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Quierzy

commune française du département de l'Aisne

Quierzy, (aussi connu sous le nom Quierzy-sur-Oise) est une commune du département de l'Aisne, dans la région des Hauts-de-France, traversée par la rivière Oise entre Noyon et Chauny dans le pays du Soissonnais. Ancienne villa royale aux temps des Mérovingiens puis palatium impérial avec les Carolingiens, c'est maintenant un paisible village.

Quierzy
Mairie-école.
Mairie-école.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Aisne
Arrondissement Laon
Canton Vic-sur-Aisne
Intercommunalité Chauny-Tergnier-La Fère
Maire
Mandat
Olivier Timmerman
2014-2020
Code postal 02300
Code commune 02631
Démographie
Population
municipale
428 hab. (2014)
Densité 53 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 34′ 17″ nord, 3° 08′ 39″ est
Altitude 45 m
Min. 38 m
Max. 73 m
Superficie 8,09 km2
Localisation

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Quierzy

Sommaire

GéographieModifier

 
Entrée de Quierzy.

Le village de Quierzy se trouve dans la vallée de l'Oise, aux confins nord du Soissonnais.

La rivière Ailette rejoint l'Oise à Quierzy.

L'Oise constitue la frontière naturelle avec le Noyonnais au nord, et le Soissonnais au sud, tandis que l'Ailette sépare le Soissonnais à l'ouest, du Laonnois à l'est.

Ces trois pays étaient avant 1789 tous rattachés à l'Île de France historique.

ToponymieModifier

Le nom de Quierzy évolua successivement en Cariciacum, puis Carisiacum, Charisagum, Karisiacum, et enfin Quierzy.

Charisilittae en 236, puis Carisiacus, Kiriacus, Chirisiacus, Karisy, Kerzy, Chérisy, Kierzy et enfin Quierzy tirerait son nom de Charisius, fondateur ou propriétaire de la villa gallo-romaine.

HistoireModifier

 
Stèle sur les Mérovingiens et Carolingiens
  • Le territoire actuel de la commune possède la particularité remarquable de se trouver à l’époque gallo-romaine aux confins de trois cités et de trois pays : la Civitas Suessionum des Suessions (capitale Soissons) et le Pagus Suessionicus rive sud de l’Oise, la Civitas Viromanduorum des Viromanduens (capitale Saint-Quentin) et le Pagus Noviomagensis rive nord de l’Oise et la Civitas Remorum des Rèmes (capitale Reims) et le Pagus Laudunensis rive nord-est de l’Ailette. Tous ces territoires faisaient partie de la province romaine de Gaulle Belgique (Gallia Belgica).
  • Lors de l'invasion romaine, la région est repeuplée par les Lètes, dont le fondateur de la villa serait Charisius.
  • 236 Quierzy est alors connu sous le nom de Charisilittae.
  • 605 : décès à Quierzy de Protade, maire du palais de Thierry II.
  • 22 octobre 741 : décès à Quierzy de Charles Martel, maire des palais d'Austrasie, de Neustrie et de Bourgogne. Le pouvoir est partagé entre ses deux fils Carloman et Pépin le Bref.
  • 754 : convaincu par Chrodegang, Pépin le Bref fait adopter par le concile de Quierzy la liturgie romaine et le chant grégorien.
  • Janvier 754 : réception du pape Étienne II par Pépin le Bref à Quierzy. Signature du traité de Quierzy créant les États pontificaux par la donation de l'exarchat de Ravenne. Le pape reconnaît en contrepartie la dynastie carolingienne. Cette donation est confirmée en 774, à Rome, par Charlemagne, fils de Pépin.
  • 762 : Pépin le Bref passe l'hiver à Quierzy.
  • Janvier 775 : assemblée des Grands à Quierzy. Préparation de l'invasion de la Saxe.
  • 804 : le pape Léon III rencontre Charlemagne à Quierzy avant de se rendre à Aix-la-Chapelle.
  • Septembre 838 : concile de Quierzy. Condamnation des moines de l'abbaye de Saint-Calais (diocèse du Mans). Condamnation de certains des avis liturgiques d'Amalarius de Metz[1],[2].
  • Décembre 842 : mariage à Quierzy de Charles le Chauve avec Ermentrude d'Orléans.
  • 853 : concile de Quierzy présidé par Hincmar, archevêque de Reims. Condamnation de Gottschalk d'Orbais[3].
  • 14 juin 877 : capitulaire de Quierzy, les charges comtales sont rendues héréditaires par Charles le Chauve avant son départ pour l'Italie. Naissance de la féodalité[4]
  • Après 891 : les Normands s'installent dans la région. Quierzy et ses environs sont complètement détruits par l'envahisseur nordique.
     
    La donation de Pépin (ou traité de Quierzy) au pape Étienne II (754)
  • Durant son règne, Hugues Capet, qui préférait résider en ville, donne ses terres de Quierzy à l'évêque de Noyon. Ce dernier y fait construire une forteresse pour se défendre du puissant seigneur de Coucy. La terre passe ensuite aux mains des Chérisy, puis des Montmorency, des Roye, des Halluin, des Brûlart de Sillery et des Bussy-Rabutin jusqu'à la Révolution.
  • 1914-1918 : Quierzy est occupé par l'armée allemande dès l'été 1914 et se trouve à proximité du front pendant toute la guerre. L'histoirien de l'art Georg Weise (1888-1978) de l'Université de Tübingen commence des déterrements à l'emplacement présumé du palatium impérial des Carolingiens (de l'août 1916 jusqu'au février 1917), depuis jamais reprises. En 1917, les Allemands contraints de se retirer détruisent systématiquement toute la région. Quierzy épargné est alors libéré une première fois par le 4e spahis. Dès mai 1917, la 3e Division de Cavalerie du 1er Corps de Cavalerie vient en aide à la population. Le village connaît d'importantes destructions en 1918 lors des batailles de l'Ailette et de l'Aisne avant d'être définitivement libéré en août 1918 par le 330e Régiment d’Infanterie.
  • La reconstruction : après les deux libérations, les femmes américaines de la section civile de l'AFFW, futur CARD, aident à la reconstruction de la région.
  • 1939-1945 : Quierzy est à nouveau le théâtre des combats décisifs de juin 1940 sur la ligne Weygand (secteur du 18e RTA de la 87e DIA).

Le village a l'honneur d'abriter les tombes de deux artilleurs du 320e Régiment d'Artillerie Coloniale Porté, morts pour la France le 5 juin 1940.

Quierzy est libéré le 2 septembre 1944 par les 4e DI américaine et 5e DB américaine.

Politique et administrationModifier

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
avant 1877 après 1879 Cavalier[5]    
mars 2001 en cours
(au 12 mai 2014)
Olivier Timmerman DVD Agriculteur
Réélu pour le mandat 2014-2020[6], [7]

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[8]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[9],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 428 habitants, en diminution de -4,46 % par rapport à 2009 (Aisne : -0,02 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
607 637 667 664 738 751 764 781 781
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
744 703 673 604 596 553 512 475 466
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
437 437 414 303 368 350 344 399 391
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2008 2013 2014
340 335 312 342 362 335 437 431 428
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[10] puis Insee à partir de 2006[11].)
Histogramme de l'évolution démographique
 

Culture locale et patrimoineModifier

Lieux et monumentsModifier

  • Il ne reste plus rien de la résidence royale des Pépinides et des Carolingiens, une trace des fossés est visible, dans les champs route de Manicamp (D 922) à la sortie de Quierzy.
  • L'actuel château de Quierzy a été rebâti au XVe siècle sur la forteresse des évêques de Noyon dont une tour est encore visible près des bords de l'Oise en direction de la gare.
  • Église Notre-Dame de Quierzy
  • Le monument aux morts
  • La stèle des Mérovingiens et Carolingiens.
  • Croix de chemin

Personnalités liées à la communeModifier

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Liber Pontificalis
  • Codice diplomatico longobardo
  • Annales Regni Francorum
  • Annales Vedastini
  • Ivan Gobry, Pépin le Bref, éd. Pygmalion
  • Georges Bordonove, Charlemagne, éd. Pygmalion
  • Abbé Th. Carlet, Abbé N. Caillet: Annales de Quierzy-sur-Oise, publié par le Comité Archéologique et Historique de Noyon, 1935
  • Georges Samson: Le Palais de Quierzy et les villas dépendantes de celui-ci du VIe au Xe siècle. Groupe Archéologique du Noyonnais, 1970/79
  • Georges Samson: Le palatinat carolingien de Quierzy-sur-Oise, Bulletin semestriel de la Société archéologique, historique et scientifique de Noyon, Juillet-Décembre 1993
  • Josiane Barbier: Quierzy, dans: Palais médiévaux (France-Belgique), 25 ans d'archéologie. Publications de l'université du Maine, 1994, p. 25–27
  • Jean-Pierre Boizette: Histoire du Peuple Franc – Le Palais de Quierzy, 2004

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

RéférencesModifier

  1. Concilium Carisiacense a. 838. m. Septembri (BNF)
  2. Acta spuria ad concilium Carisiacense spectantia a. 838 (BNF)
  3. Concile de Quierzy de 853
  4. Capitulaire de Quierzy (Hérodote.Net)
  5. Almanach historique administratif et commercial de la Marne de l'Aisne et des Ardennes, Matot-Braine, Reims, 1879, p223.
  6. Préfecture de l'Aisne consulté le 7 juillet 2008
  7. « Liste des maires de l'Aisne » [xls], Préfecture de l'Aisne, (consulté le 12 août 2014)
  8. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  9. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  10. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  11. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .