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René de Obaldia

auteur dramatique et poète
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René de Obaldia
René de Obaldia.jpg
René de Obaldia, à Montpellier, le 23 avril 2010.
Biographie
Naissance
(100 ans)
Drapeau de Hong Kong Hong Kong
Nationalité
Formation
Activité
Autres informations
Membre de
Comité des intellectuels pour l'Europe des libertés (d) ()
Académie française ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions
Œuvres principales
  • Fugue à Waterloo
  • Innocentines
  • Exobiographie
  • Genousie
  • Du vent dans les branches de sassafras
  • Les Bons Bourgeois
signature de René de Obaldia
signature

René de Obaldia est un dramaturge, romancier et poète français, né le à Hong Kong.

« Inventeur du langage », René de Obaldia écrit des textes qui sont presque tous empreints d'humour fantastique, de fantaisie et d'imagination. Il est membre de l'Académie française.

Sommaire

BiographieModifier

Il naît à Hong Kong (au couvent Saint-Paul), où son père, José Clemente de Obaldia[1] est consul de Panama. À sa naissance, on ne lui donne que quelques heures à vivre[2].

Arrière-petit-fils de José Domingo de Obaldía, 2e président de la République du Panamá, fils du diplomate panaméen José Clémente de Obaldía (qui deviendra ministre de l'Intérieur - René de Obaldia apprend cette nouvelle par la presse, son père ayant disparu alors que la famille était en Chine[2]) et d'une mère d'origine picarde Madeleine Peuvrel, cousine de Michèle Morgan.

Madeleine Peuvrel, mère de René de Obaldia, revient ensuite en France avec ses trois enfants. Elle confie le garçon en nourrice à des ouvriers, sa grand-mère Honorine l'élevant, alors qu'elle s'inscrit aux cours Pigier[2].

Il grandit à Amiens (lycée Louis-Thuillier) et Paris (lycée Condorcet) avant d'être mobilisé en 1940. Fait prisonnier, il est envoyé au stalag VIII C (Sagan). Il est affecté à la briqueterie de Kransdyhernfurt le 26 juin 1940, puis à un commando à Auras-sur-Oder, le 6 octobre 1940, pour un nettoyage de forêt.

Il fut rapatrié comme grand malade en 1944.[réf. nécessaire]

Ami de Clara Malraux, d'Alain Robbe-Grillet, de Roland Barthes et de Jean-Michel Atlan, il commence sa carrière de dramaturge grâce à Jean Vilar, en 1961, qui donne au Théâtre national populaire sa première grande pièce, Génousie, puis avec André Barsacq qui crée au Théâtre de l'Atelier Le Satyre de la Villette. Cette comédie le hisse au niveau de ses aînés, Jacques Audiberti, Ionesco, Beckett. Il est, depuis quelque cinquante ans, l’un des auteurs de théâtre français les plus joués au monde, et l’un des plus internationaux (traduit en 28 langues).

En , il fait partie des membres fondateurs du Comité des intellectuels pour l'Europe des libertés[3].

Il sera aussi le parolier de Luis Mariano et le partenaire de Louis Jouvet au cinéma (dans Une histoire d'amour en 1951).

Élu à l'Académie française le au fauteuil 22, succédant à Julien Green, il en est le doyen d'âge depuis la mort, le 7 mars 2012, de Félicien Marceau (le doyen d'élection étant Jean-Denis Bredin depuis la mort de Jean d'Ormesson le 5 décembre 2017). Il y fut reçu le 15 juin 2000 par Bertrand Poirot-Delpech[4]. Le 22 octobre 2018, il devient le deuxième académicien à atteindre l'âge de 100 ans, après Claude Lévi-Strauss.

Son épouse Diane de Obaldia est décédée en novembre 2012 à 80 ans.

Il est également commandeur de l'ordre de Vasco Núñez de Balboa.[réf. nécessaire]

En 2008, il est lauréat du grand prix de poésie Pierrette-Micheloud pour l'ensemble de son œuvre.[réf. nécessaire]

ExégèseModifier

 
René de Obaldia en costume d'académicien en novembre 2007, avec Pascal Rannou

Dans ses œuvres, selon le journaliste Jérôme Garcin « on (y) parle l'obaldien vernaculaire (c'est une langue verte, savante et bien pendue, qui se décline en alexandrins, calembours et parodies). On y tient que l'absurde est plus sérieux que la raison. On y pratique un doux anarchisme. On y croise, selon la saison, Queneau, Jarry, Ionesco et Giraudoux[5]. »

PublicationsModifier

 
René de Obaldia.

PoésieModifier

  • 1949 : Midi (poèmes)
  • 1969 : Innocentines (poèmes)
  • 1996 : Sur le ventre des veuves (poèmes)
  • 2006 : Fantasmes de demoiselles, femmes faites ou défaites cherchant l'âme sœur (poèmes)
  • 2010 : Le secret (poème)

Romans et proses diversesModifier

  • 1952 : Les Richesses naturelles (récits-éclairs)
  • 1955 : Tamerlan des cœurs (roman)
  • Fugue à Waterloo suivi de Le Graf Zeppelin ou La passion d’Émile (récits). Paris : Grasset, 1976, 261 p. (ISBN 2-246-00384-9)
  • Le Centenaire. Paris : Grasset, coll. "Les Cahiers rouges" n° 8, 1983, 308 p. (ISBN 2-246-27281-5)
  • 1966 : Obaldia, Humour secret (choix de textes)
  • 1967 : Urbi et orbi
  • 1993 : Exobiographie (mémoires), prix Novembre
  • 2004 : La Jument du capitaine (textes)
  • 2017 : Perles de vie (choix d'aphorismes), Grasset

ThéâtreModifier

  • Théâtre, vol. 1. Paris : Grasset, 1966. (ISBN 2-246-00444-6). Réunit : Genousie, Le Satyre de la villette, Le Général inconnu.
  • Théâtre, vol. 2. Paris : Grasset, 1966. (ISBN 2-246-00757-7). Réunit : L'Air du large, Du vent dans les branches de Sassafras, Le Cosmonaute agricole.
  • Théâtre, vol. 3, Paris : Grasset, 1967. (ISBN 2-246-00445-4). Sept impromptus à loisir.
  • Théâtre, vol. 4. Paris : Grasset, 1968, 216 p. (ISBN 978-2-246-81357-6). Réunit : Le Damné, Les Larmes de l'aveugle, Urbi et Orbi.
  • Théâtre, vol. 5. Paris : Grasset, 1973, 242 p. (ISBN 2-246-15281-X). Réunit : Deux femmes pour un fantôme, Le Baby-sitter, Classe terminale, Le Banquet des méduses.
  • Théâtre, vol. 6. Paris : Grasset, 1975, 248 p. (ISBN 2-246-00256-7). Réunit : ...Et à la fin était le bang, Monsieur Klebs et Rozalie.
  • Théâtre, vol. 7. Paris : Grasset, 1981, 260 p. (ISBN 2-246-23521-9). Contient : Les Bons Bourgeois, Grasse matinée.

Livres pour la jeunesseModifier

  • Chez moi : innocentine / ill. Letizia Galli.Paris : Grasset jeunesse, 1977, 24 p. (ISBN 2-246-00503-5)

Œuvres théâtralesModifier

  • 1960 : Génousie[Note 1],[6]
  • 1961 : 7 Impromptus à loisir (L'Azote, Edouard et Agrippine, Le sacrifice du bourreau, Le Défunt, Poivre de Cayenne, Le grand vizir)
  • 1963 : Le Satyre de la Villette (qui fit scandale)
  • 1964 : Le Général inconnu
  • 1964 : Les Larmes de l’aveugle[7]
  • 1965 : Le Cosmonaute agricole, Du vent dans les branches de sassafras (l'une des plus jouées)
  • 1966 : Du vent dans les branches de sassafras[Note 2],[8]
  • 1966 : L'Air du large
  • 1968 : ...Et la fin était le bang, La rue Obaldia
  • 1971 : La Baby-sitter et Deux femmes pour un fantôme
  • 1972 : Petite suite poétique résolument optimiste
  • 1973 : Underground établissement : Le Damné et Classe Terminale
  • 1975 : Monsieur Klebs et Rozalie[9]
  • 1979 : Le Banquet des méduses
  • 1980 : Les Bons Bourgeois
  • 1981 : Visages d’Obaldia
  • 1986 : Endives et miséricorde
  • 1991 : Grasse matinée, Richesses naturelles
  • 1993 : Les Innocentines
  • 1996 : Soirée Obaldia
  • 1999 : Obaldiableries : Rappening, Pour ses beaux yeux, Entre chienne et loup
  • 2009 : Merci d'être avec nous. Nouveaux impromptus (Merci d'être avec nous, Une page de tournée, A bâtons rompus, Les retrouvailles, L'extra-lucide)

DistinctionsModifier

DécorationsModifier

HonneursModifier

  • Membre du Conseil littéraire de la Fondation Prince-Pierre-de-Monaco
  • 1999 : membre de l'Académie française, au fauteuil 22
  • 2000 : citoyen d'honneur de Waterloo
  • 2006 : membre de l'Académie Alphonse-Allais.

PrixModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Ce drame, représenté sous la direction de Jean Vilar au Théâtre national populaire lors de sa première et dont la réception auprès du public et des critiques fut globalement positive, reçut le Prix de la Critique Dramatique la même année que sa création, en 1960[6].
  2. Lors de sa publication et de ses représentations, cette œuvre de l'académicien se révèle comme étant une parodie de westerns[8].

RéférencesModifier

  1. Who's Who in France, dictionnaire biographique, 1992-1993. Éditions Jacques Lafitte 1992
  2. a b et c René de Obaldia, « Le jour où je suis né », Paris Match, semaine du 6 au 12 avril 2017, page 126.
  3. « Tous au CIEL : un combat intellectuel antitotalitaire (1978-1986) présenté par Alain Laurent », sur lesbelleslettresblog.com, .
  4. « Réponse au discours de réception de René de Obaldia | Académie française », sur www.academie-francaise.fr (consulté le 6 juin 2018)
  5. Jérôme Garcin, « Le roi René », Le Nouvel Observateur, 4 décembre 2008.
  6. a et b (en) Edward Forman, « The Dictionnary », dans Edward Forman, Historical Dictionary of French Theater, Scarecrow Press, , 336 p. (lire en ligne), page 185.
  7. Œuvres radiophoniques :1964 Les Larmes de l'aveugle
  8. a et b Gilbert François, « Aristophane et le théâtre moderne. », L'antiquité classique, vol. Tome 40, no fascicule 1,‎ , pages 68, 69 et note 83 (DOI 10.3406/antiq.1971.1612, lire en ligne).
  9. Hélène Catsiapis, « Les objets au théâtre. », Communication et langages, vol. 43, no 1 (3e trimestre),‎ , page 78 (DOI 10.3406/colan.1979.1316, lire en ligne, consulté le 1er décembre 2016).
  10. Décret du 14 mai 2004 portant promotion et nomination
  11. Décret du 13 juillet 2000 portant promotion et nomination
  12. Décret du 31 décembre 2010 portant promotion et nomination
  13. Décret du 31 décembre 2018 portant promotion
  14. Archives des nominations et promotions dans l'ordre des Arts et des Lettres.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Gérard-Denis Farcy, Encyclobaldia : Petite encyclopédie portative du théâtre de René de Obaldia. Paris : Nouvelles éditions JMP, 1981, 105 p. (ISBN 2-85893-051-1).
  • Nahid Shahverdiani (sous la dir. d'Henri Béhar), Les Espaces dramatiques dans le théâtre de René de Obaldia, Paris, université Paris-III, , 381 p. (SUDOC 055967965).

Liens externesModifier

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