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L'article en cours d'écriture: Monobaze II

Monobaze II
Titre
Rois d'Adiabène
Prédécesseur Izatès II
Successeur Izatès III
Biographie
Dynastie Monobaze d'Adiabène
Père Monobaze Ier
Mère Hélène d'Adiabène

Monobaze II ou Monobaze bar Monobaze était un roi de l'Adiabène, un royaume qui correspond à peu près au territoire du Kurdistan actuel[1], depuis la mort de son frère Izatès II vers 55[2] jusqu'à environ 68. Il était un des fils d'Hélène d'Adiabène et de Monobaze Ier[2],[3]. Comme son frère Izatès bar Monobaze (Izatès II) et sa mère Hélène, Monobaze se convertit au judaïsme dans les années 30[4]. Monobaze, toute sa famille et la reine Hélène d'Adiabène ont été l'objet d'une quasi dévotion de la part des Juifs de Palestine, pour leur aide apportée à la population, notamment au cours d'une grande famine ayant en lieu de 45 à 48 environ[4].

À l'époque de Monobaze, l'Adiabène était théoriquement vassale du royaume d'Arménie. Toutefois, en exploitant les conflits de ses trois grands « protecteurs », les rois d'Adiabène, en particulier Izatès II puis Monobaze, s'étaient construits un espace largement autonome.

La date et les circonstances de la mort de Monobaze sont inconnues. On lui attribue toutefois un soutien aux rebelles juifs et en particulier aux zélotes pendant la première guerre judéo-romaine contre l'Empire romain qui se serait poursuivi jusqu'à la chute de Jérusalem[4]. Toutefois Flavius Josèphe mentionne à cette date un « roi Izatès ». Il s'agit peut-être, d'un troisième fils d'Hélène d'Adiabène se prénommant lui aussi Izatès qui aurait poursuivi la politique de soutien aux rebelles juifs jusqu'au bout. Monobaze serait mort, dans des circonstances inconnues, entre octobre 66 et la prise de contrôle de Jérusalem par Simon Bargiora en avril-mai 69.

Le nom « Monobaze » modifier

Monobaze, Monobazos ou Manubazos semble simplement signifier le « roi Ma'nu » (Ma'nu Bazeus)[5]. Ma'nu est un nom traditionnel des Abgar d'Osroène, neuf souverains de ce royaume portèrent ce nom. Moïse de Khorène indique que l'un de ceux qu'il appelle Abgar d'Arménie est appelé « Manova » par les Syriens[5],[6]. Manova est probablement la forme arménienne de Ma'nu, ou Mannos (Mennaos) dans les textes en grec[5]. Selon Victor Langlois, le nom de « Manova est une forme de l'appellation syrienne Maanou ». « L'appellation Maanu dont les Arméniens avait fait Manova se retrouve probablement sous la forme Monobaze[7] (Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, XX, § 2.) ». De plus, Flavius Josèphe indique que Monobaze Ier était « surnommé Bazaios[8] », qui plus qu'un surnom était probablement un titre. Pour Moïse de Khorène les Monobaze sont des Abgar[5]. Léroubna d'Édesse, donne le même type d'indication. Comme eux, ils seraient donc d'origine nabatéenne.

Biographie modifier

Régent du royaume d'Adiabène modifier

 
Carte de la région, avant le partage du royaume d'Hérode (4 av. J.-C.).
* 7) Adiabène ;
* 8) Atropatène ;
* 9) Characène, Mésène ;
* 10) Élymaïde ;
* 2) Royaume d'Hérode ;
* 3) Royaume dIturée » ;
* 4) Royaume de Chacis ;
* 6) Commagène

À la mort de son père Monobaze Ier, il aida sa mère Hélène à gérer une transition difficile au cours de laquelle ils parvinrent à ce que son frère Izatès soit reconnu comme successeur légitime, tout en sauvant sa vie ainsi que celle de ses autres frères[4]. Izatès vivait alors dans le pays de Carrhes, qui lui avait été donné par son père. Les grands du royaume d'Adiabène acceptèrent qu'Izatés succède à son père, mais demandèrent à la reine Hélène d'Adiabène que ses autres fils soient exécutés. C'était en effet une pratique courante dans la région pour éviter les guerres pouvant résulter de conflits dynastiques entre frères[4]. Hélène parvint à sauver la vie de ses autres fils en temporisant, mais fut contrainte toutefois de mettre ses fils en prison comme ceux des autres épouses de Monobaze Ier. Elle obtint toutefois que la mise à mort ne puisse être décidée que par Izatès, lorsque celui-ci serait rentré. Elle obtint aussi de pouvoir « établir provisoirement comme régent du royaume » Monobaze, son fils aîné[4],[9]. Monobaze a donc été régent du royaume pour le compte de son frère Izatès II pendant une courte période pour la plus grande satisfaction de celui-ci[4].

« Quand Izatès eut pris la royauté et qu'arrivant en Adiabène il vit ses frères et ses autres parents enchaînés, il fut mécontent de ce qui était arrivé. Regardant comme impie de les tuer ou de les garder enchaînés, mais jugeant dangereux de les laisser libres auprès de lui alors qu'ils se souviendraient des offenses reçues, il envoya les uns comme otages à Rome près de l'empereur Claude avec leurs enfants et il expédia les autres sous un prétexte analogue chez Artabane le Parthe[10]. »

Cette mesure ne semble avoir concerné que les fils des autres femmes de Monobaze Ier ; en effet la présence des fils d'Hélène (donc frères d'Izatès) est mentionnée plusieurs fois par Flavius Josèphe en Judée et à Jérusalem dans les années suivantes. Le Talmud mentionne à la fois la présence des fils d'Hélène et particulièrement les présents de Monobaze faits au Temple de Jérusalem[11] ainsi que l'aide fournie par celui-ci au temps de la grande famine de 46-48. Flavius Josèphe mentionne qu'Hélène et ses fils possédaient un palais à Jérusalem[4]. Les ruines de celui-ci ont d'ailleurs été découvertes en 2007. D'après Flavius Josèphe, le roi Monobaze possédait aussi à Jérusalem, un palais personnel, situé pas très loin de celui construit par sa mère[4]. Hélène et ses fils semblent avoir eu, au moins, deux autres résidences dans la région Palestine, l'une à Lod (Lydda), l'autre à Migdal près de Tarycchée (la future Magdala).

Conversion au judaïsme modifier

Monobaze s'est converti au judaïsme sous le règne de son frère Izatès II. À ce moment, le roi d'Adiabène et sa mère Hélène s'étaient déjà convertis[12],[2].

« Le frère d'Izatès, Monobaze, et ses parents, voyant que la piété du roi envers Dieu l'avait rendu un objet d'envie pour tous les hommes eurent eux aussi le désir d'abandonner leur religion nationale pour embrasser celle des Juifs[13]. »

Quand plusieurs parents du roi Izatès II, dont son frère Monobaze, ont ouvertement reconnu leur conversion au judaïsme, quelques nobles d'Adiabène ont alors conspiré pour le destituer. Ils paient notamment Abia, un roi arabe, puis après son échec Vologèse Ier, roi des Parthes, pour que ceux-ci fassent la guerre au roi Izatès II. Celui-ci sort victorieux de chacune des confrontations. Le Talmud indique qu'Hélène d'Adiabène avait sept fils, tous convertis au judaïsme et résidant souvent dans la province de Judée[4].

Bienfaiteur du peuple juif modifier

À partir de l'accession d'Izatès II au trône, Hélène et ses fils semblent avoir passé une bonne partie de leur vie en Judée[4]. Flavius Josèphe mentionne qu'Hélène possédait un palais à Jérusalem[4]. Il semble que la famille avait aussi un palais fortifié (« avec une tour ») en Galilée dans le bourg de Migdal près de Tarychée. Flavius Josèphe ne donne malheureusement pas le détail des noms des fils et parents présents avec la reine Hélène dans aucun des épisodes où elle apparaît. Le Talmud fait aussi référence à elle et à ses fils dans la ville de Lod (Lydda), où la famille pourrait aussi avoir eu une résidence.

Les Juifs de Judée et de Galilée semblent avoir voué une quasi dévotion à « la précieuse princesse Hélène », en dépit des aspects de sa personnalité, difficile à accepter pour un Juif du Ier siècle[4] (mariage avec son frère et probablement un fils né d'une relation hors mariage). « Quelle ne dut pas être l’ivresse des Jérusalémites en voyant entrer dans leurs murs une reine, venue de l’extrême Orient pour rendre hommage à leur Dieu et à leur Loi ! Ne voyaient-ils pas se réaliser cette parole du prophète : Que le second temple serait plus glorieux que le premier, parce que les païens y viendraient adorer le Dieu Un[4] ? »

Hélène et ses fils sont célèbres pour leur générosité et le soutien qu'ils apportèrent en toutes circonstances au peuple juif de Judée et de Galilée. Lors d'une famine à Jérusalem, Hélène envoya des navires pour chercher du blé ou d'autres céréales à Alexandrie et chercher des figues sèches à Chypre et les fit distribuer aux victimes de la famine[4],[14],[12]. Dans le Talmud, cette action est mise au crédit de Monbaz, sans plus de précision[12],[15]. Cette référence à Monbaz est parfois considérée comme désignant non pas le monarque mais la dynastie[12],[16] et donc les deux souverains et leurs enfants[N 1]. En effet, ce sont tous les parents et alliés de la dynastie Monobaze qui semblent avoir été mobilisés pour faire face à cette famine. Izatès envoya une grosse somme d'argent et Abgar V (dit « le Noir ») roi d'Osroène (cap. Édesse), qui était probablement un parent des Monobaze semble avoir fait de même.

Cette grande famine a eu lieu alors que Tibère Alexandre était procurateur de Judée, donc vers 46-48[17],[4].

« À Fadus succéda Tiberius Alexander (le neveu de Philon d'Alexandrie), fils d'Alexander, l'ancien alabarque d'Alexandrie [...] C'est sous ce dernier qu'arriva en Judée la grande disette où la reine Hélène acheta à grand prix de blé en Égypte pour le répartir aux indigents, ainsi que je l'ai dit plus haut[18]. »

Monobaze, prosélyte juif en Judée et Galilée modifier

Le Talmud parle aussi d'importants cadeaux dont la reine Hélène a fait don au Temple de Jérusalem[19],[20],[12]. Elle avait entre autres fait don d'une plaque d'or sur lequel était écrit le passage du Pentateuque[21] (Torah) que le grand prêtre doit lire quand une femme soupçonnée d'infidélité a été introduite devant lui[22],[12]. Le choix de cette inscription ainsi que d'autres détails font penser à plusieurs historiens qu'elle aurait donné naissance à un de ses fils dans une liaison hors mariage[N 2]. Hélène avait aussi fait « don au temple d’un carreau d’or, qui avait la forme d’une conque, et qui devait orner la porte du sanctuaire intérieur : cette conque reflétait, en le multipliant, le premier rayon de soleil qui venait la frapper, et annonçait ainsi aux prêtres de service l’apparition du jour[4]. »

D'autres dons au Temple de Jérusalem sont attribués à Monobaze II :

« Le roi Monobaze avait toutes les poignées de toutes les vaisselles utilisés le jour de Yom Kippour en or... Il a également fait à base d'or tous les composants de la vaisselle, la base des assiettes, les poignées des couverts, et les manches des couteaux[23]. »

Rabbi Juda dit : « La Soucca [érigée pour la Fête des Tabernacles] de la reine Hélène de Lydda était plus haute que vingt aunes. Les rabbins l'utilisaient pour entrer et sortir et ne firent aucune remarque à ce sujet[24],[12]. »

Monobaze se trouvait probablement sous cette très grande « Soucca » en compagnie de sa mère et de ses autres frères.

Le Talmud rapporte que Monobaze a « dépensé tous ses propres trésors et les trésors de ses pères, dans les années de disette. Ses pairs et les co-héritiers des biens de son père vinrent le voir en délégation et lui dirent : “Ton père a économisé de l'argent et l'a ajouté aux trésors de ses pères, et tu es en train de les dilapider”. Il répondit :

“Mon père a économisé pour ici-bas et je suis en train d'économiser pour là-haut...
Mon père a économisé dans un endroit qui peut être corrompu, mais j'ai conservé dans un endroit qui ne peut être altéré...
Mes pères ont réuni des trésors d'argent et moi j'ai recueilli les trésors de l'âme...”[25] »

Pour Ernest Renan, les Talmud (de Babylone et de Palestine) prêtent « à l'un des Monobaze quelques maximes qui rappellent tout à fait l'évangile[26]. »

Accession au trône modifier

 
Le sarcophage d'Hélène d'Adiabène.

Selon Heinrich Graetz, Izatès II mourut vers 55, à l'âge de 55 ans[4].

« Un peu plus tard Izatès mourut, après avoir achevé sa cinquante-cinquième année et après vingt-quatre ans de règne (v. 34–58), laissant vingt-quatre fils et vingt-quatre filles. La succession au trône devait revenir selon ses ordres à son frère Monobaze, en récompense de la fidélité avec laquelle il lui avait conservé son pouvoir en son absence, après la mort de leur père[27],[2]. »

Hélène ne survécut que peu de temps à son fils Izatès. Monobaze II envoie alors les restes d'Izatès et ceux de la reine Hélène à Jérusalem[28] pour qu'ils soient enterrés dans la tombe pyramidale qu'Hélène avait construite sa vie durant[12].

« Monobaze envoya [les] os [d'Hélène] et ceux de son frère à Jérusalem et les fit ensevelir dans les trois pyramides que sa mère avait fait construire à trois stades[N 3] de la ville[27]. »

Ces catacombes sont désormais appelées le Tombeau des Rois[N 4].

Vassalité à l'Arménie réaffirmée à Rhandeia modifier

 
Statue de Tiridate Ier d’Arménie par André, dans les jardins du Château de Versailles (rampe nord).

Des sources juives et arméniennes ainsi que Plutarque et Tacite racontent que vers 59, le général romain Corbulon laissa ses lieutenants et Tigrane VI poursuivre les bandes armées de Tiridate en Adiabène[29] et Atropatène[30]. Pour René Grousset, cette expédition pourrait avoir été accordée à Tigrane pour compenser les cessions territoriales que Rome avait accordées à plusieurs rois clients, au détriment du territoire arménien. En effet pour les récompenser de leur soutien, à l'installation de Tigrane sur le trône arménien, Rome agrandit les territoires de Pharasman Ier d'Ibérie, Polémon II du Pont, Aristobule de Sophène et Antiochos IV Épiphane de Commagène par la cession de cantons-frontières arméniens[31]. Monobaze se tourne alors vers le roi des Parthes Vologèse Ier qui prend prétexte de l'incursion, pour intervenir et rétablir sur le trône d'Arménie son frère Tiridate[29],[31]. Il accorde dans un premier temps une armée à Monobaze que celui-ci joint à ses forces pour pénétrer en territoire arménien[29]. Les troupes de Monobaze et Tiridate sont cependant repoussées lors de la bataille de Tigranocerte[29],[28] (vers 61)[28]. L'année suivante, Monobaze et son armée se trouvent aux côtés de Vologèse Ier et pénètrent profondément en Arménie, une campagne qui se termine par la victoire parthe de Rhandeia. « Le gouverneur romain de la Cappadoce, se laisse battre par les Parthes près de Rhandeia sur l'Arsanias (Mourad-sou ou Murat Nehri). Assiégé dans cette place, il dut y signer une capitulation aux termes de laquelle l'armée romaine évacuerait l'Arménie (62)[31]. »

Monobaze était aussi présent lorsque la paix a été conclue à Rhandeia entre les Parthes et l'Empire romain en l'an 63[28],[32]. Ce traité accordait que l'Arsacide Tiridate resterait sur le trône arménien, mais comme client des Romains[31]. Par ce traité, la vassalité de l'Adiabène au royaume d'Arménie était réaffirmée, une situation qui de fait laissait à l'Adiabène le maximum d'autonomie. En 66, Tiridate se rendit à Rome pour y être couronné par Néron, « amenant comme otages trois de ses neveux ainsi que les enfants de son vassal Monobaze d'Adiabène[31]. » Dion Cassius raconte :

« Tiridate vint à Rome, amenant avec lui non seulement ses enfants, mais aussi ceux de Vologèse, de Pacorus et de Monobaze ; leur marche à travers tout le pays depuis l'Euphrate fut une sorte de marche triomphale. »

— Dion Cassius, Histoire Romaine, Livre LXIII, 1.

Vers 71-72, Vologèse Ier sera empêché d'attaquer son ancien vassal d'Adiabène[28] par une suite d'invasions des nomades venus de l'Est (Daces et Scythes).

Règne et soutien aux révoltés juifs modifier

Alors que l'on dispose de beaucoup d'éléments fournis essentiellement par Flavius Josèphe sur les autres périodes de sa vie, on connaît très peu des événements de son règne.

Au détour d'une phrase, on retrouve tout de même bien dans la Guerre des Juifs de Flavius Josèphe le soutien actif de Monobaze II à la révolte juive. Celui-ci semble avoir envoyé deux généraux et probablement des troupes en Palestine et participait probablement aux opérations. On est en octobre 66, au début de la guerre. Cestius Gallus le légat romain de Syrie s'avance avec la XIIe légion Fulminata pour tenter de reprendre Jérusalem d'où les Romains viennent d'être chassés. Alors que son armée campe à « Gabaô, à cinquante stades de Jérusalem », la population de Jérusalem s'arme et se précipite à sa rencontre appuyée par des détachements des différents généraux et chefs de la révolte. Les Juifs obtiennent une victoire incontestable et font 500 morts chez les Romains, qui doivent d'ailleurs par la suite se replier.

Flavius Josèphe indique alors :

« Ceux qui dans leurs rangs montrèrent le plus de bravoure furent Monobazos et Kénédéos, parents de Monobazos roi d'Adiabène[33],[28], puis Niger de la Pérée et Silas le Babylonien[N 5], transfuge de l’armée du roi Agrippa. Les Juifs, repoussés de front, se replièrent vers la ville mais sur les derrières de l'armée, Simon Bargioras tomba sur l'arrière-garde romaine qui montait encore vers Béthoron (Beït-Horon), en dispersa une bonne partie[N 6] et enleva nombre de bêtes de somme qu'il emmena à Jérusalem[34],[28]. »

Cette victoire change la révolte en guerre d’indépendance à laquelle se rallient les autorités traditionnelles : Grands-prêtres, leaders pharisiens et sadducéens viennent rejoindre les zélotes, les sicaires et les forces du roi Monobaze II d'Adiabène.

La tactique utilisée par les forces combinées des défenseurs de Jérusalem et de Simon Bargiora est le même stratagème, au même endroit que celui dont fit usage Judas Maccabée, chef de la Révolte des Maccabées quelque 232 années auparavant. En effet, l’une des plus célèbres batailles qui eut lieu à Beït-Horon fut celle qui opposa Judas Maccabée à Ceïron, général de l’armée séleucide (Premier livre des Macchabées 3/24 [35]).

C’est également à cet endroit que six ans plus tard, le même Judas Maccabée vainc et tue le général grec Nicanor[36]. Cela montre que les forces du roi d'Adiabène, du Babylonien Sylas et de Simon s'étaient très fortement concertées ou obéissaient à un commandement unique. Le fait que cette victoire découle de la même manœuvre décrite dans le premier livre des Macchabées 3/24[37] a probablement été considéré par la population de la région comme un signe divin en faveur de la révolte.[réf. nécessaire]

Pour la Jewish Encyclopedia, « il semble n'y avoir aucun doute qu'il y eut un certain nombre de Juifs originaire d'Adiabène à Jérusalem, qui appartenaient probablement à la maison princière[28]. »

Alliance avec les zélotes modifier

Malgré le faible nombre de sources qui ont été conservées, on peut toutefois raisonnablement déduire que la dynastie Monobaze d'Adiabène s'était alliée aux zélotes et aux sicaires. C'est ce que suggère la très forte coordination des forces du roi Monobaze avec celles de Simon Bargiora et de « Silas le Babylonien, transfuge de l’armée du roi Agrippa », lors de la bataille de Beït-Horon.

Si Simon Bargiora peut sembler être un indépendant au début de la guerre, il va très rapidement se joindre à ceux qui tiennent la forteresse de Massada, c'est-à-dire aux zélotes.

Ceux que Flavius Josèphe appelle les Babyloniens et auxquels Silas appartient sont des Juifs de Batanée qui étaient les alliés des zélotes dont l'origine et le centre du mouvement est situé à Gamala. Les familles des combattants de ces « Babyloniens » se réfugient d'ailleurs pendant une bonne partie de la guerre dans cette forteresse de Gamala.

Dans le Seder Olam Zuta, une chronique datée du premier quart du VIe siècle (ainsi probablement que dans le Seder 'Olam Rabbah et le Seder 'Olam de-Rabbanan Sabura'e)[N 7], Monobaze est le dernier roi des Juifs régnant au moment de la chute du Temple[38]. Cela montre qu'au moins pour certains courants juifs, Monobaze a été considéré comme le roi des Juifs pendant la révolte[N 8]. Parmi ces courants, il y avait probablement les zélotes, mais cette reconnaissance pouvait s'étendre plus largement.[réf. nécessaire]

Palais de Jérusalem modifier

 
La reconstitution du palais d'Hélène d'Adiabène à Jérusalem (un immense palais, avec une enceinte fortifiée).

Lors de la Grande révolte, les Monobaze possédaient au moins trois palais à Jérusalem[4]. Celui de la reine Hélène (morte vers 55) était le plus prestigieux et a probablement été découvert par l'archéologue Doron Ben-Ami lors de fouilles dans le quartier arabe de Jérusalem en 2007[39]. Ce palais était un ensemble monumental situé juste au sud du Mont du Temple[40] (appelé aussi esplanade des Mosquées) et a été détruit par les Romains lors de la prise de Jérusalem, en 70 de notre ère, quelques jours avant la destruction du Temple. Les ruines du Palais contenaient des pièces de monnaie datables, des vases de pierre et des poteries ainsi que des vestiges de fresques antiques. Le sous-sol renfermait aussi un Mikveh[41]. Monobaze possédait aussi son propre palais indépendant de celui d'Hélène[4],[42]. Un troisième palais situé dans le quartier de l’Ophel, appartenait à la princesse Grapté qui selon Heinrich Graetz aurait été la petite-fille de la reine Hélène[4]. Pendant la Grande révolte (66-70), ce palais était la résidence de Jean de Gischala, le chef des zélotes, il y avait aussi entreposé son trésor de guerre[43].

Notes et références modifier

Notes modifier

  1. Cette interprétation est toutefois contestée par Rashi
  2. En Yerushalmi Yoma iii.8, le chandelier et la plaque sont confondus
  3. Environ 570 mètres au nord des murs de la ville, selon Henrich Graetz.
  4. À comparer avec L'histoire ecclésiastique, Eusèbe de Césarée, ii., ch. 12
  5. « Babylonien » ne désigne pas ici un habitant de Babylone, mais un Juif originaire d'au-delà de l'Euphrate. Silas appartenait probablement à la colonie de Juifs « Babyloniens » implantée par Hérode le Grand en Batanée (Nord-Est de la Galilée) et qui fournissait aux armées des rois juifs une aile de cavalerie particulièrement exercée aux techniques de combat parthes. Ces Babyloniens avaient conservé des liens assez forts avec la famille royale d'Adiabène.
  6. Honte suprême, la XIIe légion Fulminata perdit dans les combats son aigle, la fameuse aigle emblème représentant un éclair (fulmen en latin).
  7. Si le Seder Olam Zuta renvoie au premier quart du VIe siècle, le fait que ces passages étaient probablement contenus dans le Seder 'Olam Rabbah et le Seder 'Olam de-Rabbanan Sabura'e permet de dater ces passages du IVe siècle.
  8. L'auteur pour justifier la durée symbolique de 103 ans qui selon lui aurait été à la fois celle de la dynastie hérodienne et de celle de la dynastie des Macchabées (on retrouve la même idée dans le Seder 'Olam Rabbah), parle de la suite de trois rois : Hérode (le Grand), Agrippa (Ier) et Monobaze. C'est sous le règne de Monobaze qu'il situe la destruction du Temple. Il est évident que l'objet de ce travail était de montrer que les exilarques babyloniens étaient descendants directs de David.

Références modifier

  1. (en) Richard Gottheil « Adiabene » sur Jewish Encyclopedia
  2. a b c et d (en) Richard Gottheil et Isaac Broydé, « Izates » (d'Adiabène), sur Jewish Encyclopedia.
  3. Christian Settipani, Nos ancêtres de l'antiquité: études des possibilités de liens généalogiques entre les familles de l'antiquité et celles du haut Moyen-Age européen, Editions Christian, 1991, Paris, p. 80.
  4. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t et u Heinrich Graetz, Histoire des Juifs, Chapitre XVI — Dispersion de la nation judaïque et diffusion de sa doctrine — (40-49)
  5. a b c et d Voir Antoine-Jean Saint-Martin, Fragments d'une histoire des Arsacides, Volume 1, Paris, 1850, Imprimerie nationale, pp. 112s.
  6. Moïse de Khorène, « Histoire de l'Arménie », Livre II, Chapitres XXIV.
  7. Victor Langlois, Collection des historiens anciens et modernes de l' Arménie, p. 92, note n° 2.
  8. Flavius Josèphe, Antiquités Judaïques, Livre XX, II, 1.
  9. Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, Livre XX II - 2
  10. Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, Livre XX II - 3
  11. Joseph Jacobs & Jacob Zallel Lauterbach, Article « YOMA », sur Jewish Encyclopedia.
  12. a b c d e f g et h (en) Richard Gottheil & M. Seligsohn, Jewish Encyclopedia, Article « HELENA » (d'Adiabène).
  13. Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, Livre XX IV - 1
  14. Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, Livre XX II - 5
  15. Talmud de Babylone, Traité BB 11a.
  16. Rabbi Nehemiah Brüll, Jahrb. i. 76.
  17. Jean-Pierre Lémonon, Ponce Pilate, éd. Atelier, 2007, p.  264, extrait en ligne
  18. Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, Livre XX V - 2
  19. Talmud de Babylone, Yoma 37a
  20. Joseph Jacobs Jacob Zallel Lauterbach, Article « YOMA »
  21. Bible Nombres V.19-22
  22. Talmud de Babylone, Yoma 37b
  23. Talmud de Babylone, Yoma, 37a,b.
  24. Talmud de Babylone, Suk. 2b
  25. Traité Baba Batra 11a.
  26. Ernest Renan, Histoire des origines du Christianisme, Volume 2, Paris, 1866, p. 258, note no 1.
  27. a et b Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, Livre XX IV - 3
  28. a b c d e f g et h (en) Richard Gottheil « Adiabene », dans Jewish Encyclopedia
  29. a b c et d (en) Marie-Louise Chaumont, « Armenia and Iran ii. The Pre-Islamic Period », dans Encyclopædia Iranica (lire en ligne).
  30. André Verstandig, Histoire de l'empire parthe, Paris, Le Cri édition, 2001, p. 279.
  31. a b c d et e René Grousset, Histoire de l'Arménie, Payot, 1984 (ISBN 2-228-13570-4), p. 108.
  32. Voir aussi les Annales de Tacite, XV - 1s
  33. Franz de Champagny, Rome et la Judée: au temps de la chute de Néron, , Paris, 1858, p. 360.
  34. Flavius Josèphe, Guerre des Juifs Livre II XIX – 2
  35. Sur Wikisource
  36. Paul K. Davis, 100 Decisive Battles from Ancient Times to the Present: The World’s Major Battles and How They Shaped History (Oxford: Oxford University Press, 1999), p. 71.
  37. Premier Livre des Machabées sur Wikisource
  38. (en) M. Seligsohn, « Seder Olam Zuta » dans Jewish Encyclopedia
  39. Israeli archaeologists uncover 2,000-year-old mansion 06/12/2007 [1]
  40. Michael Shenkar, (ru) Résultats des fouilles dans la « Cité de David »
  41. Dec 5, 2007 | Updated Dec 24, 2007 Second Temple palace uncovered By ETGAR LEFKOVITS , Jerusalem Post, [2]
  42. Flavius Josèphe, Guerre des Juifs Livre V (VI – 1)
  43. Flavius Josèphe, Guerre des Juifs, Livre VI, IX, 11.

Bibliographie modifier

Sources primaires
Sources secondaires
Sources tertiaires