Albert Goupil

photographe français

Albert Goupil (1840-1884) est un collectionneur d'objets d’art et photographe français, fils de l’éditeur d’estampes et marchand d'art Adolphe Goupil.

BiographieModifier

Deux voyages jouent un rôle déterminant dans le choix de ses collections. En 1858, le peintre Charles Jalabert l'emmène en Italie. Là se fixe son goût pour les œuvres de la Renaissance italienne.

En 1868, Gérôme, son beau-frère, organise sa troisième expédition. À ce nouveau « voyage de peintres » (ils sont sept), il associe Goupil dans le rôle du photographe. L'itinéraire qui, en cinq mois, les mène d'Alexandrie à Beyrouth par le Sinaï, Pétra, Jérusalem, la mer Morte et Damas, est particulièrement bien documenté : on dispose des notes de Gérôme, du journal de voyage de Famars Testas, d'un livre écrit par Paul Lenoir et de multiples études et croquis réalisés en route.

Les photographies faites par Albert Goupil sont, d'un point de vue strictement technique, pour la plupart « ratées ». Goupil a rencontré des problèmes avec ses négatifs au collodion. Des coulures, des zébrures apparaissent sur certains clichés. D'autres ont des tonalités trop noires, spécialement des ciels de plomb dus à une forte luminosité mal maîtrisée. On note aussi des maladresses de cadrage, notamment dans les groupes, pris de trop loin. Pourtant nombre d'images sont d'intéressantes réussites et nous en apprennent long sur la collaboration entre peintres et photographes.

Si certaines ont pu être prises spontanément par Goupil, comme la Vue générale du Caire, d'autres sont le fruit d'une étroite collaboration avec les peintres. Le , au Caire, Famars Testas fait venir un jeune modèle, Fatma, pour lui-même, Goupil et Journault (les autres étant partis se promener) : « Nous avons fait une étude et Goupil une photographie ». Cette très jolie scène, logiquement, se trouve dans l'album de Journault. On ne trouve pratiquement aucune photographie d'architecture, mais surtout des paysages, le Sinaï, le monastère Sainte-Catherine, Pétra, l'escorte arabe des voyageurs, des groupes, la mer Morte, au total des notations qui correspondent exactement aux aquarelles et dessins amassés par Bonnat ou Gérôme.

En comparant avec un cliché de Goupil (Medinet-el-Fayoum, planche 12 de l'album) le tableau Femmes fellahs puisant de l'eau peint en 1870 par Gérôme, on peut constater que celui-ci a emprunté à la photographie tout le détail du décor – maisons, groupes de palmiers et d'arbres – et en a fait une scène de genre par l'ajout des femmes au bord de l'eau. Ce n'est qu'un exemple parmi d'autres. En somme, Paul Lenoir parlait d'expérience en disant de Gérôme, dans la préface du livre de souvenirs qu'il consacra à ce voyage : « L'on pourrait dire que ses tableaux sont de la photographie, si la photographie était un art ».

En 1877, il entre dans la société de son père, Adolphe Goupil, en tant qu'associé officiel, pour former Goupil et Cie, avec Léon Boussod (1826-1896)[2].

En , il remplace Gérôme au Comité directeur du musée des arts décoratifs de Paris et aménage la salle d'art oriental. Il participe par la suite aux expositions en tant qu'organisateur ou prêteur. Les 21 et , ses collections sont dispersées à l'Hôtel Drouot, la plus importante salle nationale de ventes aux enchères. Le musée du Louvre, le musée des arts décoratifs de Paris, le musée des beaux-arts de Lyon et le musée des tissus de Lyon conservent aujourd'hui certaines pièces de ses collections.

Notes et référencesModifier

  1. Faire-part de décès sur Geneanet
  2. René Valadon, sur culture.gouv.fr, en ligne.

BibliographieModifier

  • Paul Lenoir, Le Fayoum, le Sinaï et Pétra, expédition dans la moyenne Égypte et l’Arabie Pétrée sous la direction de J.-L. Gérôme, Plon, 1871
  • Jacques Lacarrière et Sylvie Aubenas, Voyage en Orient, Paris, Hazan/BNF, 1999, p. 35-37
  • Jean-Léon Gérôme, (1824-1904) L'Histoire en spectacle, sous la direction de Laurence des Cars, catalogue de l'exposition du Grand Palais, RMN, 2010, p. 234-235

Liens externesModifier