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Moutiers-en-Puisaye

commune française du département de l'Yonne
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Moutiers.

Moutiers-en-Puisaye
Moutiers-en-Puisaye
Vue du village avec la mairie, le monument aux morts & en arrière-plan le clocheton de l'église.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Yonne
Arrondissement Auxerre
Canton Vincelles
Intercommunalité Puisaye-Forterre
Maire
Mandat
Claude Millot
2014-2020
Code postal 89520
Code commune 89273
Démographie
Population
municipale
288 hab. (2016 en augmentation de 2,86 % par rapport à 2011)
Densité 9,2 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 36′ 38″ nord, 3° 10′ 36″ est
Altitude Min. 207 m
Max. 297 m
Superficie 31,42 km2
Localisation

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Moutiers-en-Puisaye

Moutiers-en-Puisaye est une commune française située dans le département de l'Yonne en région Bourgogne-Franche-Comté.

Elle doit son nom à Moutiers qui signifie en ancien français « monastère ».
Par décret du 26 mars 1993, Moutiers, en un seul mot, s'est appelée Moutiers-en-Puisaye [1].

Son église possède des fresques médiévales parmi les plus importantes de Bourgogne.

GéographieModifier

AccèsModifier

HydrographieModifier

Le Loing et le Ruisseau Bourdon sont les principaux cours d'eau qui traversent la commune.

HameauxModifier

Communes limitrophesModifier

HistoireModifier

 
Une des fresques médiévales de l'église de Moutiers.

Antiquité, Haut Moyen ÂgeModifier

Appelé Melered dans l'Antiquité, Moutiers est citée au VIe siècle par l'évêque Aunaire comme établissement cénobitique en même temps que Saint-Sauveur (cella Mauri et cella Salvii). George Viole, bénédictin de l'abbaye de Saint-Germain au XVIIe siècle, faisait remonter l'existence de ces deux lieux à l'époque druidique des plus lointaines ; selon lui il y avait eu à Melered un des quatre autels druidiques les plus importants[2]. César parle de « l'assemblée générale des prêtres de la Gaule qui… se tenait chaque année dans un lieu consacré sur la frontière du pays des Carnutes »[3] - ce qui exclut la forêt d'Orléans, qui elle est en plein centre de leur ancien pays, d'autant plus que dans ce lieu consacré poussaient les plus grands arbres de la Gaule centrale. Or c'est bien du côté de Saint-Sauveur et Moutiers que les charpentiers sont venus chercher les géants nécessaires aux pièces maîtresses de leurs charpentes, et ce jusqu'au Moyen Âge et même plus tard pour les connaisseurs. Le pays des Carnutes s'arrêtait à Saint-Sauveur et Moutiers, où l'on y trouvait plus tard la même loi coutumière, celle de Lorris-Montargis[2].
Par ailleurs, les pèlerinages des Anglais de l'époque à Moutiers sont bien documentés jusqu'au Xe siècle. Le livre des Gestes des évêques d'Auxerre raconte que le père de Quintilien 26e évêque d'Auxerre, avait fait construire au VIIe siècle un monastère à Melered, ainsi qu'un hospice pour les Anglais « allant à Rome ». Seulement la Puisaye n'était, ni alors ni maintenant, sur le chemin d'aucune des routes pour Rome (sauf à passer par Vézelay) ; de plus, les chemins de la Puisaye de l'époque étaient caractérisés par leur impraticabilité qui a perduré jusqu'au XIXe siècle. À 4 km d'Auxerre le chemin de Moutiers quittait celui vers Autun. À cet endroit, entre les vallées de Beaulches[note 1] et de Vallan, avait été érigée une chapelle dédiée à sainte Walburge, d'origine anglo-saxonne, puisqu'elle était la fille de Richard d'Angleterre ; chapelle inscrite sur la carte de Cassini sous le nom de Sainte-Vaubonée[2].

La stratégie classique de l'Église, dans les cas de ténacité de l'ancienne religion, était et est de dédier le lieu à une figure de son propre panthéon ; ce qui fut fait et bien fait, puisque dès avant l'an 700 il y avait à Moutiers une chapelle dédiée à Notre-Dame de Melered, une église dédiée à saint Germain d'Auxerre, et vingt-six moines (un nombre remarquable pour un endroit aussi perdu dans la forêt) desservant l'une et l'autre, bien pourvus par Quintilien. Mal leur en prit d'être aussi riches : vers 730 Charles Martel fit main basse sur le tout pour récompenser ses guerriers, et en cinquante ans ceux-ci rendirent le monastère exsangue à force de tirer sur les revenus. L'hospice disparut dans la pauvreté[2].

IXe – Xe sièclesModifier

Sous Charles le Chauve au IXe siècle, Moutiers et Saint-Sauveur (ce dernier devenu entre-temps le siège d'un grand monastère) occupaient une position centrale, au moins géographiquement, dans le comté d'Auxerre. Charles le Chauve donne cette seigneurie à son oncle Conrad, frère de sa mère Judith. Sur la demande de protection émanant des moines, le monastère de Moutiers devient une succursale de l'abbaye de Saint-Germain d'Auxerre[4]. Des héritiers de Conrad, l'abbaye de Saint-Germain passe aux comtes d'Auxerre et entre l'an 800 et 1000, onze des quatorze évêques successifs sont des hommes de guerre ou de cour : les élections de ce poste en sont achetées, en argent, menaces, ruses ou promesses. La discipline se relâche, les moines quittent faute de revenus, la décadence sévit. Jusqu'à Henri le Grand duc de Bourgogne (de 965 à 1002), qui redonne son indépendance à Saint-Germain et ses domaines et la met entre les mains de Mayeul le saint abbé de Cluny. Mayeul redresse la barre puis fait nommer l'abbé Heldric à sa place.
Heldric confie le monastère de Moutiers à Théalde, qui en moins de quatre ans y installe de nombreux moines, leur fait relever tous les bâtiments notamment une église qui à elle seule est plus grande que les deux précédentes ruinées et contient treize autels (elle est consacrée en 998), redéfricher toutes les terres, rassembler toutes les biens et en racheter d'autres. Qui plus est, les pèlerinages, sources de revenus importants, ont repris plus que jamais car les reliques de saint Didier sont amenées en grande pompe des cryptes d'Auxerre. Les miracles abondent, peut-être aidés d'un peu d'alchimie pour ce qui est des bougies qui s'allument « toutes seules » à l'approche du sanctuaire[2],[note 2].

ÉconomieModifier

Politique et administrationModifier

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1953 1971 Georges Roudier PCF Ancien ouvrier métallurgiste
mars 2008 En cours Claude Millot[5]    

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[6]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[7].

En 2016, la commune comptait 288 habitants[Note 1], en augmentation de 2,86 % par rapport à 2011 (Yonne : -0,56 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
604630654762881873884950943
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 0099659649909951 0471 0159531 009
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 046851796667642645595506534
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2015
493414357327273292290282287
2016 - - - - - - - -
288--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[8] puis Insee à partir de 2006[9].)
Histogramme de l'évolution démographique
 

ÉconomieModifier

Culture et patrimoineModifier

 
La lapidation de saint Étienne, église de Moutiers, XIVe siècle

Lieux et monumentsModifier

Patrimoine naturel répertoriéModifier

La commune est concernée par deux ZNIEFF :

  • La ZNIEFF continentale de type 1 de la « roselière de l'étang de Moutiers et prairies de la vallée du Loing »[12], soit 263,34 hectares, concerne les deux communes de Moutiers et Saint-Fargeau.

La commune est comprise dans la Zone spéciale de conservation (ZSC) des « étangs oligotrophes à littorelles de Puisaye, à bordures paratourbeuses et landes »[13], un site d'intérêt communautaire (SIC) selon la directive Habitat qui couvre 551 hectares sur les 5 communes de Bléneau, Moutiers, Saint-Martin-des-Champs, Saint-Privé et Treigny.

Pour approfondirModifier

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BibliographieModifier

  • Le roman de David Ramolet, les Ombres de Craonne (2009, In octavo éditions), se passe partiellement à Moutiers-en-Puisaye, précisément au lieu-dit les Lorets.

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. La « vallée de Beaulches » est celle du ru de Beaulche, cours d'eau qui arrose Chevannes et Villefargeau et qui, dans cet endroit, coule parallèle au ru de Vallan.
  2. Gerbert, qui devient Sylvestre II en 999, a étudié l'alchimie de façon assez approfondie auprès des Arabes.

Notes sur la démographieModifier

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

RéférencesModifier