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Mireille (compositrice-interprète)

chanteuse (compositrice-interprète) et une actrice française
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Mireille
Description de cette image, également commentée ci-après
Plaque au 36, rue de Montpensier,
dans le 1er arrondissement de Paris.
Nom de naissance Mireille Hartuch
Alias
Mireille
Naissance
Paris (France)
Décès (à 90 ans)
Paris (France)
Nationalité française
Profession
Famille

Mireille Hartuch, connue sous le nom de scène de Mireille, est une chanteuse (compositrice-interprète), actrice et animatrice de télévision française née le à Paris et morte le dans la même ville. Elle est l'épouse de l'écrivain Emmanuel Berl.

Sommaire

BiographieModifier

FamilleModifier

Issue d'une famille de musiciens, Mireille est la nièce de Charly King, l'inventeur des claquettes[1]. Dans son autobiographie, Avec le soleil pour témoin, elle raconte son enfance heureuse au sein d'une famille de Juifs émigrés à Paris. Quand elle vient au monde, au 13, boulevard Saint-Martin, dans le 3e arrondissement de Paris, le 30 septembre 1906, son père, Henri (Hendel) Hartuch, immigré de Pologne, âgé de 29 ans, est pelletier à domicile. Mathilda Rubinstein, sa mère, âgée de 23 ans, est d'origine britannique et fait partie d'une famille d'artistes et de musiciens.

Formation et période américaineModifier

Mireille apprend très tôt le piano et le théâtre[2]. À six ans, elle traverse la Manche pour tourner son premier film (en figuration). Elle s'intéresse au piano, mais ne poursuit pas dans cette voie en raison de mains trop petites[3]. En 1928, elle est engagée au théâtre de l'Odéon par son directeur, Firmin Gémier, et commence une collaboration avec le librettiste Jean Nohain (fils du poète Franc-Nohain, frère du comédien Claude Dauphin). Elle compose avec Jean Nohain une comédie musicale du type dit « auvergnat » d'une durée de cinq heures, intitulée Fouchtra, mais n'arrive pas à la vendre.

Parlant couramment l'anglais, Mireille passe deux ans aux États-Unis, d'abord à New York, où elle se produit dans un théâtre de Broadway, puis à Hollywood. En 1931, elle apparaît dans un film avec Douglas Fairbanks Jr., et un autre avec Buster Keaton.

En 1932, une mélodie de Fouchtra est reprise en partie par le duo musical Pills et Tabet, avec la chanson Couchés dans le foin, aidé par l'éditeur Raoul Breton, ce qui l'amène à rentrer en France.

Retour en FranceModifier

Comme le reconnaîtra Charles Trenet, c'est Mireille qui introduit le swing dans la culture en France. De retour en France, sa carrière de compositrice décolle quand ses chansons sont interprétées par les vedettes de l'époque : Maurice Chevalier et le jeune Jean Sablon. Elle enregistre ainsi avec Pills et Tabet ce qui s'appelle alors des « opérettes disquées », comme Ce petit chemin, Le Vieux Château ou C'est un jardinier qui boite[3]. En 1933, elle apparaît dans le film français Chourinette. Un an plus tard, elle commence une carrière de chanteuse solo accompagnée d'un piano, se produisant notamment à l'A.B.C., l'Alhambra ou encore Bobino.

Le 26 octobre 1937, elle épouse l'écrivain et philosophe Emmanuel Berl en présence, notamment, de Sacha Guitry.

Seconde Guerre mondiale et après-guerreModifier

Ses origines juives ainsi que celles de son mari la contraignent à fuir Paris occupé. En 1940, elle se réfugie à Argentat, en Corrèze, où elle participe activement à la Résistance et est à la tête du comité de libération.

Après la Seconde Guerre mondiale, elle devient amie de Jean Cocteau, Albert Camus, André Malraux, Yves Montand[4].

Elle se lie aussi avec Sacha Guitry, qui lui suggère d'ouvrir une école ; ce sera le Petit Conservatoire de la chanson[5], qui sera médiatisé par une émission hebdomadaire de radio diffusée le dimanche à partir de 1955, puis de télévision de 1960 à 1974. Le Petit Conservatoire de Mireille participera à former la voix d'une génération de chanteurs, comme Alice Dona, Hervé Cristiani, Yves Duteil, Françoise Hardy, Frida Boccara, Colette Magny, Alain Souchon (en tant que membre du trio : Marie, Anne et Julien) ou encore Marc Vincent[6]. En 2014, Patrick Rebeaud retrace sa carrière dans le documentaire La Voix de Mireille.

Pendant sa longue carrière, Mireille a composé plus de six cents chansons et reçu de nombreux honneurs et récompenses. Âgée, elle est toujours présente sur scène, et chante à Bobino et au Printemps de Bourges en 1976, ainsi qu'au théâtre de Chaillot en 1995.

 
Place Mireille, avec la fontaine Molière, dans le 1er arrondissement de Paris.

Elle vécut au 36, rue de Montpensier, dans le 1er arrondissement de Paris, durant quarante ans.

Elle est enterrée à Paris, au cimetière du Montparnasse (25e division), aux côtés de son mari. Sur sa tombe, une plaque porte l'inscription « Avec le soleil pour témoin ».

HommageModifier

La place Mireille porte son nom depuis 2010, à Paris, dans le 1er arrondissement, à l'intersection des rues Molière et de Richelieu, à proximité de son domicile[7],[2].

Chansons (sélection)Modifier

  • Puisque vous partez en voyage (en duo avec Jean Sablon) (Mireille/Jean Nohain)
  • Papa n'a pas voulu (Mireille/Jean Nohain)
  • Quand un vicomte (Mireille/Jean Nohain)
  • Ce petit chemin (Mireille/Jean Nohain)
  • Les Trois Gendarmes (Mireille/Jean Nohain)
  • Et voilà les hommes (Mireille/Jean Nohain)
  • La Partie de bridge (Mireille/Jean Nohain)
  • Le temps qu'une hirondelle (Mireille/Jean Nohain)
  • C'est un jardinier qui boite (Mireille/Jean Nohain)
  • Tant pis pour la rime (Mireille/Jean Nohain)
  • Non, non, Isabelle (Mireille/Jean Nohain)
  • La Plus Ceci, la plus cela (Mireille/Jean Nohain)
  • Demain, je dors jusqu'à midi (Mireille)
  • Bon voyage, messieurs du vélo (Mireille)

Filmographie partielleModifier

ThéâtreModifier

PublicationModifier

Notes et référencesModifier

  1. « Mireille », Didier Méreuze, Encyclopædia Universalis (lire des extraits en ligne).
  2. a et b Mireille, Avec le soleil pour témoin, Paris, Laffont, 1981.
  3. a et b « Les chemins de Mireille », Hall de la chanson (lire et écouter en ligne).
  4. Lequel la célèbre dans Parce que ça me donne du courage en 1949, et Une demoiselle sur une balançoire, en 1950.
  5. Le Petit Conservatoire de la chanson sur le site du Hall de la chanson, (lire et écouter en ligne).
  6. Extraits d'émissions du Petit Conservatoire sur le site de l'INA (voir et écouter en ligne).
  7. « Une place Mireille à Paris », Yves Thréard, Le Figaro, 10 juin 2010 (lire en ligne).
  8. Notice BnF 346883351

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • (it) Gianni Lucini, Luci, lucciole e canzoni sotto il cielo di Parigi - Storie di chanteuses nella Francia del primo Novecento), Novara, Segni e Parole, 2014, 160 p. (ISBN 978-88-908494-4-2)
  • « Mireille », Didier Méreuze, Encyclopædia Universalis

DocumentaireModifier

Liens externesModifier