Ouvrir le menu principal

Église Saint-François-Majeur

édifice religieux italien

Église de San Francesco Grande
Présentation
Nom local Chiesa di San Francesco Grande
Culte Catholique romain de rite ambrosien
Rattachement Archidiocèse de Milan
Début de la construction IIIe siècle
Style dominant Baroque (reconstruction du XVIIe siècle)
Date de démolition 1806
Géographie
Pays Italie
Région Lombardie
Ville Milan
Coordonnées 45° 27′ 49″ nord, 9° 10′ 39″ est

Géolocalisation sur la carte : Milan

(Voir situation sur carte : Milan)
Église Saint-François-Majeur

L'église Saint-François-Majeur (italien : Chiesa di San Francesco Grande), également appelée basilique de San Nabore, est une église de Milan construite au IIIe siècle et désormais détruite.

Elle est notamment connue pour avoir abrité un retable au sein d'une chapelle dédiée à l'Immaculée Conception, dont le panneau central est La Vierge aux rochers de Léonard de Vinci.

De sa reconstruction au début du XVIIIe siècle et jusqu'à la démolition de 1806 , il s'agissait de la deuxième église de la ville en taille après la cathédrale de la Nativité-de-la-Sainte-Vierge.

Sommaire

LocalisationModifier

L'église Saint-François-Majeur se trouvait dans les murs de la ville de Milan sur la place désormais nommée place Sant'Ambrogio. Les actuelles rues Nirone et Santa Valeria la longeaient[1]. À sa place, se dresse désormais la caserne Garibaldi[2],[3].

HistoireModifier

L'égliseModifier

L'histoire de l'église Saint-François-Majeur peut être décrite selon trois grandes phases entre sa création dans les premiers siècles de l'ère chrétienne et sa destruction en 1806[4].

Les premiers siècles du ChristianismeModifier

Au troisième siècle, les restes de saint Nabor et saint Félix sont inhumés dans une première église initialement fondée pour abriter ceux des Saint Gervais et saint Protais trouvés à cet endroit. De fait, elle est d'abord appelée « basilique de Saint Nabor[5].

L'arrivée des frères franciscainsModifier

 
Vue aérienne d'un quartier de la ville de Milan abritant l'église San Francesco Grande (1640).

Au XIIIe siècle, les franciscains s'installent Milan et reçoivent l'autorisation de d'y construire une église dédiée au fondateur de l'ordre, Saint François d'Assise, contigüe à la basilique Saint Nabore. Le 14 mars 1263, ils obtiennent l'autorisation du pape Alexandre IV de prendre possession de cette dernière. Ils restructurent alors les deux bâtiments pour n'en former qu'un seul. Ils renomment cette église « Saint François »[4],[6], nom dont la première occurence remonte à 1387 dans un calendrier de l'ordre[4].

Une inscription portée sur ses murs témoigne de cet enchaînement d'événements de l'histoire de l'église Saint-François-Majeur : « La basilique remonte à l'an 900 de l'ère chrétienne et la découverte des saints martyrs et des corps emportés ici par Saint Savina des martyrs Nabor et Félix, connue sous le nom de basilique de Nabor, qui fut ensuite vendue et conduite par les frères conventuels de Saint Francois, au XIIe siècle, qui la reconstruisirent. »[7].

La chapelle de l'Immaculée ConceptionModifier
Panneaux des Anges musiciens encadrant La Vierge aux rochers
sur le retable dans la chapelle.

En 1475, le père maître Stefano da Oleggio, propose la création au sein de l'église d'une chapelle[1] consacrée à la Vierge Marie et en particulier à l'Immaculée Conception[8],[9]. Celle-ci est prise sur une parcelle de terrain située derrière l'abside de l'église, en allant vers la rue Santa Valeria et vers la rue San Ambrogio. Le , un acte est signé devant notaire définissant les liens entre la confrérie nouvellement créée et le monastère responsable de l'église[1]. En mai 1479, le travail de maçonnerie est achevé et un an plus tard, c'est au travail de décoration d'être fini[1]. En 1482, le sculpteur sur bois Giacomo del Maino (avant 1469 - 1503 ou 1505) livre un retable de grandes dimensions qu'il reste à décorer[10]. Commande en est faite auprès de peintres, les frères Evangelis et Giovanni Ambrogio de Predis et Léonard de Vinci. Ce dernier crée ainsi le tableau de La Vierge aux rochers que la chapelle abritera jusqu'au XIXe siècle, Ambrogio peint des Anges musiciens sur les panneaux latéraux et Evangelis procède au travail de dorure et d'ornementation de ses parties sculptées[1],[10].

Dernière période : décadence et destructionModifier

À la fin du XVIIe siècle, la basilique se retrouve dans un état de décadence relative par manque d'entretien. Il est décidé, non d'une restauration, mais d'une reconstruction du bâtiment. Celui-ci est de style baroque et devient, par sa taille, le deuxième plus grand édifice religieux de Milan après le Dôme de la ville[11].

À la création de la République cisalpine par Napoléon Bonaparte, l'église subit des dégradations et des pillages, en particulier des reliques des saints conservés dans les lieux depuis l'époque médiévale[3]. Quelques années plus tard, en 1806, l'église Saint-François-Majeur, jugée vétuste et dangereuse, est détruite et la caserne Garibaldi est érigée à son emplacement[2],[3].

RéférencesModifier

  1. a b c d et e Gerolamo Biscaro 1910.
  2. a et b Angela et Bajard 2018, p. 142.
  3. a b et c Paolo Rotta 1891, p. 115.
  4. a b et c Paolo Rotta 1891, p. 114.
  5. Paolo Rotta 1891, p. 113-114.
  6. Zöllner 2017, chap. III. Nouveau départ à Milan - 1483-1484, p. 92.
  7. « La basilica risale all' anno 900 dell'éra cristiana e perla scoperta dei Santi Martiri e per i corpi qui asportati da Sante Savina dei martiri Naborre e Felice detta basilica Naborriana, la quale venne poi ceduta ed uffiziata dai frati Conventuali di San Francesco, nel XII secolo, che la rifabbricarono. » (Paolo Rotta 1891, p. 113)
  8. Frank Zöllner 2017, p. 92.
  9. a et b Zöllner 2017, Catalogue critique des peintures, XI, p. 356.
  10. Paolo Rotta 1891, p. 114-115.

AnnexesModifier

BibliographieModifier

OuvragesModifier

  • Alberto Angela (trad. de l'italien par Sophie Bajard, préf. Mario Pasa), Le regard de la Joconde : La Renaissance et Léonard de Vinci racontés par un tableau [« Gli occhi della Gioconda. Il genio di Leonardo raccontato da Monna Lisa »], Paris, Payot & Rivages, , 333 p., 23 cm (ISBN 978-2-2289-2175-6), 4. Dans les pas de Léonard, « L’époque de Ludovic le More 1488-1498 », p. 153-161.
  • (it) Gerolamo Biscaro, La commissione della 'Vergine delle roccie' a Leonardo da Vinci secondo i documenti originali (25 aprile 1483) [« La commande de La Vierge aux rochers à Léonard de Vinci selon les documents originaux () »] (extrait des Archivio storico Lombardo, Milan, année XXXVII, fasc. XXV, 1910), Milano, Tip. L.F. Cogliati, , 41 p., 25 cm (OCLC 27348576, lire en ligne).
  • (it) Paolo Rotta, Passeggiate storiche, ossia Le chiese di Milano dalla loro origine fino al presente [« Promenades historiques, les églises de Milan des origines à nos jours »], Milano, , 198 p., 24 cm (OCLC 77322953, lire en ligne), 4. Porta Vercellina, « Basillica dei Santi Naborí e Felice detta di San Francesco », p. 113-115.
  • Pietro Marani et Edoardo Villata (trad. de l'italien par Anne Guglielmetti), Léonard de Vinci : Une carrière de peintre [« Leonardo, una carriera di pittore »], Arles ; Milan, Actes Sud ; Motta, , 383 p., 34 cm (ISBN 2-7427-2409-5), p. 126-148.
  • Frank Zöllner, Léonard de Vinci, 1452-1519 : Tout l'œuvre peint, Köln, Taschen, coll. « Bibliotheca universalis », , 488 p. (ISBN 978-3-8365-6296-6).

ArticlesModifier

  • (en) Larry Keith, Ashok Roy, Rachel Morrison et Peter Schade, « Leonardo da Vinci’s Virgin of the Rocks : Treatment, Technique and Display », National Gallery Technical Bulletin, vol. 32,‎ , p. 32-56 (lire en ligne).