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Saint-Servais (Finistère)

commune française du département du Finistère
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Saint-Servais.

Saint-Servais
Saint-Servais (Finistère)
Enclos paroissial.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Arrondissement Morlaix
Canton Landivisiau
Intercommunalité Pays de Landivisiau
Maire
Mandat
Bernard Michel
2014-2020
Code postal 29400
Code commune 29264
Démographie
Gentilé Saint-Servaisiens
Population
municipale
781 hab. (2016 en augmentation de 1,17 % par rapport à 2011en augmentation de 1,17 % par rapport à 2011)
Densité 76 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 31′ nord, 4° 09′ ouest
Superficie 10,29 km2
Localisation

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Liens
Site web http://www.saint-servais-29.fr/

Saint-Servais [sɛ̃sɛʁvɛ] (en breton : Sant Servez) est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.

GéographieModifier

Site et situationModifier

 
Carte de la commune de Saint-Servais (Finistère).

Saint-Servais est une commune du Léon située à l'ouest de Landivisiau et à l'est de Landerneau. Le finage communal (qui dessine approximativement un rectangle étiré dans le sens nord-sud) est formé pour l'essentiel d'un morceau du plateau du Léon dont l'altitude est aux environs de 100 mètres (le point culminant est à 116 mètres dans le nord du territoire communal, à l'intérieur du périmètre de la Base d'aéronautique navale de Landivisiau qui est pour partie située dans la commune), le bourg étant vers 80 mètres d'altitude ; plusieurs vallées encaissées limitent la commune, principalement celle de l'Élorn au sud (ce fleuve côtier coule vers 25 mètres d'altitude et sépare Saint-Servais de Pont-Christ, qui fait partie de la commune de La Roche-Maurice), mais aussi celle d'un de ses affluents de rive droite : le ruisseau de Brézal à l'ouest (qui sert de limite avec Plounéventer) ; les versants encaissés des deux vallées précitées sont restés boisés. Le petit fleuve côtier la Flèche a sa source à la limite nord de la commune, séparant Saint-Servais de Plougar.

Transports et habitatModifier

La commune est traversée à sa limite sud par l'ancienne route royale de Paris à Brest, devenue ensuite Route nationale 12, et désormais simple route départementale 712 depuis la construction de la voie express RN 12 qui traverse désormais la partie centrale de la commune, la coupant littéralement en deux sans que la commune ne soit directement desservie (si l'aire de repos dite de Saint-Servais est sur le territoire communal, les deux échangeurs permettant d'accéder à cette voie expresse sont l'un, à l'est, celui de la Croix des Maltotiers (Landivisiau-Ouest) et l'autre, à l'ouest, celui de Prat Lédan, est situé sur la commune de Plounéventer. Le bourg de Saint-Servais est desservi par la route départementale 32 allant de Landivisiau à Lesneven.

La partie nord du territoire communal est coupée en deux par l'emprise de la Base d'aéronautique navale de Landivisiau : plusieurs hameaux et fermes isolées (Coz Feunteun, Keroualar, Spern ar Bic, Kervilien, ..) dépendant de Saint-Servais ne sont reliés au bourg qu'en contournant la dite base, soit par l'ouest (en passant par le territoire des communes de Saint-Derrien et Plounéventer), soit par l'est (en passant par Bodilis).

La commune est restée essentiellement rurale, avec un paysage de boacage et un habitat dispersé en hameaux et fermes isolées ; des lotissements se sont toutefois créés ces dernières décennies au sud du bourg traditionnel (quartiers du Ménez et de Roc'h Glaz).

ToponymieModifier

Saint Servais (Sainst Servaix en 1609, Saint Serves en 1640), en breton Sant Servez Kallag, doit son toponyme au saint éponyme Servais de Tongres[1], honoré également à Saint-Servais (Côtes-d'Armor) et, entre autres, à Maastricht.

HistoireModifier

Moyen ÂgeModifier

Selon Arthur de la Borderie, les Occismiens auraient été battus sur la lande de Lan ar Boanniou par des "païens", peut-être par des Normands vers 919-921.

Saint-Servais fut érigée en trève de Plounéventer en 1587, et faisait partie de l'archidiaconé de Kemenet-Ily relevant de l'évêché de Léon.

Époque moderneModifier

Révolution françaiseModifier

En 1792, en réponse à une enquête, la municipalité de Saint-Servais répond que le nombre de personnes « qui ont besoin d'assistance » est de 116 (sur 726 habitants)[2].

En mars 1793, Kernilis fit partie, avec Guissény, Plounéventer, Ploudaniel, Plouguerneau et Kerlouan, des communes condamnées à payer en tout 40 600 livres de dédommagement pour s'être rebellée contre le gouvernement républicain[3] (Saint-Servais eut à payer 250 livres[4]).

En 1799, il n'y a plus que 46 marchands de toiles à Saint-Thégonnec (mais c'est encore la commune où ils sont les plus nombreux), 26 à Guiclan, 23 à Plouvorn, 16 à Bodilis, 10 à Landivisiau, 4 à Saint-Servais, etc.[2].

Le XIXe siècleModifier

A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Saint-Servais en 1853 :

« Saint-Servais ; commune formée de l'anc. trève de Plounéventer ; aujourd'hui succursale. — […] Princip. vill. : Ꝃvisien, Ꝃoualar, Mezcouez, le Guern, Lezlem, Penhoat, Ꝃivin. — Superf. tot. : 1 029 hect., dont […] ter. lab. 526, prés et pât. 89, bois 48, landes et incultes 264, sup. des prop. bât. 7 ; cont. non imp 45. Const. div. 130 ; moulins : 5 (de Penvern, de Ꝃivin, de Lezlem, à eau). ☞ La route de Brest à Paris traverse cette commune de l'est à l'ouest. — Le pont de Ꝃivin, station connue de nivellement, est à 55 m. 28 c. au-dessus du niveau de la mer. — Géologie : çà et là granite amphibolique. — On parle le breton.[5] »

L'ossuaire de Saint-Servais servit un temps d'école vers le milieu du XIXe siècle[2]. En 1887 la commune de Saint-Servais fut dans l'obligation de construire une école publique de filles afin de respecter la loi du 30 octobre 1886 sur les constructions d'office qui oblige les communes dépourvues d'école publique à en construire une[6].

Le pourcentage de conscrits illettrés à Saint-Servais entre 1858 et 1867 est de 41 %[7].

Le XXe siècleModifier

La Belle ÉpoqueModifier

Le dernier décollement de chef connu en Bretagne fut celui du peintre Yan' Dargent réalisé selon sa volonté dans le cimetière de Saint-Servais en 1907 :

« La tombe fut ouverte, le cercueil descellé et, sur le vœu du fils du défunt, M. le recteur de la paroisse prit avec respect la tête du mort, la sépara sans grande difficulté du tronc, et la remit dans une petite châsse en zinc près du chef de sa mère. C'était le matin. Dans l'après-midi, toute la paroisse, fière de son peintre, assista à la funèbre cérémonie. Les écoles eurent congé, les autorités portèrent les glorieux restes jusqu'à la chapelle[8]. »

La Première Guerre mondialeModifier

 
Le monument aux morts de Saint-Servais (Finistère)

Le monument aux morts de Saint-Servais porte les noms de 30 soldats morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale ; parmi eux deux au moins (Yves Diverrez et Isidore Rolland) sont morts à Thessalonique (Grèce) en 1916 dans le cadre de l'expédition de Salonique ; un au moins (Jean Couloigner) est mort en Belgique en 1917 ; la plupart des autres sont décédés sur le sol français[9].

La tombe du sergent Yves Morry[Note 1], mort au combat en 1915 dans la Somme a été retrouvée en 2019 par sa petite-fille au cimetière anglais de Thiepval[10].

La Seconde Guerre mondialeModifier

Le monument aux morts de Saint-Servais porte les noms de sept personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale ; parmi elles Jean Abgrall[Note 2], mort au Liban, alors mandat français[9].

Le barde autonomiste Auguste Bocher, originaire de Saint-Servais, aurait aussi été assassiné, ainsi que son frère, à Duault par des résistants du maquis de Callac[11], mais ce fait est nié par certains, qui accusent de faux résistants d'être les auteurs de ce meurtre[Note 3].

Politique et administrationModifier

Liste des mairesModifier

Liste des maires successifs[12]
Période Identité Étiquette Qualité
1793 1798 Guillaume Corre    
1799 1813 Jean Boderiou[Note 4]    
1813 1815 Jacques Guennegan    
1816 1817 Nicolas Abhervé Guéguen[Note 5]    
1818 1829 Yves Le Bras[Note 6]   Cultivateur
1830 1831 Claude Mével    
1832 1845 Jean Kerdilès[Note 7]   Cultivateur. Gendre d'Yves Le Bras, maire entre 1818 et 1829.
1845 1847 Jean Marie Boderiou[Note 8]   Fils de Jean Boderiou, maire entre 1799 et 1913.
1847 1848 Hervé Pouliquen    
1848 1850 François Marie Abhervé Guéguen[Note 9]   Fils de Nicolas Abhervé Guéguen, maire en 1816-1817.
1852 1871 Yves Marie Kerdoncuff[Note 10]   Propriétaire. Célibataire.
1871 1876 Alain Boderiou[Note 11]   Fils de Jean Marie Boderiou, maire entre 1845 et 1847.
1876 1881 Yves Marie Kerdoncuff   Déjà maire entre 1852 et 1871.
1882 1887 Jacques Kerdoncuff[Note 12]   Célibataire. Frère d'Yves Marie Kerdoncuff, maire précédent.
juin 1887 août 1887 Jean Moysan    
1887 1889 Ollivier Kerdilès[Note 13]   Propriétaire cultivateur. Fils de Jean Kerdilès, maire entre 1832 et 1845.
1889 1900 Jean Louis Kerdoncuff[Note 14]   Célibataire; Frère d'Yves Marie et de Jacques Kerdoncuff, maires précédemment.
1900 1912 Ollivier Kerdilès   Déjà maire entre 1887 et 1889
1912 1940 Olivier Le Gall[Note 15]    
1940 1944 Jean Louis Kerdilès[Note 16]   Fils d'Ollivier Kerdilès, maire entre 1887 et 1889 et entre 1900 et 1912
1944 1977 Jean Joseph    
1977 1989 Isidore Mazurié    
1989 2001 Bernadette Brenaut    
2001 2014 Laurent Mazurié    
2014 En cours Bernard Michel DVD Employé
Les données manquantes sont à compléter.

JumelagesModifier

MonumentsModifier

 
Le calvaire.

La commune abrite deux monuments historiques :

  Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

  • la stèle antique à rainures et croix de Kroaz Téo, datant de la période antique et classée par arrêté du [14].

MuséeModifier

  • Le musée Yan' Dargent[15].

ÉvénementsModifier

Personnalités liées à la communeModifier

NaissancesModifier

Article détaillé : Yan' Dargent.

DécèsModifier

DémographieModifier

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
699722509698774768762793787
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
779732723746738739750748723
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
743736747679663637581572534
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
501470426568505553637772781
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[16] puis Insee à partir de 2006[17].)
Histogramme de l'évolution démographique
 

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Yves Morry, né le à Saint-Servais (Finistère)
  2. Jean Pierre Abgrall, né le à Saint-Servais, soldat au 24e régiment mixte colonial, tué le à Beyrouth
  3. Auguste Bocher aurait été assassiné par des « résistants » de la dernière heure, qui auraient profité de la guerre pour assouvir une vengeance personnelle à l'encontre du régisseur du marquis de Kerouartz à Saint-Servais, à la suite d'une histoire de braconnage. Le jour de l'enterrement, ces personnages étaient ivres et ont sommairement assassiné le frère du barde, allant même jusqu'à danser sur son cadavre
  4. Jean Boderiou, né le à Saint-Servais, mort le à Saint-Servais
  5. Nicolas Abhervé Guéguen, né le à Leslem Bras en Saint-Servais, mort le à Leslem Bras
  6. Yves Le Bras, né le à Bodilis, mort le à Keranguéven en Saint-Servais
  7. Jean Kerdilès, né le 12 messidor an VIII à Plougourvest, mort le à Keranguéven en Saint-Servais
  8. Jean Marie Boderiou, né le [12 fructidor an V] à Saint-Servais, mort le à Saint-Servais
  9. François Marie Abhervé Guéguen, né le à Leslem Bras, mort le à Leslem Bras
  10. Yves Marie Kerdoncuff, né le à Kerantraon en Lanneuffret, mort le à Gamer Bras en Saint-Servais
  11. Alain Boderiou, né le à Leslem Bian en Saint-Servais, mort le à Saint-Servais
  12. Jacques Kerdoncuff, né le à Kerantraon en Lanneufret, mort le à Saint-Servais
  13. Ollivier Kerdilès, né le à Saint-Servais, mort le à Keranguéven en Saint-Servais
  14. Jean Louis Kerdoncuff, né le à Kerantraon en Lanneufret, décédé le à Gamer Bras en Saint-Servais.
  15. Olivier Le Gall, né le à Plounéventer, décédé le à Méchou en Landivisiau.
  16. Jean Louis Kerdilès, né le à Saint-Servais, mort le à Keranguéven en Saint-Servais

RéférencesModifier

  1. Bernard Tanguy, Dictionnaire des noms de communes, trêves et paroisses du Finistère, Chasse Marée-Ar Men, 1990, p. 205
  2. a b et c Jean Rohou, Fils de ploucs, t. 1, éditions Ouest-France, (ISBN 2-7373-3452-7)
  3. Charles-Laurent Marie, "Histoire de la Bretagne républicaine depuis 1789 jusqu'à nos jours", 1875, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57656266/f151.image.r=Ploun%C3%A9venter.langFR
  4. Prosper Levot, "Histoire de la ville et du port de Brest pendant la Terreur", consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k96132324/f88.image.r=guiss%C3%A9ny?rk=3326196;4
  5. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne, par Ogée, nouvelle édition revue et augmentée par MM. A. Marteville et P. Varin, Tome II, page 873, Rennes, 1853.
  6. Journal La Lanterne, n° du 6 septembre 1887, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7504517v/f3.image.r=Tr%C3%A9babu?rk=1008588;4
  7. Jean Rohou, Fils de ploucs, t. 2, éditions Ouest-France, (ISBN 978-27373-3908-0)
  8. La semaine religieuse de Quimper et de Léon, 1907.
  9. a et b http://www.memorialgenweb.org/memorial3/html/fr/resultcommune.php?idsource=22878
  10. Journal Le Télégramme de Brest et de l'Ouest, numéro du 2 juillet 2019.
  11. http://francoisemorvan.com/travaux/miliciens-contre-maquisards-ou-la-resistance-trahie/complements/
  12. http://www.archives-finistere.fr/sites/default/files/maires_saint-servais.pdf
  13. Notice no PA00090438, base Mérimée, ministère français de la Culture
  14. Notice no PA00090439, base Mérimée, ministère français de la Culture
  15. http://yan.dargent.free.fr Musée Yan' Dargent
  16. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  17. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.