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62e régiment d’infanterie
Image illustrative de l’article 62e régiment d'infanterie
Insigne régimentaire du 62e régiment d’infanterie.

Création 1667
Dissolution 1940
Pays Drapeau de la France France
Branche armée de Terre
infanterie
Type Régiment d’infanterie
Rôle Infanterie
Devise Nec pluribus impar
Armor fonce à mort
Inscriptions
sur l’emblème
Valmy 1792
Wagram 1809
Lützen 1813
Sébastopol 1855
Matehuala 1864
Champagne 1915
Verdun 1916
1918 - 2e bataille de la Marne
L'Avre 1918 (en)
Anniversaire Saint-Maurice
Fête: le 17 mai (1864, Matehuala).
Fourragères Aux couleurs du ruban de la Croix de guerre 1914-1918
Décorations Croix de guerre 1914-1918 deux palmes
une étoile de vermeil
insigne de béret d'infanterie

Le 62e régiment d'infanterie (62e RI) est un régiment d'infanterie de l'Armée de terre française créé sous la Révolution à partir du régiment de Salm-Salm, un régiment d'infanterie allemand au service du Royaume de France.

Sommaire

Création et différentes dénominationsModifier

Colonels/Chef de brigadeModifier

  • Louis de La Marck, comte de La Marck (1674-1750)
  • Le Maréchal de Saxe a été colonel de 1720 à 1751.

Historique des garnisons, combats et batailles du 62e RIModifier

Ancien RégimeModifier

Guerres de la Révolution et de l'EmpireModifier

Lors de la bataille de Salamanque, en 1812, l'aigle du drapeau du 62e fut capturé par le 2nd battailon, 44th Regiment of Foot, de l'armée britannique. L'Aigle est désormais exposé au Musée du Régiment de l'Essex, à Chelmsford (Essex Regimental Museum), http://www.royalanglianmuseum.org.uk/

1815 à 1848Modifier

Le régiment eut de lourdes pertes dans cette campagne. Lors de l’expédition de Constantine fin 1836, les troupes françaises en retraite durent passer sur le lieu de l’embuscade où avaient péri cent quarante et un hommes du 62e régiment d’infanterie, arrivé en Afrique seulement six mois auparavant. Leur impression est résumée par le marquis de Castellane, major du 3e régiment de chasseurs d’Afrique : « Le 25, nous passâmes sur le terrain où le convoi escorté par le 62e avait été attaqué, et la vue de cent quarante et un cadavres qui gisaient sur le sol, entièrement nus, décapités et déjà en putréfaction, ne contribua pas peu à affecter le moral d’une grande partie de l’armée… »[1].

« La redoute d'Aïn-el-Turck portera désormais le nom de redoute du 62e. » Maréchal Vallée, 1839.

Second EmpireModifier

« Le 62e a tenu haut et ferme le drapeau de la France et dans le combat du 12 septembre, il s'est couvert d'une gloire impérissable. » Maréchal Forey, 1866.

Pendant la guerre de 1870-71, le 62e faisait partie de l’armée du Rhin. Il est aux batailles de Borny le 14 août, et de Gravelotte, le 16, où il perd 12 officiers et 130 soldats ainsi qu'à la très dure bataille de Saint-Privat le 18 août. Plus tard, le régiment est reconstitué et rejoint l’armée de la Loire et s’illustre aux batailles du Mans et au combat de Saint-Jean-sur-Erve.

1870 à 1914Modifier

  • 1881-1883 : Tunisie

Première Guerre mondialeModifier

Le 62e RI est formé à Lorient.

À la 22e DI d'août 1914 à novembre 1918, il est composé de 3 bataillons.

Chef de bataillons au 1er août 1914 : commandant Félix de Vial

casernement Lorient, Groix, Port Louis, à la 43e brigade d'infanterie, 22e division d'infanterie, 11e corps d'armée.

Il est commandé à Lorient par le Colonel Costebonnel, tué au combat, « mort pour la France » le 6 octobre 1914 dans la Somme[4].

1914Modifier

1915Modifier

1916Modifier

Bataille de Verdun.

1917Modifier

  • 5 mai : les pertes du régiment sont de 900 dans le secteur du chemin des dames[5].
  • 23 mai : le régiment est renforcé de 800 hommes.
  • octobre : il se trouve dans le secteur du Chemin des Dames. Pendant l’hiver 1917, il occupe successivement les secteurs de la Malmaison, de la forêt de Pinon et de l’Aisne. Le 62e se voit décerner pour sa bravoure au feu le port de la fourragère aux couleurs du ruban de la croix de guerre.

1918Modifier

« Pendant quatre jours de durs combats, où il a été toujours en avant, il s'est fait remarquer par son ardeur guerrière. » Général Gouraud, 1918.

Entre-deux-guerresModifier

Le 20 juillet 1919, le 62e est de retour à Lorient, après avoir participé au défilé de la victoire à Paris derrière son glorieux drapeau cravaté de la croix de guerre et de la fourragère aux mêmes couleurs. Devant la population en liesse le Maire de Lorient reprend les paroles qu’il avait prononcées le 7 août 1914 : « Le soldat breton au cœur fort et généreux ne demeura pas inférieur à sa réputation ». Hélas le bilan de cette Première Guerre mondiale était très lourd, le régiment accusant 2416 morts ou disparus. Peu après le traité de Versailles, le régiment sera dissout.

Seconde Guerre mondialeModifier

Drôle de guerreModifier

Le 62e régiment d'infanterie est formé à Lorient le 15 septembre 1939, par le CMI no 112, Réserve A RI type NE.

Il passe par Saint-Mihiel, puis s'est dirigé vers la frontière luxembourgeoise. En décembre 1939, il est sur le Stromberg, le 28 décembre, il est à Bouzanville. En mars 1940, il est à Saint-Jean de Montmeillant et dans la région de Rethel ; en avril, il se prépare à la manœuvre de Belgique par Givet.

Il est en effet affecté à la 22e division d'infanterie (XIe corps d'armée, 9e armée) qui doit participer à la manœuvre Dyle en gagnant et occupant la Meuse entre Vireux-Molhain et Hastière[6].

Bataille de FranceModifier

Articles connexes : plan Dyle, plan Jaune et bataille de Givet.
  • 10 mai 1940 : les Allemands attaquent à l’ouest. Le régiment ne dispose alors que de 60 % de ses effectifs, soit moins de 2 000 hommes, le reste étant pour la plupart en permission. À h 2, le PC du régiment reçoit l’ordre d’alerte lui enjoignant d’exécuter la manœuvre de Belgique à laquelle il s’était entraîné en avril. La troupe se met en mouvement à pied, sous les attaques de l’aviation ennemie à partir du 11.
  • 12 mai 1940 : dimanche de pentecôte, par un soleil radieux, le gros de la 22e division, se porte comme prévu sur la Meuse, tenant le front entre Hastières et le sud de la boucle de Chooz. Le sud du dispositif est affecté au régiment, entre Ham et Vireux. Exténué après cette marche, le 62e atteint ses emplacements à 3 h dans la nuit du 12 au 13.
Le PC est à Vaucelles. Le 116e RI est au nord et le 265e RI de la 61e DI au sud. Le 2e bataillon du Commandant Dardant occupe le quartier nord avec son PC à Hierges. La 7e compagnie fait la liaison avec le 116e. Les ponts de Ham et Vireux sont détruits à 16 h.
  • 13 mai 1940 : les bombardements aériens s’intensifient. Les premiers contacts avec l’ennemi qui a atteint les rives du fleuve ont lieu dès la fin de journée du 13. Le régiment reçoit alors dans la soirée un ordre de repli sur la ligne Vierves-Matignolles.
  • 14 mai 1940 : l’ennemi franchit la Meuse très tôt dans la matinée. Toute la division, qui est enfoncée par la 32e division d’infanterie allemande, doit refluer, le 2e bataillon vers Mazée à partir de 3 h le 15. Le régiment subit des pertes. Ainsi le capitaine Yves Queignec, commandant de la 7e compagnie, instituteur à Scaër, meurt au champ d’honneur, en Belgique le 14 mai en fin de journée (le 13 d’après l’inscription sur sa tombe ?) à l’âge de 39 ans. Il est enterré à Quimper, au cimetière Saint-Joseph.
  • 15 mai 1940 : à h 30, les Allemands apparaissent dans la région de Matignolles où le combat s’engage avec les unités du 2e bataillon qui, vers h 30, sont menacées d’encerclement. Elles refluent et sont disloquées par des attaques de blindés lorsqu’elles arrivent à Olloy vers 11 h 30. Le capitaine Collin, commandant le bataillon est blessé et fait prisonnier. Dans ce chaos, tout ce qui reste de la division doit se diriger vers la forêt de Saint-Michel.
Ce même jour, face au désastre, le général Corap est remplacé par le général Giraud à la tête de la 9e armée. Mais c’est déjà trop tard, les allemands exploitent leur percée qui les conduira jusqu’à la mer et à Dunkerque. Leurs troupes qui ont franchi la Meuse à Sedan le 13 arrivent maintenant de l’est et la 8e « panzer division » entre dans Hirson le 16.
  • 16 mai 1940 : à h 30, seuls environ 500 hommes de la 22e DI sont rassemblés à Saint-Michel, les 19e RI et 62e RI étant les plus représentés. 6 chars R35 du 32e bataillon de chars de combat renforcent le dispositif qui s’appuie sur les blockhaus souvent inachevés dans la forêt.
Vers 14 h, le général Beziers de Lafosse (1880-1964), commandant de l’infanterie divisionnaire et le colonel commandant le 18e régiment d’artillerie de la 22e DI quittent le PC de Saint-Michel pour rejoindre celui du 62e.
  • 17 mai 1940 : en matinée une percée est envisagée vers Mondrepuis. Elle n’aura pas lieu.
Vers 15 h, l’ennemi progresse de Saint-Michel vers le nord et arrive au contact de la ligne d’arrêt. De nombreux soldats sont tués, en particulier au carrefour de l’étoile où a été érigé un monument commémoratif portant les noms de 24 militaires dont 3 du 62e, Sergent Mathurin Guehennec, soldat Henri Manceau, Sergent Jacques Salama. Les combats se calment à l’arrivée de la nuit.
  • 18 mai 1940 : ce samedi, l’attaque reprend dès l’aube et, peu, à peu, le dernier réduit constitué par le PC du 62e est entouré de toutes parts et va cesser le combat.
Selon le rapport du Colonel Le Barillec, après des combats autour du Poste de commandement du 62e, le général Beziers de Lafosse (1880-1964), commandant de l’infanterie de la division, « déclare, pour éviter le massacre, qu'il vaut mieux se rendre. C'est fini du 62e RI, il est environ 11 h 30. À l'attitude de l'ennemi, le colonel se rend compte que tous les autres points d'appui ont déjà été réduits. La troupe à laquelle ils ont eu affaire avait fait la Pologne. Le bataillon allemand, commandé par le capitaine Paul Bauer (l'homme de l'Himalaya) était composé d’hommes de 20 à 22 ans. Après nous avoir offert à déjeuner à leur division, les officiers de cette unité prirent congés de nous en ces termes: « Bonne chance, nous avons eu affaire à de braves combattants ». » Le drapeau est capturé par les allemands, le régiment est dissous le 23 mai 1940 par le Bureau Liquidateur de Clermont-Ferrand.


Le Capitaine Paul Bauer, alpiniste qui s’est distingué avant guerre par ses expéditions dans l’Himalaya, appartenait au 3e bataillon du 99e régiment de chasseurs de montagne (III./GJR.99) de la 1re division de montagne, « 1. gebirgs-division » commandée par le général Ludwig Kubler.

La division traverse la Meuse le 15 mai, à Revin et Fumay à une vingtaine de kilomètres à l’est d’Hirson. Le 18 mai elle attaque la ligne de blockhaus à Saint Michel. 4 chars (6 avaient été mis à disposition du 62e RI), 4 voitures, 30 chevaux, un général (probablement le général Beziers de Lafosse), 19 officiers dont 4 colonels et 161 hommes sont capturés par le bataillon du Capitaine Bauer qui reçoit l’agrafe à la croix de fer de Ire classe.

Le Lieutenant Munske, des sous-officiers et soldats de la 13e compagnie reçoivent la croix de fer de 2e classe. Ce récit correspond à celui fait du côté français de la fin du 62e RI. Pour les Français, la bataille est terminée. C’est alors le départ pour la captivité. Les prisonniers sont d’abord rassemblés dans une école à Saint-Michel, puis à Hirson bombardée par l’aviation alliée (anglaise ?) dans la nuit du dimanche 19 au lundi 20.

Après-guerreModifier

Il devient un régiment de réserve dans le cadre de la défense opérationnelle du territoire. En cas de mobilisation, il est rattaché, dans les années 1980, à la 109e division d'infanterie qui devient de 1986 à 1994 la 109e brigade de zone puis la 109e brigade régionale de défense.

Mis sur pied par le 3e RIMa a Vannes

DrapeauModifier

Il porte, cousues en lettres d'or dans ses plis, les inscriptions suivantes[7] :

 

DécorationsModifier

Sa cravate est décorée de la Croix de guerre 1914-1918  avec deux citations à l'ordre de l'armée, une citation à l'ordre du corps d'armée.

Il a le droit au port de la fourragère aux couleurs du ruban de la Croix de guerre 1914-1918.

DeviseModifier

Sa devise : Armor Fonce A Mort !

refrainModifier

"En avant, compagnons, aux accents du clairon"

Traditions et uniformesModifier

Personnalités ayant servi au 62e RIModifier

Notes et référencesModifier

  1. André Bach, « La place de l’horizon de mort dans la violence guerrière », sur Astérion, (consulté le 21 août 2014).
  2. « Les combats de Formerie, 28 octobre 1870 », sur http://crdp.ac-amiens.fr (consulté le 15 avril 2015)
  3. Aristide Martinien : Guerre de 1870-1871 : État nominatif, par affaires et par corps, des officiers tués du 15 septembre 1870 au 12 février 1871 page 77
  4. Base des Morts pour la France de la Première Guerre mondiale, ☀http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/ (consulté le 13 juillet 2014)
  5. http://www.chemindesdames.fr/photos_ftp/contenus/Lettre%20CDD%2019.pdf
  6. Jean-Yves Mary, Le corridor des Panzers : Par delà la Meuse 10 - 15 mai 1940, t. I, Bayeux, Heimdal, , 462 p. (ISBN 2-84048-270-3), p. 30.
  7. Décision no 12350/SGA/DPMA/SHD/DAT du 14 septembre 2007 relative aux inscriptions de noms de batailles sur les drapeaux et étendards des corps de troupe de l'armée de terre, du service de santé des armées et du service des essences des armées, Bulletin officiel des armées, no 27, 9 novembre 2007

Voir aussiModifier

Sources et bibliographieModifier

  • Recueil d'Historiques de l'Infanterie Française, Général Andolenko, Eurimprim 1969
  • Historique du 62e Régiment d'Infanterie, Paris et Limoges, Henri Charles-Lavauzelle éditeur militaire, coll. « Petite bibliothèque de l'Armée française », , 2e éd., 70+18 p.
    • Historique du 62e Régiment d'Infanterie : 1914-1920, Paris et Limoges, Henri Charles-Lavauzelle éditeur militaire, coll. « Petite bibliothèque de l'Armée française », (lire en ligne)
  • Geneviève et Pierre Quéré, « Le 62e Régiment d'Infanterie de Lorient pendant la grande guerre », Les cahiers du pays de Plœmeur, no 16,‎ , p. 29-34 (ISSN 1157-2574)

Articles connexesModifier

Lien externeModifier