)
  8. Olivier Jouvray, Kamel Mouellef, Baptiste Payen, Résistants oubliés, Éditions Glénat, Grenoble, 2015.
  9. « Grenoble Libérée - Grenoble 40-44, une ville en résistance - Hôtel de la Division », sur www.grenoble-resistance.fr (consulté le 8 décembre 2015)

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Lieutenant-colonel Jean-Pierre Martin, Actes du colloque Les Militaires dans la Résistance, Ain-Dauphiné-Savoie, 1940-1944, édités à Grenoble par Anovi, 2010.
  • Pierre Belledonne, Le commandant Albert de Seguin de Reyniès, officier de France, préface du général Cartier, imprimerie Prudhomme, Grenoble, 1950.
  • Pierre Giolitto, Le  commandant  Albert  de  Seguin  de  Reyniès,  un  chef résistant disparaît, Alzieu éditions, 2007, (ISBN 978-2-3502-2056-7).

Article connexeModifier