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Théâtre de Poche (Bruxelles)

théâtre situé à Bruxelles (Belgique)
(Redirigé depuis Théâtre de Poche Bruxelles)
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Théâtre de Poche
Description de cette image, également commentée ci-après
L'entrée du théâtre de Poche
Coordonnées 50° 48′ 45″ nord, 4° 22′ 16″ est
Inauguration 1951
Nb. de salles 1
Capacité 250
Direction Olivier Blin
Site web http://www.poche.be/

Géolocalisation sur la carte : Bruxelles

(Voir situation sur carte : Bruxelles)
Théâtre de Poche (Bruxelles)

Résidence

Chemin du Gymnase, 1a - 1000 Bruxelles

Le Théâtre de Poche est une salle de spectacle bruxelloise située à l'entrée du Bois de la Cambre.

Sommaire

TransportsModifier

  |   | arrêt Langeveld, avenue Winston Churchill
  |   | arrêt Legrand, avenue Louise

HistoriqueModifier

Années 1950Modifier

En 1951, Roger Domani fonde le Théâtre de Poche, à la chaussée d'Ixelles, dont il partage la direction avec Roland Ravez.

Roger Domani avait un besoin de théâtre, comme il avait un besoin de manger. « J'étais un gourmet qui ne trouvait pas son content dans les restaurants traditionnels. Alors j'ai ouvert ma propre cuisine[1]. »

La première production sera Les Démoniaques de Michel Durafour.

Entre 1951 et 1955, Roger Domani produit de jeunes auteurs encore inconnus de la scène comme Jean Genêt, Eugène Ionesco, Jacques Audiberti, Arthur Adamov...

En 1957, Roland Ravez quitte le théâtre et un sauvetage financier est évité de justesse grâce au ministre d’État de l'époque Léo Collard. Un second sauvetage financier aura lieu en 1971 grâce au Ministre de la Culture de l'époque Albert Parisis qui élira le Théâtre de Poche comme « Théâtre expérimental de Belgique »[2].

Roger Domani, de par son amour pour le voyage, parcourt la planète à l'affût de nouveauté ; de New York, Paris et Londres, il ramène des textes parmi lesquels Connaissez-vous la Voie lactée ? (1958) de Karl Wittlinger, Biederman et les Incendiaires (1959) de Max Frisch, La Prochaine Fois je vous le chanterai (1963) de James Saunders et Du Vent dans les branches de Sassafras (1965) de René de Obaldia.

Années 1960Modifier

En 1964, lors d'une tournée au Zaïre, Roger Domani choisit de rester en Afrique où il crée l'Office Eurafricain de Diffusion Artistique et Culturelle et où il organise des tournées de compagnies théâtrales belges, ce qui ne l'empêche pas de continuer à diriger, en parallèle, le Théâtre de Poche. En Afrique, il y rencontre Roland Mahauden, qui lui succèdera en 1992. Ensemble, ils créent le Ballet National Folklorique du Congo rassemblant pour ce ballet quelque 80 danseurs qui feront un triomphe à Dakar au premier Festival Mondial des Arts Nègres.

Entre-temps, le Théâtre de Poche doit quitter la chaussée d'Ixelles, exproprié pour laisser le passage à l'actuelle Galerie d'Ixelles. Il continue de produire des spectacles qui sont provisoirement hébergés par Jacques Huisman, dans la petite salle du Théâtre National de Belgique, place Rogier de 1966 à 1968.

Roger Domani revient d’Afrique où il aura passé trois années consécutives. À son retour en 1966, il organise l'amménagement du Théâtre de Poche au Bois de la Cambre. Dans les locaux d'un club de pétanque, il ouvre, avec Roland Mahauden, son nouveau théâtre dans un répertoire contemporain[2].

Le premier spectacle à y être monté sera « Insulte au Public » de Peter Handke. Lors de la première représentation, le public bruxellois s’est vu obligé d’atteindre la salle de spectacle sur des planches de bois jetées à la hâte sur le sol. L’anecdote du Théâtre de Poche raconte qu’une élégante spectatrice, les hauts talons enlisés dans le béton, s'est exclamée en faisant référence au titre de la pièce : " J'imagine que le spectacle a déjà débuté ! "[2].

Dès 1967, Roger Domani se tourne vers d’autres jeunes auteurs et metteurs en scène tels que Allen Ginsberg, Fernando Arrabal, James Saunders, Roland Topor, Lodewijk de Boer et Adrian Brine. Roger Domani se lie d'amitié avec ces auteurs, une amitié forgée dans la confiance. Le Théâtre de Poche se revendique comme un véritable théâtre d'action où le réalisme ose être évoquer au travers de thématiques contemporaines[2] par des pièces comme « Mc Bird » (1968) de Barbara Garsons et « America Hurrah » (1967) de Jean-Claude Van Itallie.

Années 1970Modifier

Le Théâtre de Poche se livre à diverses expérimentations théâtrales dont certaines seront triomphales : « Ils passèrent des menottes aux fleurs » (1970) de Fernando Arrabal, où la nudité apparaît pour la première fois sur scène. La police bruxelloise sera réquisitionnée, chaque soir, pour s'assurer de la majorité d'âge des spectateurs.

D’autres pièces récoltent du succès comme « La Famille » (1973) de Lodewijk de Boer. Ce feuilleton théâtral divisé en quatre épisodes, fit un triomphe sur l'ensemble de la saison 73/74. Cette pièce a permis à Niels Arestrup de faire ses premiers pas de comédien sur scène.

En 1974, Roger Domani s’associent à Antoine Vitez pour produire « Le Pique-Nique de Claretta » de René Kalisky. Les représentations du spectacle, qui évoquait les derniers jours de Mussolini, furent, à Bruxelles, chahutées par des groupuscules néo-fascistes.

En 1975 et 1976, le Théâtre de Poche fête son 25e anniversaire. Pour cette occasion, Derek Goldby met en scène « l'Éveil du Printemps » de Frank Wedekind. Roger Domani, lui, part à l'assaut des théâtres bruxellois avec des spectacles novateurs internationaux : « Variation sur Mac Beth » de William Shakespeare, « Sweetbird » de l'Iowa Theatre Lab., « Morte Della Geometria » d'Ouroboros (Centre de Recherche théâtral italien) - il investit au même moment les souterrains de la Place Royale, les Halles de Schaerbeek, la Chapelle des Brigittines...

Parallèlement, Roger Domani ouvrira les portes du théâtre à de jeunes compagnies, comédiens, auteurs et metteurs en scène qui tentent leur chance en frôlant les planches du Théâtre de Poche. Philippe van Kessel, Elvire Brison, Philippe Geluck, Michel Dezoteux ou encore Martine Wyck tenteront leur chance.

Années 1980Modifier

En 1980, le Théâtre de Poche est devenu "incontournable dans le paysage théâtral francophone"[2] : ses productions triomphent et atteignent, en tournée, le cap des 100, 200, voire 300 représentations. Parmi ces productions figurent « Bent » (1981) de Martin Sherman, « Good » (1983) de Cecil Perceval Taylor, « Et le Rossignol Chantait » (1984) de James Saunders, « Un Certain Plume » (1985) de Henri Michaux, « Les Trompettes de la Mort » (1986) de Tilly, « L'Art d'Aimer » (1987) de Ovide avec la mise en scène de Roland Mahauden et « Les Videurs » (1988) de John Godber.

Années 1990Modifier

Les années 1990 marquent un tournant dans l’histoire du Théâtre de Poche, notamment en 1992 où Roger Domani passe le flambeau à Roland Mahauden qui poursuit le travail de son prédécesseur. Sous la direction de Roland Mahauden, le Théâtre de Poche produit « Lettres à un Jeune Poète » (1992) de Rainer Maria Rilke, « L'homme laid » (1993) de Brad Fraser, « Tu ne Violeras Pas » (1995) de Edna Mazya, « Le grand Retour de Boris Spielman » (1995) de Serge Kribus, « Sex, Drugs, Rock & Roll » (1996) de Eric Bogosian, Trainspotting (1996) de Irvine Welsh qui sera associé comme un spectacle-culte et dont le succès touchera le jeune public de 16 à 24 ans.

En 1993, Roland Mahauden crée le Festival annuel Premières Rencontres. Ce festival présente chaque année à la rentrée théâtrale, les quelque 80 jeunes lauréats d’écoles supérieures d'art dramatique dans leur spectacle de fin de cycle. Ce festival invite également des écoles étrangères comme l'École Nationale de Théâtre du Canada, la Scuola d'Arte Dramatica de Milan, l'École du Passage de Niels Arestrupetc.

En 1997, le bâtiment commence à se dégrader et des travaux de rénovation sont entamés. La Ville de Bruxelles a décidé de la reconstruction du Théâtre de Poche et a permis à la salle d'augmenter le nombre de places assises à 237 places, la hauteur de la salle a été revue et de nouvelles banquettes ont été installées. Au sein du théâtre, un feu ouvert s'ouvre sur un espace réservé à la rencontre et la discussion. 1999, Roland Mahauden met sur pied, avec Isabelle Paternotte, l’association sans but lucratif (asbl) Article 27 qui prône le droit à la culture[3] pour tous en permettant à toute personne en situation sociale et/ou économique difficile de profiter du théâtre en payant un tarif préférentiel de 1,25 .

Années 2000Modifier

 
Affiches 2018

D’autres pièces viennent frôler les planches du théâtre et assurent de nouveaux succès à celui-ci : « Les Monologues du Vagin » (2000) de Eve Ensler, « Hannah et Hannah » (2003) de John Retallack, « Allah n’est pas obligé » (2004) de Ahmadou Kourouma et « Le bruit des os qui craquent » (2010) de Suzanne Lebeau.

En janvier 2013, Olivier Coyette reprend la direction du Théâtre de Poche. Depuis février 2016, Olivier Blin est le nouveau directeur du Théâtre de Poche. Ancien journaliste pigiste, le côté humanitaire[4] va le mener jusqu’au théâtre où il va entamer une série d’activités du suivi d’un convoi de pommes de terre envoyé vers un camp de réfugiés en ex-Yougoslavie, à sa rencontre en 1999 avec Pie Tshibanda dont il produit sa pièce « Un fou noir au pays des Blancs ». Il est fondateur de l’asbl « La Charge du Rhinocéros » qui produit quatre à six créations théâtrales à la philosophie engagée[4] et qui soutient de nombreux artistes parmi lesquels Denis Laujol, Pierre Wayburn ou encore Sam Touzani.

L'année 2016 a marqué l’anniversaire des 65 ans d’existence du Théâtre de Poche et de ses 50 années d’activité dans le Bois de la Cambre. Le Théâtre de Poche établit divers partenariats avec des institutions comme Amnesty International, La Ligue des droits de l’Homme, La Fédération Wallonie-Bruxelles, etc.

Au niveau de l’identité graphique, le Théâtre de Poche a travaillé avec différents techniciens graphiques tels que Roland Topor ou encore Olivier Wiame qui réalise les affiches du Théâtre de Poche depuis trente-cinq ans.

Notes et référencesModifier

  1. Laurent Ancion, 1951-2001 : le Poche a 50 ans !, Bruxelles, Théâtre de Poche, , 16 p.
  2. a b c d et e « Historique » [PDF], sur Théâtre de Poche
  3. « Article 27 asbl », sur iDearts, (consulté le 31 mai 2017)
  4. a et b Catherine Makereel, « Olivier Blin à la barre du Poche », Le Soir,‎ , p. 36 (lire en ligne [PDF], consulté le 31 mai 2017)

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Laurent Ancion, 1951-2001 : le Poche a 50 ans !, Bruxelles, Théâtre de Poche,
  • Charlotte Ziskos, Les affiches du Théâtre de Poche de Bruxelles : inventaire, conservation et plan PEP’s, Bruxelles, Institut d’Enseignement Supérieur Social de l’Information et de la Documentation (IESSID) (travail de fin d’études : Section bibliothécaire-documentaliste), 2014, 62 p.
  • Julie Fonck, Le fonds de scenarii du Théâtre de Poche de Bruxelles : traitement, demande de numérisation auprès du plan PEP’s et mise en place d’une exposition virtuelle, Bruxelles, Institut d’Enseignement Supérieur Social de l’Information et de la Documentation (IESSID) (travail de fin d’études : Section bibliothécaire-documentaliste), 2015, 155 p.
  • Elisabeth Collin, Les archives photographiques du Théâtre de Poche de Bruxelles : réalisation d’un inventaire et rédaction d’une demande de subsides au plan PEP’s, Bruxelles, Institut d’Enseignement Supérieur Social de l’Information et de la Documentation (IESSID) (travail de fin d’études : Section bibliothécaire-documentaliste), 2016, 134 p.

Articles connexesModifier

Liens externesModifier