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Liste des vicomtes du Maine

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Liste des vicomtes du Maine

Au sein du comté du Maine se développa une dynastie vicomtale dont l'origine est peu connue.

Armes des Beaumont : chevronné d'or et de gueules de VIII pièces
Article détaillé : Comté du Maine.

Sommaire

IntroductionModifier

Les vicomtes du Maine, du Mans ou des Manceaux — car on leur donne ces noms avant de les dire vicomtes de Beaumont, de Sainte-Suzanne, du Lude, ou simplement vicomtes — eurent dans le Bas-Maine des possessions territoriales et une importance, quoique leurs domaines les plus nombreux et leur rôle historique les rattachent surtout au Haut-Maine et à l'Anjou.

Les vicomtes, comme il paraît dans les documents du Xe et du XIe siècle, toujours associés aux comtes, les remplaçaient à l'occasion. Leur charge devenue héréditaire comme celle des comtes et en même temps, avait dans le Maine une tout autre importance que dans les comtés d'une petite étendue, et même dans des subdivisions de comtés, comme il y en eut au XIIe et au XIIIe siècle. Ils furent largement dotés par le comte, non seulement au cours du XIe siècle comme les barons, mais dès le Xe siècle et même antérieurement. Il est vrai que plus tard l'importance de leurs fonctions diminua en même temps que leur rôle politique. De plus en plus riches, ils se virent réduits par la transformation des charges publiques à ne plus administrer et défendre que leurs possessions domestiques.

Mais à l'origine, leur situation et leur rôle dans le monde féodal sont ceux des familles les plus marquantes. Ils possèdent des abbayes, des églises paroissiales, en fondent de nouvelles, puis donnent ou restituent les unes et les autres aux évêques, aux chapitres, aux monastères. Ils ont une part considérable dans les événements contemporains du Maine et de l'Anjou, de la France même et de l'Angleterre, comme l'attestent les chroniques ; prennent part aux croisades, soit en Orient, soit contre les Albigeois ; jouissent d'une influence très grande dans les affaires de la province, dont témoigne le nombre des chartes passées en leur nom ou qu'ils signent comme témoins. Ils font la guerre et comptent des alliances royales. Enfin les évêques du Mans et d'Angers sont souvent pris de leur sang.

Les vicomtes du Maine furent toujours opposés aux Normands. Quand les comtes d'Anjou le devinrent aussi du Maine par suite du mariage vers 1110 de la fille du comte Elie au fils de Foulque IV Réchin, ils s'attachèrent fidèlement à eux, et quand les Plantagenêts montèrent sur le trône d'Angleterre, les vicomtes les servirent encore et en reçurent de grands avantages, jusqu'au jour où le rôle de Jean sans Terre et l'habileté politique de Philippe-Auguste les eurent pour toujours détachés du parti anglais et gagnés à la cause française.

Le premier soin des représentants de l'ancienne féodalité fut d'élever des châteaux-forts pour défendre leurs domaines ou la province. Les vicomtes du Maine n'y manquèrent pas. Ce qu'ils édifièrent en ce genre ne représente pas seulement quelques forteresses isolées, mais toute une ligne de défense, allant du nord-est au sud-ouest, de Fresnay, Bourg-le-Roi, Beaumont, Sillé, à Courtaliéru, Évron, Sainte-Suzanne et Thorigné-en-Charnie. C'était une forte barrière qui céda quelquefois à l'invasion normande, mais qui l'arrêta aussi, spécialement devant Sainte-Suzanne.

Quelques-uns de ces donjons furent remis aux mains de puissants vassaux qui les tenaient en fief du vicomte, ou à des alliés comme Sillé qui subit toujours le même sort que les autres forteresses. Tout cet ensemble de châteaux sur une seule ligne, en face du même ennemi, indique certainement un plan de défense dont l'initiative ne peut avoir appartenu qu'aux vicomtes de Beaumont et de Sainte-Suzanne. En dehors des forteresses du Saonnois attribuées aux comtes de Bellême, on ne trouve nulle part ailleurs un pareil système de fortifications solidement bâties d'épaisses murailles, mais seulement des châteliers (châtelets, châtres) en terre, mottes, retranchements, fossés, palissades, édifiés et défendus par les fidèles des premiers barons.

GénéalogieModifier

La famille de Beaumont, puis de Beaumont-Brienne, domina cette région du Maine du Xe au XIVe siècle.

La filiation des vicomtes du Maine a été solidement établie :

M. Depoin a donné une contribution utile à cette étude (Les vicomtes du Mans et la maison de Bellême), mais non complètement exacte.

M. Hucher (Revue Historique et Archéologique du Maine, t. XI, p. 319-408) était en sérieux progrès sur tous ceux qui l'avaient précédé, surtout au point de vue monumental.

L'étude de Dom Guilloreau sur Étival-en-Charnie est puisée aux sources (Revue Historique et Archéologique du Maine, t. XLIX, p. 113 ; t. LII, p. 121).

L'œuvre d'Odolant-Desnos, quelquefois bonne à suivre, est de valeur très inégale. Toutes les autres généalogies sont pleines d'erreurs, même pour le XIIIe siècle.

Les dix-huit vicomtes de Beaumont, Fresnay et Sainte-Suzanne du Xe au XIVe siècleModifier

NB : Une fille de Richard Ier et Lucie de l'Aigle, Ermengarde, épousera en septembre 1186 dans le palais de Woodstock Guillaume le Lion, roi d'Écosse depuis le 9 décembre 1165. Le mariage sera célébré par Baldwin, archevêque de Cantorbery ; le château d'Edimbourg sera restitué à Guillaume le Lion à cette occasion[1].

D'autres enfants cadets de Richard Ier furent : Guillaume de Beaumont, évêque d'Angers en 1202-1240 ; Constance de Beaumont, femme de Roger IV de Tosny, seigneur de Conches ; Pétronille ou Péronnelle, épouse sans postérité d'Alain Ier de Penthièvre

ÉpilogueModifier

ForteressesModifier

Les vicomtes du Maine ont laissé des monuments importants au point de vue militaire qui n'ont de comparables que ceux du Saonnois attribués aux seigneurs de Bellême, et qui donnent une haute idée de leur puissance, de leur rôle et de l'étendue de leurs domaines. Ils les construisirent pour la protection, soit de leurs terres, soit de la province. Ces forteresses forment un système de défense des plus complets, barrant la route aux envahisseurs normands ; et l'on voit dans les chroniqueurs contemporains que tel fut le rôle des vicomtes. Les donjons cédèrent quelquefois aux coups des assaillants, mais ils réussirent aussi à les arrêter, comme nous l'avons vu dans l'histoire généalogique de la maison de Beaumont. Ils furent édifiés à diverses époques, mais tous avant la fin du XIIe siècle.

La ligne qu'ils suivent s'étend du N.-E. au S.-O. sur une longueur de 70 kilomètres, de Bourg-le-Roi jusqu’à Thorigné ou même jusqu’à Sablé. La plupart de ces édifices, presque tous rectangulaires dans leurs formes générales, accompagnés ou non de terrassements, de fossés et de fortes haies, sont restés presque intacts, ou du moins ont laissé des vestiges considérables. Leur étude d'ensemble est donc possible et intéressante ; elle permet de reconstituer des côtés et des aspects curieux de la vie de ces grands seigneurs féodaux [3].

SépulturesModifier

Les vicomtes du Maine, de la maison de Beaumont, eurent leurs sépultures dans l'abbaye d'Étival-en-Charnie, fondée pour les religieuses de saint Alleaume par Raoul VII de Beaumont en 1109. La plupart de ces monuments ont été retrouvés, en 1848, par M. Hucher, un archéologue. Jean de Brienne (v1148 - 21 mars 1237 à Constantinople) et son fils Louis d'Acre, (v1225 - v1297-1301, allié à Agnès de Beaumont, vicomte de Beaumont-au-Maine, Fresnay et Sainte-Suzanne par son mariage) furent inhumés dans la Chartreuse du Parc-en-Charnie.

Notes et référencesModifier

  1. "Queen Ermengarde", article d'Anthony Robert, "Maine Découvertes" n° 70, sept.2011.
  2. E.-A. Freeman : Sketches of travel in Normandy and Maine, Londres, Macmillan, 1897, p. 234.
  3. Les châteaux du Saonnois que M. G. Fleury a si bien décrits et représentés par ses dessins et ses coupes de terrains (Revue du Maine, t. XXI, p. 25-96) n'occupent qu'un territoire de 10 kilomètres de longueur parce qu'ils n'étaient destinés qu'à la protection de cette conquête des sires de Bellême. Mais le genre de construction est bien le même avec mélange de retranchements, de fossés et de fortes maçonneries que dans les œuvres analogues des vicomtes de Beaumont.

Voir aussiModifier

SourceModifier

  • Abbé Angot, « Les vicomtes du Maine », dans Bulletin de la Commission historique et archéologique de la Mayenne, 1914, no 30, p. 180-232, 320-342, 404-424. [1] ;
  • Gérard Louise, « La seigneurie de Bellême Xe-XIIe siècles », dans Le Pays-Bas-Normand, 1990, no 3 (199), p. 170-173 ;
  • J. Despoin, « Recherches sur la Chronologie de vicomtes du Maine », dans Bulletin Historique et Philologique du comité des travaux historiques et scientifique, 1909, p. 125-146.