Nicolas Demorand

journaliste français
Nicolas Demorand
Image illustrative de l’article Nicolas Demorand
Nicolas Demorand, à Grenoble lors du Forum Libération en .

Naissance (49 ans)
Vancouver (Colombie-Britannique, Canada)
Nationalité Drapeau : France Française
Profession Journaliste, animateur de télévision, animateur de radio et Chroniqueur
Années d'activité depuis 1997
Récompenses Prix Philippe-Caloni (2009)
Médias
Pays France
Fonction principale Coprésentateur du 7/9 de France Inter
Presse écrite Les Inrockuptibles (vers 1995)
Libération (mars 2011 - février 2014)
Radio France Culture (1997 - 2006)
France Inter (2006 - 2010 & 2014 - )
Europe 1 (2010 - février 2011)
RTL (2011 - 2014)
Télévision I>Télé (2008 - avril 2009)
France 5 (2009 - février 2011)
Canal + (2012 - 2014)
France 3 (2016 - mars 2017)

Nicolas Demorand, né le à Vancouver, est un journaliste français. Animateur de radio et de télévision, il travaille à la rédaction de France Inter.

BiographieModifier

Famille et jeunesseModifier

Nicolas Demorand est l'enfant de Jacques Demorand, fils d'épiciers attachés à l'école républicaine[1] devenu diplomate, qui a été chef de cabinet du ministre des Affaires étrangères Roland Dumas, et de Jacqueline Bouaniche, femme au foyer qui a grandi dans une famille pauvre d'ébénistes d'Algérie[1].

Il grandit dans « un monde profondément laïc et juif, mais d'un judaïsme intellectuel, culturel et sensuel qui passe beaucoup par la table », puis vit au Canada, aux États-Unis, au Japon, en Belgique et au Maroc. Il est le frère cadet du critique gastronomique Sébastien Demorand (1969-2020)

Il suit ses études à Tokyo, Bruxelles, Rabat (lycée Descartes) et Paris (lycée Henri-IV). Lauréat du concours général de français et ancien élève de l'École normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud, il est licencié en philosophie et agrégé de lettres modernes. Il a été, notamment, professeur en lycée professionnel à Cergy et en classe préparatoire aux grandes écoles.

Il a vécu avec Louise Tourret, journaliste de France Culture, avec qui il a eu deux enfants nés en 2007 et 2009[2].

1997-2006 : France CultureModifier

Après avoir été chroniqueur gastronomique et pigiste aux Inrockuptibles, Nicolas Demorand entre à France Culture en 1997, et collabore à Staccato d'Antoine Spire, puis de La Suite dans les idées de Sylvain Bourmeau avant de produire Cas d'école[3].

À partir de , il est le présentateur de la tranche matinale de la station, Les Matins de France Culture, poste qu'il occupera jusqu'en et son départ pour France Inter[3].

2006-2010 : France Inter et I-TéléModifier

 
Nicolas Demorand lors du déplacement d'Europe 1 à Rennes le .

En , il rejoint France Inter alors dirigée par Frédéric Schlesinger et succède à Stéphane Paoli à la présentation de la tranche d'information matinale[3]. Il présente le Sept neuf trente, devenue Le Sept dix en puis Le Six trente dix en .

Pendant ce temps, à la télévision, de à , il anime la tranche 18 heures-20 heures sur la chaîne d'information en continu I-Télé, en duo avec Maya Lauqué[4],[5].

Il anime ensuite sur France 5, entre et , une émission de débat politique intitulée C politique[6],[7], qui succède à Ripostes de Serge Moati.

Il arrête la matinale de France Inter en [8] dans un contexte de polémique autour du nouveau directeur de la station publique Philippe Val, et quitte finalement la station à la surprise générale[9],[10], après treize années passées à Radio France. Il sera remplacé par Patrick Cohen[10].

2010-2011 : Bref passage à Europe 1Modifier

À partir de la rentrée médiatique 2010, Nicolas Demorand prend les commandes de la tranche 18 h - 20 h sur Europe 1[9],[10]. Dans cette nouvelle plage horaire sur cette station, il conserve une interview en direct avec un invité qu'il n'hésite pas à malmener. Néanmoins, il quitte Europe 1 le alors que ses audiences sont jugées décevantes, en laissant son siège à Nicolas Poincarré pour rejoindre Libération[11].

2011-2014 : Libération, RTL, Canal+Modifier

À compter du , il succède à Laurent Joffrin à la codirection du journal Libération aux côtés de Nathalie Collin, coprésidente du quotidien depuis 2009. Il est approuvé par les salariés avec 118 voix pour et 90 contre, soit 56,7 % contre 43,3 % sachant qu'il lui en fallait au moins 34 %[12],[13]. Une de ses premières décisions est de mettre fin à quatre déclinaisons locales, les « Libévilles » de Lille, Strasbourg, Rennes et Orléans[14]. Soutenu par les actionnaires, il sera rapidement contesté en interne[13].

Dès , le personnel de Libération vote une motion de défiance à 78 % en lui reprochant son « isolement », son absence et son management[15].

En , la Société civile du personnel de Libération dénonce une « ligne éditoriale racoleuse, attitude autocrate de leur chef » et une « greffe [qui] n'a pas pris »[16].

La rédaction lui reproche de cumuler la direction de la rédaction et la présidence du directoire, fonction qu'il abandonne le au profit de Fabrice Rousselot. Les journalistes lui reprochent également les « unes racoleuses », comme « Casse-toi riche con ! » adressée le à Bernard Arnault, puis celle du , « Une possible affaire Fabius », relayant une rumeur à propos d’un compte en Suisse de Laurent Fabius, démentie quelques jours plus tard[13],[17].

Financièrement, après un bond de 9,5 % sur un an grâce à la campagne présidentielle de 2012, les ventes chutent de 15 % en deux ans, notamment la vente au numéro qui s'effondre de près de 30 %[13]. Le plan d'économie de trois à quatre millions d'euros proposé par Nicolas Demorand à la demande des actionnaires du journal, comprenant la révision des accords sociaux des journalistes, est accueilli à 89,9 % par une motion de défiance le [13],[18].

Le , les salariés lancent une grève de 24 heures et demandent pour la troisième fois le départ de Nicolas Demorand, et du coprésident du directoire Philippe Nicolas. Ils s'opposent le lendemain à la publication d'un texte en soutien au projet des actionnaires de diversifier l'entreprise en s'appuyant sur sa marque et y répondent le par une une déclarant : « Nous sommes un journal. Pas un restaurant, pas un réseau social, pas un espace culturel, pas un plateau télé, pas un bar, pas un incubateur de start-up[13]. »

Le , Nicolas Demorand annonce sa démission dans une interview au journal Le Monde[19].

Durant son mandat à Libération, il poursuit ses participations dans divers médias : chroniqueur sur RTL dans l'émission On refait le monde et la matinale à la rentrée 2011[20], puis dans l'émission Le Supplément sur Canal+ à la rentrée 2012[21].

Depuis 2014 : France Inter et France 3Modifier

Il est de retour sur France Inter à la rentrée 2014, alors même que la direction de la radio publique vient de changer, et que Frédéric Schlesinger, son ancien directeur à France Inter, est désormais directeur délégué aux antennes et aux programmes de Radio France. Tous les soirs de 18 h 15 à 19 heures il anime Un jour dans le monde[22], un magazine d'actualité internationale rappelant Et pourtant elle tourne, émission que présentait à la même heure entre 2006 et 2010 Jean-Marc Four, désormais directeur de la rédaction de la station.

Durant l'été 2015, il présente Homo Numéricus le dimanche entre 13 h 20 et 14 heures, émission consacrée au monde numérique[23].

À la rentrée 2015, à la suite des bonnes audiences de son émission et au départ d'Hélène Jouan pour la revue de presse, il présente toute la tranche 18 heures-20 heures du lundi au jeudi avec Mickaël Thébault en reprenant également la présentation du mythique Téléphone sonne[24].

Le , lors de l'émission le téléphone sonne et d'un débat face au président du syndicat national des audioprothésistes, il annonce être victime de troubles de l'audition[25].

À la rentrée 2016, il présente l'émission politique Agora à la place de Stéphane Paoli, tous les dimanches de 12 heures à 14 heures[26]. D'autre part, à la rentrée 2016, il présente aussi un magazine culturel, Drôle d'endroit pour une rencontre sur France 3, le vendredi[27].

À la rentrée de , il reprend Le 7/9 avec Léa Salamé, à la suite du départ de Patrick Cohen[28]. Les Inrockuptibles lui consacrent à cette occasion leur Une, sous le titre « Morning Star » en faisant le « portrait d'un intello geek, stakhanoviste du micro et grand bâtisseur d'audience » [29].

Le , le ministre de l'Écologie Nicolas Hulot annonce sa démission du gouvernement en direct sur le plateau de la matinale qu'il présente[30]. Lui et sa coprésentatrice, Léa Salamé, sont critiqués pour avoir diffusé une vidéo d'auto-congratulations sur le site web de France Inter quelques minutes après l'annonce de la démission[31].

Membre de juryModifier

Nicolas Demorand est par ailleurs membre permanent du jury du Prix des prix littéraires depuis 2011.

DoublageModifier

CritiquesModifier

De la part d'AcrimedModifier

Nicolas Demorand est une cible récurrente du site web de critique des médias Acrimed qui lui reproche ses interviews qualifiées de « méprisantes » et évitant le fond du sujet[32],[33], sa tendance à remettre en cause le pluralisme politique et l’égalité du temps de parole[34],[35],[36], sa participation à l’unanimité des médias en faveur du « oui » au référendum sur la constitution européenne de 2005[37],[38], sa complaisance avec Bernard-Henri Lévy[39],[40], ou encore sa « fausse impertinence »[41].

Comme nouveau chien de gardeModifier

Le film documentaire français Les Nouveaux Chiens de garde le cite parmi la « poignée de journalistes interchangeables, qui sont chez eux partout »[42].

De la part de Frédéric MitterrandModifier

En 2013 dans son livre La Récréation, Frédéric Mitterrand fait un portrait à charge du journaliste à l'issue duquel il lui promet un destin de « vieux con faussement progressiste » (p. 650).

DistinctionModifier

Le , Nicolas Demorand reçoit le Prix Philippe-Caloni du meilleur intervieweur[43].

Notes et référencesModifier

  1. a et b Les Inrockuptibles, 13 septembre 2017, p. 14, « Morning Star » par Anne Laffeter.
  2. « Les nouveaux pères ces héros - Nicolas-Demorand », sur Elle, .
  3. a b et c « Portrait de Nicolas Demorand », sur France Inter (consulté le 13 août 2015).
  4. Julien Lalande, « Nicolas Demorand arrive au 18/20H d'i-TELE », sur Ozap, .
  5. Emmanuel Berretta, « Nicolas Demorand quitte I-Télé », sur Le Point, .
  6. « Nicolas Demorand présentera une nouvelle émission politique sur France 5 », sur France 5, .
  7. Julien Mielcarek, « Nicolas Demorand cesse de présenter "C politique" sur France 5 », sur Ozap, .
  8. « Nicolas Demorand abandonne la matinale de France Inter », sur Le Monde, .
  9. a et b « Philippe Val, «surpris» que Demorand quitte France Inter », sur Libération, .
  10. a b et c Renaud Enguérand, « Nicolas Demorand rejoint Europe 1 », sur Le Figaro, .
  11. « Demorand part à Libération, remplacé par Poincaré », sur Challenges, .
  12. « Nicolas Demorand élu directeur de la rédaction de Libération », sur Libération, .
  13. a b c d e et f Edouard de Mareschal, « Les trois ans sous haute tension de Demorand à Libération », sur Le Figaro, .
  14. « Communiqué de la direction de Libération », sur libelille.fr, .
  15. « Libération : "message d'alerte" pour Demorand », sur Europe 1, .
  16. Olivier Tesquet, « "Libération" : Nicolas Demorand (encore) au pied du mur ? », sur Télérama, .
  17. Xavier Ternisien, « "Libération" critiqué pour avoir relayé une "rumeur" sur Laurent Fabius », sur Le Monde, .
  18. Alexandre Debouté et Anne Jouan, « Libération : la direction veut baisser les salaires », sur Le Figaro, .
  19. Alexis Delcambre, « Nicolas Demorand : "J'ai décidé de démissionner de Libération" », sur Le Monde, .
  20. Mélanie Rostagnat, « Nicolas Demorand arrive sur RTL », sur Ozap, .
  21. Julien Lalande, « Nicolas Demorand va faire son retour à la télé dans "Le Supplément" de Canal+ », sur Ozap, .
  22. Renaud Revel, « Sophie Aram et Nicolas Demorand de retour sur Inter », sur L'Express, .
  23. Mathieu Dejean, « Nicolas Demorand : "Je reste fasciné par la puissance d’internet" », sur Les Inrocks, .
  24. Benoit Daragon, « France Inter : Laurence Bloch détaille les nouveautés de la rentrée », sur Ozap, .
  25. « Troubles de l'audition : symptômes, traitements et prise en charge. / France Inter », sur France Inter (consulté le 14 mars 2016)
  26. Benoît Daragon, « France Inter : Nicolas Demorand récupère l'émission politique dominicale de Stéphane Paoli » sur PureMédias, 3 juin 2016
  27. Benoît Daragon, « France 3 : Nicolas Demorand en alternance avec Marc-Olivier Fogiel le vendredi » sur PureMédias, 7 juin 2016
  28. Alexis Delcambre, « France Inter : Patrick Cohen remplacé par Nicolas Demorand et Léa Salamé » sur Le Monde, 10 mai 2017
  29. Ibid., p. 13 et suiv.
  30. « Nicolas Hulot : "Je prends la décision de quitter le gouvernement" », France Inter, {{Article}} : paramètre « date » manquant (lire en ligne, consulté le 17 octobre 2018)
  31. « «Allô la Terre» : Léa Salamé et Nicolas Demorand appelés à la raison après leur interview de Nicolas Hulot », tvmag.lefigaro.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 17 octobre 2018)
  32. Mathias Reymond, « Les Verts aux médias : « Il y en a ras-le-bol », sur Acrimed, .
  33. « Brèves de campagne (2) : Tout en finesses et en connivences », sur Acrimed, .
  34. Mathias Reymond, « Les invités des matinales de la radio (septembre-novembre 2006) », sur Acrimed, .
  35. « "Grands" journalistes pour "petits" candidats », sur Acrimed, .
  36. Mathias Reymond, « Pluralisme anémié sur France Inter : nouveaux décomptes des cartons d’invitation », sur Acrimed, .
  37. Mathias Reymond, « Les matins du "oui" sur France Culture », sur Acrimed, .
  38. Mathias Reymond, « Les matins du "oui" sur France Culture : après le choc ... », sur Acrimed, .
  39. Mathias Reymond, « BHL, Bernard Guetta et Nicolas Demorand sous le mur de Berlin », sur Acrimed, .
  40. Henri Maler, « "L’amour, ça se fait à deux", par Nicolas Demorand et Bernard-Henri Lévy », sur Acrimed, .
  41. Mathias Reymond et Philippe Arnaud, « Un sketch de Nicolas Demorand (avec vidéo) », sur Acrimed, .
  42. Emmanuelle Anizon et Richard Sénéjoux, « Six extraits commentés des "Nouveaux Chiens de garde" », sur Télérama, .
  43. « Nicolas Demorand reçoit le prix du meilleur intervieweur politique », sur Le Monde, .

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