Ouvrir le menu principal

Wikipédia β

Ne doit pas être confondu avec Bataille de Marseille (49 av. J.-C.) ou Rafle de Marseille.
Libération de Marseille
Informations générales
Date 21 août -
Lieu Marseille
Issue Victoire française
Belligérants
Drapeau de la France Armée française de la Libération
Drapeau de la France Forces françaises de l'intérieur
Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand
Commandants
Drapeau de la France Joseph de Goislard de Monsabert Drapeau de l'Allemagne Hans Schaefer
Forces en présence
3e division d'infanterie algérienne (3e DIA),
1er, 2e et 3e Groupements de Tabors marocains (GTM),
CC1 (Combat Command 1) de la 1re division blindée (1re DB) de l'Armée B (future 1re armée française) (12 000 hommes),
Forces françaises de l'intérieur
244e division d'infanterie (13 000 hommes)
Pertes
1 400 à 1 800 tués, blessés et disparus 2 000 tués, blessés et disparus,
11 000 prisonniers

Seconde Guerre mondiale

Batailles

2e campagne de France
Corse · Limousin · Ain et Haut-Jura · Les Glières · Ascq · Mont Mouchet · Opérations SAS en Bretagne · Bataille de Normandie · Guéret · 1er Tulle · 2e Tulle · Argenton-sur-Creuse · Oradour-sur-Glane · 1er Ussel · Saint-Marcel · Saffré · Mont Gargan · Vercors · Penguerec · Lioran · Égletons · 2e Ussel · Débarquement de Provence · Port-Cros · La Ciotat · Toulon · Martigues · Marseille · Nice · Rennes · Saint-Malo · Brest · Paris · Montélimar · Maillé · Écueillé · La Saulx · Meximieux · Nancy · Reddition de la colonne Elster · Dunkerque · Arracourt · Saint-Nazaire · Lorient · Metz · Royan et de la pointe de Grave · Campagne de Lorraine · Colmar


Front d'Europe de l'Ouest


Front d'Europe de l'Est


Campagnes d'Afrique, du Moyen-Orient et de Méditerranée


Bataille de l'Atlantique


Guerre du Pacifique


Guerre sino-japonaise

La bataille de Marseille est l'ensemble d'actions et de combats du 21 au ayant conduit à la libération de Marseille.

Sommaire

PrésentationModifier

Le a lieu le débarquement en Provence. À cette occasion, l'occupant fait sauter les installations portuaires : plus de 200 navires sont coulés et le célèbre pont transbordeur de Marseille détruit.

Le 19 août 1944, le général de Lattre de Tassigny reçoit l'ordre du général Patch, commandant la 7e armée américaine, de prendre Toulon et Marseille. Deux groupements sont constitués afin d'attaquer les deux ports simultanément :

Les FFI de Marseille (et parmi eux Gaston Deferre) préparent la libération de la ville. Le lundi 21 août, ils lancent l'insurrection accompagnée d'un mot d'ordre de grève générale. Mais, mal armés et peu nombreux, leur position est critique jusqu'à l'arrivée des tirailleurs algériens de la 3e division d'infanterie algérienne (3e DIA) du général de Monsabert et les goumiers marocains du général Guillaume appuyés par le Combat Command 1 (CC1) de la 1re division blindée (1re DB) qui pénètrent dans Marseille le mercredi 23.

Les combats avec l'armée allemande se poursuivront plusieurs jours, jusqu'à la capitulation du général Schaeffer le 28 août. Le 29, le général de Lattre assiste au défilé de l’armée d'Afrique sur la Canebière[1].

Déroulement des opérationsModifier

La prise de Marseille est anticipée du fait de la rapidité du déroulement des opérations sur Toulon. Ces deux batailles sont d’ailleurs très similaires dans leur déroulement en trois phases (investissement, resserrement et assaut final)[2].

L’opération débute le matin du par la prise du carrefour du Camp par le 2e régiment de cuirassiers (2e RC) (CC1 de la 1re DB), qui ouvre ainsi la route au 7e régiment de tirailleurs algériens (7e RTA), ainsi qu'aux trois groupements de tabors marocains (GTM)[3].

Après de durs combats, les 21 et 22 août, le 2e RC et le 3e bataillon porté de zouaves (CC3 de la 1re DB), renforcés par le 2e GTM, s’emparent d'Aubagne.

Le 22 août, la ville de Peypin est investie par les CC1 (partiel), CC2 et le 1er GTM. Ce même jour, outrepassant les ordres, le colonel Chapuis avec le 1er bataillon du 7e RTA et un escadron du 2e RC s’introduisent dans Marseille. Les 2e et 3e bataillons du 7e RTA sont quant à eux sérieusement accrochés respectivement au nord et au nord-est de la ville[3].

Malgré le soulèvement FFI et la pénétration du 7e RTA et du 2e RC jusqu’au centre de la ville, les Allemands résistent et leurs défenses restent intactes notamment en périphérie[2].

Après une tentative infructueuse de règlement à l’amiable le 23 août, les combats reprennent dès le 24. De Lattre engage alors le 3e régiment de tirailleurs algériens (3e RTA) en provenance de Toulon[2].

Les affrontements des jours suivants sont violents et meurtriers notamment pour la prise de la colline de Notre-Dame-de-La-Garde le 25 et 26 août (II/3e RTA, I/7e RTA, 7e RCA, 2e RC et FFI) et de la gare Saint-Charles (III/7e RTA).

Mais c’est au nord, au carrefour de la Gavotte, que les défenses sont les plus sérieuses avec l’ouvrage en béton de la « Feste » Fouresta (1er GTM et II/7e RTA)[3].

Le 26, André Diethelm et le général de Lattre sont à Marseille. Au vu de sa moue dédaigneuse devant les tirailleurs qui leur rendent les honneurs, le général Goislard de Monsabert dit au général de Lattre de Tassigny : "Ils sont beaux, mon général[4] !"

Au sud, malgré quelques accrochages (6e Tabor marocain du 2e GTM à Saint-Loup), la progression est plus aisée pour les 2e et 3e GTM. Ce dernier, après un dernier combat au Fort Napoléon du cap Croisette, contrôle le 28 août l’ensemble du littoral sud. Le 2e GTM quant à lui remonte sur le centre-ville et vient renforcer les tirailleurs algériens[3].

Le 27 août la plus grande partie de la ville est libérée, l’ennemi ne tient plus que les installations portuaires et quelques points au nord de la ville. Il se rend finalement le 28 août au 1er GTM qui vient d’être renforcé par des éléments blindés du CC1 de la 1re DB[3].

BilanModifier

Au cours des combats pour la libération de Marseille, le nombre de soldats de l'Armée française et FFI tués et blessés s'élèvent à entre 1 400 et 1 800 selon les sources, dont près de la moitié parmi les goumiers marocains (150 tués et 540 blessés)[5]. Du côté Allemand, on dénombre environ 2 000 tués et 11 000 prisonniers[2].

Le Général de Montsabert écrira dans son rapport sur la bataille de Marseille : « Onze mille prisonniers, un grand nombre de pièces d'artillerie intactes, des stocks de munitions et de vivres, les installations portuaires sauvées de la destruction totale sont le bilan de cette libération victorieuse pour laquelle se sont mêlés le sang des cavaliers, des goumiers, des tirailleurs, des vieux artisans de la Victoire d'Italie et des F.F.I. locaux »[3].

Forces en présenceModifier

FranceModifier

  • groupements de tabors marocains (GTM) du général Guillaume
    • 1er GTM : colonel Leblanc
    • 2e GTM : colonel Boyer de Latour
    • 3e GTM: colonel Masset du Biest
  • plusieurs unités de la 3e division d'infanterie algérienne (3e DIA) du général de Monsabert dont
    • 3e régiment de tirailleurs algériens (3e RTA) : colonel de Linares (2e bataillon)
    • 7e régiment de tirailleurs algériens (7e RTA) : colonel Chappuis
    • 7e régiment de chasseurs d'Afrique (7e RCA) : colonel Van Hecke
  • plusieurs unités de la 1re division blindée (1re DB) du général Sudre dont
    • 2e régiment de cuirassiers (2e RC): régiment de chars
    • 3e bataillon de Zouaves : infanterie portée
  • FFI

Au sein de ces unité combattent les:

  • Goumiers marocains: un goum, l'équivalent d'une compagnie, regroupe environ 200 goumiers. En période de guerre, les goums sont regroupés en Tabor, équivalent d'un bataillon, de trois à quatre goums. Enfin, le Groupement de tabors marocains (GTM), l'équivalent d'un régiment, est composé de trois tabors. Durant la Seconde Guerre mondiale, chaque GTM comporte près de 3 000 hommes dont un peu plus de 200 officiers et sous-officiers. La proportion de Maghrébins dans un GTM est de 77 à 78 %[6].
  • Tirailleurs algériens : durant la Seconde Guerre mondiale, un régiment de tirailleurs nord-africains comporte un peu plus de 3 000 hommes (dont près de 500 officiers et sous-officiers) et 200 véhicules. La proportion de Maghrébins atteint 69 % pour le régiment, 74 % pour le bataillon, 79 % pour la compagnie de fusiliers-voltigeurs, 52 % pour la compagnie antichar et 36 % pour la compagnie de canons d'infanterie[6].
  • Chasseurs d'Afrique: durant la Seconde Guerre mondiale, un régiment de chasseurs d'Afrique comporte environ 900 hommes majoritairement Européens (80%).

AllemagneModifier

  • 13 000 hommes dont 3 900 appartiennent à la Luftwaffe et 2 500 à la Kriegsmarine. L'infanterie de la 244°Infanterie Division commandée par le général Hans Schaefer est principalement composée de trois régiments de grenadiers (932, 933 et 934 Grenadier-Regiment) et d'un régiment d’artillerie.

HommagesModifier

Lieux portant le nom de soldats morts lors de la Libération de MarseilleModifier

Voies portant le nom des goums ou des tabors marocainsModifier

Hommages des généraux alliésModifier

« C'est avec le plus grand plaisir que je vous transmets les félicitations personnelles du Chef d'État-Major Général de l'Armée américaine, le général George Marshall, pour avoir anéanti si brillamment et si rapidement la résistance allemande à Toulon et à Marseille. Mes plus profondes félicitations à vous et à votre splendide Armée, pour un fait d'armes qui demeurera à travers l'histoire comme une épopée militaire. »

— Extrait de la lettre du 3 septembre 1944 du général Patch, commandant la VIIe Armée américaine, transmettant les félicitations du général Marshall, Chef d'État-Major Général de l'Armée américaine, au général de Lattre de Tassigny commandant la 1re Armée française

Inscriptions de batailleModifier

L'inscription de bataille Marseille 1944 est attribuée aux drapeaux des :

  • 7e régiment de tirailleurs algériens (7e RTA)
  • 2e régiment de cuirassiers ( 2e RC)

Monuments et plaques commémoratives de la libération de MarseilleModifier

  • Stèle en hommage aux Goumiers marocains, avenue des Goumiers à Marseille :

« Marseille reconnaissante aux Tabors marocains. Sous les ordres des colonels Leblanc, Boyer de Latour et Masset du Biest, les 1er, 2e et 3e Groupements de Tabors Marocains ont participé à la libération de Marseille du 21 au 28 août 1944. Au cours des combats : 7 officiers, 10 sous-officiers français, 150 gradés et goumiers marocains ont été tués. 17 officiers, 38 sous officiers français, 540 gradés et goumiers marocains ont été blessés. De l'Atlas au Danube, quatre GTM de l'Armée d'Afrique ont combattu aux côtés de la France et de ses alliés de décembre 1942 à la victoire du 8 mai 1945. »

— Texte de la stèle en hommage aux Goumiers marocains, avenue des Goumiers, Marseille, 2000


  • Monument au 7e régiment de tirailleurs algériens (7e RTA)

Citations militairesModifier

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

  • Paul Gaujac, L'Armée de la victoire, vol. 3 : De la Provence à l'Alsace, Paris, Charles-Lavauzelle, coll. « Les Grandes batailles de France », , 203 p. (ISBN 978-2-702-50126-9, OCLC 461876740), p. 124-137.
  • Jean de Lattre de Tassigny, Histoire de la première armée française, Plon, 1949.
  • François de Linares, Par les portes du Nord : la libération de Toulon et Marseille en 1944, Paris, Nouvelles éditions latines, , 427 p. (ISBN 978-2-723-32056-6, OCLC 62176140)

RéférencesModifier

  1. a et b http://www.libertyship.be/la-liberation-de-marseille/
  2. a, b, c et d http://www.jeanclaudegaudin.net/v4_jcg/index.php?option=com_content&view=article&id=391:marseille-honore-ses-liberateurs-marocains&catid=8:actualite-marseille&Itemid=47
  3. a, b, c, d, e et f « La libération de Marseille », sur Libertyship.be
  4. Jacques Schmitt, Journal d'un officier de tirailleurs 1944, Bernard Giovanangeli, , 253 p. (ISBN 978-2-7587-0067-8), p 222
  5. Paul Gaujac, Le débarquement de Provence : Anvil-Dragoon, août 1944, Paris, Histoire et collections, (ISBN 978-2-915-23926-3), p. 179
  6. a et b Paul Gaujac, Le Corps expeditionnaire français en Italie : 1943-1944, Paris, Histoire et collections, (ISBN 978-2-913-90393-7), p. 33
  7. Gaujac, L'armée de la victoire, p. 124-137

Liens externesModifier