Tigranakert

aujourd'hui Diyarbakir

Tigranakert ou Tigranocerte (en arménien Տիգրանակերտ, « Tigranakert », ou « Dikranagerd » en arménien occidental, Tigranocerta en latin), c'est-à-dire « construite par Tigrane »[1], est une ville dont la situation exacte a été indiquée par l’historien médiéval arménien Sépéos comme située dans la province d'Artsakh ( Karabagh en turco-persan ) du royaume d'Arménie dans la vallée de Khatchénaguède, à la sortie de la région d’Askeran au pied de la montagne de l’église de Vankassar, c'est-à-dire de nos jours dans la région d'Aghdam en Artsakh ( Karabagh ). Elle a été nommée vers 78 / 75 av. J.-C. par Tigrane II le Grand la nouvelle capitale de l'Arménie, en remplacement d'Artaxate.

Tigranakert
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Tigranakert
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Histoire
Fondation
Événements clés
Siège de Martyropolis (en), siège de Martyropolis (en)Voir et modifier les données sur Wikidata

L'Arménie, à cette époque, s'étendait de la mer Caspienne et des Alpes pontiques au nord jusqu'à la Syrie à l'ouest et aux limites de la Judée au sud.

HistoireModifier

Les fouilles archéologiques, missionnées par l'ONG Yerkir Europe, sous la direction du professeur Hamlet Petrosyan de l’Institut d’Archéologie de l’Académie des Sciences d’Arménie, ont permis de 2004 à 2006 de retrouver des vestiges archéologiques et architecturaux de l'âge de fer et de l'âge de bronze, de l'antiquité, du Moyen Âge et de l'âge contemporain.

Le beau-père de Tigrane II, le roi du Pont Mithridate VI, après sa défaite face aux Romains, se réfugie chez lui. Le « Roi des Rois » entre en contact avec Rome et Lucius Lucullus exige l'expulsion d'Arménie de Mithridate VI, ce que Tigrane ne peut accepter. Le 6 octobre 69 av. J.-C., Lucullus défait Tigrane II lors de la bataille de Tigranocerta et s'empare de Tigranocerte qu'il saccage ; le butin est emporté à Rome. La ville aurait été trahie par certains de ses gardes. Avec Mithridate VI, Tigrane lève une armée de 70 000 hommes pour contrer l'avance de Lucullus. Après la bataille du 6 octobre 68 av. J.-C., en raison de lourdes pertes, les légions romaines se mutinent et refusent de poursuivre les combats. Lucullus se retire et pille Nisibe au passage. Tigrane II récupère sa capitale et son royaume, à l'exception d'une grande partie de ses conquêtes, en échange de 6 000 talents. Avec la mort de Tigrane II en 54 av. J.-C., la ville cesse d'être une capitale et perd son importance.

En 59 apr. J.-C., sous Tiridate Ier, la ville sera à nouveau prise par les Romains, commandés par Corbulo[2].

À l'emplacement de la ville de Tigranakert, se trouve aussi dans une falaise le site de Khatchénaguède du Ve – VIIe siècle comprenant une église dont le vestibule est taillé dans la roche, une salle d’apparat, une cour avec de nombreuses pierres tombales, un canal d’irrigation datant de l'époque antique qui servait à acheminer l'eau de Tigranakert, des tunnels dont les murs sont ornés de croix taillées avec des inscriptions grecques et arméniennes.

DescriptionModifier

L'état de la ville à l'époque de Tigrane II au Ier siècle av. J.-C. est connu grâce aux descriptions faites par les historiens grecs et romains. Selon ceux-ci, la ville comptait 100 000 habitants[réf. nécessaire] et était dotée d'impressionnants remparts d'environ 25 m de haut. Ils servaient également de dépôt, d'écurie, etc. Le théâtre créé par Tigrane II présentait des drames et des comédies plus souvent joués par les Grecs que par les acteurs arméniens. Plutarque écrit que Tigranocerte était une riche et belle ville[3]. La culture hellénistique au cours de la dynastie artaxiade a une forte influence et la langue grecque devient langue de la cour et de l'administration. Tigrane II possédait un palais en dehors de la ville.

LocalisationModifier

Au cours de la période ottomane, les historiens arméniens ont émis l'hypothèse que la ville de Diyarbakır était en fait l'ancienne Tigranocerte. Les Arméniens qui vivaient à Diyarbakır ont commencé à nommer cette ville Dikranagerd et à s'appeler eux-mêmes Dikranagerdtsi. En réalité, l'emplacement de l'ancienne Tigranocerte est encore débattu, mais il est peu probable qu'il s'agisse de Diyarbakır qui, dans les temps anciens, était connue sous le nom d'Amida.

Les vestiges de Tigranakert ont été retrouvés par les archéologues arméniens par des fouilles de 2004 et 2006 à l'emplacement indiqué par l'historien médiéval arménien Sépéos dans la région d'Aghdam en Artsakh ( Karabagh ), donc à l'Est du royaume d'Arménie antique.

Les vestiges retrouvés par ces fouilles prouvent l'existence de la ville de Tigranakert depuis le Ier siècle av. J.-C. jusqu'au XIIIe/XIVe siècle et un musée a été ouvert sur place pour les exposer.

Notes et référencesModifier

  1. Donabédian et Mutafian 2010, p. 98
  2. (en) Miriam T. Griffin, Seneca : a philosopher in politics=, Oxford, Oxford University Press, , 520 p., poche (ISBN 978-0-19-814774-9, présentation en ligne)
  3. Plutarque, Lucull., 26,2.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • (en) Richard G. Hovannisian (éd.), Armenian Tigranakert / Diarbekir and Edessa.
  • Patrick Donabédian (dir.) et Claude Mutafian (dir.), Les douze capitales d'Arménie, Somogy éditions d'art,

Article connexeModifier

Liens externesModifier