René de Obaldia

dramaturge et poète français

René de Obaldia, né le à Hong Kong et mort le à Paris, est un dramaturge, romancier et poète français.

René de Obaldia
Image dans Infobox.
René de Obaldia en 2010.
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom de naissance
René Maurice Claire de ObaldiaVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
Maurice YgorVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activité
Période d'activité
Fratrie
Giselle de Obaldia (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoints
Diane de Obaldia (d)
Colette Durand (d)
Mildred Clary (de à )Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Claire de Obaldia (d)
Gilles de Obaldia (d)
Blaise de Obaldia (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Membre de
Conflit
Distinctions
Œuvres principales
Fugue à Waterloo
Innocentines
Exobiographie
Genousie
Du vent dans les branches de sassafras
Les Bons Bourgeois
signature de René de Obaldia
Signature

Souvent qualifié d'« inventeur du langage », René de Obaldia écrit des textes qui sont presque tous empreints d'humour fantastique, de fantaisie et d'imagination. Il est membre de l'Académie française.

BiographieModifier

JeunesseModifier

René de Obaldia naît le à Hong Kong (au couvent Saint-Paul), où son père, José Clemente de Obaldia[1], est consul de Panama. À sa naissance, on ne lui donne que quelques heures à vivre[2].

Il est l'arrière-petit-fils de José Domingo de Obaldía, deuxième président de la République du Panamá, et le fils du diplomate panaméen José Clémente de Obaldía (qui deviendra ministre de l'Intérieur - René de Obaldia apprend cette nouvelle par la presse, son père ayant disparu alors que la famille était en Chine[2]). Sa mère est d'origine picarde, Madeleine Peuvrel, cousine de Michèle Morgan.

Madeleine Peuvrel, mère de René de Obaldia, revient ensuite en France avec ses trois enfants. Elle confie le garçon en nourrice à des ouvriers, sa grand-mère Honorine l'élevant, alors qu'elle s'inscrit aux cours Pigier[2].

Obaldia grandit à Amiens (lycée Louis-Thuillier) et Paris (lycée Condorcet) avant d'être mobilisé en 1940. Fait prisonnier, il est envoyé au stalag VIII C (Sagan). Il est affecté à la briqueterie de Kransdyhernfurt[réf. nécessaire] le , puis à un commando à Auras-sur-Oder, le , pour un nettoyage de forêt. Il passe finalement quatre ans au stalag[3].

CarrièreModifier

Ami de Clara Malraux, d'Alain Robbe-Grillet, de Roland Barthes et de Jean-Michel Atlan, René de Obaldia commence sa carrière de dramaturge en 1961, grâce à Jean Vilar qui donne au Théâtre national populaire sa première grande pièce, Génousie, puis avec André Barsacq qui crée au théâtre de l'Atelier Le Satyre de la Villette. Cette comédie le hisse au niveau de ses aînés, Jacques Audiberti, Ionesco, Beckett. Il est, depuis quelque cinquante ans, l’un des auteurs de théâtre français les plus joués au monde, et l’un des plus internationaux (traduit en 28 langues).

En , il fait partie des membres fondateurs du Comité des intellectuels pour l'Europe des libertés[4].

Il sera aussi le parolier de Luis Mariano et le partenaire de Louis Jouvet au cinéma (dans Une histoire d'amour en 1951).

 
René de Obaldia en costume d'académicien et Pascal Rannou en 2007.

Élu à l'Académie française le au fauteuil 22, succédant à Julien Green, il en est le doyen d'âge depuis la mort, le , de Félicien Marceau. Il y est reçu le par Bertrand Poirot-Delpech[5]. Le , il devient le deuxième académicien à atteindre l'âge de cent ans, après Claude Lévi-Strauss (Fontenelle étant mort à 99 ans et 11 mois). Le , il devient le plus vieil académicien depuis le début de l'institution, dépassant Lévi-Strauss[6],[7], et le premier à fêter ses cent-un, puis cent-deux, puis cent-trois ans.

En 2008, il est lauréat du grand prix de poésie Pierrette-Micheloud[8] pour l'ensemble de son œuvre[9].

Vie privéeModifier

Son épouse Diane de Obaldia meurt le dans le 6e arrondissement de Paris à l'âge de 80 ans[10],[3].

Il a vécu rue Saint-Lazare (Paris)[3] et à Trouville-sur-Mer.

MortModifier

René de Obaldia meurt le à Paris à l'âge de 103 ans[3],[11]. Il est inhumé auprès de son épouse au cimetière du Montparnasse (division 14)[12].

ExégèseModifier

Dans ses œuvres, selon le journaliste Jérôme Garcin, « on [...] parle l'obaldien vernaculaire (c'est une langue verte, savante et bien pendue, qui se décline en alexandrins, calembours et parodies). On y tient que l'absurde est plus sérieux que la raison. On y pratique un doux anarchisme. On y croise, selon la saison, Queneau, Jarry, Ionesco et Giraudoux[13]. » En plus de ces auteurs, Obaldia a par ailleurs lui-même avoué avoir été fortement influencé par Jacques Audiberti, Roger Vitrac et Witold Gombrowicz[14].

Au début de son poème Innocentines (1969), Obaldia est l'auteur de ce vers utilisé dans les exercices d'articulation : « Le geai gélatineux geignait dans le jasmin »[3].

PublicationsModifier

PoésieModifier

  • 1949 : Midi (poèmes)
  • 1969 : Innocentines : poèmes pour enfants et quelques adultes, Paris, Grasset, 226 p. (BNF 35204461) ; réédition, Paris, Grasset, coll. « Les Cahiers rouges », 2002 (ISBN 2-246-01554-5)
  • 1996 : Sur le ventre des veuves (poèmes)
  • 2006 : Fantasmes de demoiselles, femmes faites ou défaites cherchant l'âme sœur (poèmes)
  • 2010 : Le Secret (poème)

Romans et proses diversesModifier

 
René de Obaldia.
  • 1952 : Les Richesses naturelles (récits-éclairs)
  • 1955 : Tamerlan des cœurs (roman)
  • 1956 : Fugue à Waterloo suivi de Le Graf Zeppelin ou La Passion d’Émile, Paris, Julliard, 259 p. (BNF 32492793) (récits)
  • 1959 : Le Centenaire, Paris, Plon, 247 p. (BNF 33119668) ; réédition, Paris, Grasset, coll. « Les Cahiers rouges » no 7, 1983 (ISBN 2-246-27281-5)
  • 1966 : Choix de textes : prose et théâtre, Paris, Julliard, coll. « Humour secret », 283 p. (BNF 33119666)
  • 1968 : Urbi et orbi
  • 1993 : Exobiographie, Paris, Grasset, 392 p. (ISBN 2-246-34021-7) ; édition augmentée, Paris, Grasset, coll. « Les Cahiers rouges », 2011, 560 p. (ISBN 978-2-246-78492-0) (mémoires)
  • 2004 : La Jument du capitaine : pensées, textes et répliques, Paris, Le Cherche-midi, coll. « Les pensées », 160 p. (ISBN 2-74910-188-3)
  • 2017 : Perles de vie (choix d'aphorismes), Grasset

ThéâtreModifier

  • Théâtre, vol. 1. Paris : Grasset, 1966. (ISBN 2-246-00444-6). Réunit : Genousie, Le Satyre de la Villette, Le Général inconnu.
  • Théâtre, vol. 2. Paris : Grasset, 1966. (ISBN 2-246-00757-7). Réunit : L'Air du large, Du vent dans les branches de sassafras, Le Cosmonaute agricole.
  • Théâtre, vol. 3, Paris : Grasset, 1967. (ISBN 2-246-00445-4). Sept impromptus à loisir.
  • Théâtre, vol. 4. Paris : Grasset, 1968, 216 p. (ISBN 978-2-246-81357-6). Réunit : Le Damné, Les Larmes de l'aveugle, Urbi et Orbi.
  • Théâtre, vol. 5. Paris : Grasset, 1973, 242 p. (ISBN 2-246-15281-X). Réunit : Deux femmes pour un fantôme, La Baby-sitter, Classe terminale, Le Banquet des méduses.
  • Théâtre, vol. 6. Paris : Grasset, 1975, 248 p. (ISBN 2-246-00256-7). Réunit : ...Et à la fin était le bang, Monsieur Klebs et Rozalie.
  • Théâtre, vol. 7. Paris : Grasset, 1981, 260 p. (ISBN 2-246-23521-9). Contient : Les Bons Bourgeois, Grasse matinée.

Livres pour la jeunesseModifier

Œuvres théâtralesModifier

  • 1960 : Génousie[Note 1],[15]
  • 1961 : Sept Impromptus à loisir (L'Azote, Édouard et Agrippine, Le Sacrifice du bourreau, Le Défunt, Poivre de Cayenne, Le Grand Vizir)
  • 1963 : Le Satyre de la Villette (pièce qui fit scandale)
  • 1964 : Le Général inconnu
  • 1964 : Les Larmes de l’aveugle[16]
  • 1965 : Le Cosmonaute agricole, Du vent dans les branches de sassafras[Note 2],[17]
  • 1966 : L'Air du large
  • 1968 : ... Et à la fin était le bang, La Rue Obaldia
  • 1971 : La Baby-sitter et Deux femmes pour un fantôme
  • 1972 : Petite suite poétique résolument optimiste
  • 1973 : Underground établissement : Le Damné et Classe Terminale
  • 1975 : Monsieur Klebs et Rozalie[18]
  • 1979 : Le Banquet des méduses
  • 1980 : Les Bons Bourgeois
  • 1981 : Visages d’Obaldia
  • 1986 : Endives et Miséricorde
  • 1991 : Grasse Matinée, Richesses naturelles
  • 1993 : Les Innocentines
  • 1996 : Soirée Obaldia
  • 1999 : Obaldiableries : Rappening, Pour ses beaux yeux, Entre chienne et loup
  • 2009 : Merci d'être avec nous. Nouveaux impromptus (Merci d'être avec nous, Une page de tournée, À bâtons rompus, Les Retrouvailles, L'Extra-lucide)

DistinctionsModifier

DécorationsModifier

HonneursModifier

PrixModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Ce drame, représenté sous la direction de Jean Vilar au Théâtre national populaire lors de sa première et dont la réception auprès du public et des critiques fut globalement positive, reçut le Prix de la Critique Dramatique la même année que sa création, en 1960[15].
  2. Lors de sa publication et de ses représentations, cette œuvre de l'académicien, l'une de ses plus jouées, se révèle comme étant une parodie de westerns[17]

RéférencesModifier

  1. Who's Who in France, dictionnaire biographique, 1992-1993. Éditions Jacques Lafitte, 1992.
  2. a b et c René de Obaldia, « Le jour où je suis né », Paris Match, semaine du 6 au 12 avril 2017, page 126.
  3. a b c d e et f Thierry Clermont, « Mort de l'écrivain René de Obaldia, cent ans de plénitude », sur lefigaro.fr, (consulté le ).
  4. « Tous au CIEL : un combat intellectuel antitotalitaire (1978-1986) présenté par Alain Laurent », sur lesbelleslettresblog.com, .
  5. « Réponse au discours de réception de René de Obaldia | Académie française », sur www.academie-francaise.fr (consulté le ).
  6. René de Obaldia, le poète de cent ans, Nadja Viet, France Inter, 31 janvier 2019 à 10h32.
  7. DE OBALDIA (René) 1918-..., théâtre-documentation.com
  8. [1].
  9. [2].
  10. Avis de décès de Diane de Obaldia.
  11. « René de Obaldia », sur Académie française (consulté le ).
  12. Cimetières de France et d'ailleurs
  13. Jérôme Garcin, « Le roi René », Le Nouvel Observateur, 4 décembre 2008.
  14. G.-D. Farcy, « Obaldia sous le signe de Gombrowicz, ou pour une dramaturgie de la forme et de l'immaturité », Études françaises, vol. 9, n° 2, 1973, p. 146-161 (lire en ligne).
  15. a et b (en) Edward Forman, « The Dictionnary », dans Edward Forman, Historical Dictionary of French Theater, Scarecrow Press, , 336 p. (lire en ligne), page 185.
  16. Œuvres radiophoniques :1964 Les Larmes de l'aveugle.
  17. a et b Gilbert François, « Aristophane et le théâtre moderne. », L'antiquité classique, vol. Tome 40, no fascicule 1,‎ , pages 68, 69 et note 83 (DOI 10.3406/antiq.1971.1612, lire en ligne).
  18. Hélène Catsiapis, « Les objets au théâtre. », Communication et langages, vol. 43, no 1 (3e trimestre),‎ , page 78 (DOI 10.3406/colan.1979.1316, lire en ligne, consulté le ).
  19. Décret du 13 juillet 2000 portant promotion et nomination.
  20. Décret du 31 décembre 2010 portant promotion et nomination.
  21. Décret du 31 décembre 2018 portant promotion.
  22. Décret du 14 mai 2004 portant promotion et nomination.
  23. Archives des nominations et promotions dans l'ordre des Arts et des Lettres.

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

  • Anne C. Murch, « Réflexions sur le théâtre de René de Obaldia », Études françaises, vol. 7, n° 2, mai 1971, p. 181-190 (lire en ligne).
  • Gérard-Denis Farcy, Encyclobaldia : Petite encyclopédie portative du théâtre de René de Obaldia. Paris : Nouvelles éditions JMP, 1981, 105 p. (ISBN 2-85893-051-1).
  • Gérard-Denis Farcy, « Obaldia sous le signe de Gombrowicz, ou pour une dramaturgie de la forme et de l'immaturité », Études françaises, vol. 9, n° 2, mai 1973, p. 146-161 (lire en ligne).
  • Nahid Shahverdiani (sous la dir. d'Henri Béhar), Les Espaces dramatiques dans le théâtre de René de Obaldia, Paris, université Paris-III, , 381 p. (SUDOC 055967965).
  • Nathalie Macé, « Genousie de René de Obaldia : de l'invention fantaisiste d'une langue à la question de la communication humaine », Théâtres du monde, Cahier hors-série no 5, La Comédie et l'étranger (dir. Jean-Claude Ternaux), Avignon Université, 2020, pp. 213–225 (ISSN 1162-7638).

Liens externesModifier