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Esplanade des Mosquées

Vue aérienne de l'esplanade des Mosquées ; le dôme du Rocher est au centre et la mosquée Al-Aqsa en bas à gauche de l'image.

L'esplanade des Mosquées (en arabe al-Ḥaram aš-Šarīf signifiant « Noble Sanctuaire »), est le troisième lieu saint de l'islam , après La Mecque et Médine. Sur cette esplanade s'élèvent le dôme du Rocher et la mosquée Al-Aqsa, la plus grande mosquée de Jérusalem. Antérieurement à leur construction, selon une tradition musulmane Mahomet se serait élevé au ciel lors du voyage nocturne depuis cet endroit.

L'Esplanade des Mosquées se situe dans la vieille ville de Jérusalem gouvernée par Israël depuis 1967, mais son accès est régi par le statu quo qui la place sous l'administration du Waqf relevant de la Jordanie, Israël ne se réservant que les questions de sécurité.

L'esplanade est aussi appelée le Mont du Temple, car s'y dressait dans l’antiquité le Temple de Jérusalem, le plus haut lieu saint du judaïsme, ce qui génère des tensions, et parfois des émeutes contre le pouvoir israélien qui contrôle Jérusalem depuis 1967.

Sommaire

DescriptionModifier

 
Plan de l'esplanade des Mosquées en 1890, tiré de Palestine Under the Muslims: A Description of Syria and the Holy Land from AD 650 to 1500 par Guy Le Strange, Londres 1890

L'esplanade des Mosquées se trouve sur une hauteur calcaire qui domine la vieille ville de Jérusalem. Elle a une forme trapézoïdale de 150 000 m2 de superficie. Ses dimensions sont de 470 (côté est) à 488 mètres (côté ouest), sur 280 (côté sud) à 315 (côté nord) mètres, pour une altitude de 740 mètres.

Sur l'esplanade, outre le dôme du Rocher et la mosquée al-Aqsa, on trouve une centaine d'édifices de différentes périodes dont certains sont des œuvres d'art remarquables : des lieux de prière musulmans, des arches et des portiques, des écoles religieuses musulmanes (madrassas), des minarets, des fontaines pour boire et d'autres pour les ablutions rituelles[1].

Le site dans sa totalité peut accueillir plusieurs centaines de milliers de personnes. Le 31 décembre 1999, ce sont ainsi plus de 400 000 musulmans qui y avaient assisté à la prière du vendredi[2].

Lieux dans la tradition islamiqueModifier

 
L'Esplanade des Mosquées domine la Vieille Ville de Jérusalem avec en son centre le dôme du Rocher et plus à droite sur l'esplanade, la mosquée al-Aqsa.

C'est après la conquête de Jérusalem par les Arabes en 637 que le lieu, abandonné depuis la destruction du Temple, va faire l'objet de constructions islamiques :

  • Vers le début du viiie siècle, la mosquée al-Aqsa est édifiée. Elle subira de nombreuses destructions et sa dernière grande reconstruction date du xiiie siècle. Il s'agit de la plus grande mosquée de Jérusalem, où 5 000 fidèles peuvent prier. Selon la tradition musulmane, la mosquée a commencé à être bâtie en 637 par le deuxième calife Omar ibn al-Khattâb,[4]. C'est l'endroit d'où Mahomet serait arrivé depuis La Mecque, lors de l'Isra (voyage nocturne) et d'où il serait monté au paradis, lors du Miraj, en chevauchant sa monture Bouraq.
  • Une tradition rapportée par écrit au XIVe siècle par Ibn Furkah raconte que le Bouraq, monture mythique de Mahomet, a été attachée au Mur des Lamentations lors du voyage en songe du Prophète à Jérusalem[5]. À l'endroit précis où il attacha le Bouraq, une petite mosquée fut construite et nommée « mosquée du Bouraq »[6]. Elle se situe au coin sud-ouest de l'Esplanade.

Utilisation de l'appellationModifier

Selon Jérôme Bourdon, l'expression « esplanade des Mosquées » est une appellation[N 1] utilisée par la presse française qui n'a pas d'équivalent dans d'autres langues. Pour les juifs, c'est le mont du Temple, pour les musulmans le Haram al Sharif, c'est-à-dire le Noble Sanctuaire[7]. La presse anglophone utilise plutôt « mont du Temple » (Temple Mount) ou plus récemment « Haram al-Sharif »[7]. Un exemple de cette différence d'appellation entre anglophones et francophones est donné par l'ouvrage de Bill Clinton My Life qui évoque le « Mont du Temple » (Temple Mount) quand la traduction française, Ma vie, dit « esplanade des Mosquées »[N 2].

AnnexesModifier

DocumentationModifier

Liens externes

Notes et référencesModifier

  • Notes
  1. Voir par exemple L'État du Monde, F. Maspero, (lire en ligne), page 262
  2. Voir Bill Clinton, My Life, Random House, (lire en ligne), pages 728, 729, 911, 923 ; et Bill Clinton, Ma vie, Odile Jacob, (lire en ligne), page 965
  • Références
  1. (en) « The Temple Mount », sur Jewish Virtual Library
  2. Le , plus de 400 000 musulmans ont assisté à la prière du vendredi [1]. Voir aussi [2]
  3. L’Esplanade des mosquées, un lieu saint disputé, La Croix, 16 septembre 2015.
  4. « Les premières étapes de la construction remontent au calife Omar bin al-Khattab (r. 13-23 H / 634-644 J.-C.) qui éleva un mihrab et une petite mosquée sur le site de l'édifice actuel. Moujir al-Din (m. 928 H / 1521 J.-C.), historien qui fait autorité sur l'histoire de l'architecture à Jérusalem, mentionne que c'est le calife Omar qui, en dégageant le Haram de divers vestiges, découvrit le rocher sacré. Il prit plusieurs avis sur la position idéale de la mosquée et reçut le conseil de la construire au nord du rocher, ce qu'il refusa en disant : “Mais c'est sa façade qui doit servir de qibla, comme le prophète de Dieu a fait qibla les façades de nos mosquée.” » Article mosquée al-Aqsa sur le site Discover Islamic Art
  5. (en) Simone Ricca, « Heritage, Nationalism and the Shifting Symbolism of the Wailing Wall », Institute of Jerusalem Studies (consulté le 17 juin 2014)
  6. http://www.islamiclandmarks.com/palestine/jerusalem/buraq_masjid.html
  7. a et b Jérôme Bourdon, Le récit impossible: Le conflit israélo-palestinien et les médias, De Boeck Supérieur, (lire en ligne), page 76 et 77

Articles connexesModifier