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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Detaille.
Édouard Detaille
Ferdinand Mulnier - Édouard Detaille.jpg
Édouard Detaille, photographié par Ferdinand Mulnier.
Naissance
Décès
(à 64 ans)
Paris
Nationalité
Français Drapeau de la France
Activité
Peintre
Maître
Mouvement
Mécène
Fratrie
Jean-Baptiste-Henri Detaille (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions
Œuvres principales

Édouard Detaille, né à Paris le et mort dans la même ville le , est un peintre français renommé pour ses scènes militaires.

Il vécut à Ville-d'Avray. Le fond d'atelier de l'artiste est conservé au musée de l'Armée à Paris depuis 1915.

Sommaire

BiographieModifier

Peintre de scènes militairesModifier

Issu d'une famille proche des milieux militaires – son grand-père était intendant de la Grande Armée, sa grand-tante avait épousé l'amiral Villeneuve – Édouard Detaille voulait être peintre et étudier avec Alexandre Cabanel. En définitive, il fut formé dans l'atelier de Meissonier[1], qui lui fournit le sujet de la première toile qu'il exposa en 1867. Mais dès l'année suivante, il exposait un tableau militaire de son temps, La halte des tambours. Cette œuvre marqua le début d'une longue et brillante carrière de peintre d'histoire, avec une prédilection pour les scènes militaires. Il exposa vingt-six fois au « Salon » de 1867 à 1912, surnom commun du Salon de peinture et de sculpture (remplacé par le Salon des artistes français en 1880) ; il y obtint la médaille d'honneur en 1888.

La peinture de Detaille se rattache au réalisme et au naturalisme. Detaille peignait lentement et de manière méthodique, de façon à produire des œuvres aussi réalistes et précises que possible.

Artiste-soldat durant la guerre de 1870-1871Modifier

Lorsqu'éclata la guerre de 1870, Detaille s'engagea au 8e bataillon d'infanterie mobile et, en novembre 1870, se trouva attaché à l'état-major du général Ducrot et participa aux combats aux environs de Paris. Il put observer les régiments dans le feu de l'action sur la Marne. Cette expérience devait le marquer profondément et inspirer certaines de ses meilleures toiles comme Salut aux Blessés (1877), La défense de Champigny (1879), Le soir de Rezonville. Avec Alphonse de Neuville, il produisit deux grands panoramas de batailles: La Bataille de Champigny et de celle de Rezonville. En 1872, il dut retirer du Salon deux scènes de batailles qui auraient pu offenser l'Allemagne.

Artiste engagé et œuvres censuréesModifier

 
Le Salut aux Blessés (1877), musée d'Art de São Paulo.

Les Vainqueurs et Un coup de mitrailleuse dont le thème est la guerre franco-prussienne de 1870-1871 ont été exclus du Salon de 1872 par mesure diplomatique envers l'Allemagne[2]. Le second tableau représente « des tas de cadavres allemands hachés par la mitraille », et est fondé sur le souvenir d'un champ de bataille situé entre Villiers et Petit-Bry[2].

De même en 1877 et à la demande du directeur des Beaux-Arts, Charles Blanc, l'œuvre Le Salut aux blessés! qui dépeint le salut d'officiers allemands à une colonne de prisonniers français blessés « avait dû subir quelques modifications toujours à cause des susceptibilités diplomatiques »[2].

Voyages en EuropeModifier

Désormais célèbre, il voyagea en Europe entre 1879 et 1884, visitant également la Tunisie avec les troupes expéditionnaires françaises. En Angleterre, il peignit une revue des troupes britanniques par le Prince de Galles et une scène montrant les Scotts Guards à Hyde Park, mais il approfondit surtout sa connaissance de l'armée française et exécuta les 390 dessins et aquarelles de Types et uniformes de l'Armée française de Jules Richard.

Scènes de bataille du Premier EmpireModifier

 
Triptyque Vers la Gloire, au Panthéon de Paris.
 
Couverture réalisée par Detaille pour L'Armée française : types et uniformes de Jules Richard

Dans les années 1890, Detaille peignit de plus en plus de toiles inspirées de l'épopée napoléonienne, en particulier des scènes de bataille et des charges de cavalerie. Il utilisait des uniformes et des accessoires d'époque pour parfaire l'exactitude de ses tableaux.

Édouard VII demanda à la comtesse Greffulhe de l'inviter à dîner en 1910 chez elle dans son hôtel de la rue d'Astorg pour faire la connaissance du peintre que ses experts qualifiaient de « plus grand peintre français vivant. »[3].

Membre de l'Institut et président de salonModifier

Il fut élu membre de l'Académie des beaux-Arts en 1892 (année où il créa la cape noire que portent les membres de l'Institut), président de la Société des artistes français en 1895 et contribua à la création du musée de l'armée à Paris. il meurt en 1912. Il est inhumé à Paris au cimetière du Père-Lachaise (66e division)[4].

Sa familleModifier

Sa nièce épousa Charles Otzenberger qui se fit appeler alors Otzenberger-Detaille.

ŒuvresModifier

DessinsModifier

Il exécuta les 346 dessins et 60 aquarelles de L'Armée française : types et uniformes de Jules Richard.[5]

PeinturesModifier

 
Charge de cavalerie : Vive l'Empereur ! (1891), Sydney, Galerie d'art de Nouvelle-Galles du Sud.
 
Essai d'uniformes créés en 1912 par Édouard Detaille pour l'infanterie de ligne française.

FresquesModifier

  • 1904-1905, La Chevauchée de la Gloire (aussi nommé Vers la Gloire), triptyque pour l'abside du Panthéon de Paris, exposé au Salon de 1905 avant d'être mis en place.[12]

IllustrationsModifier

  • Jules Richard, L'Armée française : types et uniformes (1884-1888), dessins d'Édouard Detaille.[5]
  • Boussod, Valadon & Cie, En campagne, deuxième série (vers 1886), tableaux et dessins de Detaille avec d'autres peintres comme Ernest Meissonier.[13]
  • Charles Yriarte, Autour du Concile : souvenirs et croquis d'un artiste à Rome (1887), illustrations d'Édouard Detaille, gravures de Ferdinand Heilbuth.[14]
  • Frédéric Masson, Cavaliers de Napoléon, illustrations d'Édouard Detaille (1895, réédition Teissèdre, Paris, 2002).

SalonsModifier

  • 1872, deux toiles exclues : Les Vainqueurs et Un Coup de mitrailleuse.

DécorationsModifier

Édouard Detaille est nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1872, promu officier en 1881 et commandeur en 1897.

ÉlèvesModifier

Notes et référencesModifier

  1. (en) « Édouard Detaille », Extrait de la notice dans le dictionnaire Bénézit, sur Oxford Index, 2006 (ISBN 9780199773787)
  2. a b et c Jean Valmy-Baysse, Édouard Detaille, sa vie, son œuvre, nombreuses reproductions, collection Peintres d'Aujourd'hui, Société d'Édition & de Publications, Librairie Félix Juven, Paris 1910, p. 12 & 13
  3. George Painter, Marcel Proust, Paris, Mercure de France, 1966, p. 204
  4. Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents, (ISBN 978-2914611480), p. 283
  5. a et b François Robichon, Édouard Detaille : un siècle de gloire militaire, Paris, Bernard Giovanangeli Éditeur / Ministère de la Défense, , 143 p. (ISBN 9782758700104), p. 66
  6. a et b Robichon, p. 21
  7. (pt) « Jean Baptiste Édouard Detaille. Oficiais alemães prestam homenagem a prisioneiros franceses feridos,1876 », sur Site du Musée d'Art de São Paulo (MASP) (consulté le 23 avril 2019)
  8. (en) « The Defense of Champigny,1879 », sur Site du Metropolitan Museum of Art (consulté le 23 avril 2019)
  9. « LE SOIR DE LA BATAILLE DE REZONVILLE (GRAVELOTTE) .GRENADIERS DE LA GARDE IMPERIALE AU REPOS.16 AOUT 1870 », sur Joconde : Portail des collections des musées de France. (consulté le 23 avril 2019)
  10. « Edouard Detaille, Le rêve, en 1888, Notice de l'œuvre », sur Site du Musée d'Orsay (consulté le 23 avril 2019)
  11. Robichon, p. 83
  12. Robichon, pp. 120–121
  13. Robichon, p. 65
  14. « Notice bibliographique : Autour du Concile : souvenirs et croquis d'un artiste à Rome », sur Catalogue en ligne de la Bibliothèque Nationale de France (BNF) (consulté le 23 avril 2019)

AnnexesModifier

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BibliographieModifier

Liens externesModifier