L'Éveil du printemps

pièce de Frank Wedekind

L'Éveil du printemps.
Une tragédie enfantine
Image illustrative de l’article L'Éveil du printemps
Couverture de l'édition originale, Zurich, 1891.

Auteur Frank Wedekind
Pays Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Genre Pièce de théâtre
Satire dramatique
Version originale
Langue Allemand
Titre Frühlings Erwachen.
Eine Kindertragödie
Date de parution 1891
Version française
Traducteur François Regnault
Type de média Livre papier

L'Éveil du printemps. Une tragédie enfantine (Frühlings Erwachen. Eine Kindertragödie) est une satire dramatique de Frank Wedekind publiée en 1891.

SynopsisModifier

L'Éveil du printemps, ironiquement sous-titrée « une tragédie enfantine », met en scène des adolescents confrontés à un corps qui se métamorphose et à l’éveil de désirs sur lesquels il est difficile de mettre un nom. Ces adolescents font face aux "non-dits" de la société Prussienne et subir les conséquences de ces silences. Ainsi, face à une avalanche de questions sur le monde et sur leur place dans ce monde ainsi qu’à des angoisses de plus en plus intenses, ils vont tenter de se frayer un chemin vers le monde des adultes. Or, ces adultes - qui représentent la forme d'autorité suprême - ne peuvent répondre aux questionnements de leurs enfants ou élèves. Ils sont lointains et incapables de trouver des réponses qui apaisent. Entre jeunes, ils se confient, confrontent ce qu’ils savent, ce qui les questionne, commencent à éprouver la notion de limite et d’autorité. Ils se retrouvent confrontés aux difficultés de la vie, à ses horreurs. Moritz doit réussir ses classes sinon il perd l'honneur familial, Ilse est une prostituée de douze ans qui n'a pas conscience des abus qu'elle subit. Wendla a des tendances masochistes et se fait violer par Melchior. Elle meurt d'un avortement raté par la faiseuse d'anges.

Wedekind essaie de dénoncer une époque puritaine et qui passe sous le silence des sujets qui peuvent conduire la perte de ceux qui les ignorent.

Histoire de l'œuvreModifier

L’Éveil du printemps a été rédigée à partir de l'automne 1890, le manuscrit ayant été achevé à pâques 1891, comme l'indique l'auteur lui-même dans l'édition Jean Gross publiée la même année à Zurich.

La pièce ne fut jouée qu'à la fin de l'année 1906 à Berlin, sur une mise-en-scène de Max Reinhardt.

Il est significatif que Frank Wedekind (1864-1918) ait suscité l’admiration du jeune Bertolt Brecht qui a vu en lui : « l’un des plus grands éducateurs de l’Allemagne moderne[1] ».

Sigmund Freud s’est aussi beaucoup intéressé à cet auteur et particulièrement à L'Éveil du printemps, pièce sur laquelle il a mené des études[2].

Pourtant, l’œuvre de Frank Wedekind reste relativement méconnue et peu étudiée en France alors qu’elle a marqué l’histoire artistique moderne. On le considère comme un intervenant important du théâtre allemand aux alentours de la Première Guerre mondiale. L'expressionnisme est déjà présent dans le travail de Wedekind et on peut considérer qu’il est encore violent et corrosif aujourd’hui.

Mais Wedekind n’a pu entrevoir cette reconnaissance qu’à la fin de sa vie, ses pièces ayant été censurées par les autorités. Lui-même a été incarcéré pour l’écriture de deux poèmes, L'esprit de la Terre et Ilse.

Cette répression exercée sur les écrits d’un auteur est en partie causé par un contexte politique impérialiste et autoritaire. Wedekind a en effet vécu sous le règne de Guillaume Ier et de son chancelier Bismarck puis sous celui de Guillaume II jusqu’à l’entrée du pays dans la Première Guerre mondiale.

Traduction en françaisModifier

  • Frank Wedekind, L'éveil du printemps. Tragédie enfantine[3], trad. de François Regnault, préface de Jacques Lacan, suivi de Intervention de Freud sur L'éveil du printemps à la Société psychologique à Vienne, en 1907, trad. de Jacques-Alain Miller, Paris, NRF/Gallimard, 1974, coll. « Le manteau d'arlequin ».

AdaptationsModifier

Notes et référencesModifier

  1. Bertolt Brecht, The Messingkauf Dialogues ( Dialoge aus dem Messingkauf), trad. John Willett, in Bertolt Brecht: Plays, Poetry, Londres, Methuen, 1985 (ISBN 0-413-38890-5).
  2. Cf. Psychopathologie de la vie quotidienne, 11 Association de plusieurs actes manqués.
  3. Cet éditeur ne met pas de majuscule au mot « éveil ».