Banquet des Gueux

Le banquet des Gueux est le nom donné à un banquet tenu à Bruxelles, en l'hôtel de Culembourg, le par des nobles signataires de la pétition dite compromis des nobles par laquelle ils formulaient leur opposition à la politique autocratique du roi d'Espagne Philippe II devenu souverain des Pays-Bas.

ContexteModifier

Philippe II avait écarté le gouvernement légal, nommé Conseil d'état, au profit d'un conseil restreint de trois membres, la Consulte, chargé d'appliquer une impitoyable politique envers la doctrine protestante, ce qui entraînait diverses restrictions — notamment dans l'exercice de la justice — aux droits des provinces, des villes et de la noblesse locale qui avaient été consentis, au long des siècles, par les pouvoirs successifs des ducs de Brabant et des ducs de Bourgogne.

Le banquetModifier

Le les signataires du Compromis se rendent en délégation au palais de Bruxelles pour remettre leur requête à la gouvernante Marguerite de Parme. Cette dernière ayant promis de suspendre les édits contre les hérétiques, le comte de Berlaymont, membre de la Consulte, qui était présent lors de l'entrevue, se serait exclamé : « ... comment, Madame, Votre Altesse a-t-elle crainte de ces gueux ! » ou « Ce ne sont là, madame, que des gueux »[1]. À la suite de ces propos injurieux, Florent de Pallant, comte de Culembourg, offrit aux signataires ce banquet en guise de défi au pouvoir. Les participants y parurent vêtus de couleur grise, portant une besace et une écuelle comme les mendiants et les gueux qui couraient les chemins, avec cette devise « pauvres jusqu'à la besace » qu'ils proclamèrent tout en portant des toasts au roi[2].

Notes et référencesModifier

  1. Biographie générale des Belges morts et vivants, (lire en ligne), p. 38
  2. Alain Lottin, « Nobles, calvinistes et Gueux en 1566 : trois figures de la révolte, Escobecques, Longastre, Hannescamps, Noblemen, Calvinists and Knaves in 1566 : Three Figureheads of the Revolt, Escobecques, Longastre, Hannescamps », Revue du Nord, no 395,‎ , p. 307–325 (ISSN 0035-2624, DOI 10.3917/rdn.395.0307, lire en ligne, consulté le 27 avril 2018)