Opération Vigilant Guardian

opération antiterroriste de l'armée belge entre 2015-2021
Opération Vigilant Guardian
Localisation Drapeau de la Belgique Belgique
Planifiée par Ministère de la Défense
Objectif Lutte contre la menace terroriste et protection des « points » sensibles du territoire
Participants Armoiries de l'Armée belge Armée belge
Flag of the Belgian Land Component.svg Armée de terre belge

L’opération Vigilant Guardian, parfois abrégée OVG[1], est une opération de l’armée belge déployée en Belgique, au lendemain des attentats des 7, 8 et et du démantèlement d'une cellule terroriste à Verviers[2] ayant déjoué des attentats imminents, pour faire face à la menace terroriste et protéger les « points » sensibles du territoire. L'opération a été mise en place le et est toujours en cours[3].

L'opération sera considérablement renforcée durant l'année 2015, après les attentats du , notamment via la mise en état d'urgence absolue de l'agglomération bruxelloise du 21 au , puis après les attentats du à Bruxelles.

Le déploiement de militaires dans les rues en Belgique est un fait inédit depuis la Seconde Guerre mondiale[4].

ObjectifsModifier

 
Patrouille Vigilant Guardian à pieds à Bruxelles en 2019.

Cette opération militaire, en collaboration avec les forces de police, décidée par le gouvernement fédéral, vise à sécuriser les lieux-dits « sensibles » face à la menace terroriste comme les lieux publics très fréquentés (gares, centres commerciaux, places…), les lieux de cultes, les transports (métros, trains, gares, aéroports…), les institutions gouvernementales (institutions européennes, ambassades, parlements…), les écoles, les universités, les hôpitaux, les ports, les centrales nucléaires, les frontières…

Forces engagéesModifier

Au début de l'opération seuls 150 militaires étaient mobilisés, le nombre de militaires n'a cessé d'augmenter pour atteindre le chiffre de 1 828 militaires mobilisés en [5].

Coûts de l'opérationModifier

Pour l'année 2015 (début de l'opération le samedi ), le coût du déploiement des militaires dans la rue s'est élevé à 17,15 millions d'euros. En 2016, uniquement pour le premier trimestre, le coût était de 12,01 millions d'euros. Pour le second trimestre, précisément du au , le montant devrait atteindre 22,05 millions d’euros, selon des estimations gouvernementales. Cette montée des coûts de l'Opération Vigilant Guardian s'explique, selon le ministère de l'Intérieur, au fait que le nombre de militaires n'a cessé d'augmenter depuis 2015[6].

IncidentsModifier

Le , Oussama Z. pénètre dans l'enceinte de la Gare Centrale de Bruxelles et tente de faire exploser sa valise. Celle-ci s'est directement enflammée mais sans blesser les personnes à proximité. L'auteur descend ensuite vers les quais en poursuivant un membre du personnel de gare. C'est à ce moment que son bagage explose une seconde fois de manière plus violente. Le terroriste se dirige à nouveau vers le hall, où il rencontre des militaires qui assuraient la surveillance des lieux dans le cadre de l'opération Vigilant Guardian. Il court vers eux en criant « Allah Ouakbar ». Un des militaires ouvre le feu en direction de l'auteur et le tue[7]. Les militaires présents ont neutralisé le terroriste mais n'ont pas pu empêcher la bombe d'exploser. C'est la première fois depuis la seconde guerre mondiale qu'un soldat tue quelqu'un sur le territoire national belge[8].

Le , un homme est abattu dans le centre de Bruxelles, sur le Boulevard Émile Jacqmain, après avoir attaqué au couteau des militaires en patrouille, blessant l'un d'entre eux[9]. Le parquet fédéral qualifie l'agression d'attaque terroriste. Celle-ci est revendiquée le lendemain par Daesh. Quelques jours après l'attaque, le , le général-major de l'armée Marc Thys, annonce que les militaires devraient continuer leurs patrouilles en rue, au moins jusqu'en 2020[10].

Équivalent étrangerModifier

L'opération Vigilant Guardian s'inspire directement de l'opération militaire française dite opération Sentinelle mise en place dans l'hexagone après la vague d'attentats qui a touché la France en .

Notes et référencesModifier

  1. « L'armée élargit le « vivier » des troupes engagées dans l'opération Homeland », RTBF Info,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  2. « Deux ans après : l'image de la Défense améliorée par la présence des militaires en rue », RTBF Info,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  3. Romain Mielcarek, « Vigilant Guardian : l’armée belge contre le terrorisme », sur itele.fr, (consulté le ).
  4. « Les opérations de la Défense en 2015 : un bilan rythmé par la menace terroriste », RTBF Info,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  5. « Les militaires sont déployés à 73 % en Belgique et pour un quart à l'étranger », La Libre.be,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  6. « Le coût des militaires en rue s’envole : 34 millions d’euros en à peine six mois », La Libre.be,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  7. Jean-Claude Verset, « Tentative d'attentat à la gare centrale: le terroriste était connu pour un fait de drogue », rtbf.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  8. Maxime Czupryk, « Un militaire abat quelqu'un sur le sol belge: une première depuis la fin de la guerre », / sur 7,‎ 33 juin 2017 (lire en ligne, consulté le ).
  9. Rédaction en ligne avec Belga, « Attaque "terroriste" sur des militaires à Bruxelles: une perquisition effectuée au domicile de l'assaillant », lalibre.be,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  10. (en) « Les militaires se préparent à rester dans les rues jusqu’en 2020 », Le Soir,‎ (lire en ligne, consulté le ).