Régine Deforges

écrivain et éditrice française

Régine Deforges[note 1], née le à Montmorillon dans la Vienne et morte le à l'hôpital Cochin, à Paris[1], est une romancière et éditrice française. D'un ton très libre, voire libertin, ses romans sont souvent des plaidoyers féministes défendant le droit des femmes à s'assumer seules, jusques et y compris dans leur sexualité, qui peut être le lesbianisme. Elle situe l'action de plusieurs de ses romans dans la campagne proche de Montmorillon et sur les rives de la Gartempe, dans la région poitevine.

Régine Deforges
Régine Deforges.JPG
Régine Deforges en 1996.
Fonction
Présidente
Société des gens de lettres
-
Biographie
Naissance
Décès
(à 78 ans)
Paris, France
Nom de naissance
Régine Marie Léone Deforges
Nationalité
Activité
Conjoint
Enfants
Autres informations
A travaillé pour
Distinction
Œuvres principales

BiographieModifier

Régine Deforges est la fille de Clément Deforges, né en 1900, et de sa femme Bernadette Peyon, née en 1910. Elle naît dans le Poitou à Montmorillon, où elle est élevée dans différentes institutions religieuses. À l'âge de 15 ans, on lui dérobe son journal intime, où elle consignait ses pensées et l'amour qu'elle éprouvait pour une fille de son âge. Cet épisode provoque un scandale local : renvoyée de son institution, elle est contrainte de brûler ses autres cahiers.

« J'ai obéi, jeté dans le poêle ce qui me tenait le plus à cœur. Ma vie intime s'envolait en fumée. J'ai décidé que je me vengerai, sans savoir comment[2]. »

Cet épisode lui inspire, bien plus tard, le livre Le Cahier volé[3]. Très tôt, les livres constituent son univers d’élection : elle devient tour à tour libraire, relieur, éditrice, scénariste, réalisatrice et écrivaine. Elle ouvre plusieurs librairies, tant à Paris qu’en province, et crée, en 1968, sa propre maison d’édition, L'Or du temps. Elle devient de ce fait la première éditrice française. Le premier livre qu’elle publie, Le Con d'Irène (sous le titre édulcoré « Irène »), attribué à Louis Aragon (1re éd. 1928), est saisi 48 heures après sa mise en vente, le . Elle sera, par la suite, condamnée pour « outrage aux bonnes mœurs » et privée de ses droits civiques pour cinq ans.

Elle publie ensuite un catalogue de livres écrits par des femmes (Les Femmes avant 1960). Elle publie une centaine d’ouvrages (notamment des livres d’Apollinaire, Gautier, Restif de la Bretonne et Mandiargues), dont la plupart font l’objet d’interdictions diverses voire, pour certains, de poursuites pour outrage aux bonnes mœurs. Parmi les romans érotiques contemporains, L'Or du temps publie notamment La Nue, de Michel Bernard. De nombreux procès et de lourdes amendes obligent Régine Deforges à déposer son bilan.

De 1989 à 1992 elle est présidente de la Société des gens de lettres. Elle est également membre du jury du prix Femina[Quand ?], dont elle démissionne en 2006 en solidarité avec Madeleine Chapsal à la suite de son exclusion ; et du comité d'honneur de la Maison internationale des poètes et des écrivains de Saint-Malo[4].

Elle tient également une chronique à L'Humanité, dont des recueils ont été publiés.

En , son indulgence pour la personnalité d'Israël Shamir, auteur du brûlot antisémite L'autre visage d'Israël lui vaut le retrait de son article depuis le site web de L'Humanité après une tempête médiatique initiée par Didier Daeninckx (Michel Wieviorka décrit l'évènement dans son livre La tentation antisémite)[5],[6].

Son roman La Bicyclette bleue, premier de trois tomes composant l'ouvrage, a connu un grand succès populaire (plus de dix millions d'exemplaires vendus), mais a valu à Régine Deforges quelques démêlés judiciaires avec les héritiers de Margaret Mitchell, auteur d'Autant en emporte le vent, qui ne sont pas parvenus cependant à convaincre les juges que Régine Deforges avait plagié l'Américaine. Voir à ce sujet : La_Bicyclette_bleue#Inspirations.

À titre personnel, elle est membre du comité d'honneur de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité[7] et cosigne en 2009 un texte réclamant la dépénalisation de l'euthanasie[8].

Vie privéeModifier

Alors qu'elle n'a pas 20 ans, elle rencontre l'industriel Pierre Spengler (1928-2001) (sans lien avec son homonyme le producteur) qui la demande en mariage.

Elle décide de jouer cela aux dés, au 421, et perd, si bien qu'ils se marient le [9]

Ils ont un fils, Franck Spengler, né le et aujourd'hui éditeur de littérature érotique[10].

Ils divorcent le .

En 1966, elle a une fille, Camille Deforges-Pauvert, responsable des relations libraires Belfond-Presses de la Cité, avec l'éditeur Jean-Jacques Pauvert. Il n'a reconnu Camille qu'à sa quarantaine ; il tente de s'en expliquer dans plusieurs pages de ses mémoires par le fait qu'il était déjà marié et père : « J'avais déjà deux enfants (sans compter ma première fille) ». Le grand responsable (enfin le grand déclencheur) de la décision de Jean-Jacques Pauvert de ne pas reconnaître Camille Deforges fut René Diatkine, le psychiatre [11].

Le , elle a une seconde fille Léa Wiazemsky, actrice, avec le dessinateur Pierre Wiazemsky, dit Wiaz, épousé le 30/01/1984.

Régine Deforges meurt le à l’hôpital Cochin, dans le 14e arrondissement de Paris, des suites d'une crise cardiaque, quelques mois après avoir terminé ses mémoires, L’Enfant du . Elle repose au cimetière du Montparnasse (3e division).

Ses trois enfants créent en 2015 le Prix Régine Deforges, organisé par la ville de Limoges, qui récompense des premières œuvres littéraires écrites par un auteur ou une autrice francophone[12].

EntretiensModifier

ŒuvresModifier

Romans et nouvellesModifier

ÉrotismeModifier

Cycle La Bicyclette bleueModifier

EssaisModifier

AnthologiesModifier

  • 1980 : Les Cent plus beaux cris de femmes (Cherche-Midi Éditeur)
  • 1999 : La Chanson d’amour, petite anthologie (Éditions Mango-Images)
  • 1993 : Poèmes de femmes (Cherche-Midi Éditeur)

ContesModifier

Livre audioModifier

Au cinémaModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Non pas Dé, Dè, Desforges mais Deforges[pertinence contestée].

RéférencesModifier

  1. « L’écrivaine Régine Desforges est décédée », Le Figaro, 3 avril 2014.
  2. Le Nouvel Observateur, Article Chez Régine, 3 octobre 2013, p. 104.
  3. Régine Deforges est morte, Libération, 3 avril 2014.
  4. Dodik Jégou et Christophe Penot, La Maison internationale des poètes et des écrivains, Éditions Cristel, Saint-Malo, 2002, 57 p. (ISBN 2-84421-023-6).
  5. Voir sur phdn.org.
  6. Voir sur books.google.be.
  7. Liste des membres du Comité de parrainage, site de l'ADMD.
  8. Un médecin plaide pour la liberté de choisir sa mort dans un livre, Le Nouvel Observateur, 18 février 2009.
  9. « Généalogie de "Pierre" Edi Jules SPENGLER », sur Geneanet (consulté le 12 janvier 2020)
  10. Josyane Savigneau, « Mort de Régine Deforges, l'auteure de « La Bicyclette bleue » », sur Le Monde.fr,
  11. Jean-Jacques Pauvert, La Traversée du livre, éd. Viviane Hamy, p. 423-427.
  12. Thomas Vincy, « Création d'un Prix Régine Deforges », Livres Hebdo,‎ (lire en ligne, consulté le 12 septembre 2017).
  13. Entretien avec R. Deforges, entretien réalisé par la revue étudiante de l'université Paris XII, le 27 novembre 2009.
  14. Leonardo Marcos et Sonia Rykiel, Les Filles du cahier volé, Éditions de la Différence, .

AnnexesModifier

Article connexeModifier

Liens externesModifier