Mieszko Ier de Pologne

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Mieszko Ier
Illustration.
Portrait de Mieszko par Jan Matejko (1838-1893).
Titre
Duc de Pologne
vers 960
Prédécesseur Siemomysł
Successeur Boleslas Ier
Biographie
Dynastie Maison Piast
Date de naissance vers 935
Date de décès
Lieu de décès Poznań
Père Siemomysł(?)
Mère Gorka
Conjoint
Enfants

Mieszko Ier (polonais), né vers 935[1] et mort le ) est prince slave de la dynastie Piast, le premier souverain connu du futur royaume de Pologne régnant à partir de 960 environ. Lorsque son règne touchait à sa fin, il a placé l'État de Pologne sous la protection de l'Église.

BiographieModifier

Mieszko est possiblement le fils du prince légendaire Siemomysł, mentionné dans les chroniques de Gallus Anonymus, lui-même fils de Lestko et descendant du légendaire Piast le Charron. Mieszko règne sur un vaste territoire que lui a légué son père : la Grande-Pologne autour de Poznań et Gniezno, selon la conception traditionelle le territoire des Polanes, qui donneront le nom de Pologne au pays. Mieszko n’est pas son vrai nom, c’est un nom qui lui a été donné plus tard.

Prince des PolanesModifier

 
La Pologne sous le règne de Mieszko Ier.

Au Xe siècle, la communauté des Polanes se développa en un État à structure rationalisée qui s'était étendu dans les régions de Kalisz, Sieradz et Łęczyca au sud, sur le territoire de Międzyrzecz à l'ouest, ainsi que sur les domaines des Goplanes autour de Kruszwica jusqu'aux rives de la Vistule à l'est.

Plus à l'ouest, les forces de Mieszko poussèrent jusqu'au cours inférieur de l'Oder, là où ils entrent en contact avec les territoires slaves convoités par le Saint-Empire romain germanique (l'ancienne Francie orientale) et les margraves saxons. Pour l'année 962963, l’Histoire des Saxons écrit par le chroniqueur Widukind de Corvey fait référence à un rex Misaca dans le contexte de deux défaites contre les forces du comte Wichman II, neveu du duc Hermann Ier de Saxe issu de la famille Billung. Le comte au service du margrave Gero s'est allié avec des tribus slaves locales et s'attaque aux Polanes. Mieszko est obligé de se retirer et doit relever le défi posé par les incursions des margraves sous prétexte de l'évangélisation des païens.

BaptêmeModifier

Après les premières défaites, Mieszko s'oriente vers un rapprochement à l'empereur Otton Ier. En 965, pour conjurer le danger au sud, il fait une alliance avec le duché de Bohême sous le règne des Přemyslides, qu’il scelle en épousant la princesse Dubravka (Dobrawa, appelée ensuite Dąbrówka), chrétienne et fille du duc Boleslav Ier. Il fait entrer des clercs lettrés et des prêtres dans sa cour. Au début de l’année 966, Mieszko Ier part se faire baptiser selon le rite romain de l'Église catholique, afin d’éviter une invasion forcée par les margraves et d'intégrer les tribus polonaises sous son règne. Ce baptême place la Pologne dans la sphère de la culture chrétienne occidentale et latine.

Bien que le prince polonais a pu établir des relations amicales et durables avec l'empereur Otton, le comte Wichman a lancé une nouvelle attaque en 967. Mieszko, avec l’appui de Bohême, s’empare de la région de Wolin à l’embouchure de l’Oder et écrase l’armée de Wichman. Celui-ci a succombé à ses blessures dans la bataille et est décédé le  ; Mieszko livre à l'empereur son épée. À la suite de cette victoire, la voie était libre pour Mieszko et sa conquête de la Poméranie. Les Polonais s’emparent de Wolin et de Szczecin. Pour éviter une confrontation à l'échelle de la Baltique, Mieszko a contracté un mariage de sa fille Świętosława avec le fils du roi Harald Ier de Danemark, le prince Sven Ier (selon d'autres sources, Świętosława épousa Éric VI de Suède).

Dans les années suivantes, lorsque Otton séjourne en Italie, une querelle entre Mieszko et le margrave Odo Ier de Lusace (l'un des successeurs de Gero) éclata. Selon les chroniques de Dithmar, l'attitude hautaine d'Odo est à l'origine d'un conflit armé culminant à la bataille de Cedynia le  : à la suite d'une offensive des Saxons qui avaient franchi l’Oder, Mieszko écrase leur armée. Czcibor (Cidebur), son frère, est peut-être tué pendant la bataille[2]. Peu après, l’empereur, de retour d’Italie, arbitre le conflit entre la marche de l'Est saxonne et la Pologne, tranchant en faveur d'Odo. Après le décès d'Otton Ier le , son fils et successeur Otton II oblige Mieszko Ier et Odo à faire la paix à la Diète de Quedlinbourg. Mieszko prête un serment général de fidélité et doit payer un tribut pour les territoires étendus à l’ouest de la rivière Warta. Il doit aussi envoyer son fils Boleslas en otage à la cour de l’empereur mais il place son fils sous la protection pontificale et dénonce le traité de vassalité, arrêtant de payer un tribut à l’empereur.

En 974, Mieszko et aussi son beau-frère le duc Boleslav II de Bohême soutiennent temporairement Henri le Querelleur, duc de Baviére et cousin de l'empereur qui essaye sans succès de le supplanter. Néanmoins, cet abus de confiance n'a a fait beaucoup de tort à tous les deux.

Dernières annéesModifier

 
Statues de Mieszko et Boleslas par Christian Daniel Rauch à la cathédrale de Poznań (1841).

Le décès de Dubravka en 977 annonce une érosion de l’alliance entre la Bohême et la Pologne et un nouveau pas de Mieszko en direction du Saint-Empire. L'année suivante, il épouse Oda, la fille de Dietrich d’Haldensleben, margrave de la marche du Nord. Selon les sources, Oda était une moniale à l'abbaye bénédictine de Kalbe avant d'être « enlevée » par Mieszko (après entente avec son père). Le prince polonais a combattu contre les tribus slaves des Lutici et s'avance en Pomèranie. En 980, l’embouchure de la Vistule est incorporée à la Pologne ; Mieszko fonde la place forte de Gdańsk pour y consolider son pouvoir. En 981, toutefois, il doit concéder du terrain à Vladimir le Grand de la Rus' de Kiev qui attaque sur la frontière orientale, le long du Boug et du San.

À la mort de l'empereur Otton II en 983, Henri le Querelleur conduisait une nouvelle lutte pour le trône. En même temps, les relations avec Boleslav II de Bohême se dégradent. Lorsque Mieszko a réussi à fiancer son fils aîné Boleslas Ier le Vaillant à une fille de Rikdag, margrave de Misnie, Boleslav II de Bohême qui convoite les domaines de la marche de Misnie occupa le château fort de Meissen avec l’aide de Henri. Boleslas s'est ensuite marié avec Emnilda de Lusace, fille du prince slave Dobromir. Très rapidement, à la Diète de Quedlinbourg en 986, Mieszko Ier rend un hommage de vassalité à Otton III et sa mère la régente Théophano.

En 990, après plusieurs campagnes militaires, Mieszko Ier, aidé par le Saint-Empire, a définitivement arraché la Silésie et la région de Petite-Pologne autour de Cracovie à l’influence du duc de Bohême. Le Dagome Iudex, un document qui énumère les possessions du duc Mieszko Ier, est rédigé la même année. Il est confié au pape Jean XV qui place les territoires de Mieszko sous la protection du Saint-Siège.

Mieszko décède en 992, laissant à son fils aîné, le duc Boleslas Ier, un pays d’environ un million d’habitants. Ses restes se trouvent dans la crypte de la basilique-archicathédrale Saint-Pierre-et-Paul de Poznań. Quand sa veuve Oda d'Haldensleben essaie d’installer un de ses enfants sur le trône à la place de l’héritier légitime, Boleslas le Vaillant expulse sa belle-mère et ses trois demi-frères qui ont fui par la Saxe.

Mariage et descendanceModifier

Mieszko se marie vers 965 avec Dubravka († 977), fille du duc Boleslav Ier de Bohême. De cette union naissent :

Mieszko épouse en seconde noce Oda († 1023), fille du margrave Dietrich d'Haldensleben. De cette union naissent trois fils :

  • Świętopełk († avant 991) ;
  • Mieszko († après 991) ;
  • Lambert († après 991).

Christianisation de la PologneModifier

 
La christianisation de la Pologne, peinture historique par Jan Matejko (1889).

La christianisation de la Pologne débuta sous le règne de Mieszko Ier. Selon les sources, la cérémonie eut lieu le Samedi saint, , bien que l'emplacement exact soit encore contesté par les historiens, les villes de Gniezno et Poznan étant les sites les plus probables. La femme de Mieszko, Dobrawa de Bohême, est souvent considérée comme une influence majeure sur la décision de Mieszko à accepter le christianisme.

En 968, à la faveur de la conversion de Mieszko Ier, la papauté instaure chez les Polanes, à Poznań, un premier évêché confié à l’évêque missionnaire Jordan. Cet évêché dépend directement de Rome et non du Saint-Empire.

La propagation du christianisme en Pologne prit des siècles pour s'achever. Cette évangélisation porta ses fruits et fut couronnée de succès, en effet la Pologne rejoignit les États européens reconnus par la papauté et le Saint-Empire romain germanique. Selon certains historiens, le baptême de la Pologne marque le début de l'État polonais.

RéférencesModifier

  1. v. 922 (O. Balzer), entre 930 et 932 (A.F. Grabski), v. 935 (K. Jasiński), entre 940 et 945 (S. Kętrzyński).
  2. Il n'est plus cité par la suite par les sources.

Voir aussiModifier