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Marie-Ève Malouines

journaliste française

BiographieModifier

Famille et originesModifier

Marie-Ève Michèle[1] Malouines est née le à Karachi (Pakistan)[2],[3]. Dans une interview donnée au quotidien Ouest-France en , elle indique que son patronyme n'a pas de lien avec la ville de Saint-Malo, mais des origines antillaises de sa famille dont l'ancêtre était une esclave nommée Malvina[4].

Carrière professionnelleModifier

Radio FranceModifier

Marie-Ève Malouines se spécialise dans le secteur de la politique intérieure française au bureau de Radio France. Elle débute à Marseille, à l'occasion des législatives de 1988 particulièrement suivies du fait des candidatures de Bernard Tapie et de Jean-Marie Le Pen dans la cité phocéenne. Elle rejoint ensuite la rédaction de France Inter en 1989, aux informations générales, avant d'intégrer le service politique en 1990. Après la présidentielle de 1995, elle est nommée au service politique de France Info, qu'elle dirige depuis 2004, tout en y assurant un éditorial tous les soirs depuis 2009 (dans le grand journal de 18h depuis ).

En , elle lance sur France Info, à h 10, le premier « zapping » radio des déclarations politiques des invités des médias audio-visuels.

La Chaîne parlementaireModifier

À partir de , elle est co-animatrice de l'émission Questions d’info sur La Chaîne parlementaire Assemblée nationale (LCP-AN), interview en 45 minutes d'une personnalité politique sur l'actualité de la semaine, présentée par Frédéric Haziza de LCP-Assemblée nationale, avec Françoise Fressoz du Monde et Frédéric Dumoulin de l'AFP.

En 2015, elle est candidate à la présidence de cette chaîne[5] où elle présente « un projet qui ouvre davantage la chaîne parlementaire aux jeunes en les faisant participer au débat démocratique »[6]. Inquiète de "la fragilité actuelle de l'évidence démocratique" elle estime que LCP doit être "complémentaire" des chaînes d'information continue. Selon elle, LCP doit être la chaine du débat politique "qui prend le temps de la confrontation et du développement des points de vue". Buzz clash et petites phrases sont priés de rester à l'entrée. Les audiences de la chaine souffrant d'un déficit de notoriété, Marie-Ève Malouines veut "clarifier et simplifier la grille" et développer la présence de lcp sur Internet et les réseaux sociaux[7].

Le , le bureau de l'Assemblée nationale la « désigne en qualité de Président-directeur général de La Chaîne Parlementaire - Assemblée nationale (LCP-AN) à partir du  » et pour une durée de trois ans[8],[9]. Elle est choisie par l'Assemblée nationale pour remplacer Gérard Leclerc, qui occupait ce poste depuis 2009 et qui s'était porté candidat à sa succession[9]. Claude Bartolone, le président de l'Assemblée nationale, qui avait soutenu la candidature de Marie-Ève Malouines, note dans son communiqué que « cette nomination place ainsi pour la première fois, une femme à la présidence de La Chaîne »[10],[11].

La Société des journalistes (SDJ) de LCP et le personnel de la chaîne ont fait part de leur inquiétude au sujet de la présence de seulement deux candidats pour la présidence de la chaîne[12] — contre cinq à dix lors des éditions précédentes[13]. Marc Baudriller, journaliste de Challenges, estime que cette nomination « prend des allures de nomination soviétique » et explique que « personne n’a souhaité subir l’humiliation d’un échec dans une désignation jouée d’avance. Claude Bartolone répète en effet en privé depuis des semaines qu’il entend nommer une femme à la tête de La Chaîne parlementaire ». Marc Baudriller précise que, d'après Gérard Leclerc, Marie-Ève Malouines a également reçu le soutien influent du journaliste Frédéric Haziza[13]. Laurent Mauduit, journaliste à Mediapart, considère lui aussi que Claude Bartolone a « fait en sorte que Marie-Ève Malouines soit certaine de remporter la compétition, avant même que celle-ci ne s’engage »[12]. Marie-Ève Malouines et l'entourage de Claude Bartolone contestent ces allégations[12].

À la présidence de LCP, elle développe la chaine sur les réseaux sociaux, augmente le volume des débats parlementaires retransmis en direct, renforce la tranche matinale orientée vers le travail des députés, et développe une ambitieuse programmation de documentaires systématiquement suivis de débats. En septembre 2016, le passage à la HD permet des changements de décors et de plateaux bienvenus[14]

Le, dans le contexte des révélations de l'affaire Harvey Weinstein, le journaliste Frédéric Haziza est accusé de harcèlement sexuel par la journaliste Astrid de Villaines[15],[16] pour un fait remontant à 2014. Frédéric Haziza avait contesté la version de sa consoeur mais il avait écopé d’un avertissement[17]. Deux jours plus tard, le président de l'Assemblée nationale François de Rugy annonce que Marie-Ève Malouines sera convoquée afin qu'elle « détaille les mesures prises pour que toute la lumière soit faite sur la situation au sein de la chaîne »[18]. Le même jour, Frédéric Haziza est suspendu d'antenne de La Chaîne parlementaire[19],[20]. Il est réintégré le [21], une enquête interne ne faisant apparaitre aucun geste inapproprié de sa part depuis ainsi que l'explique Marie-Ève Malouines au micro d'Europe I[22]. En réaction, les journalistes de LCP-AN votent à l’unanimité moins un vote blanc, sur 26 votants, une motion de défiance contre Marie-Ève Malouines[21].

En , après 9 mois d’enquête préliminaire, Frédéric Haziza écope d’un rappel à la loi[17].

Marie-Eve Malouines avait annoncé en juin 2017 qu'elle souhaitait voir son mandat renouvelé, pour boucler les dossiers en cours et consolider la modernisation de la chaine. Elle met en avant son "exigence démocratique" et sa vision rigoureuse de son métier. Ce que son ancien patron Laurent Guimier confirme en remarquant qu'elle "a toujours protégé ses troupes". Elle regrette "le développement de ce journalisme qui se met en scène et qui pense que les questions du journaliste sont plus importantes que les réponses de l'invité"[23]. Lors de son audition devant les députés, Marie-Ève Malouines propose la fusion des deux chaînes parlementaires LCP-Assemblée nationale et Public Sénat[24] qu'elle juge inéluctable face à la concurrence des chaines d'information continue qui se consacrent beaucoup à la politique. Elle défend son bilan marqué par une progression de l'audience[25] et le fait qu’elle a obtenu et réussi le transfert des questions au gouvernement en exclusivité sur l’antenne de LCP[26].

François de Rugy, le président de l’Assemblée nationale, lui préfère un documentariste proche d'Emmanuel Macron auquel il a consacré plusieurs documentaires jugés très élogieux[27] : Bertrand Delais devient président de LCP pour trois ans en .

OuvragesModifier

Marie-Ève Malouines a écrit cinq livres politiques consacrés à Jacques Chirac, François Hollande, Lionel Jospin, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy :

  • Deux hommes pour un fauteuil, Chroniques de la cohabitation 1997-2001, 2001[O 1] ;
  • La Madone et le culbuto ou l'inlassable ambition de Ségolène Royal et François Hollande, 2006[O 2] ;
  • Ségolène Royal, l'insoumise, 2007[O 3] ;
  • François Hollande ou la force du gentil, 2010[O 4] ;
  • Nicolas Sarkozy : le pouvoir et la peur, 2012[O 5];
  • Paris de femmes, portraits croisés de Anne Hidalgo et Nathalie Kosciusko-Morizet, Fayard, 2014 [28];
  • Seul en son Palais, pour quoi nos présidents s’enferment à l’Élysé[29]”, Stock 2016

Elle est également scénariste d'une BD consacrée à François Hollande au palais de l'Élysée :

DistinctionModifier

Le 31 décembre 2008, Marie-Ève Malouines est nommée chevalier de l'ordre national de la Légion d'honneur, pour ses 20 ans d’activités professionnelles et associatives, sur la liste présentée par Roger Karoutchi, secrétaire d'État auprès du Premier ministre, chargé des relations avec le Parlement[1]. Elle fait alors part de son « grand étonnement » de trouver son nom parmi les nommées : « Cette liste étant publique, je tiens à préciser que je n'ai jamais réclamé une telle distinction, ni même été sollicitée en vue d'une telle démarche. Je ne vois vraiment rien, dans mon parcours, qui puisse justifier une telle distinction, c'est pourquoi je me vois dans l'obligation de refuser cette prestigieuse décoration. »[30]. La journaliste du Monde Françoise Fressoz est dans la même situation. L'entourage du ministre précise qu'elles ont été « recommandées au titre de leur appartenance à l'association de la presse parlementaire. […] La liste regroupe des personnalités diverses et parfaitement indépendantes, notamment plusieurs anciens parlementaires de gauche »[31].

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Marie-Ève Malouines, Deux hommes pour un fauteuil, Chroniques de la cohabitation 1997-2001, Fayard, , 350 p. (ISBN 978-2-21361-053-5)
  2. Marie-Ève Malouines et Carl Meeus, La Madone et le culbuto ou l'inlassable ambition de Ségolène Royal et François Hollande, Fayard, coll. « LITT.GENE. », , 360 p. (ISBN 978-2-21362-354-2)
  3. Marie-Ève Malouines et Carl Meeus, Ségolène Royal, l'insoumise, Fayard, coll. « LITT. GENE. », , 345 p. (ISBN 978-2-21363-111-0)
  4. Marie-Ève Malouines, François Hollande ou la force du gentil, JC Lattès, coll. « Essais - Documents », , 240 p. (ISBN 978-2-70963-956-9)
  5. Marie-Ève Malouines, Nicolas Sarkozy : le pouvoir et la peur, stock, coll. « Essais et documents », , 240 p. (ISBN 978-2-23406-483-6)
  6. Faro (dessinateur) et Marie-Ève Malouines (scénariste), Moi, Président : ma vie quotidienne à l'Élysée, t. 1 (bande dessinée), Jungle !, coll. « Jungle SAS », , 56 p. (ISBN 978-2-82220-359-3)
  7. Faro (dessinateur) et Marie-Ève Malouines (scénariste), Moi, Président, t. 2 (bande dessinée), Jungle !, coll. « Jungle SAS », , 56 p. (ISBN 978-2-82220-807-9)

RéférencesModifier

  1. a et b ORDRE NATIONAL DE LA LÉGION D’HONNEUR - Décret du 31 décembre 2008 portant promotion et nomination.
  2. « Marie-Ève Malouines », sur le site recopie du registre du commerce (consulté le 6 mai 2015).
  3. « Marie-Ève Malouines », sur le site mondanité.fr (consulté le 6 mai 2015).
  4. « Marie-Eve Malouines, en osmose avec la ville », sur le site du journal Ouest-France, (consulté le 2 février 2015).
  5. « LCP : le mail malencontreux d’Haziza », sur le site du journal Politis, (consulté le 13 mars 2015).
  6. Paul Garlot, « Marie-Eve Malouines nommée présidente de LCP-AN », sur le site du magazine Stratégies, (consulté le 6 mai 2015).
  7. Chloé Woitier, « Marie-Eve Malouines prend la tête de LCP », Le Figaro,‎ , p. 26
  8. « Décision du Bureau », sur le site de l'Assemblée nationale, (consulté le 6 mai 2015).
  9. a et b « LCP : Marie-Eve Malouines nouvelle présidente », sur le site du quotidien Le Figaro, (consulté le 6 mai 2015).
  10. « Nomination de Mme Marie-Eve Malouines à la présidence de LCP-AN », sur le site de Claude Bartolone, (consulté le 11 novembre 2018).
  11. « Marie-Eve Malouines nommée présidente de LCP-Assemblée nationale », sur le site de BFM TV, (consulté le 11 novembre 2018).
  12. a b et c Laurent Mauduit, « Bartolone a biaisé la désignation du prochain PDG de La Chaîne parlementaire », sur Mediapart, (consulté le 30 août 2015)
  13. a et b Marc Baudriller, « Fait du prince ? L'étrange course à la présidence de LCP-AN », sur La Vie des Médias, blog associé à Challenges, (consulté le 30 août 2015)
  14. alain Constant, « Marie-Eve Malouines l'exigence démocratique », le Monde,‎
  15. David Perrotin, « «Il lui a attrapé la fesse»: le journaliste de LCP Frédéric Haziza accusé d'agression sexuelle », sur le site d'information BuzzFeed, (consulté le 11 novembre 2018).
  16. « Le présentateur de LCP Frédéric Haziza accusé d'agression sexuelle », sur le site du quotidien Libération, (consulté le 11 novembre 2018).
  17. a et b Le Point, magazine, « Le journaliste de LCP accusé d'agression sexuelle a eu un rappel à la loi », Le Point,‎ (lire en ligne, consulté le 3 septembre 2018)
  18. « Frédéric Haziza réagit à la plainte le visant pour agression sexuelle, LCP le suspend », sur le site d'information HuffPost, (consulté le 11 novembre 2018).
  19. Romain Delacroix, « Le journaliste Frédéric Haziza (LCP) suspendu après une plainte pour agression sexuelle », sur le site du quotidien Le Figaro, (consulté le 11 novembre 2018).
  20. François Bougon, « La chaîne LCP suspend le journaliste Frédéric Haziza, accusé d’agression sexuelle », sur le site du quotidien Le Monde, (consulté le 11 novembre 2018).
  21. a et b « Motion de défiance à LCP contre la réintégration de Frédéric Haziza, accusé d’agression sexuelle », sur le site du quotidien Le Monde (consulté le 11 novembre 2018).
  22. « LCP : accusé d’agression sexuelle, Frédéric Haziza fait son retour à l’antenne jeudi soir » [vidéo], sur un enregistrement d'une émission d'Europe I, (consulté le 11 novembre 2018).
  23. Alain Constant, « Marie-Ève Malouines, l'exigence démocratique », le Monde,‎
  24. « Présidence de LCP-AN : retrouvez les auditions des cinq candidats », LCP Assemblée nationale,‎ (lire en ligne, consulté le 3 septembre 2018)
  25. « Audiences / LCP consolide sa position de chaîne de référence sur la thématique parlementaire et politique | Salle de presse LCP », Salle de presse LCP,‎ (lire en ligne, consulté le 3 septembre 2018)
  26. « Les "Questions au gouvernement" dopent les audiences de LCP », sur LCP Assemblée nationale (consulté le 3 septembre 2018)
  27. « un proche d'Emmanuel Macron prend la présidence de LCP », Téléobs,‎ (lire en ligne)
  28. Malouines, Marie Ève, 1961-, Paris de femmes (ISBN 9782213680774 et 2213680779, OCLC 873461076, lire en ligne)
  29. « Seul en son palais », sur www.editions-stock.fr (consulté le 3 septembre 2018)
  30. « Francoise Fressoz et Marie-Ève Malouines refusent la Légion d'honneur », sur le site du journal Libération, (consulté le 6 mai 2015).
  31. « Deux journalistes politiques refusent la Légion d'honneur », sur le site du magazine Le Point, (consulté le 6 mai 2015).