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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Minas et MG.

Minas Gerais
Blason de Minas Gerais
Héraldique
Drapeau de Minas Gerais
Drapeau
Minas Gerais
Carte de l'État du Minas Gerais (en rouge) à l'intérieur du Brésil
Administration
Pays Drapeau du Brésil Brésil
Capitale Belo Horizonte
Plus grande ville Belo Horizonte
Région Sudeste
Gouverneur Romeu Zema (NOVO)
IDH 0,800 — élevé (2000)
Fuseau horaire UTC-3
ISO 3166-2 BR-MG
Démographie
Population 21 119 536 hab. (2017)
Densité 36 hab./km2
Rang classé 2e
Géographie
Superficie 586 522,12 km2
Rang classé 4e

Le Minas Gerais (IPA : [minɐs ʒeˈɾajs]) est l'un des États fédérés du Brésil. Il se situe au nord de la région Sudeste. Sa capitale est Belo Horizonte, la troisième aire urbaine du pays après São Paulo et Rio de Janeiro. Sa superficie est de 586 522 km2 et il comptait 21 119 536 habitants en 2017[1].

Le Minas Gerais est connu pour ses villes de l'époque coloniale fondées au XVIIIe siècle, lors de la ruée vers l'or. Dotées de rues pavées, de riches demeures ouvragées et d'églises baroques - certaines décorées par le sculpteur Aleijadinho, les villes les plus célèbres sont São João del Rei, Tiradentes et surtout Ouro Preto, l'ancienne capitale[2].

Cet État est riche en mines de pierres précieuses (émeraudes en particulier). Son nom en portugais signifie d'ailleurs « Mines communes », allusion aux mines qui dépendaient alors de la Couronne portugaise.

GéographieModifier

 
Chapada Diamantina

Le Minas Gerais est appelé « l'État montagnard du Brésil », car le Sud et le Sud-Est correspondent aux hautes terres brésiliennes, avec la serra da Mantiqueira et la serra do Espinhaço. Ces régions sont un centre de dispersion des eaux, où naissent le São Francisco, le rio das Velhas, le rio Grande et le rio Doce. Au sud-ouest, s'étend le Triangle minier, avec ses plateaux de grès, d'une extraordinaire diversité géologique et d'une grande richesse en minerais ferreux et non ferreux. La partie occidentale du Minas Gerais correspond aux chapadas (plateaux) qui encadrent la vallée du São Francisco. Au Nord, enfin, s'étend la région de la chapada Diamantina. a À mesure que l'on s'avance vers le nord, le climat tropical des hautes terres fait place à un climat semi-aride. La forêt et la savane arborée disparaissent au profit d'une maigre forêt sèche ou d'une brousse à épineux (caatinga).

HistoireModifier

Période précolombienneModifier

Le territoire de l'actuel État du Minas Gerais est habité depuis 12 000 ans ; le plus ancien fossile humain découvert sur le continent américain à Lapa Vermelha (région métropolitaine de Belo Horizonte) date de cette époque. Puis, il y a environ 4 000 ans, l'agriculture fit son apparition dans la région (culture de légumes et de maïs), suivie par la production de céramique il y a 2 000 ans. Jusqu'au XVIe siècle, la région fut occupée par des populations de langue macro-gê, tels que les Xacriabá, les Maxacali, les Crenaque, les Aranã, les Mocurin, les Actu-Auá-Araxá et les Puri. À l'arrivée des Portugais, nombre d'entre eux furent capturés par des Bandeirantes et vendus comme esclaves[3].

Débuts de la colonisationModifier

 
La ville de Monte Verde, au sud de l’État, est l'endroit le plus froid du Minas Gerais et les températures peuvent y être négatives en hiver. Elle possède une influence germanique notable.

Depuis le début de la colonisation portugaise, des colons s'aventurèrent à l'intérieur des terres, à la recherche de métaux précieux. À la fin du XVIe siècle, la découverte d'or dans la région se répandit. Initialement, l'or était extrait du lit des rivières, obligeant les prospecteurs à se déplacer quand les gisements s'épuisaient. Plus tard, l'ouverture de mines entraîna l'installation permanente de mineurs, à l'origine des premiers noyaux de colonisation. Entre 1700 et 1820, plus de 1 200 tonnes d'or ont été extraites des mines, c'est-à-dire 80% de la production du précieux métal au cours de cette période.

En 1708, eut lieu le premier grand conflit de la région, entre Emboabas ("Ceux qui offensent" en langue tupi) et Paulistas, originaires de la province de São Paulo. Vaincus, ces derniers s'en allèrent coloniser des régions plus éloignées. La création de la capitainerie de Minas de Ouro en 1709 (appelée à partir de 1720 Minas Geraes) contribua également à mettre fin au conflit[3].

La population de la capitainerie continua de croître, attirée par la richesse du sous-sol, mais l'activité agricole se limitait à de petites exploitations pratiquant une agriculture de subsistance. Le travail forcé favorisa l'arrivée massive d'esclaves noirs en provenance notamment de la capitainerie de la Baie de Tous les Saints, au nord-est. Certains de ceux qui parvinrent à s'échapper constituèrent des communautés organisées d'esclaves marrons — ou quilombos (du kimbundu, une langue bantoue d'Angola).

Émergence du mouvement d'indépendanceModifier

À partir de la seconde moitié du XVIIIe siècle, la production d'or donna des signes évidents de déclin. Ceci encouragea la Couronne portugaise à augmenter les taxes et à confisquer les biens de ceux qui ne pouvaient ou ne voulaient pas payer. En réaction, un profond mécontentement de la part des Mineiros, les habitants de la région, vit le jour. Influencés par les idéaux des Lumières nés en Europe, l'élite créole soutint un projet républicain pour le Minas Geraes. Mais en échange de l'annulation de ses dettes, Joaquim Silvério dos Reis (pt) dénonça ses condisciples, qui furent arrêtés avant que ne débute l'insurrection. Ceux qui avaient des liens étroits avec le pouvoir ne furent pas inquiétés, au contraire des révolutionnaires de plus humble extraction. Le plus célèbre d'entre eux, Joaquim José da Silva Xavier, exerça divers métiers : arracheur de dents (d'où son surnom de Tiradentes), tropeiro, exploitant minier, commerçant et militaire. Afin de réprimer d'autres mouvements, Tiradentes fut pendu et démembré, les parties de son corps étant éparpillées sur les routes d'accès de la capitainerie[3].

À cette époque, la majorité de la population se concentrait dans les centres urbains et les régions minières. Mais avec l’épuisement des gisements d’or et de diamants, de nombreux Mineiros partirent s'installer ailleurs dans la région ou au-delà (au Goiás notamment).

Empire du BrésilModifier

Après l'indépendance (1822) et l'instauration de l'Empire, le parti conservateur prit le pouvoir en 1840, provoquant la révolte des libéraux. Des conflits armés éclatèrent dans la province de São Paulo, avec le soutien de Mineiros libéraux. Pour contenir les insurgés, le gouvernement impérial envoya l'armée jusqu'à l'écrasement du mouvement insurrectionnel.

À partir de la fin de ce siècle, le secteur industriel commença à se développer dans la région, grâce à l'extraction de minerai de fer et à la production de textile, de produits laitiers, de vin, de céramique et d'articles de table. Toutefois, les activités agricoles, poussées par le développement de la caféiculture, dominaient toujours l’économie mineira.

Période républicaineModifier

La République oligarchique au Brésil (de 1894 à la Révolution de 1930) se caractérisa par un renforcement du pouvoir des élites régionales, en particulier celles du sud et du sud-est du pays. Les dirigeants politiques du pays étaient alors surtout originaires des États de São Paulo et de Minas Geraes, d'où l'appellation de politique du "Café au lait", en raison de l'importance économique de la production caféière dans le premier État et de l'élevage laitier dans le second. Dans les années 1920, un certain nombre de facteurs accélérèrent le déclin du pouvoir oligarchique, tels que des soulèvements populaires et la crise économique liée à la surproduction de café et à la Grande Dépression de 1929[4].

Le cycle du café présentait certaines caractéristiques préjudiciables à la croissance économique de l'État. Ainsi, les bénéfices générés par la récolte étaient, en partie, destinés aux ports d’exportation des États voisins. En outre, le manque d'unité et de moyens de communications modernes entre les différentes parties du Minas Gerais (nom de l'État à partir de la réforme orthographique) fit que nombre d'entre elles entretenaient davantage de relations économiques avec les États voisins qu'entre elles. Conscients de cette situation, les dirigeants mineiros commencèrent à centraliser l’économie de l’État avec, notamment, la création d’une nouvelle capitale, Belo Horizonte, en 1897.

À partir de la fin des années 1940, le Minas Gerais connut un important processus de transformation économique sous le mandat de son gouverneur, Juscelino Kubitschek de Oliveira (1951-1955), futur président de la République (1956-1961)[5]. La CEMIG (Companhia Energética de Minas Gerais S.A.), de même que plusieurs centrales hydroélectriques et des milliers de kilomètres d'autoroutes furent alors créés. L'industrie métallurgique, favorisée par l'exploitation de riches gisements de fer dans la région centrale de l'État, devint dès lors un secteur industriel important. Durant la dictature militaire, les principaux acteurs de l'industrie locale soutinrent le régime en place et le Minas Gerais bénéficia du processus de décentralisation économique. Ceci entraîna une forte croissance urbaine, mais aussi l'immigration de centaines de milliers de Mineiros à destination des régions métropolitaines de Rio de Janeiro et de São Paulo.

Actuellement, l'État est le deuxième plus peuplé (21 119 000 habitants en 2017[1]) et dispose du troisième PIB en importance du pays (403,550 milliards de reais en 2012).

PopulationModifier

Peuplement et villesModifier

 
Predios Luxemburgo à Belo Horizonte

Le peuplement du Minas Gerais s'est surtout fait à partir du début du XVIIIe siècle, avec la découverte de mines d'or et de diamants. Les villes se développèrent à l'emplacement d'anciens campements d'orpailleurs (Ouro Preto, Mariana, São João del Rei, Sabará, Congonhas, ou encore Diamantina). Aujourd'hui, nombre de ces villes sont assoupies et vivent au ralenti, à moins d'être animées par le tourisme.

Comme tous les autres États du Sudeste, le taux d'urbanisation du Minas Gerais est élevé, avec une très forte croissance des années 1960 jusqu'aux années 1980. La capitale, Belo Horizonte, est la commune la plus peuplée de l’État, avec 2 523 700 habitants en 2017 (plus de 5 millions dans l'aire urbaine), et trois autres villes comptent plus d’un demi-million d’habitants : Uberlândia (676 600 habitants), dans le Triangulo Mineiro, Contagem (658 500 habitants), dans la région métropolitaine de Belo Horizonte, et Juiz de Fora (563 700 habitants), au sud du territoire[1].

Inaugurée en 1897, Belo Horizonte est une ville-champignon qui remplaça Ouro Preto comme capitale politique et administrative du Minas Gerais. Conçue à l'origine pour 200 à 300 000 habitants, elle est aujourd'hui gênée moins par son site de bassin à 920 m d'altitude que par les conceptions quelque peu erronées de ses premiers urbanistes (ainsi, un plan en double damier croisé y rend la circulation particulièrement difficile). Favorisée par un climat tropical d'altitude agréable et par la tradition industrielle et bancaire des Mineiros, la ville est dynamique et exploite une partie de la production des gisements de fer à ciel ouvert de la région qui l'entoure. Dès les années 1940, elle a étendu ses activités industrielles au municipe voisin de Contagem. Depuis, l'industrie s'est implantée dans les municipes de Santa Luzia et de Betim (raffinerie de pétrole et montage automobile). Bien qu'étant le siège d'une grosse aciérie, Belo Horizonte souffre encore de sa jeunesse dans les domaines industriel et tertiaire, car la production de fonte et d'acier est très dispersée dans l'État, tandis que les grandes compagnies ont leurs sièges sociaux à Rio de Janeiro. À peu près à égale distance de Brasília, São Paulo et Rio de Janeiro, Belo Horizonte n'a pas aujourd'hui la zone d'influence qu'on pourrait attendre d'une ville de cette taille[6].

 
Ouro Preto et son riche patrimoine baroque.

Ouro Preto : la ville, alors appelée Vila Rica, fut fondée en 1711, à la suite de la découverte d'or par les bandeirantes à la fin du XVIIe siècle. Une foule de chercheurs d'or, bientôt rejoints par des commerçants, vint s'y installer pour faire fortune. Elle devint rapidement une ville non seulement prospère mais aussi très importante : vers 1750, elle comptait plus d'habitants que Rio de Janeiro ou New York. La richesse de la ville lui permit de construire une multitude d'églises baroques, dont plusieurs décorées par l'architecte-sculpteur Aleijadinho (le « petit estropié », car atteint de la lèpre). Avec l'épuisement des gisements aurifères, Ouro Preto fut peu à peu abandonnée et, à ce titre, a très peu changé depuis cette époque. Le cœur de la ville conserve toujours des rues tortueuses bordées de maisons aux magnifiques balcons en bois ou en fer forgé, de vieilles fontaines sculptées et d'innombrables églises. Depuis 1981, la ville est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO,

Au début du XVIIe siècle, des bandeirantes trouvèrent à Vila Rica une étrange pierre noire. Ils la firent analyser, ils avaient trouvé de l'or. La coloration noire était le résultat de l'oxydation du fer contenu dans le sol. Vila Rica devint alors Ouro Prêto ("or noir" en français) et la ruée vers l'or débuta.

Composition ethniqueModifier

En règle générale, les Mineiros ont une très faible ascendance amérindienne, tandis que les ancêtres européens et africains prédominent. La population est largement métissée, avec 44,3 % des habitants qui déclaraient être pardos au recensement national de 2010. Ceux qui s'identifiaient comme brancos (blancs) étaient 45,4 % à la même date, dont de nombreux descendants de Portugais ou, dans une moindre mesure, d'Italiens, Espagnols, Allemands ou Syro-libanais. Les pretos (noirs) représentaient 9,2 % de la population et les Asiatiques (surtout des Nippo-Brésiliens) et indigènes constituaient un peu plus de 1 % du total[1].

ReligionModifier

L'importance de la religion catholique des colons portugais domine encore au Minas Gerais, qui possède toujours l'un des plus forts taux de fidèles au Brésil. Toutefois, les évangéliques connaissent une forte croissance depuis plusieurs années. Selon les données du recensement de 2000 de l'IBGE (Instituto Brasileiro de Geografia e Estatística), la population mineira était composée à 78,70 % de catholiques romains, 13,61% de protestants (surtout pentecôtistes), 4,60 % d'athées ou sans religion et 1,59 % de spiritistes[7].

ÉconomieModifier

 
L'État de Minas Gerais est le plus grand producteur de café brésilien. En arrière-plan, la ville Varginha.

Le Minas Gerais est le deuxième plus riche Ètat du Brésil, derrière l'État de São Paulo. Il est devenu une puissance industrielle grâce à l'extraction du fer, dont les réserves, de l'ordre de 30 milliards de tonnes, permettent une production annuelle supérieure à 30 Mt de minerai et une importante exportation. De grandes usines sidérurgiques associent cette richesse locale à la technologie et aux capitaux étrangers (allemands, belges, japonais) à Belo Horizonte, Sabará, João Monlevade, Ipatinga, Timóteo, Caeté et Governador Valadares. D'autres ressources minières sont exploitées (manganèse, or, nickel, niobium, zinc, quartz, soufre, phosphate, bauxite, pierres semi-précieuses)[6].

Une grosse raffinerie de pétrole et de nouvelles industries (Fiat, par exemple) existent au sud de Belo Horizonte. La campagne du Minas Gerais connaît aussi d'importantes mutations : reprise de la caféiculture dans le Sud, amélioration des cheptels bovins, culture et traitement industriel du manioc près de Curvelo.

GastronomieModifier

 
Le pão de queijo (pain au fromage) est l'un des plats les plus typiques de Minas Gerais, souvent servi avec du café ou du lait.

En tant que producteur de produits alimentaires et en état rural, sa gastronomie a une marque déposée au Brésil, le mélange de cultures a entraîné une explosion de saveurs. La cuisine du Minas Gerais comprend plusieurs plats typiques : pain au fromage (pão de queijo), poulet aux okras, dulce de leche et goyave, tutu de haricots, ambrosia, etc.

CommunicationsModifier

Les codes téléphoniques pour les villes du Minas Gerais (MG) vont de 31 (comme Belo Horizonte) à 38 (comme Espinosa)[8].

GouverneursModifier

Liste des gouverneurs successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1984 1987 Hélio Garcia PMDB  
1987 1991 Newton Cardoso PMDB  
1991 1994 Hélio Garcia PMDB  
1995 1998 Eduardo Azeredo PSDB  
1999 2002 Itamar Franco PMDB  
2003 2010 Aécio Neves PSDB  
2011 2014 Antônio Anastasia PSDB  
2014 2014 Alberto Pinto Coelho Júnior PP  
2015 2018 Fernando Pimentel PT  
2019 En cours Romeu Zema NOVO  

SportModifier

 
Le stade de Mineirão (en arrière-plan), est le deuxième plus grand du Brésil, après le Maracanã. À côté se trouvent la formation locale Mineirinho et la gymnastique de volleyball.

L'État de Minas Gerais est l'un des seuls au Brésil à développer le projet sportif dans les écoles dans l'intention de produire une nouvelle génération d'athlètes pour les Olimpíadas qui ont eu lieu à Rio en 2016. L'État a de grandes équipes de football et est reconnu pour avoir plusieurs joueurs de volley-ball dans la sélection brésilienne, un plus grand champion mondial.

RéférencesModifier

  1. a b c et d (pt) « Censo 2010, Instituto Brasileiro de Geografia e Estatística (IBGE) »
  2. Encyclopaedia universalis, 2019
  3. a b et c (pt) Luiz Carlos Villalta, Maria Efigênia Lage de Resende, História de Minas Gerais: A Província de Minas
  4. (pt) Jose Alfredo Vidigal Pontes, A politìca do café com leite, mito ou historia ?
  5. (pt) José Alfredo Vidigal Pontes, O Governo Kubitschek: desenvolvimento econômico e estabilidade política, ... do sonho ao pesadelo
  6. a et b Encyclopédie Universalis, 2010
  7. (pt) « Censo 2010: número de católicos cai e aumenta o de evangélicos, espíritas e sem religião »
  8. (pt) « DDD das cidades de Minas Gerais (MG) », sur codigosddd.com.br (consulté le 12 aout 2016).

Voir aussiModifier