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Étienne-Charles de Loménie de Brienne

prélat catholique
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Étienne-Charles de Loménie de Brienne
Image illustrative de l’article Étienne-Charles de Loménie de Brienne
Le Cardinal Loménie de Brienne, Huile sur toile, École Française (vers 1770) Château de Versailles et de Trianon.
Biographie
Naissance
Paris (France)
Ordre religieux Ordre de Saint-Benoît
Ordination sacerdotale
Décès (à 66 ans)
Sens (France)
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
par le
pape Pie VI
Titre cardinalice Cardinal-prêtre
Démission
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale par le
card. Paul d’Albert de Luynes
Dernier titre ou fonction Archevêque de Sens
Archevêque de Sens
Archevêque de Toulouse
Évêque de Condom

Blason
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Étienne-Charles de Loménie de Brienne, né le à Paris, mort le à Sens, est un homme d'Église et homme politique français, cardinal et ministre.

Sommaire

Le prélatModifier

Issu de la famille de Loménie, originaire de Flavignac en Limousin, et dont on peut remonter la lignée jusqu’au XVe siècle, il fait des études brillantes et entre dans les ordres.

En 1751, en dépit de doutes sur l'orthodoxie de sa thèse[1], il obtient le titre de docteur en théologie. L'année suivante, il est nommé grand vicaire de l'archevêque de Rouen, de Saulx-Tavannes, également cardinal et grand aumônier de France.

Puis il est fait évêque de Condom en 1760, après une visite à Rome, et, en 1763, archevêque de Toulouse, où il entreprend de grands travaux publics qui transforment la ville. En 1771, il scelle la suppression du vicariat de la maison de l'Inquisition de Toulouse, prononcée par le chapitre national des Prêcheurs français, sur son intervention. En 1772, il préside la commission des réguliers qui supprime certaines maisons religieuses ou certains ordres religieux en déclin, comme l'ordre de Grandmont.

De 1766 à 1769, il est également abbé du Mont Saint-Michel. Proche de la reine Marie-Antoinette, il succède à Calonne comme Contrôleur général des finances en 1787[2] et est nommé archevêque de Sens l'année suivante. En 1788, il devint abbé commendataire de Corbie.

Parmi ses amis, aussi célèbres que nombreux, on compte Turgot, l'encyclopédiste André Morellet et Voltaire. Élu membre de l'Académie française en 1770, il est trois fois rapporteur à la Commission des Réguliers de l'Assemblée du clergé et s’intéresse aussi aux questions politiques et sociales du jour. Il adresse ainsi à Turgot plusieurs mémoires sur ces sujets, dont un particulièrement remarquable où il étudie les causes de la misère. Loménie de Brienne a parfois été désigné comme incroyant[3] : à la mort de l'archevêque de Paris Christophe de Beaumont, en 1781, il est soutenu par une partie importante de l'opinion publique, notamment des femmes, mais est écarté par Louis XVI qui déclare : « Il faudrait au moins que l'archevêque de Paris crût en Dieu[4]. » Cependant, son incrédulité paraît peu probable à certains historiens[5].

Le ministreModifier

En 1787, il est nommé président de l'Assemblée des notables, et c’est en cette qualité qu’il attaque la politique fiscale de Calonne. Il s'impose par la suite comme principal ministre d'État le 1er mai 1787, avec l'appui de la reine Marie-Antoinette. Une fois au pouvoir, il met fin aux grandes spéculations boursières, puis réussit à faire enregistrer par le parlement de Paris des décrets établissant le libre-échange à l’intérieur du pays et prévoyant l'instauration d'assemblées provinciales ainsi que le rachat des corvées. Lorsque les parlementaires refusent d'enregistrer les décrets qu’il propose d'appliquer au droit de timbre et au nouvel impôt foncier général, il persuade Louis XVI de tenir un lit de justice pour les y contraindre. Le , les parlementaires sont exilés à Troyes et ne sont rappelés à Paris qu'après avoir consenti à étendre l'impôt direct à toutes les formes de revenus. Une nouvelle tentative visant à contraindre le parlement à enregistrer un décret autorisant un emprunt de 120 millions de livres rencontre une opposition déterminée. La lutte du parlement contre la politique de Brienne prend fin le 8 mai : il accepte sa propre démission, mais à condition que soient convoqués des États généraux pour porter remède aux désordres de l'État.

Brienne, qui a été nommé entre-temps archevêque de Sens, se trouve dès lors confronté à une opposition quasi-générale. Il est contraint de suspendre la Cour plénière qu’il destinait à remplacer le parlement et de promettre la tenue d'États Généraux. Mais ces concessions ne suffisent pas à le maintenir au pouvoir et, le , il doit se retirer, laissant un trésor vide. Le 15 décembre, il est fait cardinal et se rend en Italie, où il passera deux ans à visiter des bibliothèques et à acheter des incunables sans même aller à Rome rencontrer le pape[6].

Pendant la RévolutionModifier

Il revient en France à la Révolution et prête serment à la constitution civile du clergé en 1790. Devenu évêque constitutionnel de l'Yonne en 1791, il est désavoué par le pape et doit renoncer à la barrette de cardinal sur ordre de Pie VI. Sa conduite passée aussi bien que sa conduite présente l'ayant rendu suspect aux révolutionnaires, il est arrêté à Sens, le 9 novembre 1793, et détenu à domicile. De nouveau arrêté le 1er ventôse An II, il meurt la nuit même, victime soit d’une attaque d’apoplexie, soit d'un empoisonnement. Son frère, Louis-Marie-Athanase de Loménie, comte de Brienne, secrétaire d'État à la Guerre, et ses trois fils firent partie du convoi de vingt quatre personnes guillotinées en même temps que la sœur du roi Madame Élisabeth le . Du groupe, seule la ci-devant comtesse de Sérilly put échapper à la mort grâce à la princesse qui l'encouragea à signaler un début de grossesse.

Notes et référencesModifier

  1. Article qui lui est consacré dans la Catholic Encyclopedia
  2. Philippe Valode, L'histoire de France en 2 000 dates, Acropole, (ISBN 9782735703616, présentation en ligne)
  3. Claude Manceron, Anne Manceron, La Révolution française : dictionnaire général, Renaudot, 1989, p. 81
  4. Cité par Jean-Denis Bredin in Sieyes. La clé de la Révolution française, éd. de Fallois, Paris, 1988, p. 42 note de bas de page (Bredin cite à son tour Paul Bastid, Sieyès et sa pensée, Paris, 1939, rééd. Slatkine Reprints, Genève, 1978, p. 18 sq.)
  5. Bernard Plongeron, « L’Eglise constitutionnelle [gallicane] à l’épreuve du Directoire : réorganisation, liberté des cultes, papauté et concile national de 1797 » dans Hervé Leuwers (dir.), Du Directoire au Consulat : 2. L’intégration des citoyens dans la Grande Nation, Lille, Université Charles de Gaulle - Lille 3, , p. 161
  6. Gilles Bresson, La Malédiction des Grandmontains, 2002, éd. d'Orbestier.

Voir aussiModifier