Ouvrir le menu principal

Franc-Nohain

avocat, sous-préfet, écrivain, librettiste, poète français
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Nohain (homonymie).
Franc-Nohain
Description de cette image, également commentée ci-après
Franc-Nohain, photographie, Collection Félix Potin (1908).
Nom de naissance Maurice Étienne Legrand
Naissance
Corbigny
Décès (à 61 ans)
Paris
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture Français

Maurice Étienne Legrand, dit Franc-Nohain, né le à Corbigny (Nièvre) et mort le à Paris, est un journaliste, écrivain, poète, fabuliste et librettiste français.

Il choisit le nom de « Nohain » en hommage à la rivière le Nohain, affluent de la Loire, traversant Donzy, lieu de ses vacances d'enfance.

Sommaire

BiographieModifier

Son père, Eugène Legrand, était agent-voyer. Élève au lycée de Nevers, puis au lycée Janson-de-Sailly, il se lie d'amitié avec André Gide et Pierre Louÿs. Avec eux, il collabore en 1889 à Potache-Revue, une revue éphémère fondée par Maurice Quillot[1].

Après avoir commencé une carrière d'avocat, puis de chef de cabinet de préfecture[2] (successivement au Puy, à La Rochelle et à Constantine), il abandonne très vite l'administration pour se lancer dans le journalisme et la littérature.

Il publie ses premiers poèmes[3] dans la revue Le Chat noir et se qualifie de « poète amorphe »[4]. Il écrit de nombreux livrets d’opérettes pour le compositeur Claude Terrasse. Il est un proche d'Alfred Jarry avec lequel, associé à Terrasse et André-Ferdinand Hérold, il inaugure le Théâtre des pantins au 6 rue Ballu en [5]. Le suivant, on y donne sa trilogie musicale Vive la France !, sur une composition de Terrasse et un décor de Pierre Bonnard, représentation qui est interdite par la censure[6].

Il fonde Le Canard sauvage (mars-octobre 1903)[7] et devient rédacteur en chef de L'Écho de Paris.

Pour Maurice Ravel, il écrit le livret de L'Heure espagnole (1907).

Ses douze livres de Fables, publiés en quatre volumes entre 1921 et 1933, et où il donne libre cours à sa fantaisie, constituent sans doute l'une des facettes les plus attachantes de son talent.

Son œuvre abondante et variée lui vaut de recevoir le grand prix de littérature de l'Académie française en 1932.

Pour les historiens de la littérature, il reste un des principaux représentants de l'École fantaisiste, aux côtés de Paul-Jean Toulet, Tristan Derème, Georges Fourest, Tristan Klingsor et Francis Carco[8]. Certains de ses textes annoncent Jacques Prévert ou Raymond Queneau[9]. Trois de ses poèmes figurent dans l'Anthologie de la poésie française d'André Gide[10].

Selon Alfred Jarry, Franc-Nohain était « l'homme de France le mieux doué d'aperçus toujours nouveaux et inépuisables sur la pluie et le beau temps ». Alphonse Allais, qui sera témoin à son mariage, écrit à la sortie de son premier recueil : « M. Franc-Nohain a beaucoup souffert dans la vie, cela se voit. Fasse le ciel qu'il souffre encore beaucoup, pour que nous nous délections plus longtemps à le lire. »[11] Jules Renard, quant à lui, ne l'épargne pas dans son Journal : « Je lui trouve une ambition de vieillard. Tout cela manque de jeunesse et de poésie. Préfère les choses curieuses aux belles choses, veut être connu, gagner de l'argent, dîner en ville, etc. »[12]

Il épouse, en 1899, Marie-Madeleine Dauphin (1879-1942), la fille du musicien et poète Léopold Dauphin (1847-1925), qui est une illustratrice prolixe et novatrice[13]. Ils auront deux fils, le parolier et animateur Jean Nohain (dit Jaboune) (1900-1981), filleul d'Alfred Jarry, et le comédien Claude Dauphin (1903-1978), et une fille, Francine Dauphin (1914-1970), illustratrice comme sa mère.

Il meurt le 25 octobre 1934 dans le 7e arrondissement de Paris[14], et est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (division 89).

À Cosne-Cours-sur-Loire, ainsi que dans le 13e arrondissement de Paris, une rue et une école portent son nom.

ŒuvreModifier

 
À gauche : La Promenade signée Marie-Madeleine Franc-Nohain, son épouse, dans Paris-Noël, 1899.

VersModifier

  • Les Inattentions et sollicitudes - Vanier, 1894
  • Flûtes (Poèmes amorphes, fables, anecdotes, curiosités) - Revue blanche, 1898
  • Les Chansons des trains et des gares - Revue blanche, 1899
  • La Nouvelle cuisinière bourgeoise - Revue blanche, 1900
  • Le Dimanche en famille - Juven, 1902
  • Fables (livres I, II, III) - Renaissance du Livre, 1921
  • Le Kiosque à musique (Flûtes - Les Chansons des trains et des gares - Le Dimanche en famille) - Fasquelle, 1922
  • Le Jardin des Bêtes et des Plantes - « Le Livre », 1923
  • Fables (édition illustrée) - Renaissance du Livre, 1923
  • L’Orphéon (chœurs et cantates) - Renaissance du Livre, 1925
  • Fables Nouvelles (livres IV, V, VI) - Renaissance du Livre, 1927
  • Fables (livres I à IX) - Grasset, 1931
  • Nouvelles Fables (livres X, XI, XII) - La Voie Descendante suivie de Terminus - Spes, 1933
  • Poèmes amorphes (Inattentions et sollicitudes suivi de Flûtes) - J.-J. Pauvert, 1969

Nouvelles et romansModifier

  • Le Pays de l’Instar - Fasquelle, 1901
  • L’honorable Conque, député - Chatenay, 1902
  • Jaboune - Fasquelle, 1910
  • Le Gardien des Muses - Fasquelle, 1913
  • Le Journal de Jaboune - Lafitte, 1914
  • Serinettes et petites oies blanches - Renaissance du Livre, 1919
  • Couci-couça - Renaissance du Livre, 1922
  • Les Salles d’attente - Renaissance du Livre, 1922
  • La Marche nuptiale - Les Œuvres libres, 1923
  • La petite Madame Grivot - Renaissance du Livre

Théâtre et livrets d'opérettesModifier

  • Vive la France ! (trilogie à grand spectacle) - 1898 (Collège de Pataphysique, 2004)
  • La Grenouille et le Capucin - 1900
  • Vingt mille âmes - 1901
  • Au temps des croisades - 1901
  • La Fiancée du scaphandrier - Revue Blanche, 1902
  • La Botte secrète - 1903
  • L'Heure espagnole - 1904 (Société littéraire de France, 1923)
  • Le bonhomme Jadis - 1906
  • Les Transatlantiques [avec Abel Hermant] - 1911
  • La Victime [avec Fernand Vandérem] - 1914
  • Un jardin sur l'Oronte [d’après Maurice Barrès] -1922
  • La Marche nuptiale - Les Œuvres libres, 1923
  • L’Espagne, les Indes, l’Odéon - L’Heure espagnole - La Marche indienne - La belle éveillée - Renaissance du Livre, 1928
  • Le Chapeau chinois - Stock, 1931
  • Les Perceptions extérieures - Collège de Pataphysique, 1953

Biographies, essais et adaptations pour la jeunesseModifier

 
Portrait (1912) par Leonetto Cappiello.
  • Les Mémoires de Footit et Chocolat, clowns - Lafitte, 1907
  • Guillaume Tell - Lafitte, 1908
  • Charlemagne - Lafitte
  • Malbrough - Lafitte
  • Robin des bois - Lafitte
  • Les Mille et une nuits - Lafitte
  • Voyages de Gulliver - Lafitte
  • Contes d'Andersen - Lafitte
  • Les Joujoux de la vie - Juven, 1911
  • Fiches d’histoire politique et sociale contemporaine (1910-1911-1912) - Lethielleux, 1913
  • Histoire anecdotique de la guerre [avec Paul Delay] (14 vol.) - Lethielleux, 1915
  • De la mer aux Vosges - Ed. de Boccard, 1921
  • Les avis de l’oncle Bertrand - Renaissance du Livre, 1922
  • Le cabinet de lecture (1ère série) - Renaissance du Livre, 1922
  • Le cabinet de lecture (2ème série) - Renaissance du Livre, 1925
  • Aux quatre coins de Paris - Société des Amis des livres, 1926
  • La vie amoureuse de Jean de La Fontaine - Flammarion, 1928
  • L’Art de vivre - Spes, 1929
  • La Cité heureuse - Spes, 1930
  • Dites-nous quelque chose - Stock, 1930
  • Guide du bon sens - Editions des Portiques, 1932
  • Bien vivre - Flammarion, 1932
  • Saint Louis - Flammarion, 1932
  • Images de Saint Louis - Flammarion, 1933
  • Bayard ou la gentillesse française - Spes, 1934
  • Histoire sainte - Flammarion, 1934

Notes et référencesModifier

  1. Maurice Quillot est le dédicataire des Nourritures terrestres d'André Gide.
  2. Et non de sous-préfet, comme l'indiquent par erreur certaines notices biographiques.
  3. « Les grandes voix françaises : anthologie des poètes français contemporains Franc-Nohain, Maurice », sur Bibliothèques spécialisées de la Ville de Paris (consulté le 13 janvier 2018).
  4. Alphonse Allais écrit de lui : « Trésorier général dans un des plus fertiles départements de notre chère France sud-occidentale, ce sympathique fonctionnaire se double d’un poète amorphe d’une rare envergure. »
  5. « Alfred Jarry et Le Théâtre des Pantins », dans Livrenblog, 6 août 2009.
  6. « Vive la France ! Le Théâtre des Pantins censuré », dans Livrenblog, 10 août 2009.
  7. Le Canard sauvage, Catalogue numérique de la Bibliothèque nationale de France.
  8. Michel Décaudin, Les poètes fantaisistes. Anthologie, Paris, Pierre Seghers, P. S., 1982.
  9. D'après François Caradec, préface de Poèmes amorphes (Jean-Jacques Pauvert, 1969).
  10. Bibliothèque de la Pléiade, N.R.F., Gallimard, 1949.
  11. Cité par François Caradec dans la préface de Poèmes amorphes (Jean-Jacques Pauvert, 1969).
  12. 10 février 1902.
  13. Marie-Madeleine Franc-Nohain, sur Magalerieaparis [blog], 21 février 2011.
  14. Archives de Paris 7e, acte de décès no 1475, année 1934, p. 8/31.

Voir aussiModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externesModifier