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Place Jean-Jaurès (Marseille)

place de Marseille, France
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Place Jean-Jaurès.

Place Jean-Jaurès
Image illustrative de l’article Place Jean-Jaurès (Marseille)
Place Jean-Jaurès
« La Plaine »
Situation
Coordonnées 43° 17′ 42″ nord, 5° 23′ 11″ est
Arrondissement 1er, 5e et 6e
Quartier Thiers
Le Camas
Notre-Dame-du-Mont
Morphologie
Type Place
Superficie 25,220 m2
Transport
Bus Ligne 74 
Histoire
Anciens noms Plan Saint-Michel
Place de la Constitution

Géolocalisation sur la carte : Marseille

(Voir situation sur carte : Marseille)
Place Jean-Jaurès

La place Jean-Jaurès est une voie située à la limite des 1er, 5e et 6e arrondissements de Marseille, entre les quartiers de Thiers, du Camas et de Notre-Dame-du-Mont. Elle est plus connue sous le nom de La Plaine.

Sommaire

Origine du nomModifier

Le nom de la place fait référence à Jean Jaurès (1859-1914), homme politique socialiste français.

HistoriqueModifier

Au XIIIe siècle s’y trouvait le camp des croisés qui s’embarquaient à Marseille à destination de la terre sainte[1]. Malgré un certain éloignement du centre ville, elle servait à l’époque à diverses manifestations : champ de manœuvre, accueil des monarques avant leur réception à l’hôtel de ville. Ainsi le roi Robert Ier de Naples, comte de Provence, accompagné de sa femme Sancia de Majorque, est accueilli le en ce lieu par les notables de la ville avant de pénétrer dans la ville pour se recueillir devant les reliques de son frère Saint Louis d'Anjou[2]. De même François Ier à son retour triomphant après la bataille de Marignan, accompagné de la reine Claude, y sera reçu par un cortège composé des consuls, du viguier Louis de Vento et de l’évêque Claude de Seyssel[3]. Le c’est le roi Charles IX qui y sera reçu avec sa mère Catherine de Médicis, son frère le duc d’Anjou et son cousin Henri de Bourbon, futur Henri IV[4]. De même le le roi Louis XIII y sera reçu par le premier consul Boniface de Cabannes[5].

La construction en 1843 du clocher de la Basilique Notre-Dame-de-la-Garde permettait d'installer un bourdon qui fut commandé à un fondeur lyonnais Gédéon Morel ; l'énorme cloche de 8 234 kg fut transportée par chariot le long du Rhône puis exposée à la place Jean-Jaurès pour y être bénie le par Mgr Eugène de Mazenod et baptisé « Marie Joséphine » avant d'être transportée au sommet de la colline Notre-dame-de-la-Garde[6]. À partir de 1860 la place accueille la foire de Saint-Lazare qui se tenait auparavant aux Allées, partie haute de la Canebière[7]. Cette foire se maintiendra avec plus ou moins de succès jusqu'aux années 1960 avec auto-tamponneuses et grande roue[8]. Le , Louis Capazza et Alphonse Fondère partent de cette place en ballon et arrivent en Corse. Un monument inauguré le par les aviateurs Dieudonné Costes et Maurice Bellonte et situé à l’angle de la rue Sibié et sculpté par Louis Botinelly rappelle cet événement[9].

Certains visiteurs s'étonnent qu'il faille grimper pour aller à la Plaine, qui est un plateau. Or ce nom provient tout simplement d'une francisation de l'appellation ancienne du lieu, « Plan Saint-Michel » (en provençal : Plan Sant-Miquèu), plan signifiant plateau en provençal (cf. le "Grand plan de Canjuers" dans le Var)[10].

Jusqu'en 1936 on y trouvait un bassin où les enfants marseillais pouvaient faire un tour en barque[11]. L'écrivain Jean Giono dans son roman Noé parle ainsi de la Plaine : « C'est une vaste place encadrée de chaque côté par deux allées d'arbres. Au printemps il y a dessus une foire. Du temps de ma jeunesse, il y avait au centre de cette place un bassin dans lequel évoluait un bateau à rames à forme de petit paquebot et pouvant contenir une dizaine d'enfants. Un feignant costumé en matelot faisait faire pour deux sous trois fois le tour du bassin, lentement, avec de longues pauses. Cela s'appelait le tour du monde. Chaque fois que je descendais à Marseille avec mon père, il me payait ça. Je montais dans la barque et j'étais navré de le quitter, car il restait à terre. Il restait à terre et il faisait lentement le tour du bassin en même temps que moi, car il était navré de me quitter. Mais, dès que nous arrivions à Marseille, lui et moi il me disait : Viens, Jean, je vais te payer le tour du monde[12] ». Par la suite cette retenue d'eau a été comblée et un stationnement (parking) a été construit, ainsi qu'un marché, autour duquel il était possible entre les années 1930 à 1983 de faire un tour en carriole tractée par un âne[13]. Il y avait aussi un théâtre Guignol qui faisait la joie des enfants. Dès les années 1930, un square avec bacs de sable pour les enfants a été construit au centre de la place (square dénommé ultérieurement Yves Montand, autour duquel se tient un marché (non alimentaire) le mardi, jeudi et samedi et un marché aux fleurs le mercredi. Le stationnement (parking) a été transféré en sous-sol.

On trouve bon nombre de cafés autour de la place, ainsi que de nombreux restaurants dans les petites rues entre la Plaine et le cours Julien.

Situation et accèsModifier

La place Jean-Jaurès est située entre le boulevard Chave et le quartier de Noailles, à la jonction des 1er, 5e et 6e arrondissements.

En 1883, le sous-sol de la place est percé d'un tunnel de 700 mètres de longueur pour permettre le passage d'un tramway à vapeur reliant le cimetière Saint-Pierre au Marché des Capucins situé près de la Canebière[14], en passant par le boulevard Chave.

Ce tunnel sera ensuite parcouru par des tramways électriques, les lignes 12 (vers les Camoins), 40 (vers Aubagne) et 68 (limitée à Saint-Pierre). Seule cette dernière survivra à la substitution par des autobus, jusqu'en 2004. Le tunnel est actuellement emprunté par la ligne 1 du tramway de Marseille.

Monuments remarquablesModifier

  • Au no 22 se trouve un bureau de poste qui a remplacé un couvent des sœurs de l’observance[15] ;
  • Au no 34 se trouvait une bastide, démolie en 1885, dans laquelle Joseph Bonaparte avait épousé en 1794 Marie Julie Clary, sœur de Désirée[15].

MusiqueModifier

BibliographieModifier

  • Augustin Fabre, Les rues de Marseille, vol. 5, Marseille, E. Camoin, , 505 p., 23,5 × 15 cm, « Place Saint Michel », p. 238-264 ;
  • André Bouyala d'Arnaud, Évocation du vieux Marseille, Paris, Les éditions de minuit, , 440 p., 22. × 14 cm, chap. XVII (« Le quartier de la Plaine »), p. 343-348 ;
  • Adrien Blès, Dictionnaire historique des rues de Marseille : Mémoire de Marseille, Marseille, Jeanne laffitte, , 441 p., 31 × 23 cm (ISBN 2-86276-195-8), p. 195 ;
  • Pierre Gallocher, Marseille, zigzags dans le passé, t. I, Marseille, Tacussel, , 218 p., 21,5 × 19 cm (ISBN 2-903963-11-8), « Marseille à la conquête de l'air », p. 163-167 ;
  • Pierre Gallocher, Marseille, zigzags dans le passé, t. II, Marseille, Tacussel, , 268 p., 21,5 × 19 cm (ISBN 2-903963-41-X), « Une colline surnommée "La Plaine" », p. 173-191.

RéférencesModifier

  1. André Bouyala d'Arnaud, Évocation du vieux Marseille, Paris, Les éditions de minuit, , 440 p., 22. × 14 cm, chap. XVII (« Le quartier de la Plaine »), p. 343
  2. Augustin Fabre, Les rues de Marseille, vol. 5, Marseille, E. Camoin, , 505 p., 23,5 × 15 cm, « Place Saint Michel », p. 242
  3. Augustin Fabre, Les rues de Marseille, vol. 5, Marseille, E. Camoin, , 505 p., 23,5 × 15 cm, « Place Saint Michel », p. 244-245
  4. Augustin Fabre, Les rues de Marseille, vol. 5, Marseille, E. Camoin, , 505 p., 23,5 × 15 cm, « Place Saint Michel », p. 248
  5. André Bouyala d'Arnaud, Évocation du vieux Marseille, Paris, Les éditions de minuit, , 440 p., 22. × 14 cm, chap. XVII (« Le quartier de la Plaine »), p. 346
  6. Robert Levet (préf. Général de division Jean-Charles Mouscardès et Cardinal Roger Etchegaray), La Vierge de la Garde au milieu des bastions : Quatre siècles de cohabitation entre l'Église et l'Armée sur une colline de Marseille (1525-1941), Marseille, Paul Tacussel, , 228 p., 22 × 18 cm (ISBN 2-903963-75-4), chap. 6 (« Un sanctuaire qui renaît et se développe avec de multiples autorisations du ministre de la Guerre »), p. 109-110
  7. Pierre Gallocher, Marseille, zigzags dans le passé, t. II, Marseille, Tacussel, , 268 p., 21,5 × 19 cm (ISBN 2-903963-41-X), « Une colline surnommée "La Plaine" », p. 181
  8. Pierre Gallocher, Marseille, zigzags dans le passé, t. II, Marseille, Tacussel, , 268 p., 21,5 × 19 cm (ISBN 2-903963-41-X), « Une colline surnommée "La Plaine" », p. 182
  9. Pierre Gallocher, Marseille, zigzags dans le passé, t. I, Marseille, Tacussel, , 218 p., 21,5 × 19 cm (ISBN 2-903963-11-8), « Marseille à la conquête de l'air », p. 163-167
  10. Pierre Gallocher, Marseille, zigzags dans le passé, t. II, Marseille, Tacussel, , 268 p., 21,5 × 19 cm (ISBN 2-903963-41-X), « Une colline surnommée "La Plaine" », p. 173
  11. Pierre Gallocher, Marseille, zigzags dans le passé, t. II, Marseille, Tacussel, , 268 p., 21,5 × 19 cm (ISBN 2-903963-41-X), « Une colline surnommée "La Plaine" », p. 190
  12. Jean Giono, Noé, éd. Gallimard, coll. bibliothèque de la pléiade, Paris, 1974, Tome 3, p. 805
  13. Pierre Gallocher, Marseille, zigzags dans le passé, t. II, Marseille, Tacussel, , 268 p., 21,5 × 19 cm (ISBN 2-903963-41-X), « Une colline surnommée "La Plaine" », p. 191
  14. André Bouyala d'Arnaud, Évocation du vieux Marseille, Paris, Les éditions de minuit, , 440 p., 22. × 14 cm, chap. XVII (« Le quartier de la Plaine »), p. 348
  15. a et b Adrien Blès, Dictionnaire historique des rues de Marseille : Mémoire de Marseille, Marseille, Jeanne laffitte, , 441 p., 31 × 23 cm (ISBN 2-86276-195-8), p. 195