Prêtre orthodoxe

pasteur dans l'Église orthodoxe. ils peuvent administrer six des sept sacrements, l'exception étant le sacrement de l'Ordre, réservé aux évêques
(Redirigé depuis Pope)

Un prêtre orthodoxe, souvent appelé pope en français, est un prêtre ordonné par l'une des Églises de la Communion orthodoxe. Contrairement à l’usage de l'Église catholique de rite latin[1], l’Église orthodoxe peut ordonner des hommes mariés. Seuls les moines sont astreints au célibat et à la continence. Toutefois, les célibataires ne peuvent plus se marier après leur ordination, et les évêques ne sont choisis que parmi les moines.

La bénédiction de l'eau dans la liturgie orthodoxe ukrainienne.

Les prêtres orthodoxes pouvant être mariés, leurs familles se transmettaient souvent cette vocation de père en fils, créant des dynasties ainsi qu'un milieu intellectuel spécifique.

L’appellation française de « pope » confond les prêtres séculiers (catégorie à laquelle ce terme devrait être réservé), les hiéromoines (moines-prêtres) et les moines qui ne sont pas prêtres.

Statut et sacerdoceModifier

 
Un prêtre orthodoxe grec de Céphalonie.

Le sacrement de l'ordre comporte trois étapes : le diaconat, le presbytérat et l'épiscopat. Seuls les évêques sont tenus au célibat, tandis que prêtres et diacres peuvent être des hommes mariés, mais seulement si leur mariage est antérieur à leur ordination diaconale. Ils ne sont pas autorisés à se remarier s’ils deviennent veufs.

Les prêtres orthodoxes sont regroupés selon une hiérarchie : les patriarches, archevêques ou métropolites, sont à la tête ; puis viennent les évêques (du grec épiskopos, c'est-à-dire surveillant, inspecteur), les prêtres (du grec presbyteros, ancien), enfin les diacres (du grec diakonos, aide ou assistant). La hiérarchie compte aussi des sous-diacres, des lecteurs et des chantres sans sacrement spécifique.

Les prêtres ne perçoivent pas de salaire. Ils vivent des offrandes des fidèles.

Les femmes ne peuvent être ordonnées.

SémantiqueModifier

Le terme français « pope » vient du russe поп (pop), lui-même provenant du grec παππάς (pappás). Celui-ci a longtemps été employé en français pour désigner plus spécifiquement les prêtres orthodoxes de Grèce, des Balkans et du Moyen-Orient[2] ; cet usage est aujourd’hui abandonné. Le terme παππά (pappá) n’a jamais été un titre officiel[3] : c’est un terme familier et affectueux du langage enfantin qui désigne ainsi le père (« papa »)[4]. Cette marque d'affection respectueuse, déjà présente chez Homère[5], passe en usage dans le christianisme oriental pour honorer les « épiscopes » puis les évêques[3], et finalement les prêtres[6].

En raison de la propagande anticléricale du régime soviétique, le mot « pope » en russe a acquis une connotation sarcastique et les russophones emploient désormais le terme de свяще́нник (sviachtchennik), ou celui de иерей (ierej) uniquement dans les milieux ecclésiastiques. En roumain, l’Église actuelle préfère le terme de preot à celui de popă. Un autre héritage de la période communiste est l’apparition de prêtres à courte barbiche, moustachus ou glabres, qui enlèvent la soutane hors de leur église en dépit du droit canon orthodoxe. Dans ces pays, l’habitude a été prise par les prêtres de se donner une apparence de citoyens ordinaires en dehors de leur service, et elle a perduré après la chute des régimes communistes en Europe et la dislocation de l'URSS[7].

L'épouse d'un prêtre orthodoxe est une παπαδία (papadía) en grec, une popeancă en roumain (rare et suranné) et une попова ou поповка (popova ou popovka) dans les langues slaves.

En Russie, Biélorussie, Ukraine, dans la diaspora russe, en Bulgarie, Macédoine, Monténégro, Serbie, Roumanie et Moldavie, les noms de famille Popov (Попов), Popovitch (Попович), Popović ou Popescu sont très fréquents : ils viennent directement du mot « pope » et trouvent leur équivalent dans les noms grecs Παπάς (Pappas) ou Παπαδόπουλος (Papadopoulos) également fort répandus en Grèce et à Chypre. Dans ces pays orthodoxes, plusieurs localités portent des noms dérivés des patronymes Πάπος, Παππάδος, en Bosnie, en Serbie et à la frontière serbo-monténégrine) : Popenki, Popești, Popovica, Popovka…

Notes et référencesModifier

  1. (en) Jean Mercier, Célibat des prêtres : La discipline de l'Église doit-elle changer ?, Desclée De Brouwer, (ISBN 978-2-220-06652-3, lire en ligne), p. 77
  2. Voir [1]
  3. a et b Philippe Levillain, « Pape », dans Philippe Levillain (dir.), Dictionnaire historique de la Papauté, Fayard, (ISBN 9782213025377), p. 1244
  4. « Pape », dans Alain Rey (dir.), Dictionnaire historique de la langue française, vol. II, Le Robert, , p. 2552
  5. Homère, Odyssée, VI, 57
  6. Mgr Stéphanos, Ministères et charismes dans l’Église orthodoxe, Desclée de Brouwer, 1988, pp. 33-45 et 105-109.
  7. Exemples sur [2] ou [3].

Liens externesModifier