Lac du Salagou

lac situé dans l'Hérault, France

Lac du Salagou
Image illustrative de l’article Lac du Salagou
Le lac du Salagou vu depuis le sud-est.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Département Hérault
Géographie
Coordonnées 43° 39′ 21″ nord, 3° 21′ 55″ est
Origine Retenue d'eau
Superficie 7,5 km2
Longueur 7 km
Largeur 2 km
Altitude 140 m
Profondeur 70 m
Volume 102 millions de m3
Hydrographie
Alimentation le Salagou
Émissaire(s) le Salagou
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Lac du Salagou
Géolocalisation sur la carte : région Occitanie
(Voir situation sur carte : région Occitanie)
Lac du Salagou
Géolocalisation sur la carte : Hérault
(Voir situation sur carte : Hérault)
Lac du Salagou

Le lac du Salagou est le lac de retenue du barrage du Salagou. Il est situé au centre du département de l'Hérault, sur la rivière Salagou, affluent de la rivière Lergue qui se jette dans l'Hérault. Il atteint une profondeur d'environ 50 mètres.

Le niveau de l'eau est à 139 m d'altitude. Le projet initial d'atteindre la cote 150 a été progressivement abandonné, remettant en cause l'évacuation de Celles notamment. La surface du plan d'eau est d'environ 750 hectares, tandis que le volume du réservoir est égal à 102 millions de m3. Le lac est dominé par des monts et des plateaux culminant à 300 m à l'est, jusqu'à 407 m pour le Carels à l'ouest et 535 m pour le mont Liausson au Sud. Ce dernier sépare le lac du Salagou du cirque dolomitique de Mourèze.

HistoireModifier

 
Le barrage du lac du Salagou.

Le projet de barrage fut lancé dans les années 1950, dans le but de créer une réserve d'eau qui favoriserait une diversification des cultures, comprenant le développement d'une production fruitière, la viticulture devenant surproductive. Secondairement, le barrage avait pour but de régulariser les crues de l'Hérault. Les travaux débutèrent en 1964 pour se prolonger jusqu'au début de 1969. Le lac a noyé une partie des communes de Clermont-l'Hérault à l'est, Liausson au sud, Octon à l'ouest, et Celles au nord, ainsi qu'un tronçon de l'ancienne route nationale 9[1].

Alors qu'on pouvait penser, en 1968, qu'il faudrait des années pour que la cuvette de l'Escandorgue se remplisse, un seul très gros orage la combla à moitié en . D'autres précipitations remplirent presque totalement la cuvette en quelques mois, donnant tort aux calculs des ingénieurs.

Le Lac du Salagou sert aussi aux Canadairs de la Sécurité Civile pour se ravitailler en eau[2].

Aspect touristiqueModifier

 
Vue panoramique du lac du Salagou.
 
Lac du Salagou, Hérault
 
La presqu'île de Rouens du lac de Salagou depuis la commune de Liausson. Octobre 2020.

Le lac est un site touristique facilement accessible depuis les trois plus grandes villes Héraultaises (Montpellier, Béziers, Sète) mais également grâce à sa proximité avec l'Autoroute A 75.

Les domaines d'intérêt relevés sont :

Ceci étant, il existe fort peu d’informations sur place à destination du public (absence par exemple d'une signalétique d'accueil minimum) ce qui, en plus de ses caractéristiques rocheuses, confère indéniablement au site un caractère assez sauvage.

GéologieModifier

 
La ruffe, roche rouge du lac du Salagou.
 
Cheminée basaltique.

L'emplacement du lac a été décidé en raison de l'imperméabilité du sous-sol, propice à maintenir le niveau d'eau.

Contexte paléo-climatologique des terrains du Salagou au permienModifier

Ce sous-sol est constitué d'une roche rouge appelé la « ruffe ». Il s'agit d'une forme d'argilite, une combinaison de sédiments argileux et d'oxydes de fer. Ces roches sédimentaires sont datées du Permien (-298 à -252 millions d'années)[3],[4].

Au Permien, les terrains du Salagou se trouvent à peu près au milieu du super-continent de la Pangée. Il y règne un climat tropical. Avec l'érosion de la chaîne hercynienne, les torrents des montagnes viennent étaler les alluvions qu'ils charrient sur la vaste plaine du Salagou constellée de lacs ou de marécages[5]. Ces alluvions ruffe forment des grès rouges ou blancs.

Les grès rouges proviennent de dépôts sédimentaires formés sous un climat sec à aride. Les grès blancs proviennent des mêmes sédiments mais déposés en milieu d'eau douce calme. Les grès rouges et blancs alternent vers la Lieude (ancien lit fluviatile ou estuaire au Permien) et vers Mérifons (ancien lac au Permien), et sont totalement rouges vers le Puech, Octon (zones désertiques au Permien). Ce sont les traces de saisons ou de périodes humides (grès blancs) et de saisons ou périodes arides (grès rouges).

Les volcansModifier

On trouve des coulées et cheminées basaltiques, témoins d'intenses activités volcaniques anciennes (1.5 à 2,5 millions d'années).

La LieudeModifier

 
thériodontes

On peut observer des empreintes fossiles de thérapsides (gorgonopsiens, cynodontes) des pelycosauriens (Casea ou dimétrodon) au lieu-dit la Lieude[6].

Au total 5 types d'empreintes différentes (18 pistes et 951 empreintes unitaires) sont visibles sur la dalle de la Lieude. Ces traces ont à peu près 260 millions d'années (fin du Permien moyen ou Permien supérieur).

Les grandes familles des reptiles mammaliens pelycosauriens et thérapsides sont relativement bien représentées dans le Lodévois.

Paléo-flore du Permien au SalagouModifier

Des fossiles de plantes datant du Permien ont été aussi trouvés dans la région de Lodève. Des callipteris (fougères à graines), du groupe des ptéridospermes, et des calamites (prèles géantes), du groupe des sphénophytes, associés à des zones humides, ainsi que des lébachias (conifères) du groupe des gymnospermes, associés à des zones arides, composaient la flore du Salagou au Permien.

Ces fossiles sont visibles au musée Fleury de Lodève.

Ruffe du Salagou et chaîne hercynienneModifier

On peut voir sur les ruffes du Salagou un basculement, allant de 10 à 20 degrés, des couches sédimentaires, orienté nord-sud. Le basculement du bassin Permien est lié à l'extension tardi-orogénique (orogène tardif) qui a affecté la chaîne hercynienne (*) au cours de son effondrement gravitaire, de la fin du Carbonifère jusqu'au Permien moyen[7].

(*) Chaîne hercynienne : Le Caroux, la Montagne Noire, les Cévennes, sont le socle ou « la racine », de ce qui reste de cette ancienne chaîne de montagne. Comme le sont aussi le Massif central, les monts d'Arrée en Bretagne, les Laurentides (Canada) ou les Appalaches (USA).

CinémaModifier

 
La presqu'île du Rouens.

Notes et référencesModifier

  1. « Chronologie - Du barrage au Grand Site de France en projet », sur grandsitesalagoumoureze.fr (consulté le 17 janvier 2021).
  2. « Photo d'un Canadair CL-415 au lac du Salagou » (version du sur l’Archive.today), publié sur le site l'Association Spot'Air (consulté le ).
  3. « les paysages du salagou , une vision géologique de l'évolution des paysages », sur www.masdesterresrouges.asso.fr, (consulté le 20 août 2018)
  4. Jean-claude Bousquet, Géologie du Languedoc-Roussillon, les presses du Languedoc, , 150 p. (ISBN 2-85998-175-6), p. 41 à 85
  5. « la chaîne varisque en France », sur www.univ-orleans.fr (consulté le 20 août 2018)
  6. « Empreintes de reptile thérapside du Permien supérieur du Languedoc », sur http://planet-terre.ens-lyon.fr, (consulté en aout 2018)
  7. « Failles normales, failles inverses, basculement : un exemple de datation relative à la Lieude et au Mas d'Alary, bassin permien de Lodève (34) », sur http://planet-terre.ens-lyon.fr, (consulté le 10 août 2018)

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Jean-claude Bousquet et Monique Vianey-Liaud, Dinosaures et autres reptiles du Languedoc, Montpellier, les presses du languedoc, , 199 p. (ISBN 2-85998-243-4), pages 24 à 49.  
  • Jean-Claude Bousquet, Découverte géologique : les plus beaux sites de l'Hérault, Prades-le-Lez, Éd. Écologistes de l'Euzière, , 160 p. (ISBN 978-2-906128-24-8).  
  • Georges Souche, Jean-Claude Forêt, Planète Salagou, Lacoste, Cardabelle, 2019, 251 p. (ISBN 978-2-10-080766-6)
  • Plusieurs articles publiés par des géologues des universités de Montpellier et Lyon.

VidéographieModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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