Ouvrir le menu principal

Dans la démocratie athénienne, les Prytanes sont des magistrats issus des Cinq-Cents élus de la Boulè ; ils exercent un rôle politique central, mais leur pouvoir est limité. Ils assument les missions d'organisation et d'encadrement du fonctionnement des institutions.

Sommaire

CompositionModifier

La Boulè est composée de 500 bouleutes, 50 par tribu. Les 50 délégués de chaque tribu exercent collectivement durant l'un des dix mois de l'année athénienne (trente-six jours) la magistrature de prytanes : c'est la prytanie de leur tribu.

Vie quotidienneModifier

À partir de la révolution isonomique de Clisthène, les prytanes résident jour et nuit, accommodés, logés et nourris par la cité, dans un bâtiment contigu au Bouleuterion : le Prytanée (τό Πρυτανεῖον). Ils se trouvent ainsi en mesure d'entrer en séance à tout moment. Ce bâtiment public abrite aussi les citoyens que la cité souhaite distinguer de ses honneurs, ainsi que ses invités illustres (ambassadeurs par exemple).

AttributionsModifier

Les prytanes exercent auprès de la Boulè (le Conseil) et de l'Ecclésia (l'assemblée des citoyens) un ensemble de rôles administratifs et religieux:

  • Les prytanes peuvent convoquer en séance la Boulê pour discuter et rédiger les probouleumata (προβούλευμα), propositions de loi à soumettre à l'Ecclésia.
  • Ils préparent et organisent la session de l'Ecclésia (au moins une session doit avoir lieu par prytanie):
    • convocation des citoyens (dispersés sur le territoire de l'Attique)
    • contrôle de l'accès à la Pnyx, colline dédiée au gouvernement
    • surveillance du déroulement des débats
    • au Ve siècle, décompte des suffrages (au IVe siècle, ce rôle est finalement attribué aux proèdres qui sont tirés au sort parmi les membres des neuf autres tribus).
  • Ils entretiennent le feu sacré de la cité dans la Tholos, une flamme qui ne doit jamais s'éteindre. La surveillance de ce bâtiment est confiée chaque jour aux membres d'une même trittye.

L'un de ces prytanes, tiré au sort, exerce pendant une journée la fonction d'épistate, président du Conseil. En pratique le chef d'État et Garde des Sceaux (sceau de la cité, clé du trésor, clé des temples). Il dirige les travaux de la Boulè et préside la séance de l’Ecclésia. Cette fonction n'était pas purement honorifique, puisqu'une graphè para nomon (ἡ γραφή παρά νόμων) pouvait être menée contre l'epistate (voir Boulè).

BibliographieModifier

[réf. non conforme]

  • Michel Humbert, Histoire des institutions politiques et sociales de l'Antiquité, éd. Dalloz, 8e édition.
  • Mogens H. Hansen, La Démocratie athénienne à l'époque de Démosthène, Paris, Texto, 2009.