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Opération Sentinelle

opération antiterroriste intérieure
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Sentinelle.
Opération Sentinelle

Pendant Vigipirate

Description de cette image, également commentée ci-après
Patrouille de l’opération Sentinelle devant une école juive de Strasbourg (1er régiment de chasseurs à cheval).
Localisation Drapeau de la France France
Planifiée par Ministère de la Défense
Objectif Faire face à la menace terroriste et protéger les « points » sensibles du territoire
Participant Armée de terre française
Armée de l'air française,
Marine nationale française,
Gendarmerie nationale française
Logo de l'opération

L’opération Sentinelle est une opération de l’armée française déployée au lendemain des attentats des 7, 8 et 9 janvier 2015, pour faire face à la menace terroriste et protéger les « points » sensibles du territoire. Elle est renforcée lors des attaques du 13 novembre 2015 en Île-de-France.

Sommaire

ObjectifsModifier

Décidée par le président de la République française, François Hollande, l’opération Sentinelle vient renforcer la sécurité sur le territoire national en complément du plan Vigipirate. Elle est opérationnelle depuis le 12 janvier 2015[1].

Le 13 juillet 2017, Emmanuel Macron, Président de la République annonce une refonte du dispositif [2]

« Nous proposerons une nouvelle doctrine d’intervention qui permettra de revenir en profondeur sur l’organisation de “Sentinelle” afin d’avoir une plus grande efficacité opérationnelle et de prendre en compte l’évolution de la menace »

.

Forces engagéesModifier

L’opération Sentinelle à Strasbourg (35e régiment d'infanterie).
L’opération Sentinelle à Strasbourg (16e bataillon de chasseurs à pied).
Véhicule de l'opération Sentinelle à Lyon.

10 412 militaires sont déployés au 13 février[3], dont 6 000 en Île-de-France. Ce dispositif est complété par 4 700 policiers et gendarmes et est maintenu au moins jusqu'à l’été[4]. Ces forces sont chargées de sécuriser 830 points sensibles en France : lieux de culte, écoles, représentations diplomatiques et consulaires, organes de presse sont surveillés 24 heures sur 24[5].

154 unités ont été déployées sur 722 sites classés « sensibles » par les préfets[3].

Après avoir établi un dispositif d’urgence face à une situation de crise, l’armée décide d’adapter progressivement son mode d’action vers plus de mobilité. Les patrouilles militaires statiques sont remplacées par des patrouilles plus mobiles. L’objectif est de « rendre la présence des militaires moins prédictible »[5] et de « faire diminuer l’effectif militaire par paliers, pour le porter à 7 500, puis 3 000 »[3].

Le 29 avril, face à l’évolution de la menace terroriste, le président de la République annonce la pérennisation de l’opération antiterroriste intérieure, avec le maintien de la mobilisation de 7 000 militaires[6].

Après les attentats du 13 novembre 2015, l’effectif de Sentinelle est porté à 10 000 militaires[7]. 6 500 sont déployés en Île-de-France et 3 500 en Province. Au total ce sont 50 unités qui ont été mobilisées pour faire face à cette augmentation du nombre de militaires participants à l'opération Sentinelle[8]. À cela s'ajoutent les 1 500 marins qui assurent la défense des approches maritimes de la France et les 1 000 militaires de l'Armée de l'Air qui assurent la sécurité permanente de l'espace aérien français. Cela porte donc à environ 13 000 militaires militaires qui assurent la sécurité sur le territoire métropolitain[9].

Les véhicules civils affectés à l'opération Sentinelle sont sérigraphiés « Mission Vigipirate » et « Vigipirate - Opération Sentinelle ». Les militaires y circulent en uniforme.

En juillet 2016, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian annonce que l'opération Sentinelle sera maintenue mais qu'elle devra « s'adapter ». Le ministre parle notamment d'une probable baisse d'effectifs après l'Euro 2016[10].

Le rapporteur de la commission d'enquête parlementaire sur les attentats de 2015, le député PS Sébastien Pietrasanta s'interroge : « Alors que la contribution des armées au plan Vigipirate s’élevait à un peu moins de 800 soldats à la veille des attaques, elle est passée subitement à 10 000 hommes. Dix-huit mois après, alors que cette contribution n’a pas baissé, votre rapporteur s’interroge sur la valeur ajoutée réelle de cette opération dans la sécurisation du territoire national ». Le député Georges Fenech (LR) préconise de « diminuer progressivement le volume des effectifs engagés dans l’opération Sentinelle afin, à court terme, de le concentrer sur la seule protection de certains points stratégiques ». Il est rejoint par le député MRC Jean-Luc Laurent « Aujourd'hui Sentinelle se déroule dans de mauvaises conditions de vie qui pèsent sur le moral des troupes et leur entraînement opérationnel. [Elle] vient s’ajouter à de véritables opérations militaires, sur des théâtres extérieurs, [et] doit être arrêtée ». Selon la commission, depuis le déploiement de l’opération, les militaires n’ont fait usage qu’à une seule reprise de leur arme de dotation, le à Valence, en état de légitime défense suite à l’attaque d’un trinôme Sentinelle. D'une manière plus générale, « ils ont fait usage de la force à 28 reprises, dont 17 fois en état de légitime défense, 6 en prêt de main-forte aux forces de l’ordre et 5 pour des interpositions ou flagrants délits ». Enfin, si l’on considère l’ensemble des interventions réalisées auprès du public par les militaires depuis le début de l’opération, « ils ont constitué 1 302 périmètres de sécurité, prêté main-forte aux forces de sécurité intérieure à 285 reprises, ont porté 151 fois secours à la population, ont constaté 42 accidents de la circulation, ont fait l’objet de 509 provocations/insultes répertoriés – le nombre d’incidents étant bien supérieur »[11].

La baisse des effectifs de l'opération à 7 000 hommes est annulée après l'attentat du 14 juillet 2016 à Nice. Selon le ministre de la Défense, la mission de Sentinelle va au contraire « s'élargir » en étant « plus déployée en province » et en agissant « à la fois sur la sécurisation des frontières », avec les forces de sécurité intérieure, et « sur les flux », notamment dans « les zones touristiques » et « au moment des grands événements culturels ou de musique »[11]. Pour être moins prévisibles et donner plus d'autonomie aux soldats, les patrouilles empruntent par la suite des circuits variés et aléatoires[12].

En février 2017, on dénombrait 7 000 (pouvant aller jusqu'à 10 000) déployés sur tout le territoire de manière homogène. Leur répartition est néanmoins adaptée aux périodes « à risque » au cours de l'année[13].

Coûts de l’opérationModifier

Selon le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, le coût de l’opération s'élève à un million d'euros par jour[5]. Le 2 juillet 2015, il annonce qu'une prime de cinq euros par jour va être octroyée aux militaires participant à l'opération, et ce avec effet rétroactif au 7 janvier[14]. Ainsi, les militaires actuellement en Sentinelle recevront 245 euros supplémentaires sur leur solde pour 6 semaines de travail[15].

Problématique sur la condition des militairesModifier

L'opération Sentinelle entraîne une baisse du taux d'entraînement des militaires, une fatigue importante des troupes due aux mauvaises conditions de vie[16] ainsi qu'à l'éloignement des familles avec une compensation minime[17],[18]. De plus, la différenciation de statut et de prise en charge entre militaires, gendarmes et policiers provoquent des tensions[17],[19]. Suite au déploiement en urgence en région, à l'issue des attentats de 2016, la problématique de l'hébergement des troupes reste prégnante, comme ce fut le cas en 2015[20],[18].

Attaques contre les militaires de l'opération SentinelleModifier

En octobre 2017, on recensait six attaques contre des militaires de l'opération Sentinelle[12][réf. insuffisante] :

Le , un homme attaque et blesse au couteau trois militaires du 54e régiment d'artillerie de Hyères en faction devant un centre communautaire juif de Nice[21]. Il est immobilisé et arrêté par un troisième militaire. Ces trois soldats sont récompensés le lendemain par la Médaille d'honneur pour acte de courage et de dévouement échelon or décernée par le préfet des Alpes-Maritimes[22]. Un homme de 30 ans, Moussa Coulibaly, originaire de Mantes-la-Jolie (Yvelines), est arrêté[21]. Au , le commandement recensait 371 incidents contre les militaires dont « des reconnaissances, prises de vue ou films » et « 14 agressions graves, que ce soit au couteau, par laser, voire coup de crosse »[3],[23].

Le , Raouf El Ayeb, un Français d’origine tunisienne âgé de 29 ans fonce à trois reprises avec son véhicule sur des militaires du dispositif Sentinelle devant la mosquée de Valence. Après avoir fait les sommations d’usage, les militaires ouvrent le feu et maîtrisent le terroriste. Celui-ci déclare « Avoir voulu attaquer les militaires car ils symbolisent à [ses] yeux l’action de la France contre l’État islamique » et revendique « clairement un acte terroriste »[24].

Le au Carrousel du Louvre à Paris, une patrouille de quatre militaires est agressée à la machette par un terroriste présumé qui est blessé grièvement par un des militaires[25].

Le , un homme « connu des services de police et de renseignement » est tué dans le Hall 1 de l'aéroport d'Orly-Sud après avoir tenté de s’emparer de l’arme d’une militaire de l’opération Sentinelle. L’assaillant avait pris en otage une militaire dont il avait dérobé l'arme et mis en joue deux autres militaires[26].

Le 5 août 2017, à Paris, vers 23h20, un homme âgé de 18 ans d'origine mauritanienne a tenté de pénétrer dans la tour Eiffel armé d’un couteau. Après avoir bousculé un agent de sécurité, il a franchi un portique et a sorti un couteau en criant « Allah Akbar ». Des militaires de l’opération Sentinelle lui ont alors ordonné de poser son arme à terre : il s’est aussitôt exécuté et a été interpellé sans opposer de résistance. Placé en garde à vue, l'homme a revendiqué son geste lors des interrogatoires, précisant qu’il entendait s’attaquer à un militaire[27].

Le 9 août 2017, à 7h57, à Levallois-Perret, un individu conduisant une voiture fonce sur une patrouille de l'opération Sentinelle, faisant 6 blessés parmi les militaires dont 3 graves[28].

Autres incidentsModifier

En juin 2017, le colonel Benoît Brulon, porte-parole du gouverneur militaire de Paris, évoque « une dizaine d’incidents notables par mois, insultes ou actes agressifs, souvent liés à l’alcool »[29].

La liste ci-après (non exhaustive) relève ainsi ces incidents de « moindre intensité » ne revêtant pas un caractère proprement terroriste :

Avril 2016Modifier

  • Le 22 avril, aux environs de 20h, à la gare de Strasbourg, un individu s'exprimant en arabe a légèrement blessé un militaire de l'opération Sentinelle d'un coup de cutter à la joue. Le malfrat est parvenu à prendre la fuite[30], avant d'être interpellé quelques jours plus tard[31].

Juin 2016Modifier

  • Le mardi 7 juin, aux alentours de 20h, une patrouille de militaires de l'opération Sentinelle est prise à partie par un groupe d'une vingtaine d'individus à hauteur la gare de Garges-Sarcelles. Un soldat a été légèrement blessé à la tête, après avoir reçu un pavé sur le crâne qui a brisé la vitre du fourgon à bord duquel il se trouvait. Les militaires participaient à une mission de sécurisation de la synagogue de Garges-lès-Gonnesse[32].

Octobre 2016Modifier

  • Le 18 octobre, à Saint-Denis, vers 16h45, un individu se rue sur un militaire de l'opération Sentinelle et tente de lui dérober son fusil d'assaut Famas, sans réussite. Tout en essayant de calmer cet homme très agité, les militaires ont appelé la police qui a interpellé le suspect[33].

Janvier 2017Modifier

  • Le 4 janvier, à Bondy, vers 15h30, des militaires de l'opération Sentinelle ont procédé à l’interpellation de l’auteur d’un coup de couteau[34].
  • Le 23 janvier, à Rouen, une patrouille Sentinelle interpelle un groupes de « jeunes » suspectés d'avoir frappé et agressé un jeune touriste américain à la gare, au motif d'une cigarette refusée. Ils sont placés en garde à vue[35].

Février 2017Modifier

  • Le 3 février, vers 18 heures, à Marseille, un militaire de l’opération Sentinelle, qui n’était pas en service, a été agressé, alors qu’il se trouvait dans une rue du XVe arrondissement. Ce soldat de première classe, habillé en tenue civile, a été abordé par quatre inconnus, arrivés au volant d’une Renault Twingo. Après avoir proféré des insultes à son encontre, notamment en lien avec son statut de militaire, les quatre mis en cause se sont jetés sur lui avant de lui porter, sans raison apparente, plusieurs coups de poing[36].

Mai 2017Modifier

  • Le 26 mai, vers 20h, une patrouille Sentinelle a été attaquée et caillassée à Corbeil-Essonnes par dix jeunes encagoulés. Ils n'ont pas pu être interpellés[37].
  • Le 29 mai, vers 19h30, place Grenette à Grenoble, des militaires de l'opération Sentinelle ont été pris à partie et agressés par un groupe d'individus. Ils ont subi des outrages et des crachats. Un agresseur en scooter a également percuté la voiture de l'armée[38].

Juin 2017Modifier

  • Le 22 juin, à Montpellier, un homme ivre s'approche d'une patrouille de l'opération Sentinelle et invective les militaires. Il promet de leur trancher la gorge et s'agite dangereusement. Il sera finalement interpellé par les policiers municipaux qui découvriront sur lui un couteau de cuisine[39].

Juillet 2017Modifier

  • Le lundi 3 juillet à 10h45, un homme âgé de 57 ans, s’est approché d’une patrouille Sentinelle, près de la gare de Lille-Flandres. Il a tenté de porter un coup de couteau à l’un des soldats, mais il n’est pas parvenu à le toucher. Le militaire n’a pas été blessé, l'homme maîtrisé par les militaires et placé en garde à vue par la police. Selon la police, il ne s’agit pas d’un acte terroriste mais celui d’un désespéré qui aurait tenté un geste suicidaire[40].
  • Dans la nuit du 3 au 4 juillet, à Montpellier, deux militaires de l'opération Sentinelle qui n'étaient pas service et habillés en civil, ont été pris pour cible sur le cours Gambetta, en centre-ville. Pris à partie par un groupe d'une quinzaine d'individus, l'un des deux a été roué de coups et atteint de plusieurs coups de couteau à l'abdomen. Pendant que son ami était, lui, menacé d'un autre couteau. L'enquête a conduit à l'interpellation de huit Albanais. Finalement, six d'entre eux ont été déférés devant le parquet[41],[42].
  • Dans la nuit du 4 au 5 juillet, à Montpellier, des militaires de l'opération Sentinelle procède à l'interpellation d'un individu sans domicile fixe suspecté d'en avoir poignardé un autre sans-abri. L'auteur présumé est remis à la police et placé en garde à vue[43].
  • Dans la soirée du 8 juillet , à Metz, un homme a tenté de se saisir de l'arme d'un militaire de l'opération Sentinelle. La patrouille sécurisait les alentours de la cathédrale de Metz où, au même moment, des milliers de personnes étaient rassemblées dans le cadre d'un festival culturel. L'individu, manifestement ivre, s'est enfuit en fendant la foule[44].
  • Le 12 juillet, des militaires de l'opération Sentinelle participent aux côtés des policiers à l'interpellation d'un jeune homme de la cité du Village fleuri, à Maubeuge. Il était sorti de chez lui en hurlant et armé d’un pistolet airsoft. À plusieurs reprises, l’individu a tiré sur les portes d’entrées de différents immeubles[45]
  • Le 26 juillet, dans le quartier de la gare à Grenoble, une jeune femme rom, a pointé une arme de poing sur une patrouille Sentinelle. Les soldats l’ont rapidement maîtrisée et interpellée avant de constater que son arme était factice. La suspecte a été remise aux policiers qui l’ont placée en garde à vue[46].
  • Le 29 juillet, vers 19h, à Louvroil, un individu a été interpellé par les militaires de l’opération Sentinelle dans la galerie marchande de l'hypermarché Auchan. Il venait d’exhiber un couteau qu’il venait d’acheter devant une caissière avant de s’enfuir[47].

Août 2017Modifier

  • Le 9 août à 8h, dans le centre ville de Levallois-Perret, un groupe d'une dizaine de soldats appartenant au 35e régiment d'infanterie de Belfort est visé par un automobiliste au volant d'une BMW noire. L'attaque délibérée blesse gravement trois soldats et plus légèrement trois autres[48].
  • Le 25 août, un soldat de l’opération Sentinelle se suicide dans les locaux de la Marine Nationale à Paris[49].
  • Le 28 août peu avant 23h00 à Issoire, un "déséquilibré" fonce volontairement dans la grille métallique d'une enceinte militaire à l'aide d'un véhicule-bélier. La voiture parcours une dizaine de mètres dans la base militaire, avant que deux soldats de l'opération Sentinelle mettent en joue le conducteur. Dans la voiture sera retrouvée un fusil de chasse et plusieurs munitions, cependant la piste terroriste est écartée selon le vice-procureur de la République de Clermont-Ferrand[50].

Solidarité avec les militairesModifier

En marge de cette opération, de nombreux gestes de solidarité avec les militaires sont remarqués[51]. Des personnes leur apportent une boisson chaude et des repas chauds[52].

Le 12 février, une opération baptisée « Sentinelle, merci à nos soldats », initiée par l’association Voisins solidaires, débute à Paris et s’étend progressivement à toute la France pour encourager et soutenir les militaires mobilisés sur le territoire[53].

Le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) met en place un site internet « Policiers et militaires qui nous protégez, merci ! », qui recueille les messages de soutien et de remerciements de la population[54]. Le 11 janvier 2016, un reportage de Franceinfo met en lumière que les soldats d'origine musulmane se font parfois insulter par des « gens de confession juive qui leur demandent ce qu’ils font à monter la garde devant une synagogue. »[55]

Le , la mairie de Paris annonce qu’elle met en place des « mesures de gratuité pour faciliter l’accès aux établissements culturels et de loisirs » des quelque 4 000 militaires déployés depuis les attentats en Île-de-France et dont la moitié opère à Paris[56].

HonneursModifier

La Médaille de la protection militaire du territoire est instituée le [57], et une agrafe « Sentinelle » peut être décernée après 60 jours de service dans cette opération[58].

De plus deux agraphes supplémentaires sont créés, l’agrafe "Trident" [59] destinée à récompenser les militaires qui participent de manière effective aux missions de surveillance et de protection militaires des espaces aériens, maritimes et terrestres, sur le territoire national et l'agrafe "Egide" [60] destinée à récompenser les militaires qui participent de manière effective, sur le territoire national, à la protection des emprises militaires, des bâtiments publics de l'Etat, des organisations internationales et des missions diplomatiques et consulaires.

Critiques sur l'utilité de l'opérationModifier

L'opération Sentinelle fait l'objet de critiques de la part de spécialistes et d'anciens militaires. En août 2017, l'Institut français des relations internationales juge l'opération « coûteuse », « inutile » et « inefficace »[61]. Le chercheur Elie Tenenbaum affirme que : « Aujourd'hui, quoi qu'en disent l'armée de terre et le ministère de la Défense qui essaient de convaincre du contraire depuis le début, ces militaires sont utilisés comme des supplétifs des forces de police [...] avec des pouvoirs extrêmement limités, qui font de la présence et de la sécurisation à minima » ; il indique également qu'hormis la sécurisation de la rue de Charonne pendant les attentats contre le Bataclan, les militaires « ne sont jamais intervenus pour protéger autre chose qu'eux-mêmes »[62].

Selon le colonel à la retraite Michel Goya : « Si on examine le bilan réel de l'engagement de militaires sur le territoire métropolitain depuis octobre 1995, on constate que strictement aucun attentat, de quelque origine qu'il soit, n'a jamais pu être empêché par cette présence. [...] Les seuls terroristes que les soldats ont finalement neutralisés sont ceux qui les ont attaqués »[62],[63]. Il déclare également : « Cette opération, qui en réalité dure depuis 22 ans car ce n'est qu'une extension du plan Vigipirate [...], c'est 20 millions de journées de travail et entre 800 millions et un milliard d'euros de surcoût. [...] Du temps et de l'argent qui ne sont pas utilisés ailleurs »[64].

De janvier à août 2017, 100% des attaques terroristes en France ont visé des militaires et des policiers, aucune n'a ciblé des civils[61]. Selon l'historienne Bénédicte Chéron : « Il est impossible de savoir si le dispositif dissuade car on ne sait pas si certains terroristes ont finalement renoncé à une attaque grâce à la présence de militaires. [...] Les seules attaques qui ont été évitées les visaient eux, pas des civils »[61]. Pour Cédric Mas, membre du think-tank Action Résilience, aux yeux de certains terroristes, les militaires apparaissent comme une cible « plus honorable » que les civils[61],[63].

Pour le général à la retraite Vincent Desportes : « Ce dispositif ne donne satisfaction à personne car il apporte très peu en termes de sécurité. En revanche, il fournit aux terroristes des cibles militaires claires pour qui veut les frapper. Depuis le début, ils ont essentiellement servi de cibles »[65].

Pour Bénédicte Chéron, l'Opération Sentinelle est « une solution politique facile d'affichage et ça devient compliqué d'expliquer que l'on doit sortir de ce dispositif alors que la menace, elle, n'a pas diminué, voire a augmenté ». Elle estime que l'opération était justifiée à ses débuts, mais que « la pérennisation de ce modèle et le déploiement massif de soldats, alors que l’on sait que toute personne dépositaire de l’autorité publique est une cible, interrogent. L’utilité même de Sentinelle n’est pas établie »[61],[63].

Le , le ministre de l'intérieur Gérard Collomb annonce : « Nous allons redéfinir le dispositif de manière à la rendre plus mobile. C’est-à-dire qu’on n’ait pas simplement un dispositif de 7 000 personnes (…) qui soient sur des postes fixes mais peut-être 3 500 dans des postes définis et 3 500 dans des postes plus souples de manière à pouvoir garantir par exemple la braderie de Lille. Je crois que ce sera l’objet du prochain conseil de défense » prévu 30 août[66].

Équivalents étrangersModifier

La Belgique a mis en place[67], après les attentats de janvier 2015 et renforcé suite aux attentats du 13 novembre à Paris et Saint-Denis ainsi qu'après les attentats de mars 2016 à Bruxelles, l'Opération Vigilant Guardian, sur le modèle de l’opération Sentinelle.

En février 2015, l'Italie a déployé 4 800 soldats dans les rues pour protéger un certain nombre de bâtiments, dont le Vatican, d'éventuelles attaques terroristes[68].

À la suite de l'attentat de Manchester en mai 2017, le Royaume-Uni a décidé la mise en place de l'opération Temperer, qui prévoit le déploiement de 5 100 militaires dans les rues du pays[69].

Notes et référencesModifier

  1. « 10.000 militaires déployés en France, un record », Europe 1, 12 janvier 2015.
  2. « Après l’attaque de Levallois, l’opération « Sentinelle » fait débat », Le Monde, (consulté le 10 août 2017)
  3. a, b, c et d Nathalie Guibert, « Premières relèves pour les soldats de Vigipirate », sur Le Monde,
  4. « France: les CRS «épuisés» par le plan Vigipirate », sur rfi.fr,
  5. a, b et c « Attentats : “L’opération Sentinelle coûte 1 million d’euros par jour” », sur Le Parisien,
  6. « Hollande débloque 3,8 milliards d'euros de plus pour la Défense », Le Figaro, 29 avril 2015.
  7. Anne Bauer, « Attentats : 10 000 militaires dans toute la France d’ici mardi », lesechos.fr, 14 novembre 2015.
  8. « Sentinelle : 10 000 », sur www.defense.gouv.fr (consulté le 17 janvier 2016)
  9. « Sentinelle : point de situation au 7 janvier 2016 », sur www.defense.gouv.fr (consulté le 17 janvier 2016)
  10. « Opération Sentinelle. Le Drian annonce qu'elle se poursuivra » (consulté le 14 juillet 2016)
  11. a et b Soazing le Nevé - Agence France Presse, « Sentinelle, une opération guettée de toutes parts », acteurspublics.com, (consulté le 19 juillet 2016)
  12. a et b Timothée Boutry, « Terrorisme : dans les coulisses de l'opération Sentinelle », leparisien.fr, (consulté le 19 avril 2017)
  13. « Avec l'opération Sentinelle, 7000 militaires sont mobilisés en France », sur Le Figaro, (consulté le 19 avril 2017)
  14. Jean-Marc Tanguy, « La Sentinelle à 5 euros », lemamouth.blogspot.fr, 9 juillet 2015.
  15. Alain Ruello, « Attentats : une prime pour les soldats de l’opération Sentinelle », lesechos.fr,
  16. « L'opération Sentinelle vue par des soldats : des pièces insalubres, des insultes... », sur franceinfo.fr (consulté le 1er août 2016)
  17. a et b « L’opération Sentinelle est un facteur de risques pour la condition militaire », sur Zone Militaire (consulté le 27 juillet 2016)
  18. a et b Le Point, magazine, « Sentinelle : les conditions de vie des soldats dénoncées », sur lepoint.fr, (consulté le 1er août 2016)
  19. « Sentinelle : un policier de garde coûte 60% plus cher qu’un militaire », sur lopinion.fr, (consulté le 1er août 2016)
  20. « De nouvelles photos sur les conditions d’hébergement des soldats de l’opération Sentinelle », sur Zone Militaire (consulté le 1er août 2016)
  21. a et b « Trois militaires attaqués à Nice, perquisition au domicile de l'agresseur », L’Express, 3 février 2015.
  22. « Opération Sentinelle : trois soldats exemplaires ! », sur defense.gouv.fr,
  23. « Au moins 371 incidents ont été constates depuis le lancement de l’opération sentinelle. », sur opex360.com
  24. « L’assaillant des militaires revendique un acte terroriste », Le Dauphiné libéré, 8 janvier 2016.
  25. « Attaque au Louvre : les enquêteurs cherchent à savoir si l’assaillant a "agi seul, spontanément, ou sur instruction" », Le Monde.fr, 3 février 2017.
  26. Agence France Presse, « L’auteur de l’attaque contre une militaire à Orly déjà connu de la police », la-croix.com, (consulté le 18 mars 2017)
  27. Soren Seelow, « Enquête pour terrorisme après une tentative d’intrusion à la tour Eiffel », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  28. Elise Vincent, « Levallois-Perret : une voiture fonce sur des militaires de l’opération « Sentinelle », six blessés », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  29. Nathalie Guibert, « Les militaires de « Sentinelle », autre cible privilégiée des terroristes », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  30. « Un militaire de l'opération Sentinelle agressé au cutter à Strasbourg », leparisien.fr,‎ 2016-04-24cest10:42:10+02:00 (lire en ligne)
  31. « Militaire attaqué au cutter à Strasbourg : un suspect interpellé », sur europe1.fr,
  32. « Sarcelles : une patrouille Sentinelle agressée par une vingtaine d'individus », sur lci.fr,
  33. « Saint-Denis : un déséquilibré tente de désarmer un soldat « Sentinelle » », leparisien.fr,‎ 2016-10-18cest20:06:03+02:00 (lire en ligne)
  34. « Bondy : des militaires de l’opération Sentinelle interviennent sur une agression », leparisien.fr,‎ 2017-01-04cet20:10:18+01:00 (lire en ligne)
  35. « Une patrouille Sentinelle intercepte les agresseurs d'un jeune américain à Rouen », sur infonormandie.com,
  36. « Marseille : un militaire frappé par quatre agresseurs », leparisien.fr,‎ 2017-02-06cet15:43:24+01:00 (lire en ligne)
  37. « Une patrouille de militaires Sentinelle attaquée à Corbeil-Essonnes », sur valeursactuelles.com,
  38. « Une patrouille de l'opération Sentinelle agressée en plein centre de Grenoble », sur francetvinfo.fr,
  39. « Montpellier : le Nîmois menace un militaire de Sentinelle »
  40. « Un désespéré tente de donner un coup de couteau à un militaire à la gare de Lille-Flandres », sur lavoixdunord.fr,
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Voir aussiModifier