L'Éveil du printemps

pièce de Frank Wedekind

L'Éveil du printemps.
Une tragédie enfantine
Image illustrative de l’article L'Éveil du printemps
Couverture de l'édition originale, Zurich, 1891.

Auteur Frank Wedekind
Pays Drapeau de l'Empire allemand Empire allemand
Genre pièce de théâtre
satire dramatique
Version originale
Langue allemand
Titre Frühlings Erwachen.
Eine Kindertragödie
Éditeur Jean Gross
Lieu de parution Zurich
Date de parution 1891
Version française
Traducteur François Regnault
Éditeur NRF/Gallimard
Collection Théâtre du monde entier
Lieu de parution Paris
Date de parution 1974
Type de média livre papier

L'Éveil du printemps
Auteur Frank Wedekind
Genre « tragédie enfantine[1] »
Nb. d'actes 3
Dates d'écriture 1891
Personnages principaux
Les enfants :
  • Les jeunes filles : Wendla Bergmann, Martha Bessel, Théa, Ilse
  • Les garçons : Melchior Gabor, Moritz Stiefel, Jeannot Rilow, Ernst Röbel, Otto, Georg, Robert, Lämmermeier
Les parents :
  • Mme Bergmann, mère de Wendla ; Ina Müller, sa fille
  • M. Gabor, Mme Gabor, parents de Melchior
  • Le rentier Stiefel, père de Moritz

Le pasteur Ventrechauve

Au collège :

  • Les professeurs : le recteur Coup-de-Soleil, Singegraisse, Grosrondin, Trompe-la-Faim, Coup-de-Langue, Fracadosse, Mouchamort
  • L'appariteur : Legrappin

L'homme masqué

L'Éveil du printemps. Une tragédie enfantine (Frühlings Erwachen. Eine Kindertragödie) est une satire dramatique de Frank Wedekind publiée en 1891.

RésuméModifier

L'Éveil du printemps, ironiquement sous-titrée Une tragédie enfantine, met en scène des adolescents confrontés à un corps qui se métamorphose et à l’éveil de désirs sur lesquels il est difficile de mettre un nom. Ces adolescents font face aux non-dits de la société prussienne et subissent les conséquences de ces silences. Ainsi, face à une avalanche de questions sur le monde et sur leur place dans ce monde, et confrontés à des angoisses de plus en plus intenses, ils vont tenter de se frayer un chemin vers le monde des adultes. Mais ces adultes — lointains, et qui représentent la forme d'autorité suprême — ne peuvent répondre à leurs questionnements, incapables qu'ils sont de trouver des réponses qui apaisent. Entre eux, les jeunes se confient, confrontent ce qu’ils savent, ce qui les questionne, et commencent à éprouver la notion de limite et d’autorité. Ils se retrouvent face aux difficultés de la vie et à ses horreurs.

Ainsi, Moritz doit réussir ses classes sinon il attente à l'honneur familial, Ilse est une prostituée de douze ans qui n'a pas conscience des abus qu'elle subit. Wendla a des tendances masochistes et se fait violer par Melchior ; elle meurt d'un avortement raté par la faiseuse d'anges.

Histoire de l'œuvre et créationModifier

L’Éveil du printemps est rédigée à partir de l'automne 1890, et le manuscrit est achevé à Pâques 1891, comme l'indique l'auteur dans l'édition Jean Gross publiée la même année à Zurich[2].

La pièce n'est jouée qu'à la fin de l'année 1906, à Berlin, dans une mise-en-scène de Max Reinhardt.

Wedekind dénonce une époque puritaine, qui passe sous silence des sujets qui peuvent conduire à la perte de ceux qui les ignorent. Dans la pièce, on découvre des adolescents en proie à l'éveil de leur sexualité. Dans le contexte politique autoritaire de l'époque — le règne de Guillaume Ier et de son chancelier Bismarck, puis le règne de Guillaume II —, le texte relevait de la pornographie puisqu'il y décrivait plusieurs actes d'autoérotisme, de masturbation collective, et évoquait un avortement, autant de thèmes considérés alors comme tabous[3].

RéceptionModifier

Wedekind dut attendre la fin de sa vie pour entrevoir une reconnaissance, ses pièces ayant été censurées par les autorités. Il a même été incarcéré pour l’écriture de deux poèmes, L'Esprit de la Terre et Ilse. Certains observateurs contemporains comprirent que les provocations et le théâtre de Wedekind parlaient de la société elle-même, faisant émerger la notion de théâtre vivant[4].

L’œuvre de Wedekind marque le début de l’histoire du théâtre allemand moderne aux alentours de la Première Guerre mondiale, avec un expressionnisme[5] déjà présent et qui reste encore aujourd’hui violent et corrosif.

Il est significatif que Wedekind ait suscité l’admiration du jeune Bertolt Brecht qui a vu en lui « l’un des plus grands éducateurs de l’Allemagne moderne[6] ». Sigmund Freud s’y est aussi intéressé, et en particulier à L'Éveil du printemps, pièce sur laquelle il a écrit[7].

« La pièce de Wedeking est pleine de mérites. Ce n'est pas une grande œuvre d'art, mais elle restera comme un document, qui intéresse l'histoire de la civilisation et des mœurs.
Nous ne pouvons pas ne pas penser que Wedeking a une compréhention profonde de ce qu'est la sexualité. Il suffit pour s'en convaincre de voir comme dans le texte explicite des dialogues passent constamment des sous-entendus à caractère sexuel. […] »

— Sigmund Freud[8]

Traduction en françaisModifier

  • Frank Wedekind, L'Éveil du printemps. Tragédie enfantine, trad. de François Regnault, préface de Jacques Lacan, suivi de Intervention de Freud sur L'éveil du printemps à la Société psychologique du mercredi à Vienne, en 1907, trad. de Jacques-Alain Miller, Paris, NRF/Gallimard, coll. « Théâtre du monde entier », 1974

PostéritéModifier

Mises en scèneModifier

AdaptationsModifier

AutreModifier

  • Dans le film de Nicolas Maury Garçon chiffon (2020), dont le réalisateur interprète le personnage principal de Jérémie, celui-ci travaille tout au long du film le rôle de Moritz de L'Éveil du printemps pour une audition.

Notes et référencesModifier

  1. Sous-titre de la pièce.
  2. Cf. (notice BnF no FRBNF31629005).
  3. Philippe Di Folco, Dictionnaire de la pornographie, Presses universitaires de France (ISBN 978-2-13-054414-2), entrée Théâtre.
  4. Roselee Goldberg (trad. de l'anglais), La Performance : Du futurisme à nos jours, Londres/Paris, Thomas & Hudson / L'univers de l'art, 256 p. (ISBN 978-2-87811-380-8), chapitre 3 : Dada, Wedekind à Vienne.
  5. Sur Gallica, Dictionnaire mondial des littératures, Larousse.
  6. Bertolt Brecht, The Messingkauf Dialogues (Dialoge aus dem Messingkauf), trad. John Willett, in Bertolt Brecht: Plays, Poetry, Londres, Methuen, 1985 (ISBN 0-413-38890-5).
  7. Cf. Psychopathologie de la vie quotidienne, 11 Association de plusieurs actes manqués.
  8. « Intervention de Freud sur L'Éveil du printemps à la Société psychologique du mercredi à Vienne, en 1907 » in éditions NRF/Gallimard coll. « Théâtre du monde entier » de 1974.
  9. D'après l'édition NRF/Gallimard coll. « Théâtre du monde entier » de 1974.
  10. « L'Éveil du printemps - Dossier de présentation », sur gilles-gleizes.fr.
  11. Voir theatrenational.be.
  12. Cf. (notice BnF no FRBNF38701224).

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

Liens externesModifier