Prise d'otages des Jeux olympiques de Munich

prise d'otages et attaque terroriste

Prise d'otages aux Jeux olympiques de Munich
Image illustrative de l’article Prise d'otages des Jeux olympiques de Munich
Bâtiment où eut lieu la prise d'otages

Localisation Munich, Allemagne
Cible Athlètes israéliens
Coordonnées 48° 10′ 47″ nord, 11° 32′ 58″ est
Date 5 -
Type Prise d'otages
Morts 11 athlètes israéliens
5 terroristes
1 policier ouest-allemand
Organisations Septembre noir
Mouvance Nationalisme palestinien
Géolocalisation sur la carte : Allemagne
(Voir situation sur carte : Allemagne)
Prise d'otages des Jeux olympiques de Munich

La prise d'otages des Jeux olympiques de Munich (aussi appelée le massacre de Munich) a eu lieu au cours des Jeux olympiques d'été de 1972 à Munich en Allemagne de l'Ouest. Le , des membres de l'équipe olympique d'Israël ont été pris en otage et assassinés par des membres de l'organisation palestinienne Septembre noir.

Le bilan de la prise d'otages est de onze membres de l'équipe olympique israélienne assassinés et d'un policier ouest-allemand tué. Cinq des huit terroristes ont été tués, les trois autres capturés.

Contexte géopolitiqueModifier

Cet événement fait suite au traumatisme de la défaite de la guerre des Six Jours et à la résolution no 242 de l'ONU de 1967, qui exige qu'Israël restitue les terres conquises lors de cette guerre aux différents pays arabes[1]. En échange, ces États doivent reconnaître l'État d'Israël. Les Palestiniens sont alors placés sous occupation israélienne.

L'organisation Septembre noir tire son nom des événements de septembre 1970, qui ont vu les Jordaniens, l'O.L.P. (dont le FPLP de George Habache) et ses fedayins s'affronter très violemment[2] ; plus de 10 000 victimes palestiniennes sont dénombrées. À la suite, la Jordanie expulse l'OLP et ses soutiens du pays. Le Fatah est alors créé.

Le FPLP et le FDLP ont des connexions avec d'autres groupes révolutionnaires d'extrême-gauche tels que l'Armée rouge Fraction en Allemagne de l'Ouest, Action directe en France, les Brigades rouges en Italie, l'Armée rouge japonaise et la Tupamaros en Uruguay, dont certains participent à des actions sanglantes du FPLP[3],[4]. En 2021, l'organisation (Septembre Noir alias Fatah) est toujours placée sur la liste officielle des organisations terroristes de l'Union européenne[5].

Prise d'otagesModifier

Lors de la deuxième semaine des Jeux olympiques d'été de 1972, le à h 30 du matin, tandis que les athlètes israéliens dorment, huit membres de l'organisation terroriste palestinienne Septembre Noir, vêtus de survêtements afin de se faire passer pour des sportifs et transportant des sacs chargés de fusils d'assaut, de pistolets et de grenades, franchissent grâce à l'aide d’athlètes canadiens (même si on a longtemps cru qu'ils étaient américains) qui les ont pris pour des homologues, une clôture grillagée afin de s'introduire dans le village olympique[6]. Puis ils pénètrent dans l'immeuble au 31 Connollystraße, dans lequel se trouvent les deux appartements utilisés par la délégation israélienne, 21 sportifs et encadrants[7], dont ils possèdent les clefs d'entrée volées auparavant. Leur infiltration est facilitée par le fait que les dispositifs de sécurité et de surveillance sont considérés comme légers, les organisateurs voulaient des lieux plus accueillants pour effacer le souvenir des très controversées olympiades de 1936 à Berlin[8],[9].

Un membre de la délégation israélienne, Yossef Gutfreund (en), alerté par le bruit du commando qui vide ses sacs dans le hall de l'immeuble fait barrage avec son corps à la porte criblée de balles, tandis qu'il prévient ses camarades en criant « Attention, terroristes ! » La tentative de barrage de Gutfreund donne assez de temps à son compagnon de chambre, l'entraîneur d'haltérophilie Tuvia Sokolovsky, pour briser une fenêtre et se sauver. Moshe Weinberg (en), entraîneur de lutte, tente de s'interposer à son tour, mais les assaillants lui tirent une balle dans la joue, le forçant à leur indiquer où se trouvent ses autres camarades. Menant les intrus devant l'appartement 2, Weinberg ment en leur disant que les résidents de l'appartement ne sont pas des Israéliens, et les conduit à l'appartement 3 où les terroristes armés trouvent six lutteurs et haltérophiles israéliens devenant otages supplémentaires. Il est possible que Weinberg ait espéré que les hommes plus forts aient une meilleure chance de repousser les attaquants que ceux de l'appartement 2, mais ils ont tous été surpris dans leur sommeil[10]. Weinberg attaque de nouveau les terroristes, permettant ainsi à l'athlète Gad Tsobari (en) de s'échapper, et est aussitôt assassiné. Yossef Romano (en), un haltérophile, tente lui aussi de s'opposer aux terroristes avec un couteau à fruit ; il blesse l'un d'entre eux avant d'être abattu[7].

L'assaut des Palestiniens se solde par la prise d'otage de neuf membres de la délégation Israélienne. En plus de Yossef Gutfreund, les autres otages sont : l'entraîneur de tir sportif Kehat Shorr (en), l'entraîneur d'athlétisme Amitzur Shapira (en), l'entraîneur d'escrime André Spitzer (en), l'entraîneur d'haltérophilie Yacov Springer, les lutteurs Eliezer Halfin (en) et Mark Slavin, et les haltérophiles David Mark Berger (en) et Zeev Friedman. Les autres membres de la délégation réussissent à fuir en sautant des balcons ou en se cachant dans l'immeuble. À 4 h 47, une femme de ménage alertée par les coups de feu prévient le poste de sécurité du village olympique, qui envoie un garde non armé sur les lieux. Ce dernier aperçoit un homme encagoulé, arme à la main, derrière la vitre de l'immeuble.

À h 8, les terroristes font parvenir aux policiers leurs revendications, déclarant qu'à compter de 9 heures, ils abattront un otage toutes les heures et jetteront son corps dans la rue si celles-ci ne sont pas acceptées.

À h 15, une compétition de dressage hippique se déroule selon le programme[11].

NégociationsModifier

Le groupe terroriste demande la libération et le passage en Égypte de 236 militants palestiniens détenus en Israël, ainsi que de deux militants de la Fraction Armée Rouge, Andreas Baader et Ulrike Meinhof, détenus en Allemagne. Les liens entre ces deux groupes datent d', lorsque la FAR, peu après une évasion de Baader organisée par Meinhof, était partie dans un camp d'entraînement du Fatah en Jordanie sous le commandement d'Ali Hassan Salameh[4], le commanditaire du commando de Munich, un épisode fondateur pour les franges terroristes des mouvements d'extrême-gauche allemands.

La Première ministre israéliennne Golda Meir répond immédiatement et très fermement qu'il n'y aura aucune négociation. Afin de montrer leur détermination, les terroristes jettent du balcon le corps de Moshe Weinberg[12].

Une cellule de crise est mise en place par le gouvernement ouest-allemand, dirigée par le chef de la police munichoise Manfred Schreiber, le ministre de l’Intérieur Hans-Dietrich Genscher et le ministre de l’Intérieur bavarois Bruno Merk. Schreiber offre aux terroristes une quantité illimitée d'argent, qu'ils refusent. Selon le journaliste John K. Cooley, la réponse est « l'argent ne signifie rien pour nous ; nos vies ne signifient rien pour nous. » Toutefois, ils acceptent à cinq reprises de repousser leur ultimatum[7].

À 17 heures, ils demandent que soit mis à leur disposition un avion pour se rendre au Caire avec leurs otages. Les négociateurs exigent un contact direct avec les otages pour s'assurer qu'ils sont encore en vie. André Spitzer et Kehat Shorr, deux des Israéliens parlant couramment l'allemand, ont une brève conversation avec les responsables allemands alors qu'ils se tiennent à la fenêtre du deuxième étage du bâtiment assiégé, tenus en joue par deux terroristes palestiniens. Lorsque Spitzer tente de répondre à une question, il est matraqué avec la crosse d'un fusil d'assaut AK-47 et disparaît de la fenêtre.

Quelques minutes plus tard, Genscher et Walter Tröger, le maire du village olympique, sont brièvement autorisés à pénétrer dans les appartements afin de parler avec les otages. Tröger mentionnera la dignité avec laquelle les otages israéliens font face à la situation et note « qu'ils semblent résignés à leur sort ». Il remarque également que plusieurs des otages, en particulier Gutfreund, ont subi des sévices et que David Berger a reçu une balle dans l'épaule gauche. En outre, le corps de Yossef Romano semble avoir subi des mutilations génitales[13]. Genscher comme le légiste allemand ont totalement et immédiatement nié les allégations de torture ou de castration[14]. Genscher et Tröger déclarent avoir vu « quatre ou cinq assaillants » à l'intérieur de l'appartement [15]. Après avoir considéré divers scénarios en vue de libérer les otages, les autorités allemandes mettent à la disposition des terroristes un bus afin de les transférer avec leurs otages vers deux hélicoptères censés les transporter à l’aéroport de la base militaire Fürstenfeldbruck Air Base de l'OTAN.

DénouementModifier

Un Boeing 727 est positionné sur le parking de la Fürstenfeldbruck Air Base avec cinq ou six policiers armés à l'intérieur en tenue de membres d'équipage.

Le plan des Allemands est de maîtriser deux des terroristes avant d'inspecter l'appareil, ce qui doit donner aux tireurs d'élite une chance de tuer ceux restés dans les hélicoptères, puisqu'on estime qu'ils ne sont que deux ou trois. Toutefois, avec le transfert, la cellule de crise découvre que les terroristes sont au nombre de huit. À la dernière minute, alors que les hélicoptères sont sur le point d’atterrir à Fürstenfeldbruck, les policiers allemands à bord de l'avion votent pour l'abandon de leur mission sans consulter leur commandement central. Seuls les cinq tireurs d'élite restent en position afin d'essayer de neutraliser un groupe plus nombreux et plus lourdement armé qu'attendu.

Les hélicoptères atterrissent peu après 22 h 30 et six terroristes en sortent. Pendant que quatre terroristes gardent les pilotes en respect avec leurs armes, deux autres vont inspecter l'avion mis à leur disposition et le trouvent vide. Réalisant qu'ils sont tombés dans un piège, ils courent rapidement vers les hélicoptères vers 23 heures. Les autorités allemandes donnent l'ordre aux tireurs d'élite d'ouvrir le feu.

Les cinq tireurs d'élite allemands, recrutés en catastrophe dans des clubs de tir de la région, n'ont pas de contact radio entre eux et ne peuvent donc pas se coordonner. Ils ne sont pas équipés de gilets pare-balles et leurs fusils ne possèdent ni lunettes ni équipements de vision nocturne. Dans le chaos qui s'ensuit, deux terroristes se tenant près de l'un des pilotes sont tués et un troisième est mortellement blessé alors qu'il s'enfuit. Les trois qui restent détruisent un grand nombre de projecteurs. Un policier allemand se trouvant dans la tour de contrôle, Anton Fliegerbauer, est tué.

Les pilotes de l'hélicoptère parviennent à s'enfuir mais pas les otages qui sont attachés dans l'appareil[16].

Il s'ensuit des échanges de coups de feu pendant près d'h 15, au cours desquels la police allemande demande tardivement l'assistance de véhicules blindés. Ces derniers ne se trouvant pas sur place, ils mettent plus de 30 minutes pour parvenir à l'aéroport car ils sont retardés par de nombreuses voitures de curieux venus de l'agglomération de Munich.

Les véhicules blindés arrivent finalement vers minuit et permettent de débloquer la situation. D'après le journaliste américain John Cooley, à 0 h 04 le , l'un des terroristes saute du premier hélicoptère. Il se tourne et tire sur les otages, tuant Springer, Halfin et Friedman, et blessant Berger. Ensuite, il dégoupille une grenade et la jette dans la cabine de l'appareil où elle explose. Alors que le premier hélicoptère brûle, les autres terroristes tirent sur les camions de pompiers pour les empêcher de s'approcher, tandis qu'un dernier exécute à bout portant les cinq autres otages, Gutfreund, Schorr, Slavin, Spitzer et Shapira.

Trois des terroristes couchés sur le ventre à proximité, dont deux d'entre eux faisant le mort, sont capturés. Quarante minutes plus tard, avec l'aide de chiens et des gaz lacrymogènes, la police en retrouve un autre essayant de se cacher. La tentative d'arrestation échoue et il est tué dans une fusillade.

Les échanges de tirs prennent fin vers 0 h 30, près de trois heures après le début de la tentative de sauvetage menée par la police allemande. Selon un fonctionnaire allemand impliqué dans l'opération, celle-ci était « vouée à l'échec dès le départ ».

Les Allemands n'expliqueront pas de façon satisfaisante pourquoi ils n'ont pas déployé deux ou trois tireurs d'élite pour chaque terroriste ni l'équipement insuffisant des tireurs engagés dans l'opération.

ConséquencesModifier

 
Signature du livre de condoléances, ambassade d'Israël à La Haye (Pays-Bas), 6 septembre 1972

Le , Golda Meir, alors Premier ministre israélienne, appelle les autres pays à « sauver nos citoyens et condamner les actes criminels innommables ». L’événement est largement condamné à travers le monde, le roi Hussein de Jordanie le qualifie de « crime sauvage, crime contre la civilisation… perpétré par des esprits pervers »[17].

Les autorités allemandes emprisonnent les trois preneurs d'otages survivants, et réformeront le GSG-9 pour en faire une unité d'élite de la police fédérale spécialisée dans la lutte contre le terrorisme, capable de secourir plus efficacement les otages au cas où un tel incident viendrait à se reproduire.

Le , des avions de la force aérienne israélienne bombardent des bases de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) en Syrie et au Liban faisant environ 200 victimes.

 
Familles des victimes israéliennes arrivant à l'aéroport de Lod pour la cérémonie de remise des corps, 7 septembre 1972

Le , un avion allemand de la Lufthansa est détourné par des ravisseurs exigeant la libération des trois membres de Septembre noir retenus prisonniers en attente d'être jugés. Safady et les Al-Gasheys sont en conséquence libérés par l'Allemagne[18]. Certains observateurs[Qui ?] soupçonnent le gouvernement allemand d'avoir libéré les terroristes pour se défaire de la lourde tâche d'avoir à les juger et de rendre des comptes sur sa gestion de la crise et de ses conséquences pour la délégation israélienne. Ces remises en liberté font tomber les dernières réticences israéliennes[18] ; Israël n'a de cesse alors d'éliminer les terroristes responsables du massacre. Les services secrets arriveront à en tuer deux, le troisième ayant réussi à se cacher dans un pays africain[19].

ReprésaillesModifier

Pour « venger Munich » (et/ou pour cibler des sources du terrorisme palestinien en Europe[20]), le Mossad, dans le cadre de l'opération Colère de Dieu, prend pour cible des responsables de l'OLP, certains des commanditaires présumés ainsi que les représentants de l'OLP en Italie (le , Adil Zoutir, faux conseiller à l'ambassade libyenne, est tué à Rome), en France (à Paris : le , Mahmoud Hamchari est tué rue d'Alésia, le Basil al-Kubaisi rue Chauveau-Lagarde et le Mohamed Boudia rue des Fossés-Saint-Bernard), au Liban (le , trois Palestiniens sont tués) et à Chypre (le , Hussein al-Bachir y est tué)[21], jusqu'au , lorsque, finalement, furent tués les organisateurs du massacre de Munich (Abou Iyad et Abou Mohammed). Est également victime de ces représailles du Mossad Ahmed Bouchiki, Norvégien d'origine marocaine (et frère du musicien Chico Bouchikhi des Gipsy Kings) qui n'avait rien à voir avec la prise d'otages, et qui est abattu devant sa femme enceinte de leur fils. Il a été confondu avec Ali Hassan Salameh, numéro deux de l'OLP à l'époque ; en conséquence, l'opération Colère de Dieu est suspendue plusieurs années[22]. Cette série de représailles israéliennes s'achève en 1992 avec la mort par balles, à Paris, du Palestinien Atef Bseiso[23],[20].

Reprise des JeuxModifier

Le 6 septembre est organisée une cérémonie commémorative durant laquelle le président du Comité international olympique Avery Brundage, soupçonné d'antisémitisme depuis les années 1930, fait un discours saluant la force du mouvement olympique, sans mentionner les athlètes assassinés, et déclare que les Jeux doivent continuer[24],[25].

Les Jeux reprennent le lendemain. La plupart des 80 000 personnes présentes dans le stade olympique pour assister au match de football opposant l'Allemagne de l'Ouest à la Hongrie se comportent comme si rien ne s’était passé la veille. Lorsque apparaît une banderole portant l'inscription « 17 morts, déjà oublié ? » des agents de sécurité la saisissent et expulsent les spectateurs qui l'avaient déployée[26],[27].

Autres conséquences sportivesModifier

Début novembre 1972, les Israëliens du Hapoël Ramat Gan doivent se déplacer au Luxembourg pour affronter le HB Dudelange au premier tour de la Coupe des clubs champions de handball. Les autorités israéliennes réclament alors des dispositions exceptionnelles pour ces deux matchs (aller et retour) disputés à deux jours d'intervalle. Ainsi, les joueurs israéliens sont-ils hébergés à la garnison militaire de Diekirch et l'endroit des rencontres est tenu secret jusqu'au dernier moment ; les journalistes, seuls autorisés à assister à ces rencontres jouées à huis-clos, sont invités à ne pas révéler l'endroit prévu. Enfin, c'est sous la garde de nombreux policiers armés de mitraillettes que les deux équipes sportives s'affrontent en faveur du club de handball israélien, vainqueur des deux rencontres[28].

RévélationsModifier

Der SpiegelModifier

En , l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, s'appuyant sur un rapport du Service fédéral de renseignement (BND) révèle que deux militants néo-nazis, Willi Pohl et Wolfgang Abramowski[29], auraient aidé Septembre noir dans les préparatifs de la prise d'otage des athlètes israéliens. Der Spiegel affirme que le chef des services secrets de l'OLP avait chargé l'un d'eux de perpétrer des attentats et des prises d'otages, notamment à la cathédrale de Cologne (ouest) afin de venger la mort des cinq Palestiniens du commando tués par les policiers allemands[30].

IsraëlModifier

Fin août 2012, Israël rend publics « 45 dossiers classés secrets datés du 4 au 6 septembre 1972. Israël accuse l’État allemand d’« indifférence » et de « mauvaise gestion » du « risque sécuritaire » qui pesait sur les Jeux olympiques »[2].

Victimes de la prise d'otagesModifier

Délégation israélienne
Police allemande

Terroristes palestiniensModifier

Les terroristes impliqués sont :

Sur les huit terroristes connus des forces de police, cinq sont abattus dans l'opération ouest-allemande : Luttif Afif ("Issa"), Yusuf Nazzal ("Tony"), Afif Ahmed Hamid ("Paolo"), Khalid Jawad ("Salah"), Ahmed Chic Thaa ("Abu Halla").

Par la suite, Mohammed Safady et Adnan Al-Gashey auraient été éliminés lors d'une opération du Mossad - une version remise en cause par le journaliste israélien Aaron J. Klein (en), qui affirme que Safady a été tué par des phalangistes au Liban, et que Al-Gashey est décédé d'une malformation cardiaque congénitale.

L'un des cerveaux de l'attentat, Salah Khalaf, est assassiné en 1991 par une faction dissidente du Fatah, tandis que l'autre, Abu Daoud, décède dans son exil syrien en 2010.

CommémorationModifier

À l'occasion des Jeux de Londres, en 2012, le président du CIO, Jacques Rogge, s'oppose à une commémoration du 40e anniversaire de la prise d'otages sanglante de Munich, lors de la cérémonie d'ouverture des jeux Olympiques d'été[31]. Le rejet de cette demande de commémoration formulée par Israël, la Maison-Blanche, le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, et de nombreux parlements et personnalités à travers le monde a suscité une vive polémique et de nombreuses critiques. En revanche, il « fait observer une minute de silence à la mémoire des 11 victimes au cours d’une cérémonie consacrée à la trêve olympique, organisée sous l’égide de l’Organisation des Nations Unies », en juillet 2012[32].

Le 5 septembre 2012, l'Allemagne commémore la mémoire des victimes israéliennes des Jeux, lors du quarantième anniversaire de la prise d'otages. Sur les lieux du drame final, près de 500 représentants du monde politique et sportif se réunissent dont le ministre allemand de l’Intérieur Hans-Peter Friedrich, le vice-Premier ministre israélien Sylvain Shalom, des survivants de la délégation olympique israélienne de 1972, des proches des victimes, le maire du village olympique et le speaker de l’époque ainsi que plusieurs anciens sportifs médaillés[2],[33].

Deux jours avant le début des Jeux olympiques d'été de 2016 de Rio, lors d'une cérémonie dirigée par des responsables brésiliens et israéliens sur les lieux du deuil, le Comité international olympique honore les onze Israéliens et l'Allemand tués à Munich. Outre ces victimes, un hommage est également rendu aux deux victimes d'un attentat à la bombe aux Jeux d'Atlanta en 1996 et au lugeur géorgien Nodar Kumaritashvili, mort dans un accident aux Jeux olympiques d'hiver de 2010 à Vancouver[34].

Quarante-cinq ans après les faits, un mémorial constitué d'une zone d’exposition couvrant environ 500 mètres carrés, située sous un terrain engazonné entouré de tilleuls, est inauguré lors d'une cérémonie au parc olympique de Munich, en présence notamment de familles des victimes, du président d’Israël, Reuven Rivlin, du président allemand, Frank-Walter Steinmeier, du ministre-président de Bavière, Horst Seehofer et du président du CIO, Thomas Bach, en septembre 2017[35],[36].

Aux Jeux olympiques d'été de 2020, une minute de silence est observée lors de la cérémonie d'ouverture[37].

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

  • (en) J. K. Cooley, Green March Black September : The Story of the Palestinian Arabs, Londres, (ISBN 0-7146-2987-1)
  • Dahlke, Matthias (Munich 2006), Der Anschlag auf Olympia '72. Die politischen Reaktionen auf den internationalen Terrorismus in Deutschland, Martin Meidenbauer Verlag (ISBN 3-89975-583-9).
  • Daoud, M. (Abu Daaud) (New York, 2002) Memoirs of a Palestinian Terrorist (ISBN 1-55970-429-2)
  • (en) George Jonas, Vengeance : The True Story of an Israeli Counter-Terrorist Team, 1984.
  • Khalaf, Salah (Abu Iyad) (Tel Aviv, 1983) Without a Homeland : Conversations with Eric Rouleau
  • Morris, B. (New York, 1999 et 2001), Righteous Victims : A History of the Zionist-Arab conflict, 1881-2000, Vintage Books édition (ISBN 0-679-74475-4)
  • Reeve, S. (New York, 2001), One Day in September : the full story of the 1972 Munich Olympic massacre and Israeli revenge operation 'Wrath of God' (ISBN 1-55970-547-7)
Articles de presse

FilmographieModifier

Documentaires télévisés

Notes et référencesModifier

  1. Xavier Baron, Les Palestiniens : genèse d'une nation, Seuil, (ISBN 2-02-060160-5 et 978-2-02-060160-3, OCLC 53970370, lire en ligne), p. 518
  2. a b et c Florence Massena, « L’Allemagne commémore, 40 ans après, le « massacre de Munich » », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne, consulté le )
  3. Aburish, K. Saïd (1998), From Defender to Dictator, New York : Bloomsbury Publishing, pp. 101-102, (ISBN 1-58234-049-8)
  4. a et b "LEFT-WING TERRORISM IN THE FEDERAL REPUBLIC OF GERMANY" par Bruce Allen Scharlau, à l'Université de Saint Andrews [1]
  5. « Journal officiel de l’Union européenne » [PDF], sur eur-lex.europa.eu, , p. L 43/3
  6. (en) « Kelly: Munich massacre terrorists helped unwittingly by Canadians in 1972 Olympic atrocity », sur thestar.com, (consulté le )
  7. a b et c Gérard Ejnès, L'Équipe, 60 ans: 1946-2006, L'Equipe, , p. 152
  8. Benoît Heimermann, « Les Fantômes de Munich », Desports, no 9,‎ , p. 43
  9. « Prise d'otages de Munich : le mea culpa allemand », sur Le Figaro,
  10. (en) « 50 stunning Olympic moments No 26: The terrorist outrage in Munich in 1972 | Simon Burnton », sur the Guardian, (consulté le )
  11. « When The Terror Began », sur Time Magazine à partir d'Archive.is,
  12. Pierre Mannoni, Les logiques du terrorisme, In Press, , p. 68
  13. Révélations macabres sur la prise d'otage de Munich en 1972, Slate.fr, 2 décembre 2015
  14. German Ex-Interior Minister Disputes Torture Claims Einat Keinan and Klaus Wiegrefe, 4 décembre 2015
  15. Reeve, Simon (New York, 2001), One Day in September: the full story of the 1972 Munich Olympic massacre and the Israeli operation 'Wrath of God' (ISBN 1-55970-547-7)
  16. Roland Môntins, GIGN. 40 ans d'actions extraordinaires, Éditions Flammarion, , p. 31
  17. Cooley 1973
  18. a et b Reeve 2000, p. 158
  19. One day in september, documentaire de Kévin Macdonald et John Battsek (1999), Oscar 2000 du meilleur Documentaire
  20. a b et c (he) Yossi Melman, « גולדה לא נתנה הוראה » [« Golda n'a pas donné d'ordre »] (Interview de l'ancien chef du Mossad), הארץ : Haaretz,‎ (lire en ligne, consulté le )
  21. Frédéric Encel, « Les vengeurs de Munich », L'Histoire n°306, février 2006, p. 28-29.
  22. « Mike Harari, homme de l'ombre et espion célèbre », sur FIGARO, (consulté le )
  23. « Quand le Mossad tuait à Paris... », sur LExpress.fr, (consulté le )
  24. « Radio France | Écoutez en ligne vos radios », sur Radio France (consulté le )
  25. (en) Allen Guttmann, The Games Must Go On : Avery Brundage and the Olympic Movement, New York (États-Unis), Columbia University Press, , 317 p. (ISBN 978-0-231-05444-7, présentation en ligne)
  26. http://www.cbsnews.com/stories/2002/09/05/world/main520865.shtml
  27. http://www.time.com/time/magazine/article/0,9171,340700-6,00.html
  28. « Sport en armes », Hand-ball : bulletin fédéral, Fédération française de handball, no 87,‎ , p. 22 (notice BnF no FRBNF34492776, lire en ligne, consulté le ).
  29. Europe1.fr
  30. Patrick Saint-Paul, « Des néonazis allemands au côté de Septembre noir », Le Figaro,‎ (lire en ligne  , consulté le ).
  31. « JO-1972: le CIO maintient son opposition à une commémoration lors de l'ouverture », sur www.20minutes.fr (consulté le )
  32. (en) Reuters Staff, « JO: le CIO commémore la prise d'otages et les 11 morts de Munich », Reuters,‎ (lire en ligne, consulté le )
  33. Le Point magazine, « Allemagne: commémoration des 40 ans de la tragédie des JO de Munich », sur Le Point, (consulté le )
  34. (en)Allon Sinaï, « First official Olympic ceremony held in memory of Munich victims »", The Jerusalem Post, 4 août 2016
  35. « Ouverture d’un mémorial commémorant les victimes de l’attaque de Munich 1972 », sur International Olympic Committee, (consulté le )
  36. « Munich 1972 : un nouveau mémorial dédié aux victimes », sur euronews, (consulté le )
  37. (en)Spungin, Tal , « Olympics: Moment of silence for Munich massacre victims for first time », The Jerusalem Post, 23 July 2021
  38. AlloCine, « Les secrets de tournage du film Munich » (consulté le )
  39. One day in September a remporté l'Oscar du meilleur film documentaire attribué par AMPAS.


Articles connexesModifier

  • TREVI, une structure de coopération policière européenne créée (entre autres) à la suite de cette prise d'otages

Liens externesModifier