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Révolte des Gueux

Soulèvement réclamant la liberté religieuse, précurseur de la guerre de Quatre-Vingts Ans
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Emblème des gueux.

La révolte des Gueux (connue en néerlandais en tant que Nederlandse Opstand, soit la « révolte néerlandaise ») est un événement qui a lieu aux Pays-Bas espagnols à partir de 1566 et dont le chef de file est Guillaume d'Orange[1]. Le soulèvement, réclamant la liberté religieuse, débouche sur la guerre de Quatre-Vingts Ans, opposant les révoltés néerlandais à l'Empire espagnol.

Sommaire

HistoriqueModifier

La révolte mêle une dissidence religieuse due à l'expansion du protestantisme à une opposition politique au roi d'Espagne représenté par la régente des Pays-Bas Marguerite de Parme siégeant à Bruxelles. Tous les révoltés ne sont cependant pas protestants. Un très grand nombre d'églises sont dévastées lors de cette révolte également qualifiée de « crise iconoclaste », car les protestants révoltés s'en prennent aux représentations, aux « images ». Le premier lieu de culte à être saccagé est le couvent de Saint-Laurent à Steenvoorde dans le Westhoek. La révolte se répand par la suite à travers l'ensemble des Pays-Bas du Sud, puis à Anvers et jusqu'aux portes de Lille. Une partie des iconoclastes est anéantie en 1566 après avoir été poursuivie dans les marais, entre Seclin, Houplin et Gondecourt, par les habitants de ces villages alors menés par Guislain de Haynin, seigneur du Breucq à Seclin.

Bien que les chefs révolutionnaires appartiennent à une partie de la noblesse (dont Guillaume d'Orange, le comte d'Egmont, le comte de Hornes, Henri de Brederode, Louis de Nassau, pour certains membres du Compromis des Nobles), le terme de « gueux » est revendiqué par les insurgés en référence à une remarque de Charles de Berlaymont, alors conseiller auprès du gouverneur général des Pays-Bas, à Marguerite de Parme. Par cette remarque qui veut la rassurer face à l'alliance des nobles, il déclare : « Ce ne sont que des gueux ». Par défi, des nobles se déguisent alors en gueux au cours d’un banquet patriotique dit banquet des Gueux, le 5 avril 1566, en l'hôtel de Culembourg à Bruxelles où ils paraissent habillés pauvrement, déguisés en gueux avec la devise « pauvres jusqu'à la besace ».

En 1568, l'exécution capitale, sur la grand-place de Bruxelles, des comtes d'Egmont et de Hornes, catholiques mais opposés à la politique d'oppression du roi d'Espagne Philippe II, marqua le début d'un soulèvement général du nord au sud des Pays-Bas qui englobent à l'époque la Hollande, la Belgique et le Nord de la France. Une véritable guerre s'ensuit, la guerre de Quatre-Vingts Ans, qui aboutit à l'indépendance prospère des Provinces-Unies — Pays-Bas actuels — reconnue par l’Espagne par le traité de Münster signé en 1648, tandis que les Pays-Bas du Sud, dénommés Belgica Regia, restent des territoires espagnols.

Notes et référencesModifier

  1. Lottin 2016, p. à préciser.

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • Alain Lottin et Solange Deyon, Les casseurs de l’été 1566 – L’iconoclasme dans le Nord de la France, Paris, Hachette, 1981.
  • Alain Lottin, La Révolte des Gueux : en Flandre, Artois et Hainaut, Villeneuve d'Ascq, Presses universitaires du Septentrion, .

Articles connexesModifier