Élections législatives japonaises de 2021

Élections législatives japonaises de 2021
465 députés de la Chambre des représentants
(Majorité absolue : 233 sièges)
Corps électoral et résultats
Inscrits 106 091 229
Fumio Kishida October 2017 Portrait2.jpg PLD – Fumio Kishida
Sièges en 2017 284
Yukio Edano In front of Tenjin Twin Building (2020.10.18) (cropped).jpg PDC – Yukio Edano
Sièges en 2017 55
Natsuo Yamaguchi-1.jpg Kōmeitō – Natsuo Yamaguchi
Sièges en 2017 29
Kazuo Shii cropped.jpg PCJ – Kazuo Shii
Sièges en 2017 12
Ichiro Matsui Ishin IMG 5775 20130713 cropped.jpg Ishin – Ichirō Matsui
Sièges en 2017 11
Mizuho Fukushima 2010.jpg PSD – Mizuho Fukushima
Sièges en 2017 2
Premier ministre
Sortant
Fumio Kishida
PLD

Les 49es élections à la Chambre des représentants (第49回衆議院議員総選挙, dai-yonjūkyūkai Shūgiin giin sōsenkyo?) du Japon ont lieu le afin de renouveler ses 465 membres pour un mandat de quatre ans.

Bien que fortement attendues en raison de la domination du Parti libéral-démocrate (PLD) au pouvoir dans les sondages d'opinions, des élections anticipées ne sont finalement pas organisées en raison de l'impact de la crise sanitaire due à la pandémie de Covid-19.

Le PLD, mené par le récemment élu Premier ministre Fumio Kishida est largement favori.

ContexteModifier

Les élections législatives d'octobre 2017 sont remportées par le Parti libéral-démocrate (PLD) du Premier ministre sortant Shinzō Abe, au pouvoir depuis 2012. Bien qu'en léger recul en termes de sièges — et presque stable en termes de part des voix —, le PLD remporte une large majorité absolue avec 284 sièges sur 465, un succès réitéré aux élections à la Chambre des conseillers de juillet 2019.

Shinzo Abe annonce cependant le sa démission prochaine pour raisons de santé. Le Premier ministre souffre alors d'une aggravation redoutée de la colite ulcéreuse dont il souffre depuis l'adolescence. Sa démission devient effective après l'élection de son successeur au sein du PLD le , en la personne de son ancien porte-parole Yoshihide Suga[1]. Ce dernier prend ses fonctions de Premier ministre deux jours plus tard[2].

La tenue du scrutin doit avoir lieu dans les quarante jours après la dissolution de la chambre, qui intervient au plus tard automatiquement quatre ans jour pour jour après les précédentes élections, soit une date limite fixée au [3]. Le changement à la tête du gouvernement est jugé susceptible d'entrainer des élections législatives anticipées, déjà fortement attendues au cours des mois précédant la démission d'Abe en raison de la confortable avance du parti au pouvoir dans les sondages d'opinion[4]. La priorité donné par le gouvernement à la lutte contre la pandémie de Covid-19 met cependant un coup d'arrêt au projet[5].

Plus encore, la pandémie se révèle catastrophique pour la popularité du nouveau Premier ministre du fait des Jeux olympiques d'été organisés à Tokyo du 23 juillet au 8 août 2021. Déjà vivement critiquée sous son prédécesseur, leur organisation en pleine crise sanitaire est finalement maintenue, bien qu'un an après la date initialement prévue et en l'absence de spectateurs étrangers[6],[7],[8]. Les flux humains liés à l’événement, conjugués à l'apparition du très contagieux variant Delta conduisent à une envolée des contaminations atteignant plus d'un million de cas début août, forçant le pays à se placer en État d'urgence sanitaire[9].

Le gouvernement de Yoshihide Suga est alors fortement critiqué pour sa gestion de la pandémie dans le contexte olympique, ainsi que pour la lenteur du déploiement du Vaccin contre la Covid-19[10]. Si l'organisation des jeux — au cours desquels le Japon remporte un nombre record de médailles[11] — est finalement largement acceptée par la population malgré son opposition au cours des mois précédents, ce revirement de l'opinion ne s'étend pas au gouvernement[10]. Ce dernier chute alors à moins de 30 % d'opinions favorables dans les sondages[12].

En conséquences, la position du Premier ministre Suga à la tête du Parti libéral-démocrate se voit remise en cause en interne, plusieurs haut dirigeants se préparant à la lui contester lors de l'élection à la présidence du Parti prévue de longue date pour le 29 septembre 2021. La défaite de Hachirō Okonogi, protégé de Suga, à l'élection pour la mairie de Yokohama le 22 août porte le coup de grâce à son autorité sur le parti[13],[14]. Le 3 septembre suivant, il annonce ne pas se représenter à l'élection, ouvrant la voie à l'arrivée d'un nouveau chef du parti — et donc un nouveau Premier ministre — juste avant la campagne pour les élections législatives[15],[16],[17]. Bénéficiant du soutien des membres dirigeants du parti, Fumio Kishida l'emporte au second tour sur Tarō Kōno, davantage populaire au sein des militants. La confirmation de Kishida, perçu comme un centriste modéré, au poste de Premier ministre a lieu le 4 octobre. Le même jour, il convoque les élections pour le [18],[19],[20].

Système électoralModifier

Le Japon est doté d'un parlement bicaméral dont la chambre basse, dite Chambre des représentants, se compose de 465 députés élus pour un mandat de quatre ans selon un mode de scrutin parallèle. Sur ce total, 289 sièges sont ainsi pourvus au scrutin uninominal majoritaire à un tour dans autant de circonscriptions, tandis que les 176 sièges restants sont pourvus au scrutin proportionnel plurinominal de liste dans 11 circonscriptions de 6 à 29 sièges[21].

Les deux modes de répartition des sièges font l'objet d'un vote séparé : les électeurs votent en même temps pour un candidat au scrutin uninominal majoritaire à un tour et pour une liste de candidat au scrutin proportionnel. Un même candidat peut se présenter aux deux types d'élections, mais uniquement si la circonscription uninominale est incluse dans celle plurinominale. Les listes comportent autant de candidats ne se présentant qu'au scrutin proportionnel que de sièges à pourvoir, auxquels viennent éventuellement se rajouter les candidats se présentant aux deux scrutins. Ces derniers deviennent cependant prioritaire à l'attribution des sièges s'ils ont perdu au scrutin majoritaire avec quelques voix d'écarts seulement.

Contrairement à des systèmes mixtes tels que le système électoral allemand ou lesothan, les sièges élus à la proportionnelle n'ont ici pas pour but de venir compenser une distorsion des résultats en sièges par rapport à la répartition en voix au niveau national, mais s'ajoutent simplement les uns aux autres comme deux élections parallèles ayant lieu simultanément. Le parti arrivé en tête dans une circonscription plurinominale l'étant souvent également dans les circonscriptions uninominales qui en font partie, leurs addition donne au mode de scrutin japonais une tendance majoritaire.

Forces en présenceModifier

Principales forces en présences
Parti Idéologie Chef de file Résultats
en 2017
Parti libéral-démocrate
Jiyūminshutō (PLD)
Centre droit
National-conservatisme, nationalisme, libéralisme, conservatisme
Fumio Kishida 33,28 % des voix
284 sièges
Parti démocrate constitutionnel
Rikken Minshutō (PDC)
Centre gauche
Social-libéralisme, pacifisme, démocratie directe
Yukio Edano 19,88 % des voix
55 sièges
Parti de l'espoir
Kibō no tō (PE)
Droite à extrême droite
Populisme, nationalisme, libéralisme, conservatisme
Nariaki Nakayama 17,36 % des voix
50 sièges
Kōmeitō Centre
Conservatisme, bouddhisme
Natsuo Yamaguchi 12,51 % des voix
29 sièges
Parti communiste japonais
Nihon kyōsantō (PCJ)
Gauche
Socialisme scientifique, pacifisme
Kazuo Shii 7,90 % des voix
12 sièges
Parti japonais de l'innovation
Nippon Ishin no Kai (Ishin)
Centre droit à droite
Nationalisme japonais, libéralisme économique, néolibéralisme
Ichirō Matsui 6,07 % des voix
11 sièges[n 1]

SondagesModifier

Intentions de vote depuis les élections législatives de 2017.
Intentions de vote pour les petit partis depuis les élections législatives de 2017.

RésultatsModifier

Résultats des élections législatives japonaises de 2021
Partis Circonscriptions Scrutin de liste Total
Votes[n 2] % Sièges +/- Votes % Sièges Sièges +/−
Parti libéral-démocrate (PLD)
Parti démocrate constitutionnel (PDC)
Parti de l'espoir (PE)
Kōmeitō (K)
Parti communiste japonais (PCJ)
Parti japonais de l'innovation (Ishin)
Parti démocrate du peuple (DFPP)
Parti social-démocrate (PSD)
Parti de la réalisation de la joie (PRJ)
Aucun parti soutenu (APS)
Parti pour la protection des Japonais contre la NHK (N-Koku)
Autres
Indépendants
Votes valides
Votes blancs et nuls
Total 100 289   100 176 465  
Abstention
Inscrits / participation

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Résultats du Parti de la restauration, dont le Parti de l'innovation est issu.
  2. Chiffres arrondis à l'unité. Les nombres décimaux à partie fractionnaire de la source renvoient au « Système fractionnaire proportionnel » (按分票, ambunhyō?) : les électeurs devant écrire le nom du candidat pour lequel ils votent sur un bulletin blanc, il arrive que certains de ceux-ci ne peuvent distinguer deux candidats (si l'électeur n'a marqué que le nom ou le prénom, et que celui-ci a une écriture en katakana, hiragana ou kanji identique pour deux candidats ou plus). Dans ce cas, le nombre de voix ainsi incertaines ne sont pas considérées comme nulles mais réparties à la proportionnelle du nombre de voix obtenues de manière clairement distinctes par chaque candidat concerné.

RéférencesModifier

  1. Philippe Mesmer et Philippe Pons, « Le premier ministre japonais, Shinzo Abe, démissionne pour raisons de santé », sur Le Monde, (consulté le ).
  2. Le Monde, 14 septembre 2020 [1]
  3. (en) KYODO NEWS, « Japan PM Suga unlikely to call election in early Sept., late Nov. possible », sur Kyodo News+ (consulté le ).
  4. « Japon : Yoshihide Suga remporte l'élection du parti au pouvoir pour succéder à Shinzo Abe », sur Le Figaro.fr, lefigaro, (ISSN 0182-5852, consulté le ).
  5. (en) « Snap election unlikely in January as Suga prioritizes coronavirus fight », sur The Japan Times, thejapantimes, (consulté le ).
  6. Clément Guillou, « JO de Tokyo : comment le report s’est imposé », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  7. Alexandra Lopez, « Les spectateurs étrangers ne pourront pas assister aux JO », France Info, (consulté le ).
  8. AFP, « JO de Tokyo : pas de spectateurs venant de l’étranger, une première », sur europe1.fr, (consulté le ).
  9. « Les Japonais oscillent entre lassitude et colère tandis que la pandémie s’aggrave », sur Le Temps, (consulté le ).
  10. a et b (en) KYODO NEWS, « FOCUS: Japan PM Suga losing out due to poor COVID response as Olympics end », sur Kyodo News+ (consulté le ).
  11. (en) Sakura Murakami,Antoni Slodkowski, « Japan ends Tokyo 2020 with record medal haul », sur Reuters, (consulté le ).
  12. « Japan PM Suga's support slides to record low as Olympic Games close: survey », sur www.businesstimes.com.sg (consulté le ).
  13. (en) Linda Sieg,Yoshifumi Takemoto, « Analysis: Risks of party revolt grow for Japan's PM Suga after local poll loss », sur Reuters, (consulté le ).
  14. « Japon: l'impopulaire Premier ministre Yoshihide Suga va jeter l'éponge », sur LaProvence.com, (consulté le ).
  15. « Japon : le Premier ministre Yoshihide Suga va tirer sa révérence », sur France 24, FRANCE24, (consulté le ).
  16. Reuters, « Japon: Plusieurs adversaires face à Suga pour la direction du parti au pouvoir », sur Challenges, (consulté le ).
  17. (en) « PM Suga, Kishida to vie for LDP leadership in Sept. 29 election », sur Kyodo News+ (consulté le ).
  18. « Fumio Kishida, un modéré, sera le futur premier ministre du Japon », sur Le Monde.fr, Le Monde, (ISSN 1950-6244, consulté le ).
  19. « Le Japon choisit le rassurant Fumio Kishida comme premier ministre », sur LEFIGARO, lefigaro (ISSN 0182-5852, consulté le ).
  20. « Japon: Fumio Kishida élu Premier ministre, des législatives fin octobre », sur lanouvellerepublique.fr (consulté le ).
  21. « IPU PARLINE database: JAPON (Shugiin), Texte intégral », sur www.ipu.org (consulté le ).