Luis Arce

président de l'État plurinational de Bolivie depuis 2020

Luis Arce
Illustration.
Luis Arce en 2015.
Fonctions
Président de l'État plurinational de Bolivie
En fonction depuis le
(19 jours)
Élection 18 octobre 2020
Vice-président David Choquehuanca
Prédécesseur Jeanine Áñez
Ministre bolivien de l'Économie et des Finances publiques

(9 mois et 18 jours)
Président Evo Morales
Prédécesseur Mario Guillén
Successeur José Luis Parada Rivero
[a]
(11 ans, 5 mois et 1 jour)
Président Evo Morales
Prédécesseur Luis Carlos Jemio
Successeur Mario Guillén
Biographie
Nom de naissance Luis Alberto Arce Catacora
Date de naissance (57 ans)
Lieu de naissance La Paz (Bolivie)
Nationalité Bolivienne
Parti politique MAS
Profession Économiste
Résidence Casa Grande del Pueblo
La Paz (Bolivie)

Signature de Luis Arce

Luis Arce
Présidents de l'État plurinational de Bolivie

Luis Alberto Arce Catacora (/ˈlwis alˈβɛɾto ˈaɾse kataˈkoɾa/), dit Lucho Arce, né le à La Paz, est un économiste et homme d'État bolivien. Il est membre du Mouvement vers le socialisme (MAS).

Ministre de l'Économie et des Finances publiques sous Evo Morales de 2006 à 2017 puis en 2019, il est le candidat de son parti à l'élection présidentielle de 2020. Il est élu président de l'État plurinational de Bolivie avec 55,1 % des voix et bat avec vingt-six points d'avance le centriste et ancien président Carlos Mesa.

Situation personnelleModifier

Issu d'une famille d'origine mestizo[1],[2] de la classe moyenne, il est diplômé en économie de l'université supérieure San Andrés (UMSA) de La Paz. Entre 1996 et 1997, il fréquente l'université de Warwick à Coventry au Royaume-Uni d'où il sort avec une maîtrise en science économique. Il travaille à la Banque centrale bolivienne de 1987 à 2005[3].

Marié, il est père de trois enfants[4].

Ascension politiqueModifier

Ministre de l'ÉconomieModifier

Il est ministre de l'Économie et des Finances publiques sous la présidence d'Evo Morales entre et et de nouveau de janvier à . À ce titre, il est parfois qualifié de « père du miracle économique » bolivien en raison de la nationalisation du secteur des hydrocarbures en 2006, qui a permis de multiplier le PIB par quatre, et de réduire le taux de pauvreté de 60 % à 37 % en un peu plus de dix ans[5],[6].

Élection présidentielle de 2020Modifier

De à , il est en exil au Mexique[7]. Le , il est désigné par son parti, le Mouvement vers le socialisme (MAS), comme candidat à l'élection présidentielle fixée au , avec David Choquehuanca comme colistier[8]. Ce dernier, issu d'une communauté indigène, a d'abord été annoncé comme précandidat[9], alors que le jeune syndicaliste Andrónico Rodríguez avait les faveurs de Morales[5]. Le , le Tribunal suprême électoral donne deux jours à Arce pour compléter son dossier de candidature, sous peine d'être empêché de participer au scrutin. Le MAS[10] propose la présidente du Sénat, Eva Copa, pour le remplacer dans ce cas de figure[11]. Le , sa candidature est validée[12].

Le , à l'appel d'Arce, des milliers de sympathisants du MAS manifestent pour s'opposer au report du scrutin, qu'ils estiment lié à la possibilité pour leur candidat de remporter le scrutin[13]. De son côté, le gouvernement tente de reporter de nouveau le scrutin. Le , le Tribunal suprême électoral adopte une résolution empêchant tout nouveau report[14].

Le pouvoir bolivien annonce, le , entreprendre des poursuites judiciaires contre Luis Arce pour des « dommages financiers » qu'il aurait causés à l’État lorsqu’il était ministre de l’Économie et des Finances publiques[15]. Une autre enquête est ouverte contre lui début octobre concernant sa participation à la « fraude électorale » de 2019, puis une troisième le 9 octobre, à neuf jours du scrutin, pour « enrichissement illicite »[16].

L’alliance politique Creemos, de son adversaire d’extrême droite Luis Fernando Camacho, dépose en juillet une demande formelle d’interdiction du MAS devant les autorités électorales. La sénatrice conservatrice Carmen Eva González présente également un recours demandant l'interdiction du MAS, l'accusant d'avoir commenté des sondages hors des périodes autorisées[16].

Président de la BolivieModifier

TransitionModifier

D'après un premier sondage à la sortie des urnes, commandé par la chaîne privée Unitel, Arce est donné vainqueur au premier tour de l'élection présidentielle, avec une première estimation à 52,4 % des suffrages, devançant Carlos Mesa, son principal concurrent, de plus de 20 points (31,5 % des suffrages selon les premières estimations)[17]. Il est félicité dans la foulée par la présidente sortante Jeanine Áñez[18]. Le décompte final lui donne 55,10 % des suffrages[19], contre 28,83 % pour le second Carlos Mesa. Il hérite alors d’une situation économique extrêmement mauvaise après une année d’administration du gouvernement intérimaire de Jeanine Añez, et en particulier sa gestion de la pandémie de Covid-19[20].

Tensions avec l'extrême droite et tentative d'assassinatModifier

 
Luis Arce et son vice-président David Choquehuanca, le jour de leur investiture.

Le , des manifestations et des blocages de route ont lieu dans tout le pays à l'appel d'un groupe d'extrême droite, le Comité civique pro-Santa Cruz, qui conteste les résultats des élections générales gagnées par la gauche. Le quartier général de campagne d'Arce à La Paz est visé par un attentat à la dynamite alors qu'il y rencontrait le chef du MAS, Sebastián Michel. La tentative d'assassinat ne fait toutefois pas de blessés[21],[22].

InvestitureModifier

Le , il est assermenté devant l'Assemblée législative plurinationale et entre en fonction[23],[24].

Politique socialeModifier

Sa première mesure est de mettre en place un « bon contre la faim » pour tous les Boliviens âgés de plus de 18 ans qui ne reçoivent plus de revenus[25].

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Ministre des Finances jusqu'en 2009.

RéférencesModifier

  1. (es) Itzamná Ollantay, « Bolivia, elecciones 2020, ¿Por qué el MAS opta por Arce y Choquehuanca? », sur www.telesurtv.net, (consulté le 13 novembre 2020).
  2. (ar) « Luis Arce will be the next president of Bolivia with the... », sur AlKhaleej Today, (consulté le 13 novembre 2020).
  3. « ¿Quiénes son los candidatos a la Presidencia de Bolivia? », sur telesurtv.net,
  4. « Luis Arce, l’artisan du "miracle économique bolivien" », sur LaLibre.be, (consulté le 14 novembre 2020).
  5. a et b « Le parti d’Evo Morales se met à l’écoute de la classe moyenne », sur Le Devoir, .
  6. « Bolivie: Luis Arce, l'économiste qui a profité du capital politique de Morales », Ouest-France,‎ (lire en ligne)
  7. (en) « Bolivia's Morales given two days to save Senate candidacy bid - France 24 », sur France 24, France 24 English, (consulté le 11 février 2020).
  8. « Présidentielle en Bolivie: Morales adoube un ancien ministre, Luis Arce », sur Le Point,
  9. « Bolivie: Morales, en exil, annonce les candidats socialistes aux élections », sur Challenges, .
  10. (en) « Prensa Latina - Latin American News Agency », sur www.plenglish.com/ (consulté le 11 février 2020).
  11. (es) « En el MAS se perfila a Eva Copa si el TSE inhabilita la candidatura de Luis Arce », sur eldeber.com.bo (consulté le 13 février 2020).
  12. « Bolivie : Evo Morales empêché de se présenter au Sénat », sur Le Monde.fr, Le Monde, (ISSN 1950-6244, consulté le 23 février 2020).
  13. « Bolivie: des milliers de sympathisants de Morales dénoncent le report des élections », sur Le Point, lepoint.fr, (consulté le 29 juillet 2020).
  14. « Bolivie: les élections fixées au 18 octobre, les blocages routiers persistent », sur Le Point, lepoint.fr, (consulté le 6 septembre 2020).
  15. « Otages des putschistes boliviens », sur Médelu,
  16. a et b « Nouveau « coup pourri » de l’OEA en Bolivie ? », sur Médelu,
  17. « En Bolivie, les résultats officiels se font attendre, un sondage donne Luis Arce vainqueur », sur Le Monde, lemonde.fr, (consulté le 19 octobre 2020).
  18. « Bolivie : Luis Arce, candidat socialiste, élu président dès le premier tour », sur Le Monde.fr, Le Monde, (ISSN 1950-6244, consulté le 19 octobre 2020).
  19. Reuters, « Bolivie: Arce s'engage à "reconstruire" le pays », sur Challenges,
  20. « Bolivie : Luis Arce, candidat socialiste, élu président dès le premier tour », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)
  21. (es) « Luis Arce sale ileso en atentado en Bolivia », sur jornada.com.mx, (consulté le 6 novembre 2020)
  22. (es) « Líder del MAS dice que hubo ataque con dinamita en contra de Luis Arce en Bolivia », sur eluniversal.com.mx, (consulté le 6 novembre 2020)
  23. (es) Erika Segales, « Posesión de Luis Arce será el 8 de noviembre en la Asamblea », Página Siete, (consulté le 24 octobre 2020).
  24. AFP, « Bolivie: Luis Arce, dauphin de Morales, investi président », sur Mediapart,
  25. (es) « Bono contra el hambre en Bolivia: monto, requisitos, beneficiarios y cómo solicitar », sur AS.com, (consulté le 27 octobre 2020)

Liens externesModifier