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René Kalisky

auteur dramatique et romancier belge d'expression française, orientaliste
René Kalisky (né Kaliski)
Description de cette image, également commentée ci-après
Kalisky vers 1965
Naissance
Etterbeek, Belgique
Décès (à 44 ans)
Paris, France
Activité principale
Dramaturge, Écrivain, Journaliste, Historien
Distinctions
  • Prix annuel de Littérature dramatique SACD 1974
    • Grand Prix Triennal de littérature dramatique 1975
    • Sénat de Berlin, DAAD, 1979
    • Prix Spécial SACD, posthume, 1982
Auteur
Langue d’écriture Francais

Œuvres principales

  • Falsch
  • Dave Au Bord de Mer
  • Jim Le Téméraire

Compléments

Parents: Abraham Awraam Kaliski
Fradla Wach

Signature de René Kalisky (né Kaliski)

René Kalisky (Bruxelles, 1936 - Paris, 1981) est un dramaturge belge d'origine juive polonaise.

Sommaire

BiographieModifier

AscendanceModifier

Kalisky est né à Etterbeek, une des municipalités situées à Bruxelles (Belgique), le 20 juillet 1936, le jour du coup d'État espagnol de juillet 1936, et marquant le début de la guerre civile espagnole dans laquelle s'engagera un de ses oncles.

Son père Abram/Awraam Kaliski naît à Łódź le 10 mai 1908. Il aura un destin funeste. Certains événements ont pu promouvoir la fascination de Kalisky pour l'histoire en général et les dictatures en particulier. L'éclatement géographique complet de la famille Kaliski à l'occasion de la seconde guerre mondiale peut expliquer des sujets retrouvés dans l’œuvre : certains se retrouveront à Tel-Aviv, d'autres sembleront ignorer leurs survies respectives à la guerre sur les continents Européens, Sud-Américains ou Australiens. Ainsi, une famille diasporique se déchire après la mort de son dernier survivant dans Falsch, une autre règle ses comptes avec l’un de ses membres ayant fui outre-Atlantique dans Aïda Vaincue.

Les grands-parents de l’auteur, Shlomo Yitzhak Kaliski (né en Puszcza (Łódź), 11.nov.1867) et Hadassa Kaliski, né Tuszinski (Łódź 13.jul.1876) eurent au moins huit enfants, qui ne périrent pas tous pendant l'Holocauste. Après la mort de sa femme, fuyant les pogroms, Shlomo épouse Dina Rothstein (1870-1930), part pour Buenos Aires puis l'Afrique du Sud avec une de ses filles et participe à la Deuxième Guerre des Boers au cours de laquelle il vend des armes. Il finit sa vie en Palestine mandataire au début du siècle et meurt à Tel-Aviv le 4 novembre 1948, âgé de 80 ans, où il ne retrouve ainsi qu'une partie de ses enfants : Meir Kaliski (1902-1937) meurt en combattant dans la guerre civile espagnole[1], alors que Regina Kaliski-Kopf (1912-2004) et Mania Kaliski-Buchman (1897-1982) fuirent en Argentine puis le rejoignirent à Tel-Aviv. Un autre de ses fils, Benzion Kaliski (1892-1944) arrive le 30.10.1923 agé de 31 ans à Buenos Aires [2],[3],[4]et s'y éteint sans le revoir. Ses autres enfants prennent la fuite pour l'Australie comme Rosa Rubin Kaliski (1900-)

Il semble par contre établi qu’il n'ait entretenu aucun contact avec son fils Awraam, père de Kalisky, auquel il survécu pourtant.

Un père échoué en BelgiqueModifier

Pendant ce temps en effet Awraam eu sans doute la trajectoire la plus singulière en fuguant à l'âge de 17 ans, étant le seul de la fratrie à demeurer en Europe, émigrant seul à Anvers (Belgique) en 1926 après un passage en Allemagne et un bref engagement politique. Il devint marchand de cuir et danseur. À l'âge de 23 ans, en 1932, il rencontre et épouse Fradla Wach, née à Varsovie le 15 novembre 1901, arrivée en Belgique le 20 juillet 1927. Durant la deuxième guerre mondiale, ils vivent dans des quartiers très pauvres, notamment à Molenbeek-Saint-Jean, puis Anderlecht, 44 rue de la Clinique.

Ils ont quatre enfants : René devenu écrivain, Haïm-Charles Kaliski (1929-2015)[5] devenu historien, dessinateur et auteur autodidacte, Sarah Kaliski (1941-2010) devenue peintre et Ida Kaliski (1933) qui failli devenir chanteuse d'opéra. Tous les quatre enfants furent envoyés et restèrent cachés dans des endroits disparates durant toute la guerre. Leurs parents, restés seuls ont survécu presque jusqu'à la reddition des forces nazies. La famille est inscrite dans le registre des juifs en Belgique le 24 décembre 1940.

Une enfance cachée, un père longtemps disparuModifier

Selon Haïm kalisky, le 10 juin 1940, 48 h après l’invasion nazie, la famille part pour le midi de la France en train pour arriver, après 4 jours de voyage, à Revel[6], en Haute Garonne près de Toulouse où il se souvient qu’ils furent hébergés « dans une grange, sur la paille ». Il se souvient de la xénophobie de la population locale à leur endroit, « en tant que belges » : Le roi Léopold III ayant capitulé, est perçu comme le roi félon, et les réfugiés belges comme « des boches du nord ». Les jets de pierres sont quotidiens. Ils sont contraints de se réfugier dans le jardin adjacent à la grange. Lors de la capitulation française les choses s’améliorent. Leur parvient une injonction de rejoindre le camp de Brens (Tarn) suite au statut des juifs décrété par Vichy. La plupart des juifs semble se conformer à cette injonction, mais les Kaliski, semble-t-il grâce à l’intuition de leur fils ainé, décident de retourner à Bruxelles : « nous étions plus en sécurité en Belgique occupée qu’en France Libre ». Au cours de l’hiver 40-41, les mesures antijuives entrent en vigueur et l’école devient proscrite et le port de l’étoile obligatoire pour les enfants Kaliski. Dans la nuit précédant celle du 2 au 3 septembre 1942, l’imminence d’une rafle fait confier Haïm et son frère René à un curé afin de rejoindre un groupe d’enfants dans la même situation. Une altercation eu lieu et Haïm se fit gifler par le curé à qui il fît part "naivement" de son inquiétude quant à l'imminence de la rafle. Comme à Revel Haïm aurait eu un présentiment : il emmène son frère de 6 ans dans un soupirail et les égouts pour quitter l’église subrepticement tout en échappant à la Gestapo en pleine nuit. Ils rejoignent la nouvelle cache Chaussée d'Alsemberg, où viennent d’arriver leurs parents dont la fille Sarah vient de naitre. Ils demeurent sous le lit conjugal toute la nuit, terrifiés au son des sirènes et aboiements de chiens d’une Gestapo qui ne vint pas. Tous les enfants de l’église où ils auraient dû passer la nuit furent déportés. Awraam Kaliski avait pu obtenir les faveurs d’un administratif pourtant rexiste et ainsi se voir délivrer une carte d’identité belge ne portant pas la mention « juif ». Ainsi lorsqu’il est arrêté, il est emprisonné à la Prison de Saint-Gilles le Samedi 12 février 1944. Ceci semble avoir été facilité par la controversée Association des Juifs en Belgique. Ce n’est que suite à l’examen de ses parties génitales qu’il est transféré à Malines et selon deux témoins, longuement torturé et interrogé par un « personnel zélé » de fascistes flamands afin de lui faire avouer le domicile de sa famille cachée. Cet établissement semblait fonctionner de façon autonome : seuls 14 officiers SS y étaient recencés.

Un père qui ne reviendra pasModifier

Il ne reviendra jamais, et la famille restera sans nouvelles jusqu’à un courrier en 1946, qui certifiait son décès après déportation.

Les archives de la ville précisent les évènements : le 22 février 1944, Awraam est dénoncé puis arrêté par la police belge alors qu'il achetait du lait. Après avoir été en effet emprisonné et torturé à la prison de Saint Gilles il est transféré suite à l’examen de ses parties génitales au Camp de rassemblement de Malines, et est acheminé par le convoi XXIV, 37, pour arriver à Auschwitz-Birkenau le 7 avril 1944, et y être assassiné âgé de 36 ans. Fridla rassemble ses quatre enfants et les élève seule après la fin de la guerre. Kalisky a environ huit ans lorsqu’il perd son père. Bien que leur mère fût analphabète, il se souvint que ses parents avaient toujours souhaité que leurs enfants puissent devenir des artistes accomplis. Une exposition posthume eut lieu en 2007 au Musée juif de Belgique et rappelle leurs parcours respectifs[7].

EnfanceModifier

Les années qui suivent la guerre furent vécues, selon les termes de Haim Kaliski, dans une « misère noire » : se partageant un même grand lit, dans une petite pièce, Fradla éleva ses quatre enfants cotoyant famine, punaises de lit et cafarts. Haim et son frére cadet, René, échappent à ce quotidien en se plongeant dans les moindres ouvrages qu'ils ont sous la main. Le sac de billes fait ainsi place pour eux à une lecture effrennée des exploits de Jules César et de ses légions en Gaule.

René Kalisky (Bruxelles, 1936 - Paris, 1981), après des études de journalisme devint un écrivain qui fut surtout connu pour les pièces qu'il écrit à un rythme effréné au cours des 12 dernières années de sa vie, et pour son style réputé dérangeant et inclassable.

Lui-même caché pendant la Seconde Guerre mondiale, traversant une enfance et une jeunesse en proie à la pauvreté extrême, la réalisation de Kalisky est presque intrigante : il sera le soutien exclusif de sa mère, veuve, si l’on en croit sa correspondance avec son frère, Haïm Kaliski[8].

Le théâtreModifier

Après plusieurs années d'activité journalistique, et des engagements de jeunesse dans divers mouvements (il aurait créé une cellule du Betar à Bruxelles à l’âge de 20 ans)[8], ses expériences de guerre l'ont d'abord possiblement enjoint à écrire et explorer les thématiques du judaïsme, du sionisme, des absolutismes, de la cruauté humaine ou encore du désespoir existentiel. Par la suite, il écrit des essais provocateurs, des scénarios ainsi qu'un nombre important de pièces jugées « difficiles »[9], complexes embrassant à la fois toute l'histoire antique et moderne, la politique, les religions, l'existentialisme, le sexe, l'homosexualité, l'eugénisme[8], et explore tel Philip Roth[10] de la manière la plus intime et sans compromis les pièges des relations au sein d'un couple ou à travers une famille en grappes[11] autant que les périls qui guettent la civilisation occidentale[12],[13].

La critiqueModifier

En conséquence, son travail, au cours de sa vie, fut, pour le moins, mal compris pour de nombreuses raisons : les critiques accueillirent son travail avec ce que l'auteur décrivit dans sa correspondance comme « inexplicablement violente et injuste » et semblent avoir rendu sa survie encore plus difficile[14].

Ceci fait dire à Paul Aron :

« Théâtre difficile et vertigineux, l'œuvre de Kalisky est construite pour échapper à l’analyse. La multiplicité des niveaux d'interprétation, la complexité du rapport entre les acteurs et leur rôle, la subtilité des références qu'elle implique en font un défi permanent pour la mise an scène"[9],[15]. »

De son vivant, il a ainsi dû subvenir aux besoins de sa propre famille et de sa mère veuve qui vécut dans la précarité jusqu'à sa disparition, ne comptant que sur les réparations allemandes de la Seconde Guerre mondiale.

La plupart de la critique et du milieu théâtral semblait « ignorer activement »[16] son travail, ce qui pouvait s’expliquer par les difficultés, les efforts, les connaissances historiques et bibliques étendues que Kalisky pensait candidement pouvoir exiger de n'importe quel public, étant lui-même largement autodidacte et « amoureux de l’histoire » [17]. Certains chercheurs affirment que sa façon naïve, à un si jeune âge (il avait une trentaine d'années), de défier le style du théâtre contemporain français ne pouvait que déclencher « l’hostilité», la «violence»[18] et « jalousie » dans un environnement qui n'avait pas été contesté depuis Brecht.

Cela avait été bien illustré « au sein de sa communauté » alors qu'il abordait des questions qui arrivaient trop tôt[réf. nécessaire] pour la plupart des auditeurs non préparés qui ignoraient ou ne comprenaient pas les idéaux et l'engagement de l'auteur envers le judaïsme qui pourtant le définissait largement en tant qu’homme et en tant qu’écrivain » Ainsi Kalisky déclarait :

« Pour le Juif, présent, passé et futur se rejoignent […]. Et dans cette rencontre ce n’est pas le présent qui se sacrifie aux deux autres, qui vit dans leur attente ou bien dans leur regret. Il est le point d’intersection par où l’histoire demeure efficace et vivante, par où l’avenir est déjà présent avant de s’être réalisé, par où le passé subsiste après qu’il s’est aboli[19]. »

Dans le même temps, d'autres critiques exprimèrent leur "irritation" à l'égard de ces mêmes sujets, qui étaient perçus comme trop redondants chez Kalisky dans ses premières années, se remettant constamment en question en tant que Juif et survivant de l'Holocauste. Une analyse globale de l’œuvre par les travaux les plus récents démentent pourtant largement cette perspective, soulignant au contraire l’aspiration de Kalisky de transcender les épreuves et les contradictions des civilisations occidentales[réf. nécessaire]. Par conséquent, il fut initialement bien mieux reçu dans d'autres pays comme l'Allemagne, l'Italie voir les États-Unis dans les premières années qui suivirent sa disparition.

Un autre écueil qui pu miner paradoxalement son succès tout en suscitant une admiration silencieuse est le fait que la plupart ses pièces furent d’abord exclusivement créées et montés sur scène par l'emblématique Antoine Vitez dont la relation particulière à Kalisky était bien connue dans le milieu théâtral français[20]. D'autres metteurs en scène durent faire face à la comparaison difficile avec la vision de ce metteur en scène « de référence » qui avait depuis été nommé administrateur de la Comédie-Française avant sa subite disparition. Ceci put expliquer pourquoi il fallut quatre décennies après sa mort afin que les critiques se sentent plus à l'aise pour appréhender les concepts explorés.

Premières Années et Fin PrécoceModifier

Il ne manquera pas, dans la plupart de ses travaux, de dénoncer la répétition des atrocités de l'histoire, l'humanité n'ayant apparemment pas retenu les leçons du passé. Il commença sa carrière dans le domaine de l'édition et du journalisme, notamment le Patriote Illustré, avant de prendre le chemin du théâtre. En 1968, il commence avec la publication d'Europa, en Belgique. Kalisky écrit plusieurs pièces historiques dont Trotsky (1969), Skandalon (1970), Jim le Téméraire et Le Pique-Nique de Claretta (1973). Il est également l'auteur de deux essais majeurs publiés en 1968 et réédités dans les années 1980 sur l'histoire politique arabe, « L’origine et l'essence du monde arabe» et «Le monde arabe à l'heure actuelle: Le réveil et la quête de l'unité ; pourtant prophète dans son pays natal qu’il quittera rapidement, ses pièces sont très largement ignorées en Belgique. Ce sera en France, avec Jacques Lemarchand, directeur de la collection "Le Manteau d'Arlequin", chez Gallimard, qu'il trouve enfin l'opportunité de faire reconnaître son travail et sa singularité. Cette collaboration cesse en 1974, lorsque Kalisky change de registre et aborde des thèmes plus difficiles avec son époque, ses drames et ses répétitions. Les frontières belges l'étouffent donc et le sentiment d'une telle claustrophobie intellectuelle le pousse à s'éloigner et à partir pour la France (en Corse dès 1971, puis à Paris en 1973). Des pièces plus contemporaines suivirent et c'est en 1970, après la diffusion réussie de la plupart de son œuvre sur France Culture, que, ironiquement, la Belgique accueillit finalement son enfant prodige (jusque-là, seule Europa avait eu grâce aux yeux de son pays natal et avait été montée en 1968).

Sa carrière a lentement commencé à s’épanouir lors de l’attribution de plusieurs prix littéraires, dont le Prix annuel de littérature dramatique décerné par la Société des auteurs et compositeurs dramatiques en 1974, Grand Prix triennal de littérature dramatique décerné par le gouvernement en 1975. Il a ensuite été récompensé par Allemagne ; le sénat de Berlin lui faisant la requête de concevoir un projet original à travers un séjour d'un an dans l'ancien Berlin Ouest (RFA). En 1977, l’éditeur français Stock publie plusieurs pièces très controversées, dont «La passion selon Pier Paolo Pasolini», «Dave au bord de mer», «Résumé» et «Du jeu au texte» dans lequel il nous explique sa vision personnelle de son travail théâtral. Ses dernières pièces sont pour la plupart dirigées par des compagnies théâtrales françaises, "Sur les ruines de Carthage" (1980). Plusieurs metteurs en scène et cinéastes de renom ont manifestent un intérêt croissant pour Kalisky et amènent ses œuvres sur scène, malgré les défis auxquels ils font face, notamment Antoine Vitez, Ewa Lewinson, Bernard de Coster, Jean-Pierre Miquel, Albert-André Lheureux, ou Marcel Delval. Depuis 1974, les pièces de Kalisky furent jouées et rejouées sur des scènes nationales, telles que le Botanique à Bruxelles, le Théâtre National de l'Odéon, à la Comédie-Française au Théâtre national de Chaillot ou au Théâtre national de la Colline et le Festival d'Avignon. Il est mort brusquement d'un cancer du poumon âgé de 44 ans, probablement alors qu'il avait atteint sa période la plus riche et prolifique. Parmi ses amis et auteurs contemporains, Romain Gary partageait une relation privilégiée avec Kalisky, tel qu'il les voyait tous deux, comme le rappelle leur correspondance publiée [10]: «René, toi et moi de nos jours sommes les derniers à vivre de notre plume». Ironie du sort, Gary dont Kalisky avait adapté Europa, se donna la mort quelques mois avant son ami, en décembre 1980, à l'âge de 66 ans. L'abondante correspondance publiée avec Antoine Vitez montrait à quel point ils étaient proches. Vitez est décédé en 1990, à l'âge de 59 ans. Ces premières disparitions ont remis en question la survie du théâtre contemporain sur la scène française.

Un Auteur de l’Actualité des Siècles à Venir ?Modifier

Kalisky n'a probablement jamais pu jouir d’une quelconque reconnaissance de ses pairs (sans parler de la critique, impitoyable à ses débuts), contestant presque compulsivement les manières établies d'appréhender l'histoire humaine, les relations intimes, l'identité humaine et, en général, la zone de confort dans laquelle la littérature et son public étaient bloqués. Il publia ainsi un essai provocateur « Le Théâtre Climatisé ». Sans parler de l'establishment de la critique qui ne l'a jamais vraiment soutenu, arguant que son travail était incompréhensible. Cela pourrait paradoxalement être la raison pour laquelle, après sa disparition, les chercheurs ont eu le temps d'appréhender l'ampleur de son approche transversale, employant enfin les ressources intellectuelles et bibliographiques nécessaires pour admettre que complexité et rigueur embrassant des domaines en apparence éloignés étaient justifiées pour comprendre le genre humain et ses trajectoire historique, ses tragédies passées ou à venir. En tant que tel, pour beaucoup d'érudits son travail n'a jamais été plus en accord avec les menaces existentielles actuelles et futures auxquelles notre civilisation occidentale fait face au XXIème siècle. Son angoisse quant à la disparition de l’écrit[21] et l’eugénisme le rapproche encore du discours de Philip Roth en 2013 dans sa pièce Sur Les Ruines de Carthage créée par Jean-Pierre Miquel: «Les causes de cette désaffection ne se limitent pas à la multitude de distractions de la vie d'aujourd'hui. On est obligé de reconnaître l'immense succès des écrans de toutes sortes [...] ce sera pire, et encore pire après-demain. Je peux vous prédire que dans trente ans, sinon avant, il y aura en Amérique autant de lecteurs de vraie littérature qu'il y a aujourd'hui de lecteurs de poésie en latin. C'est triste, mais le nombre de personnes qui tirent de la lecture plaisir et stimulation intellectuelle ne cesse de diminuer.»[22] Dès 1976, Kalisky tient les propos suivants:« dans une société où l’on ne parle plus, où l’on ne lit plus, où l’on n’écoute plus, vous pouvez tout obtenir, tout espérer avec des images. On se satisfait donc du moins dangereux des arts, du moins ambigu des arts, celui des apparences.»[12]

En accord avec la façon dont Kalisky appréhendait la cyclicité tragique de l'histoire, ses enfants et sa jeune épouse, en lui survivant, rencontrèrent la même tragédie délibérée que ses ancêtres.

 
Falsch Vitez

La réputation de Kalisky repose essentiellement sur son œuvre dramatique, qui fut novatrice et moderne, classique, mais avec des dimensions tragiques. Il expérimente les idées présentes dans les travaux de Bertolt Brecht et de Luigi Pirandello, puis Kalisky développe les idées de « surjeu » et « surtexte » ; en tant que moyen non seulement de libérer les acteurs et le texte de ses conventions, mais aussi pour promouvoir la réalisation du potentiel dramatique d'un public.

Déçu par la Belgique, qui refuse d'y monter ses premières pièces, il s'installe en Corse en 1971, pour enfin s'établir à Paris en 1973.

René Kalisky s'est éteint à Paris à 44 ans, le samedi 2 mai 1981, des suites d'un cancer.

Héritage de KaliskyModifier

Son travail fut généralement accueilli à la fois avec enthousiasme et perplexité, car il a été largement perçu comme en avance sur son temps. De nombreux travaux explorent actuellement à quel point il fut visionnaire sur les sujets civilisationnels qui font à présent l'actualité, et ce, il y a environ un demi-siècle.

Lorsqu’il fut interrogé en 1983, Antoine Vitez, alors qu’il réalisait la création de la pièce posthume de Kalisky, ''Falsch'' répondant à la question : « Où situez vous Kalisky dans le théâtre français aujourd’hui ? » : « Il faudrait d’abord qu’il y en ai un, de théâtre français contemporain[23]. C’est une catégorie qui n’existe pas[24]: il y a quelques auteurs épars et pas formidables. Même dans ce contexte très imprécis, Kalisky prends figure d’OVNI. Il est inclassable[25]. En peu d’années il a relativement beaucoup écrit. On comprendra peu à peu ce que tout cela représente. Moi, je suis seulement au seuil de pouvoir comprendre ce qu’il a voulu écrire. Dans le théâtre moderne en général ; non exclusivement français, il apparaît comme totalement étranger au Théâtre de l'absurde[26], et dans une curieuse relation vis-à-vis de Brecht[27] . Quand j’ai monté sa pièce le Pique Nique de Claretta, Robert Abirached m’a dit : « C’est la première voie ouverte depuis Brecht pour dire l’histoire contemporaine »[28].

En 1981, en réaction à sa disparition précoce dans Le Monde:

« René Kalisky est mort, et nous sommes vivants. On dit il n'aura pas été longtemps malade ; c'est ce qu'on dit. Mais moi je dis-nous ne le verrons plus, il ne nous parlera plus, nous n'entendrons plus sa belle voix, nous n'admirerons plus sa démarche élégante, il ne nous écrira plus. Voici un homme exemplaire. Si exemplaire qu'on ne pouvait y croire : on doutait que cette naïveté fût entière et cet émerveillement, sincère. Rarement un écrivain aura montré plus d'insistance, d'acharnement, d'entêtement même, à poursuivre une œuvre qui est comme un défi perpétuel : l'affirmation que le théâtre existe, qu'il est bien un genre de la littérature et qu'il sert à résoudre les contradictions du monde. René Kalisky croyait à l'utilité du théâtre. Il ne se posait pas là-dessus de question. Sa mort nous prive de ses progrès. Souvent l'artiste déplie, déploie, tout au long de sa vie une œuvre qu'il a conçue dans sa jeunesse ; il ne fait qu'en tirer le fil. Kalisky, au contraire, se perfectionnait sans cesse, comme un écolier. Cette image de l'écolier devrait demeurer attachée à lui, jeune mort plein de grâce - comme l'écolier de Gœthe, avide de tout apprendre. Son théâtre résiste aux classements sommaires. Il met en scène insolemment l'histoire, le destin des hommes, les mythes de notre vie, les grands mots ne l'effraient pas, les grands personnages non plus, et moins encore la dérision des grands personnages. Le chemin était long depuis Brecht ; il fallait quelqu'un pour nous parler à nouveau du monde, et pour notre bonheur, Kalisky était là. Qui retrouvera cette parole prophétique ? Prophète d'Israël, un des derniers en date, invectivant son peuple pour l'aider à vivre, il riait aussi de la prophétie - tout est ironie, clownerie, grand concert métaphysique dans cette œuvre inachevée qu'il nous laisse, haussée par l'ironie même à la lecture universelle.

Ni seulement juif, ni seulement belge et ni seulement de langue française, jamais prisonnier de son essence, véritable cosmopolite, homme des temps à venir, civilisé, nous avions bien besoin de lui, contre les barbares. Les barbares, à vrai dire le savaient : que d’insultes subies, de crachats reçus. Maintenant Kalisky est mort : il faut le lire, jouer son œuvre, il gagnera. »[29].

 
Kalisky Vitez

Surtexte, Supertext ou SuperactingModifier

La technique "surtexte"[30], Superacting, Supertext[31] qu'il établit au cours de sa courte carrière fut étudiée par de nombreux metteurs en scène et auteurs tels que définis dans l'Encyclopedia Universalis.

Ce nouveau concept pourrait être mis en rapport avec «l'effet de distanciation» («Verfremdungseffekt») de Brecht, qui vise à briser l'illusion théâtrale pour éveiller le sens critique du spectateur en lui donnant à voir la nature artificielle de la représentation et en conséquence, sa position de spectateur"[32] Au contraire, selon Marc Quaghebeur Kalisky « s'opposait en fait à la doctrine brechtienne de la distanciation. Mais en même temps, il voulait éviter que le spectateur puisse se tenir à l'écart, qu'il reste extérieur au jeu, au problème qui lui est présenté. Et pourtant, ce spectateur ne doit pas non plus se perdre complètement dans l’identification avec tel ou tel personnage, laquelle entraine inévitablement tout un cortège de leurres et de projections. Aux attitudes traditionnelles du spectateur de théâtre, Kalisky tente de substituer une sorte de connivence mobile, de complicité -glissante". C'est pourquoi il joue beaucoup de la séduction - une dimension qui pour lui était quelque chose d'essentiel (dans le nazisme, par exemple, on ne peut vraiment comprendre ce qui s'est passé si on oublie cet aspect). Le théâtre, pour lui, doit sans aucun doute séduire, donner du plaisir ; mais, à l'intérieur même de cet envoûtement, mettre mal à l'aise: charmer et inquiéter dans un même mouvement. C'est pour lui la seule manière d'être ce ferment de révolte et de lucidité sans lesquelles, pour Kalisky, il ne serait qu'insignifiance. »[33]

Traductions de certaines œuvres de KaliskyModifier

  • Falsch, traduit en Allemand par Ruth Henry, Bad Homburg Hunzinger-Bühnenverlag, 1984.
  • Jim the Lionhearted, traduit en Anglais par David Willinger and Luc Deneulin
  • Claretta Picknick, traduit en Allemand par Andres Müry, Bad Homburg Hunzinger-Bühnenverlag, 1983.
  • Jim der Kühne, traduit en Allemand par Andres Müry, Bad Homburg Hunzinger-Bühnenverlag, 1985.
  • Dave on the Beach, traduit en Anglais par David Willinger and Luc Deneulin, both in An Anthology of Recent Belgian Plays, Troy, NY, Whitston Publishing Company, 1984.
  • On the ruins of Carthago, traduit en Anglais par Glasheen, in Four Belgian playrights, Gambli n°42-43, 1986
  • Aida Vencida, traduit en Espagnol par Carmen Giralt, Publicaciones de la Asociación de Directores de Escena de España, 1993.
  • Europa, traduit Espagnol par Carmen Giralt, Publicaciones de la Asociación de Directores de Escena de España, 1993.
  • Skandalon traduit en italien par Brunella Eruli, Gremese Editore, 2007.
  • Jim il Temerario traduit en italien par Brunella Eruli, Gremese Editore, 2007.
  • Il picnic di Claretta, traduit en italien par Brunella Eruli, Gremese Editore, 2007.
  • La Passione secondo Pier Paolo Pasolini, traduit en italien par Brunella Eruli, Teatro Belgo contemporaneo, Gênes, Coste el Nolan, 1984.
  • Europa, traduit en italien par Brunella Eruli, Gremese Editore, 2007.
  • Sulle rovine di Cartagine, traduit en italien par Brunella Eruli, Gremese Editore, 2007.
  • Pasja według Piera Paola Pasoliniego, traduit en Polonais par Kuchta, Barbara Mickiewicz-Morawska, Dorota.
  • Il regno impossibile, traduit en italien par Brunella Piccione, Omnia Editrice, 1986.
  • Het onmogelijke koninkrijk, traduit en Néerlandais par Ton Luyben, Anvers, Manteau, 1987.

PublicationModifier

Jacques Lemarchand, directeur de la collection Le Manteau d'Arlequin aux éditions Gallimard, a révélé René Kalisky, en publiant ses pièces à sujet historique, de 1969 à 1974. Encouragé, Kalisky écrit une pièce ou deux par an, qui parurent à Paris :

Sa pièce Europa fut publiée à Bruxelles en 1968 par Alternatives théâtrales.

Les pièces suivantes ont des sujets moins historiques et Kalisky trouve d’autres éditeurs en France et en Belgique.

En 1974 il obtient le Prix annuel de Littérature dramatique, décerné par la SACD; en 1975, le Grand Prix Triennal de littérature dramatique, décerné par le Gouvernement ; en 1979, une bourse de séjour à Berlin. En 1982, il reçoit le Prix Spécial SACD, à titre posthume.

En 1977, l’éditeur français Stock publie dans sa collection Théâtre ouvert :

Des compagnies théâtrales, françaises ou belges, publient ses dernières œuvres :

  • Sur les ruines de Carthage (1980) au Centre dramatique de Reims, réédité par les éditions Labor, dans la collection Espace Nord, en mars 1991.

Kalisky est traduit en de nombreuses langues:

  • néerlandais ; il est joué en Flandre
  • il a aussi été traduit en allemand, et de nombreuses œuvres sont jouées en Allemagne
  • en anglais ; Jim le Temeraire est notamment montée à New York par David Willinger
  • en italien (5 pièces chez Gremese, 1990), un essai chez Omnia Editrice 1986
  • en espagnol ; Aïda vaicue est montée à Barcelone.
  • en hébreu (Falsch)
  • en polonais (La Passion Selon Per Paolo Pasolini)
  • en macédonien (Europa)

Parmi les metteurs en scène ou réalisateurs qui ont joué son théâtre, on peut citer Marc Liebens, Antoine Vitez, Albert-André Lheureux, Ewa Lewinson, Bernard De Coster, Jean-Pierre Miquel, Marcel Delval, Michaël Delaunoy.

Ont joué Kalisky : l’Ensemble Théâtral Mobile, le Théâtre Daniel Sorano[Lequel ?], le Théâtre du Jardin Botanique de Bruxelles, le Théâtre national de l'Odéon, le Théâtre de l'Est parisien, le BKT Brussel, le Théâtre de la Place de Liège, le Festival d'Avignon, le Théâtre National du Canada a Montreal ou le Theater for the New City à New York.

Kalisky est aussi l'auteur d'essais concernant l’histoire du monde juif et arabe :

  • en 1974, Marabout publie Sionisme et dispersion (1974)[44]
  • en 1979, Seghers publie L'Impossible Royaume (1979)[45], récit romancé.

Adaptations cinématographiquesModifier

Œuvres (sélection)Modifier

  • Trotsky, etc., Paris, Gallimard (le Manteau d'arlequin), 1969
  • Skandalon, Paris, Gallimard (le Manteau d'arlequin), 1970
  • Jim le Téméraire, Paris, Gallimard (le Manteau d'arlequin), 1972 Prix triennal du théâtre 1975
  • Le Pique-nique de Claretta, Paris, Gallimard (le Manteau d'arlequin), 1973 Prix triennal du théâtre 1975
  • La Passion selon Pier Paolo Pasolini, suivi de Dave au bord de mer, Paris, Stock (Théâtre Ouvert), 1978, avec la postface Du surjeu au surtexte
  • L'Impossible Royaume, 1979
  • Sur les ruines de Carthage, Reims, revue-programme du centre dramatique national, no 6, février 1980
  • Aïda vaincue, Bruxelles, Cahiers du Rideau no 13, 1982
  • Fango (projet de pièce), Paris, Chaillot, no 6, juin 1982
  • Falsch, Paris, Éditions Théâtre National de Chaillot, 1983
  • Europa, Bruxelles,
  • Aïda vaincue, Paris, L'Arche, 1990
  • Dave au bord de mer, Paris, L'Arche, 1990
  • Sur les ruines de Carthage, suivi de Falsch, Bruxelles, Labor (Espace Nord), 1991

Notes et référencesModifier

  1. https://www.marxists.org/subject/jewish/spanjews.pdf
  2. https://www.hebrewsurnames.com/KALISKI
  3. http://www.benjidog.co.uk/allen/Images/ImagesR/R_MAIL17.jpg
  4. http://www.theyard.info/ships/ships.asp?entryid=426
  5. https://collections.ushmm.org/search/catalog/irn532672
  6. AJPN : Assignation à résidence En septembre 1939 débute la Seconde Guerre mondiale. Le 10 mai 1940, l'Allemagne envahit la Belgique et la Hollande. Des centaines de milliers de personnes fuient devant les chars et les bombes. A partir du 20 mai plus de 1200 réfugiés belges arrivent à Revel et dans les autres communes du canton. La France est envahie et Pétain signe l'armistice le 22 juin 1940. Le 10 juillet, la quasi totalité des parlementaires rassemblés à Vichy lui confie les pleins pouvoirs pour instaurer "l'État français". Tandis que de nombreux réfugiés belges repartent chez eux dès septembre 1940, les familles juives restent dans le canton de Revel. Mais, après un premier statut des Juifs (une initiative de Vichy ne répondant à aucune demande des occupants), datée du 3 octobre, la loi du 4 octobre autorise les préfets à interner "les ressortissants étrangers de race juive". Un recensement des juifs étrangers du canton de Revel est effectué dès septembre. Une circulaire du préfet engage un véritable processus d'épuration ethnique en supprimant les allocations aux réfugiés étrangers ou apatrides. Ainsi, en octobre et novembre 1940, de nombreux étrangers juifs sont internés dans un des multiples camps de la région (Noé, Récebédou, Septfonds, etc.) ou assignés à résidence. La politique raciale de Vichy se poursuit : un second statut des juifs du 3 juin 1941 aggrave encore leur situation. Un commissariat général aux questions juives est créé. La loi de juillet 1941 établit le recensement obligatoire des juifs en zone sud, qu'ils soient français ou étrangers. Une "aryanisation" des biens juifs est organisée pour faire main basse sur leurs entreprises ou commerces. Pendant l'été 1942, les persécutions s'accélèrent. René Bousquet, secrétaire général de la police, prépare avec Karl Oberg, chef de la police et de la S.S. en France, une vaste opération visant à faire arrêter par la police française 25.000 juifs étrangers ou apatrides de Paris et de la banlieue. C'est la rafle du Vel d'hiv du 16 juillet 1942 qui aboutit à l'arrestation de 13.000 juifs qui seront déportés à Auschwitz, environ la moitié des prévisions. Beaucoup d'hommes informés ont pu se cacher, ignorant la décision de Vichy du 10 juillet 1942 de déporter des familles entières "Dans une intention d'humanité, le chef du gouvernement a obtenu - contrairement aux premières propositions allemandes - que les enfants y compris ceux de moins de 16 ans soient autorisés à accompagner leurs parents". C'est ainsi que le 26 août 1942, des familles juives sont arrêtées dans le canton de Revel. Toutes ces arrestations ont lieu en zone dite "libre". Après un bref séjour à Noé puis à Drancy, ces familles sont déportées le 4 septembre 1942, par le convoi n° 28 composé de près de 1.000 personnes vers Auschwitz. Avant l'arrivée de ce convoi, environ 200 hommes sont sélectionnés pour les camps de travaux forcés. Le reste du convoi est immédiatement gazé."
  7. http://www.lesoir.be/archive/recup/%252Fm%252Fla-famille-kaliski-au-musee-juif-de-belgique_t-20071012-00DAEU.html
  8. a b et c Agnese Silvestri, René Kalisky, une poétique de la répétition, New York, Oxford, Wien, 2006. 415 p.
  9. a et b Paul Aron, La mémoire en jeu: une histoire du théâtre de langue française en Belgique (XIXe – XXe siècle) Théâtre national de la communauté française de Belgique, 1995 - Performing Arts - 380 pages
  10. Philip Roth, « Ma Vie D'Homme », Un glorieux désastre in Le Nouveau Magazine littéraire 2018.
  11. https://www.lemonde.fr/livres/article/2012/10/19/les-doubles-je-de-philip-roth_1777288_3260.html
  12. a et b "Créer c'est d'abord prendre fond sur son ambivalence à soi, et s'abriter derrière son intellect, et non penser sur, à propos de, glisser entre, etc. C'est un travail pré-mâché, sécurisant pour celui qui le fait, et cela dans la mesure où li lui permet d'illustrer en quelque sorte sa névrose dès le départ. Mais dans une société où l'on ne parle plus, où l'on ne lit plus, où l'on écoute plus, vous pouvez tout obtenir, tout espérer avec des images. On se satisfait donc du moins dangereux des arts, du moins ambigu des arts, celui des apparences..." dans KALISKY (René), « Je refuse d’être mis plus longtemps à l’essai », in Alternatives théâtrales, n°31-32 (Une scène à faire), mai 1988, http://www.colline.fr/sites/default/files/archive/ddp_aida.pdf
  13. https://www.lesinrocks.com/2009/10/05/actualite/philip-roth-notre-epoque-est-un-enfer-de-debilite-1137041/
  14. Archives et Musée de la Littérature, Bibliothèque Royale, Lettre de René Kalisky adressée à sa mère et son frère Jim, correspondance (1976) ML 11112/0010 1 lettre tapuscrite ; 29.7 Français (version originale) Lettre aut. s., datée du 28 juin 1976 à Paris Kaliski, Chaïm, dit Jim (BE:1929-2005)
  15. Serge Goriely, Le théâtre de René Kalisky. Tragique et ludique dans la représentation de l'histoire , 2008, Bruxelles, Bern, Berlin, Frankfurt am Main, New York, Oxford, Wien: Peter Lang
  16. « Je refuse d’être mis plus longtemps à l’essai », in Alternatives théâtrales, n°31-32 (Une scène à faire), mai 1988, http://www.colline.fr/sites/default/files/archive/ddp_aida.pdf
  17. Rêveries à propos de Trotsky, etc. de René Kalisky, Michael Delaunoy Études théâtrales 2011/1 (N° 50) (ISBN 9782930416335) Éditeur : L'Harmattan
  18. Antoine Vitez, interviewé par Jacques De Decker, dans Le Soir, 12 avril 1983
  19. René Kalisky, « Du surjeu au surtexte », in La Passion selon Pier Paolo Pasolini, Dave au bord de mer, Paris, Stock, coll. « Théâtre Ouvert », 1978, p. 219.
  20. René Kalisky (1936-1981) et la hantise de l’Histoire, Pierre Piret, Frankfurt am Main-Berlin-Bern-New York-Paris-Wien, Peter Lang, coll. Studien und Dokumente zur Geschichte der romanischen Literaturen vol. 32, 1998, VII-98 p. « La relation entre dramaturgie et histoire réside également au cœur du texte qu’Anne Neuschäfer consacre à l’amitié féconde qui lia René Kalisky et Antoine Vitez. Analysant les textes consacrés par le second au premier, ainsi que ses trois mises en scène, l’auteur montre que la pensée brechtienne fut le ciment de cette amitié, et que la confrontation avec cette pensée, qu’il s’agissait pour l’un comme pour l’autre de dépasser parce qu’elle était liée à son temps, fut le fondement de l’influence que les deux hommes eurent l’un sur l’autre, influence encore vivace après la mort de Kalisky, comme le montre l’analyse de la troisième mise en scène que Vitez fit d’Électre (Sophocle). L’auteur fait très bien apparaître également le malentendu relatif qui accompagna la percée de Kalisky en France, avec Le Pique-nique de Claretta : Vitez avait « brechtisé » la pièce. »
  21. https://www.lemonde.fr/archives/article/1980/03/08/sur-les-ruines-de-carthage-de-rene-kalisky_2815654_1819218.html
  22. https://www.lemonde.fr/livres/article/2013/02/14/philip-roth-je-ne-veux-plus-etre-esclave-des-exigences-de-la-litterature_1831831_3260.html
  23. http://www.lefigaro.fr/theatre/2008/11/27/03003-20081127ARTFIG00484-les-auteurs-les-plus-joues-au-theatre-.php
  24. Le théâtre français en quête de hauteur, Le Figaro, 2010, par Mahaut Chantrel, http://www.lefigaro.fr/theatre/2010/10/04/03003-20101004ARTFIG00685-le-theatre-francais-en-quete-de-hauteur.php
  25. Une dramaturgie inclassable : le cas de René Kalisky (Agnieszka Kukuryk) in "Le théâtre à (re)découvrir II"Berlin, Bern, Bruxelles, New York, Oxford, Warszawa, Wien, 2018
  26. http://www.alternativestheatrales.be/catalogue/revue/29-30
  27. «Sabine Schmitz présente une analyse de la même pièce en se basant sur un texte théorique important de Kalisky, La Séduction pour tuer le mensonge. Elle tâche de montrer comment, en réaction contre Brecht (mais il faudrait dire plutôt le brechtisme !), le dramaturge invente une nouvelle conception de la séduction, qui se traduit par l’usage spécifique qu’il fait du procédé du théâtre dans le théâtre.» dans René Kalisky (1936-1981) et la hantise de l’Histoire Actes du colloque international organisé à l’Université d’Osnabrück du 28 au 30 octobre 1996. Édités par Hans-Joachim Lope et Anne Neuschäfer. Frankfurt am Main-Berlin-Bern-New York-Paris-Wien, Peter Lang, coll. Studien und Dokumente zur Geschichte der romanischen Literaturen vol. 32, 1998, vii-98 p.
  28. [Vitez, Antoine, « Kalisky était un OVNI dans le théâtre français contemporain », interviewed by Jacques De Decker, in Le Soir, April 12th 1983]
  29. [Vitez, Antoine, «  MORT DE RENÉ KALISKY Comme un écolier, Le Monde, 1981]
  30. Le "Surtexte" in Encyclopædia Universalis [1]
  31. https://www.britannica.com/biography/Rene-Kalisky
  32. Du Surjeu au surtexte" dans "Dave au bord de mer", Paris, L'Arche, 1992, pp. 91-109
  33. ANCRAGES DE L'OEUVRE KALISKIENNE Entretien de Marc Quaghebeur avec Daniel Laroche – Extraits, 1990 http://www.colline.fr/sites/default/files/archive/ddp_aida.pdf
  34. http://ricerca.repubblica.it/repubblica/archivio/repubblica/1989/04/15/vitez-vediamo-un-po-com-era-il.html?ref=search
  35. La Passion vidéo
  36. https://www.comedie-francaise.fr/fr/evenements/aida-vaincue90-91
  37. [2]
  38. https://www.comedie-francaise.fr/fr/comediens-de-la-troupe
  39. https://www.comedie-francaise.fr/fr/artiste/claude-mathieu
  40. https://www.comedie-francaise.fr/fr/artiste/alberte-aveline
  41. https://www.comedie-francaise.fr/fr/artiste/jean-yves-dubois
  42. https://www.comedie-francaise.fr/fr/artiste/dominique-constanza
  43. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b90649840/f1.planchecontact
  44. books.google.fr
  45. bnf.fr
  46. Pierre Halen. Falsch, ou le combat de la parole avec l’art. Hans-Joachim Lope, Anne Neuschäfer. René Kalisky et la hantise de l'Histoire, Oct 1996, Osnabrück, Allemagne. Peter Lang, René Kalisky (1936-1981). « René Kalisky et la hantise de l'Histoire ». Actes du colloque international organisé à l'Université d'Osnabrück du 28 au 30 octobre 1996, pp. 27-40, 1998, Studien und Dokumente zur Geschichte der Romanischen Literaturen.
    Résumé : Analyse de l'adaptation cinématographique de la pièce Falsch (1983) de René Kalisky par les frères Dardenne (1987). Qu'il s'agisse des lieux scéniques ou des personnages, la différence entre les deux productions, malgré l'évidente fidélité dans la transposition, pourrait trouver à s'expliquer en partie par la logique du canal utilisé (l'image), mais davantage encore par l'adoption, chez les frères Dardenne, d'un point de vue légèrement différent de l'ambivalence kaliskienne, au profit d'une position plus prophétique et moins liée au soupçon anthropologique radical de la génération de l'écrivain.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Serge Goriely, Le Théâtre de René Kalisky, Bruxelles, PIE Peter Lang, 2008
  • Gilbert Debussher, D'Aristote à Kalisky, Bruxelles, université de Bruxelles, 2004
  • Agnese Silvestri, René Kalisky, une poétique de la répétition, New York, Oxford, Wien, 2006, 415 p.
  • Marc Quaghebeur, « Ballet de la déception exaltée : Jim le téméraire de René Kalisky » in : Écritures de l'imaginaire: dix études sur neuf écrivains belges, Bruxelles, Labor (Archives du futur), 1985, p. 159-211
  • Anne-Françoise Benhamou, « Kalisky, Vitez et le temps enroulé » in L'Art du théâtre, Actes Sud, 1989, Antoine Vitez à Chaillot, pp. 108-110
  • Michaël Delaunoy, Rêveries à propos de Trotsky, etc. de René Kalisky, L'Harmattan, « Études théâtrales », 2011

Liens externesModifier